Le Centre hospitalier Pierre-Janet (CHPJ) a été victime d'un dégât d'eau ayant forcé l'évacuation du pavillon principal.

Conditions « précaires » à Pierre-Janet

Les unités du Centre hospitalier Pierre-Janet (CHPJ) où ont été transférés des patients à la suite du dégât d'eau ayant forcé l'évacuation du pavillon principal offrent «des conditions très précaires» et «ne sont pas suffisamment sécuritaires pour recevoir les patients agités, dangereux ou très suicidaires», de sorte que ces cas particuliers sont dirigés vers l'hôpital de Hull.
Dans une note interne dont Le Droit a obtenu copie, la chef du département de psychiatrie, la Dre Florina Cealicu Toma, indiquait la semaine dernière que les unités de soins du CHPJ «sont installées dans des conditions très précaires».
À la suite d'un important dégât d'eau survenu le 3 février lorsqu'un patient de l'unité psycholégale a tenté de s'évader, 79 patients du CHPJ ont dû être transférés en 48 heures. Chez la clientèle adulte, des patients ont abouti dans le pavillon juvénile de l'hôpital de la rue Pharand, tandis que d'autres ont été dirigés vers l'hôpital de Hull, où des bureaux ont été réaménagés d'urgence pour les accueillir. Les enfants et adolescents ont été dirigés vers des établissements de l'ancien Centre jeunesse de l'Outaouais.
Dans une autre note datant de la semaine dernière, la Dre Toma indique que les critères d'admission pour les unités de soins du CHPJ avaient été «suspendus temporairement», puisque «les unités actuelles [...] ne sont pas suffisamment sécuritaires pour recevoir les patients agités, dangereux ou très suicidaires». Selon ce qu'elle écrivait, les unités les plus sécuritaires sont au cinquième étage de l'hôpital de Hull, là où des soins psychiatriques étaient déjà offerts avant le dégât d'eau du CHPJ.
La porte-parole du CISSSO, Geneviève Côté, a fait savoir que les critères d'admission ont été ajustés depuis, de sorte que des patients peuvent être admis en psychiatrie. Elle indique par ailleurs que les patients «les plus instables» ne sont pas confiés aux unités de soins ayant été transférées au pavillon junévile du CHPJ. Des réaménagements sont d'ailleurs prévus dans ce pavillon afin de rendre plus sécuritaire l'accès à la salle d'isolement qui s'y trouve.
Le CISSSO, qui reconnaît depuis le tout début que la situation «n'est pas idéale», assure qu'il s'efforce d'apporter les correctifs nécessaires dès qu'un problème est signalé en lien avec les unités vers lesquelles les patients du CHPJ ont été transférés. La Dre Toma précise dans sa mise à jour interne qu'elle continuera «le travail en collaboration avec l'administration pour trouver les meilleure solutions possibles dans les circonstances», et ce tant pour les patients que les médecins et le personnel des unités de soins.
Trois mois ?
La chef du département de psychiatrie a également souligné, quelques jours après le sinistre, que le pavillon principal du CHPJ «sera certainement inutilisable» pendant au moins trois mois. Le CISSSO n'a pas voulu infirmer ou confirmer cette information, en indiquant qu'il ferait le point sur la situation jeudi, en matinée.
En attendant, certains professionnels ont commencé à travailler dans des roulottes installées sur le terrain du CHPJ. Le CISSSO souligne qu'il n'y a que du travail de bureau qui s'effectue dans ces roulottes, de sorte qu'aucun patient n'est appelé à s'y rendre.