Le programme de modernisation de l’Unité des soins intensifs néonataux (USIN) du Campus Général va bon train.

Coup de pouce pour les prématurés

Aujourd’hui, à peu près rien n’y paraît tellement ils sont en forme et que leur croissance est normale, même au-delà de la moyenne. Mais les premiers mois de vie de Philippe, 4 ans, et de sa sœur Catherine, 2 ans, ont été synonymes de montagnes russes d’émotions pour leurs parents.

Comme quelque 1300 autres nouveau-nés par an à l’Hôpital d’Ottawa, tous les deux sont nés prématurément, ayant vu le jour respectivement après 26 et 24 semaines. Ils sont de très grands prématurés.

« Philippe a été hospitalisé pendant deux mois et demi après sa naissance, alors que pour Catherine, ç’a été trois mois et demi. Il y avait une grosse infection dans mon placenta et on ne le savait pas. […] Pour un parent, c’est la pire chose qui peut t’arriver. C’est stressant, tu dors à la maison avec le téléphone de la maison et ton cellulaire à côté de ton oreille, avec le volume au maximum, au cas où on reçoit un appel durant la nuit », raconte leur maman Patricia-Anne Croteau.

À deux jours de la Journée mondiale de la prématurité, elle et son conjoint Claude faisaient partie des dizaines de familles qui ont assisté mercredi au dévoilement du nouveau Programme de soins de soutien de la Banque Scotia. L’institution a annoncé un don de 500 000 $ dédié à la campagne de financement de la Fondation de l’Hôpital d’Ottawa pour les travaux de modernisation de l’Unité des soins intensifs néonataux (USIN) du Campus Général.

L’initiative permettra d’aider à améliorer les soins intensifs pour ces bébés qui sont, c’est le moins que l’on puisse dire, minuscules et fragiles à leur arrivée dans ce monde. Catherine, par exemple, pesait 1 livre et 7 onces à sa naissance. On parle ici d’à peine 650 grammes.

La cure de métamorphose permettra entre autres d’agrandir l’USIN, l’unité comptant actuellement plusieurs lits par chambre. L’aménagement de chambres individuelles diminuera les risques d’infection et offrira un environnement plus calme aux prématurés, un élément essentiel à leur développement.

« J’ai hâte de voir le résultat final des rénovations. Nous nous impliquons chaque année, entre autres en faisant un important don, c’est un peu notre façon de dire merci. Dans notre cas, on a malgré tout été chanceux », soutient Mme Croteau avant de jeter un regard attendri à ses deux enfants.

Jusqu’à présent, environ 80 % de l’objectif de cinq millions $ de la Fondation a été amassé.

On ignore pour l’instant quel est l’échéancier des travaux de rénovation, qui n’ont toujours pas débuté. L’institution attend que la province détermine à combien se chiffrera l’investissement.

On estime qu’environ 8 % des nouveau-nés sont prématurés au Canada, c’est-à-dire qu’ils ont vu le jour avant 37 semaines de grossesse. À 23 semaines de grossesse, le taux de survie d’un poupon oscille entre 10 % et 30 %, alors qu’il grimpe à 95 % à 28 semaines.