Le projet de loi intitulé « Loi instaurant une présomption de consentement au don d’organes ou de tissus après le décès », qui propose que chaque personne soit considérée comme un donneur sauf en cas de refus signifié avant la mort, ne sera pas appelé pour une étude par l’Assemblée nationale dans les six prochains mois.

Consentement pour le don d'organes: Fortin déçu de la réponse de la CAQ

Le projet de loi 399 sur le consentement lié au don d’organes, déposé il y a deux semaines par le député de Pontiac André Fortin, se voit pour l’instant opposer une fin de non-recevoir par le gouvernement Legault.

Le projet de loi intitulé « Loi instaurant une présomption de consentement au don d’organes ou de tissus après le décès », qui propose que chaque personne soit considérée comme un donneur sauf en cas de refus signifié avant la mort, ne sera pas appelé pour une étude par l’Assemblée nationale dans les six prochains mois.

« On a posé des questions à la ministre de la Santé (Danielle McCann) pour voir si elle était ouverte à étudier le projet de loi, mais elle était toujours évasive dans ses réponses. On a proposé de recevoir des experts en commission parlementaire et non pas d’adopter le projet de loi, simplement de l’étudier. Mais le gouvernement nous a essentiellement fermé la porte. C’est difficile, on a l’impression qu’ils soufflent le chaud et le froid dans ce dossier-là », affirme le porte-parole de l’opposition officielle en matière de santé et services sociaux.

Se disant déçu de la tournure des événements, M. Fortin affirme qu’il n’abandonne pas pour autant le combat, ajoutant que le consentement présumé « donnerait de l’espoir » à beaucoup de gens. Il ajoute que de nombreux médecins sont en faveur de cette façon de faire.

« Pour nous, c’est la moindre des choses sachant que des gens savent que leur qualité de vie, voire leur survie, en dépend. Ça pourrait faire une grande différence. Le projet de loi a été écrit pour être modifié aisément, je ne vois pas pourquoi on s’oppose à l’étudier », dit-il, précisant que le don d’organes devrait être un dossier « transpartisan ».

L’attaché de presse de la ministre de la Santé, Alexandre Lahaie, réplique que Mme McCann est toujours ouverte à l’idée d’examiner la question, mais qu’il y a des bémols.

« Le Québec doit faire mieux en matière de don d’organes et la priorité est de mieux coordonner et organiser les services dans les hôpitaux. C’est pour cette raison que la première étape a été d’annoncer le 16 octobre qu’on porterait à 32 le nombre de médecins coordonnateurs (comparativement à 10). Ça va faire une différence et pendant ce temps, on continue de regarder ce qui se fait ailleurs, dont en Nouvelle-Écosse. On est ouverts à l’idée du consentement présumé, mais il faut faire les choses dans le bon ordre », indique-t-il.

Un donneur d’organe peut sauver jusqu’à huit vies. En 2018, 28 personnes sont décédées pendant l’attente d’une transplantation d’organe au Québec. Au 31 décembre dernier, 805 personnes étaient sur la liste d’attente.