La préfète de la MRC de la Vallée-de-la-Gatineau, Chantal Lamarche, craint que l’Hôpital de Maniwaki devienne une « grosse clinique » faute de pouvoir faire rouler le bloc opératoire.

Craintes de bris de service en chirurgie à Maniwaki

L’horaire de couverture en anesthésiologiste à l’Hôpital de Maniwaki est parsemé de trous pour les mois à venir, une situation qui fait craindre aux maires de la Municipalité régionale de comté (MRC) de la Vallée-de-la-Gatineau que l’établissement ne devienne qu’une « grosse clinique » incapable de recevoir des ambulances, faute de pouvoir faire rouler le bloc opératoire.

Au bout du fil, le ton de Chantal Lamarche laisse peu de doute. La préfète de la MRC de la Vallée-de-la-Gatineau s’impatiente devant les réponses du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO), qui ne fait qu’évoquer « des démarches » pour recruter, déplore-t-elle. « Mais ce qu’on veut, c’est du concret, lance Mme Lamarche. On veut du vrai, on veut des actions. »

Les 18 maires de la MRC étaient réunis, mardi après-midi à Gracefield, pour exposer leurs récriminations et énoncer leurs craintes de voir le bloc opératoire de l’Hôpital de Maniwaki être touché par des bris de service en chirurgie au cours des quatre prochains mois.

Sans médecin spécialiste pour assurer l’anesthésie des patients devant subir une chirurgie, le bloc opératoire ne peut tout simplement pas rouler.

« Ça veut dire pas d’urgences, pas d’ambulances, s’inquiète Chantal Lamarche. Ça devient une grosse clinique. [...] Ça veut dire que si quelqu’un a un accident à Blue Sea, l’ambulance va s’en aller à Mont-Laurier ou à Gatineau. »

L’Hôpital de Maniwaki doit normalement compter sur les services de deux anesthésiologistes. Mais voilà qu’un poste est vacant depuis la mi-août. L’anesthésiologiste qui est toujours en poste est pour sa part sur le point de prendre sa retraite et souhaite ralentir le rythme.

Au CISSSO, on indique n’avoir « aucunement l’intention de fermer le bloc opératoire de Maniwaki ».

« Cependant, la réalité, c’est qu’il y a effectivement un poste d’anesthésiologiste vacant, confirme la porte-parole de l’organisation, Geneviève Côté. L’autre est en fin de carrière et souhaite diminuer ses activités, mais accepte quand même de prendre une retraite progressive pour nous aider à faire la transition. »

Horaire troué
L’horaire actuel, qui s’étend jusqu’au mois de décembre, contient pour l’instant « trois périodes de quelques jours » sans personne pour assurer la garde en anesthésiologie, a fait savoir Mme Côté. En fait, il y a présentement des trous de trois, sept et 11 jours dans l’horaire allant jusqu’à la mi-décembre. Certaines des gardes seront d’ici là assumées par un anesthésiologiste de l’Abitii-Témiscamingue.

Recrutement à l’étranger, recours à du dépannage et prime d’installation font partie des solutions envisagées par le CISSSO.

Les démarches n’ont jusqu’à présent pas permis de dénicher d’anesthésiologistes souhaitant s’installer en Haute-Gatineau. Le CISSSO note aussi que des « travaux sont en cours avec l’Association des anesthésiologistes du Québec et le ministère de la Santé “pour trouver des solutions à court, moyen et long termes”, entre autres pour essayer “qu’il n’y ait pas de bris de service” cet automne à Maniwaki. L’organisation souhaite par ailleurs adopter “une approche collaborative” avec ses anesthésiologistes des autres hôpitaux de la région dans sa recherche de médecins pouvant dépanner à Maniwaki.

La préfète estime que le CISSSO fait preuve d’un “manque de volonté” dans ce dossier, puisque la situation était prévisible depuis un certain temps, dit-elle.