Le CISSSO, présidé et dirigé par Jean Hébert, est le centre de santé qui a été le plus souvent visé par des recommandations d’un coroner depuis le début 2016.

D’autres «déboires» appréhendés

« Nous n’avons certainement pas fini d’entendre parler des déboires du réseau de la santé », estime la présidente du Syndicat des travailleuses et des travailleurs de la santé et des services sociaux de l’Outaouais, Josée McMillan.

Dans une lettre ouverte que nous publions dans notre section Votre opinion, Mme McMillan revient sur les événements ayant défrayé les manchettes ces derniers jours au sujet du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO). L’organisation a été durement frappée par le rapport de la coroner Pascale Boulay sur le décès « évitable » de Marc-André Maxwell, tandis que Le Droit a révélé que de tous les centres de santé de la province, c’est celui de l’Outaouais qui a été le plus souvent visé par des recommandations d’un coroner depuis le début 2016.

« Alors que tout un chacun tente de trouver les réponses aux différents manquements du CISSSO, je constate, encore une fois, qu’on néglige de se rappeler les nombreuses réorganisations et compressions dont notre réseau public a été victime », écrit Mme McMillan dans sa lettre.

La présidente du syndicat affilié à la Confédération des syndicats nationaux (CSN), qui représente quelque 4200 membres, souligne que depuis la fusion des établissements en 2015, et même depuis celle de 2005, « c’est à coup de millions » que les budgets ont été amputés dans le réseau de la santé.

« À vouloir trop réduire les coûts et implanter des méthodes de chaîne de montage, il est inévitable que notre réseau soit mis à mal et par le fait même, qu’il y ait un impact sur la qualité et le nombre de services offerts, estime Mme McMillan. Ces compressions et réorganisations sont à la source de notre problème d’attraction et de rétention de personnel qualifié. Pour ceux qui y restent, c’est l’épuisement professionnel ou la démobilisation qui les guettent. »

La représentante syndicale note que le manque de personnel est « quasi constant », tandis que les conditions de travail actuelles « sont très loin d’être plaisantes et attractives ». 

« La détresse ressentie parmi nos membres ne fait que s’amplifier depuis les dernières années », affirme Mme McMillan.