Le ministre responsable de l'Outaouais, Mathieu Lacombe, précise qu'aucun emploi du même type de celui de Jean Hébert n'est «coulé dans le béton».

Crise de confiance au CISSSO: «les gens sont remplaçables», dit Lacombe

Même s'il se limite pour l'instant à dire que le lien de confiance envers le grand patron du Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais (CISSSO) est «ébranlé», le ministre responsable de la région, Mathieu Lacombe, rappelle qu'«il n'y a aucun emploi de ce type-là qui est coulé dans le béton».

M. Lacombe s’est présenté devant les médias lundi pour présenter un bilan des réalisations de la Coalition avenir Québec (CAQ) depuis son accession au pouvoir le 1er octobre, mais la nomination d’un «mandataire spécial» pour le CISSSO a rapidement pris le dessus en mêlée de presse.

La demande présentée par les élus de la Haute-Gatineau pour que Jean Hébert soit destitué de son poste de président-directeur général du CISSSO a bien sûr joué un rôle dans l’assignation d’un accompagnateur pour l’organisation, mais «des inquiétudes au niveau de la gestion» ont aussi été soulevées, a précisé M. Lacombe.

Le mandat de l’accompagnateur doit déboucher sur la livraison d’un rapport au plus tard le 31 janvier prochain. D’ici là, il n’y a toutefois «rien qui se met sur pause» et Jean Hébert reste «en poste», assure le ministre Lacombe.

Le rapport de l’accompagnateur devrait être déterminant pour la suite des choses, mais aussi pour l’avenir de M. Hébert à la tête du CISSSO.

«Il n’y a aucun emploi de ce type-là qui est coulé dans le béton, il faut qu’il y ait un lien de confiance, a souligné M. Lacombe. Maintenant, je ne présumerai pas […] des conclusions de ce rapport-là, mais il faut comprendre aussi que personne n’a une sécurité d’emploi à 100% quand il y a un problème. […] S’il y a un problème, les gens sont remplaçables. En même temps, ce n’est pas l’objectif ultime non plus. L’objectif, c’est d’avoir un lien de confiance qui est fort entre la population et le réseau.»

Nouvel hôpital

Le ministre Lacombe assure par ailleurs que la confiance «ébranlée» envers le CISSSO ne freine d’aucune façon le projet de la CAQ de construire un nouvel hôpital dans la région d’ici cinq ans.

«Ce n’est pas le travail d’une personne, ce n’est pas le PDG du CISSSO qui mène ce dossier-là, a-t-il mentionné. […] Les hôpitaux continuent à fonctionner et les projets continuent d’aller de l’avant. »

Les députés régionaux de la CAQ ne sont pas encore en mesure de définir le projet de nouvel hôpital, puisque des «analyses» sont encore en cours.

Bien que leur promesse électorale concernait un hôpital flambant neuf, l’agrandissement d’un hôpital existant n’est pas encore écarté. «On n’est pas fermés à rien», a mentionné le député de Chapleau, Mathieu Lévesque, avant d’ajouter que les élus ne veulent pas «se mettre à dos la population et les experts».

Un point de vue partagé par le ministre Lacombe, qui souligne qu’il importe d’«écouter ce que les gens» ont à dire. «Il y a un scénario qui a circulé qui est l’agrandissement de l’Hôpital de Hull, […] il y a des gens qui sont favorables à ça, maintenant, ce n’est pas ça qu’on a promis. […] En même temps, on ne veut pas non plus se diriger dans un mur. Quel est le meilleur projet pour l’Outaouais? Nous, c’est ce qu’on veut livrer.»

Mathieu Lévesque assure toutefois que son gouvernement «veut respecter» l’engagement pris en campagne électorale, le tout «dans le délai prescrit» de cinq ans.