Jean Hebert, le grand patron du CISSSO, a reconnu que le drame vécu par les proches de Mme Fortin l’a ébranlé. L’organisme a déclenché une enquête interne.

Décès tragiques: le CISSSO lance une enquête interne

Le grand patron du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO), Jean Hébert, a ordonné la tenue d’une enquête interne pour faire la lumière sur le manque de soutien psychosocial offert aux proches de Marie Jacque Fortin et de la petite Alexie qu’elle portait en elle, décédées tragiquement en mars 2016 après un épisode de soins ayant été, selon une coroner, marqué de « lacunes » à divers niveaux.

Dans ses rapports rendus publics mercredi, la coroner Pascale Boulay recommande que le CISSSO s’assure que les urgences de ses hôpitaux agissant comme centre de référence n’ayant pas de service d’obstétrique — comme l’Hôpital de Hull — soient « en mesure d’effectuer des césariennes d’urgence », en ayant sur place « des trousses de césarienne d’urgence » fonctionnelles en tout temps. Sa recommandation visant le CISSSO suggère aussi qu’une formation inspirée du programme AMPRO [Approche Multidisciplinaire en Prévention des Risques Obstétricaux] soit offerte au personnel.

Tout en appuyant les recommandations de Me Boulay, le conjoint de Mme Fortin, Jean-Philippe Bousquet, a dénoncé le « manque de soutien » après les événements, un élément qu’il juge « troublant ».

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La mère de la disparue de 32 ans, Josyane Fortin, avait aussi indiqué au Droit que les proches ont été laissés à eux-mêmes après les décès survenus à quelques heures d’intervalle.

Le président-directeur général du CISSSO a paru ému, jeudi, en parlant de cette tragédie.

« Il n’y a pas de mots pour dire aux familles, aux proches qui ont vécu ces événements, à quel point nous aurions aimé que les choses se passent différemment, a mentionné M. Hébert. Notre organisation est déjà en mode amélioration. Au-delà des recommandations du coroner que nous sommes déjà en train de mettre en place, […] j’ai ordonné une enquête interne afin que nous retracions le fil des événements, notamment sur le volet d’aide psychosociale qui a été offert. »

La gorge nouée, M. Hébert a reconnu que le drame vécu par les proches de Mme Fortin l’a ébranlé. « Comme père et grand-père, c’est très difficile de concevoir la perte d’une femme enceinte de 32 ans et puis de son bébé de 39 semaines, a-t-il laissé tomber. Donc on va tout faire […] pour que des événements similaires ou semblables ne se reproduisent plus. »

Selon les rapports de la coroner, Marie Jacque Fortin est probablement décédée des suites d’une embolie amniotique, un malaise imprévisible qui s’avère souvent fatal. Me Boulay note également que le décès de la petite Alexie aurait « peut-être » pu être évité si une césarienne d’urgence avait été réalisée plus rapidement.

Jean Hébert a confirmé jeudi que le CISSSO «est en train d’élaborer les trousses» de césarienne d’urgence, tel que recommandé par la coroner. L’organisation «va aussi revoir les besoins de formation» avec le programme AMPRO, déjà en place au CISSSO depuis six ans, a fait savoir M. Hébert.