Le maire d'Ottawa, Jim Watson

Crise des opioïdes: l'aide du fédéral est demandée

Les maires de 13 grandes villes au pays, dont le maire d'Ottawa, Jim Watson, appellent le gouvernement fédéral à mettre fin à la crise des opioïdes.
Dans un rapport rendu public jeudi, le caucus des maires des grandes villes de la Fédération canadienne des municipalités demande à Ottawa d'élaborer un plan d'action national pour s'attaquer aux causes de cette crise.
« Les maires multiplient les efforts pour sauver plus de vies, mais nous ne pouvons pas faire cela sans aide », écrit le maire de Vancouver, Gregor Robertson, dans le rapport spécifiant que la crise n'en est qu'à ses débuts.
Ils émettent en tout neuf recommandations pour réduire le nombre de surdoses liées à la consommation de fentanyl et de carfentanil.
Les maires demandent, entre autres, au gouvernement de coordonner les efforts fédéraux-provinciaux-municipaux en déterminant des cibles de réduction de surdoses, des mesures pour atteindre ces cibles et un échéancier.
Ils suggèrent aussi l'application d'une norme pour la collecte de données sur les surdoses mortelles, qui varie d'une province à l'autre, et d'élargir l'accès au traitement pour les personnes qui ont une dépendance aux opioïdes.
Ils recommandent également à Ottawa de lancer des campagnes de prévention sur les risques de la consommation de fentanyl, dont une pour les jeunes.
« Les maires sont particulièrement frappés par cette crise de santé publique », souligne Gregor Robertson.
« Nos premiers intervenants et nos travailleurs communautaires sont sur le terrain pour réanimer des victimes de surdose, distribuer de la naloxone, informer les citoyens des dangers des drogues et soutenir les familles des personnes décédées. »
En 2016, plus de 2300 personnes ont perdu la vie à cause de surdoses liées à la consommation d'opioïdes, peut-on lire dans le rapport.
L'ampleur de la crise varie d'une province à l'autre. La Colombie-Britannique et l'Alberta sont particulièrement touchées.
Dans son dernier budget, le gouvernement fédéral a alloué 116 millions $ pour les cinq prochaines années pour contrer la crise.
Certaines des recommandations des maires des grandes villes font déjà partie de sa stratégie.
« La ministre de la Santé, Jane Philpott, s'engage à utiliser tous les outils à sa disposition pour s'attaquer à la crise des opioïdes en partenariat avec tous les ordres de gouvernement et autres partenaires dans l'ensemble pays », a écrit son bureau en réaction au rapport.
La ministre est toujours en attente d'un rapport d'étape de Santé Canada sur son plan d'action pour lutter contre le mauvais usage des opioïdes qui devait être remis en février. Le projet de loi C-37, qui simplifie le processus d'approbation pour les centres d'injection supervisée, a obtenu la sanction royale la semaine dernière.
Plus de visites aux urgences à Ottawa
Un total de 423 visites aux urgences liées à des surdoses de drogues mettant la vie des personnes en danger ou potentiellement en danger ont été enregistrées dans les hôpitaux de la capitale fédérale depuis le début de l'année, selon un rapport mensuel présenté par Santé publique Ottawa jeudi. Il s'agit d'une hausse comparativement à l'an passé. 
À ce rythme, le nombre de consultations pourrait dépasser les 1200 cette année, alors qu'on en a recensé 1122 en 2016. Uniquement en avril, 108 personnes ont été traitées pour cette raison dans les urgences des hôpitaux d'Ottawa. 
D'après le Service paramédic d'Ottawa, depuis le début de l'année, 56 patients ont reçu de la naloxone pour des cas soupçonnés de surdose d'opioïdes. Toujours en avril, 19 interventions ont été réalisées par les paramédics. 
Selon Santé publique Ottawa, le nombre de visites aux urgences s'était stabilisé en février et mars mais s'est accru de façon substantielle le mois dernier. En 2015, 48 résidents d'Ottawa sont morts d'une overdose involontaire. Deux tiers des décès étaient dus aux opioïdes.