Le Ramada Plaza Manoir du Casino a servi au CISSSO pendant les premiers mois de la pandémie.
Le Ramada Plaza Manoir du Casino a servi au CISSSO pendant les premiers mois de la pandémie.

COVID-19: une dépense d’un demi-million en hôtels pour le CISSSO

Justine Mercier
Justine Mercier
Le Droit
Plus d’un demi-million de dollars ont été dépensés par le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) pour réserver près de 300 chambres dans deux hôtels de la région, pendant les premiers mois de la pandémie de COVID-19. Le taux de contamination ayant été moins élevé qu’anticipé, seulement quelques dizaines de chambres ont été utilisées.

C’est dans le cadre d’une «négociation de gré à gré» que le CISSSO a signé des contrats avec le Quality Inn Gatineau et le Ramada Plaza Manoir du Casino, en mars dernier.

Le tout s’est fait dans un «contexte d’urgence découlant de la nécessité d’ajouter des espaces d’hébergement pour répondre à des besoins découlant [de la] COVID-19» est-il précisé dans les documents du Système électronique d’appel d’offres du Gouvernement du Québec.

Dans le cas du Quality Inn de la rue Bellehumeur, dans le secteur Gatineau, 116 chambres ont été réservées pour la période du 24 mars au 24 juillet. Il s’agissait d’un contrat de 346 800$.

Du côté du Ramada Plaza de la rue d’Edmonton, dans le secteur Hull, le CISSSO a réservé 174 chambres, du 24 mars au 24 juin. Dans ce cas, le contrat était de 162 000$.

Le directeur des services techniques et de la logistique au CISSSO, Stéphane Pleau, a précisé au Droit que ces dépenses ont été autorisées par Québec et que le gouvernement provincial les remboursera.

Les contrats signés avec les deux hôtels de la région prévoyaient chacun un montant mensuel fixe pour la réservation des chambres – 54 000$ au Ramada Plaza et 70 000$ au Quality Inn. Un montant quotidien d’une soixantaine de dollars par chambre utilisée était aussi prévu, a fait savoir M. Pleau.

Le Ramada Plaza Manoir du Casino a entre autres servi à accueillir des patients du centre de cancérologie, de même que des employés et des médecins du CISSSO.

Le Quality Inn avait quant à lui un rôle particulier. «On a pris en charge l’hôtel au complet», explique M. Pleau, en précisant que le CISSSO voulait être «prêt à tout»: usagers en attente d’une place dans un centre d’hébergement, jeunes délinquants en garde en milieu fermé et clientèle en situation d’itinérance font partie de la liste de ceux qui pouvaient y être hébergés.

Des salles étaient aussi disponibles pour divers besoins, comme «organiser des garderies», donne en exemple M. Pleau.

Le CISSSO devait également prévoir des zones vertes, jaunes et rouges dans les hôtels afin d’être prêt à réagir pour séparer les cas confirmés, les gens en attente de leur résultat au test de dépistage et les autres.

Deuxième vague

Le faible taux de contamination observé en Outaouais jusqu’à présent fait en sorte que les chambres d’hôtel ayant été réservées sont loin d’avoir toutes été utilisées. En moyenne, une dizaine de chambres par hôtel ont été utilisées simultanément par le CISSSO.

L’organisation doit tout de même se préparer à une éventuelle deuxième vague. Le plan de match ne sera toutefois pas identique. Le CISSSO a «une stratégie hôtelière aussi pour une deuxième vague, mais ce sera un usage différent», a indiqué Stéphane Pleau.

Les négociations avec les hôtels ne sont toutefois pas toujours faciles. Au moment d’entamer les négociations, au printemps dernier, le CISSSO s’est buté à certains refus catégoriques. «Il y a des hôteliers dont les bannières de voulaient pas embarquer là-dedans, [que c’était] ‘tu dis le mot COVID et on démarque’», raconte M. Pleau, qui précise avoir fait des «choix stratégiques» avec les deux hôtels choisis.