Le décès d'une dame de 94 ans demeurant à la Résidence de l’Île est jugé comme «accidentel» selon un rapport de coroner.

« Décès accidentel » d’une dame de 94 ans à la Résidence de l'Île, selon une coroner

Une coroner rappelle à la Résidence de l’Île de Gatineau qu’elle se doit de «prendre les moyens» pour fournir les soins aux gens qui y demeurent à la suite du «décès accidentel» d’une dame de 94 ans survenu l’été dernier.

Germaine Labelle demeurait à la Résidence de l’Île depuis 2011 lorsque son état a nécessité son transport à l’Hôpital de Hull par ambulance, en juillet 2018. Elle est décédée huit jours plus tard à la Maison Mathieu-Froment-Savoie.

Ce décès a mené à quatre recommandations contenues dans un rapport signé plus tôt ce mois-ci par la coroner Francine Danais, dont Le Droit a obtenu copie.

Mme Labelle résidait dans une section de la résidence pour les personnes avec troubles neurocognitifs. 

Lors de son séjour à l’hôpital, il a été découvert qu’elle souffrait qu’une fracture du rameau pubien, dans la région du bassin. 

La dame ne présentant aucune des conditions médicales pouvant cause une telle fracture, la coroner note que «l’explication la plus probable est un événement traumatique». Or, «il n’y a aucune note ou rapport d’accident à la Résidence de l’Île», souligne Me Danais.

«Il est également pratiquement impossible que la chute de Mme Labelle soit passée inaperçue du personnel de la Résidence de l’Île, celle-ci étant incapable de se relever seule», ajoute Me Danais. Une enquête policière a déterminé qu’il est fort probable que la fracture soit survenue entre le moment où Mme Labelle a été vue debout et celui où elle éprouvait des douleurs dès la mobilisation, environ 50 minutes plus tard.

«Dénutrition sévère»

Le rapport souligne aussi que Mme Labelle n’avait pas déjeuné le matin de son transport à l’hôpital. Lors d’une hospitalisation quelques mois plus tôt, une «dénutrition sévère» avait été constatée.

«Les notes des infirmières auxiliaires à la Résidence de l’Île sont peu nombreuses et rédigées de façon sporadique, de sorte qu’il est difficile d’établir une évolution de la situation de Mme Labelle, écrit la coroner. Il y a quelques notes d’inscrites par les préposés lorsqu’elle refuse de manger, mais aucune mention de mesures pour pallier [le] manque de nutriment.»

Me Danais conclut que le «décès accidentel» de Germaine Labelle découle «d’une détérioration de son état général consécutivement aux complications d’une fracture du rameau pubien suivant une chute probable».

Elle recommande «que l’Ordre des infirmières et infirmiers auxiliaires du Québec fasse enquête sur la qualité des soins dispensés».

Trois autres recommandations visent la Résidence de l’Île. L’une suggère un rappel au personnel sur l’obligation de remplir un rapport après un accident/incident. 

L’autre vise à ce que la résidence du secteur Hull «demande à son personnel de faire un rapport quotidien pour chaque résident» de l’unité de soins, tandis que la dernière suggère que l’entreprise obtienne «les services d’un(e) nutritionniste afin de pallier [les] problèmes de dénutrition et déshydratation».

Gestionnaire à la Résidence de l’Île, Katherine Chowieri affirme que l’entreprise prend ces recommandations «très au sérieux». 

Après avoir répondu aux questions de la coroner au printemps, des mesures ont été prises pour mettre en place les deux premières recommandations visant la résidence. 

Mise au fait lors de la publication du rapport de la recommandation pour des services en nutrition, Mme Chowieri a assuré que des efforts sont déjà entrepris pour y répondre.