Santé publique Ottawa veut mettre en place un programme d’approvisionnement plus sûr pour les toxicomanes.

Crise des opioïdes: des approvisionnements «plus sûrs»

Alors que les décès dus à des surdoses d’opioïdes sont en croissance fulgurante depuis les dernières années dans la capitale fédérale, Santé publique Ottawa s’est alliée de partenaires pour soumettre une demande à Santé Canada en vue de mettre en place un programme d’approvisionnement « plus sûr » pour les toxicomanes.

Cette initiative de Santé publique Ottawa s’inscrit dans les prochaines étapes de son programme de réduction des méfaits de la consommation d’opioïdes.

Dans un rapport qui sera remis la semaine prochaine au Conseil de santé d’Ottawa, l’agence de santé publique municipale indique que cette mesure de lutte contre l’approvisionnement en drogues toxiques par les toxicomanes vise à diminuer le risque de surdoses accidentelles par l’accès à des opioïdes prescrits, de qualité pharmaceutique, et à offrir un meilleur accès à des services sociaux, de santé et de traitements complets et intégrés pour les consommateurs de drogues.

Une analyse des drogues de rue faites au Centre de santé communautaire Côte-de-Sable indique que du fentanyl illicite, des substances analogues et autres opioïdes synthétiques étaient contenues dans 96,7 % des échantillons.

Le fentanyl et des substances analogues ont d’ailleurs contribué à 73 % des 82 décès liés aux opioïdes à Ottawa en 2018, précise Santé publique Ottawa. Le nombre de décès par surdose d’opioïdes était de 64 en 2017 et de 40 en 2016.

Les personnes sans emploi d’âge moyen sont les plus vulnérables aux surdoses d’opioïdes, et elles succombent souvent chez elle, sans que personne ne soit présent pour administrer l’antidote qu’est la naloxone.

Or, comme autre mesure de son plan, Santé publique Ottawa veut accroître la portée des initiatives de réduction des méfaits auprès des personnes qui n’utilisent pas ses services. Les deux tiers des décès (66 %) en 2018 sont survenus à la résidence du défunt, souligne Santé publique Ottawa, et dans un peu plus de la moitié des cas (55 %) personne n’était présent pour intervenir. Rappelons que la ville d’Ottawa compte quatre centres d’injection supervisée.

Une autre initiative du plan de Santé publique Ottawa est d’harmoniser la philosophie et les pratiques de réduction des méfaits entre divers fournisseurs de services, comme les maisons de chambres, les hôpitaux et les organisateurs de festivals.

De 2010 à 2018, le nombre de visites à l’hôpital pour des surdoses a presque quadruplé, a indiqué Santé publique Ottawa.