Le fondateur de l'Institut de cardiologie de l'Université d'Ottawa, Wilbert Keon

Décès de Wilbert Keon, fondateur de l'Institut de cardiologie de l'Université d'Ottawa

OTTAWA — Un pionnier canadien de renommée internationale en chirurgie cardiaque s’est éteint dimanche à l’âge de 83 ans, a annoncé l’Institut de cardiologie de l’Université d’Ottawa.

Le docteur Wilbert Keon a fondé l’institut en 1976. Dix ans plus tard, il a réussi la première implantation de coeur artificiel au Canada, une technique révolutionnaire à l’époque.

M. Keon est né à Sheenboro, en Outaouais. Après avoir terminé des études de premier cycle à l’Université Carleton, il a obtenu un doctorat en médecine à l’Université d’Ottawa en 1961. Il a aussi étudié la chirurgie expérimentale à l’Université McGill. Il a également fréquenté l’Université Harvard.

Le 1er mai 1986, le docteur Keon a inscrit son nom dans les annales de la médecine canadienne en posant le coeur artificiel «Jarvik-7» au cours d’une opération de trois heures et demie. La patiente, Noëlla Leclair, avait été victime d’une crise cardiaque, la semaine précédente.

Le coeur artificiel a permis à Mme Leclair, alors âgée de 41 ans, de survivre jusqu’à ce qu’elle reçoive, une semaine plus tard, le coeur d’un homme de 44 ans mort dans un accident de la circulation. Elle a ensuite vécu pendant 20 ans.

Le docteur Keon a effectué plus de 10 000 opérations à coeur ouvert au cours d’une carrière de plus de trois décennies.

En 2000, sa réputation a été entachée lorsqu’il a été arrêté pour avoir sollicité une prostituée lors d’une opération policière. Il avait alors dû démissionner de l’Institut de cardiologie. Devant le tollé général - le chirurgien a reçu des milliers de lettres d’appui et plusieurs pétitions ont été déposées en sa faveur -, le conseil d’administration avait refusé à l’unanimité sa démission. Il est demeuré quatre autres années à la tête de l’Institut avant de se retirer pour se consacrer à la pratique de la médecine.

Wilbert Keon a aussi tâté de la politique lorsqu’il a été nommé en 1990 au Sénat par Brian Mulroney. Sa nomination et celle de sept autres sénateurs ont permis au premier ministre conservateur de faire adopter la taxe sur les produits et services (TPS) malgré l’opposition libérale.

Il s’est aussi porté au secours d’un sénateur libéral qui s’était effondré à son siège, faisant craindre la possibilité d’une crise cardiaque.

Il a pris sa retraite du Sénat en 2010 lorsqu’il a atteint 75 ans, l’âge de la retraite obligatoire. Il a cessé de pratiquer la médecine la même année.