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Cri du coeur d'une mère
Amateur de sports extrêmes, Zachary Mitchell était très athlétique.

«J’étais si fière de lui»

Heather Mitchell est prête à se battre des mois, voire des années si cela est nécessaire pour que la réglementation sur les boissons énergisantes change au Canada. Mme Mitchell et son fils Zachary avaient « une excellente relation ». Cela fait près de deux ans et demi qu’il a perdu la vie. La tristesse est palpable lorsqu’elle évoque ses souvenirs avec lui et le futur dont ils ont été privés.

Habile en construction, le jeune homme « fort, aimable, en forme et talentueux » était toujours prêt à aider les autres, se rappelle la mère endeuillée. « J’étais si fière de lui, dit-elle au bout du fil, la voix cassée par l’émotion. Au parc de planche à roulettes, il aidait toujours les enfants plus jeunes à s’améliorer. »

Lorsque vient le temps d’aborder les boissons énergisantes, l’émotion fait place à l’indignation chez Heather Mitchell. Elle savait que certains amis de son fils apportaient de telles boissons lors de soirées festives. Elle ne pense pas que c’est son fils qui en a acheté le soir où il a sombré après avoir plongé dans les eaux du lac Saint-Pierre, à Val-des-Monts, en août 2016. Mais il avait consommé « au moins deux » canettes de Red Bull, tout en buvant « environ six bières », lit-on dans le rapport de la coroner Pascale Boulay.

Mme Mitchell connaissait peu de choses sur les boissons énergisantes avant la tragédie. « Je savais que ce n’était pas un produit santé, mais pas que ça pouvait contribuer à des problèmes cardiaques significatifs », dit-elle.

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Ses recherches sur la question l’ont motivée à réclamer des changements législatifs en la matière au gouvernement fédéral. « Ça prend beaucoup de travail pour obtenir des changements, mais ça prend aussi des preuves, dit-elle. Je crois qu’il y a maintenant assez de preuves et qu’il ne serait pas éthique que le gouvernement ne fasse rien », dit-elle.

Mme Mitchell endosse d’ailleurs « totalement » la recommandation de la coroner pour que les compagnies de boissons énergisantes « cessent » d’associer leurs produits à la pratique de sports.

« Les organisateurs d’événements sportifs plaident que les jeunes n’auraient pas le privilège de participer aux événements sans l’argent des commanditaires, mais […] les produits des commanditaires ne devraient pas représenter un risque pour nos enfants », croit-elle.