Les médecins de garde seront en renfort surtout pour les patients orphelins ou lors des «heures défavorables», explique le CISSSO.
Les médecins de garde seront en renfort surtout pour les patients orphelins ou lors des «heures défavorables», explique le CISSSO.

COVID-19: Des médecins de garde pour les résidences privées pour aînés de l'Outaouais

Un système de gardes médicales s'apprête à être mis en place pour les résidences privées pour aînés (RPA) de la zone urbaine de l'Outaouais afin d'éviter le plus possible des transports vers les salles d'urgence en cette période de pandémie.

Directeur des services professionnels au Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais (CISSSO), le Dr Nicolas Gillot a indiqué au Droit que les démarches en cours afin d'assurer une garde pour les RPA visent à «protéger à la fois le fonctionnement du système et les patients qui n'ont pas besoin du plateau technique de l'urgence».

«On essaye de limiter autant que possible les mouvements des populations qui sont potentiellement les plus fragiles vis-à-vis la COVID-19, explique le Dr Gillot. Le principe de mettre en place une garde [dans les RPA], c'est d'éviter les consultations aux urgences, […] parce qu'un patient qui reste trop longtemps dans une salle d'urgence peut avoir des effets secondaires comme de la confusion et ça peut faire en sorte qu'on soit obligé de l'hospitaliser.»

Les efforts sont actuellement concentrés sur les RPA de la zone urbaine. «Les plus gros enjeux» sont aussi dans les urgences urbaines, note le Dr Gillot, car les RPA sont beaucoup plus grosses que dans les secteurs ruraux. Des analyses sont en cours pour déterminer si une initiative similaire doit être implantée en périphérie.

Le Dr Gillot indique que les paramédics de l'Outaouais effectuent environ 350 transports à l'urgence chaque mois à partir d'une RPA. «Si on retire les plus urgents, il y en a de cinq à dix qu'on pourrait éviter chaque jour», expose le directeur des services professionnels du CISSSO. Les cas susceptibles de nécessite le plateau technique de l'urgence – par exemple la prise de radiographies – continueront pour leur part d'être envoyés à l'urgence, où le CISSSO a mis en place des zones chaudes et froides afin de séparer les patients atteints ou pouvant être atteints de la COVID-19 des autres.

Le premier réflexe devra demeurer de faire appel au médecin de famille d'un usager demeurant en RPA ou aux médecins qui y effectuent déjà des consultations, souligne le Dr Gillot. Les médecins de garde seront en renfort surtout pour les patients orphelins ou lors des «heures défavorables». Il y a d'ailleurs déjà «des médecins volontaires pour la réaffectation», assure le Dr Gillot.

En agissant de la sorte, le CISSSO souhaite non seulement mieux s'occuper des patients vulnérables, mais aussi s'assurer que ses urgences ne seront pas engorgées si la COVID-19 se met à gagner du terrain dans la région.