La Dre Jennyfer Ansado, la thérapeute du sport agréée Bianca-Brigitte Rock et Marie-Claire Holland, l'équipe du Centre de commotions cérébrales de l'Outaouais.

Commotion cérébrale: reconnaître les symptômes et en parler

Les spécialistes dans le traitement des commotions cérébrales soulignent à double trait l'importance pour les victimes d'un tel traumatisme d'être honnête et de ne pas hésiter à consulter si des symptômes se manifestent à la suite d'un impact.
L'identification rapide est essentielle, notamment lorsque les séquelles d'une commotion cérébrale sont moins évidentes, c'est-à-dire lorsque les symptômes se manifestent plusieurs minutes après un impact, lors d'activités sportives ou récréatives, par exemple.
« On dit souvent qu'il vaut mieux manquer un match, qu'une saison et une vie », a résumé Bianca Brigitte Rock, thérapeute du sport agréée au Centre de commotions cérébrales de l'Outaouais.
Cette honnêteté doit aussi venir des coéquipiers si ceux-ci ont reçu une confidence d'un membre de l'équipe qui se serait plaint soit de maux de tête, de confusion, d'étourdissements, de nausées, de sensibilité à la lumière et au bruit, de concentration, soit quelques-uns des symptômes associés à une commotion cérébrale. Il est à noter que des signes peuvent se manifester plusieurs heures après un choc.
La moitié des commotions cérébrales ne sont pas identifiées, a indiqué Mme Rock, que ce soit par une personne qui ignore qu'elle a subi un traumatisme ou par une personne qui veut masquer sa blessure, comme un athlète qui veut retourner au jeu ou un employé qui a un gros projet à compléter au travail.
Une commotion cérébrale est le résultat d'un impact direct ou indirect à la tête, comme un mouvement de coup de fouet de la tête, qui mène à une dysfonction physiologique dans le cerveau.
« Présentement, ce n'est pas une blessure qu'on peut détecter par l'entremise d'imagerie médicale », a expliqué Mme Rock. Pour diagnostiquer une commotion cérébrale, on se base principalement sur les symptômes ».
Une personne sera rétablie une fois qu'elle aura repris ses activités quotidiennes sans symptôme et sans modification dans ses activités. 
Mais des effets à long terme peuvent se développer, notamment à la suite d'impacts à répétition.
« On parle aussi de problèmes potentiels de santé mentale. Il y a des risques de souffrir de dépression, d'anxiété », a signalé Bianca Brigitte Rock.
L'un des objectifs du Centre de commotions cérébrales de l'Outaouais en matière de prévention n'est pas de créer une crainte par rapport à la participation aux sports ou aux commotions elles-mêmes, mais de faire comprendre les enjeux et de la prise en charge rapide, a précisé Mme Rock. 
Cette dernière a d'ailleurs fait référence à Rowan Stinger, cette jeune joueuse de rugby d'Ottawa qui est décédée à l'âge de 17 ans en 2013 après avoir ignoré des symptômes de commotion cérébrale qui l'affligeaient à la suite d'impacts.
Les traitements pour soigner une commotion cérébrale évoluent, a ajouté Mme Rock.
« Il y a peut-être cinq ou six ans, on recommandait un repos complet, les lumières fermées, couché au lit, jusqu'à temps que les symptômes disparaissent. Maintenant, de plus en plus, on recommande que les premières 48 à 72 heures soient du repos complet. Par la suite, une fois que l'évaluation a été faite, on doit favoriser un retour aux activités progressif en prenant soin de ne pas augmenter les symptômes. On ne parle pas de retourner au travail immédiatement, mais on réintègre progressivement le stimulus. Par exemple, on demande de lire pendant dix minutes ou de s'asseoir pendant dix minutes avec la lumière ouverte. Ça se fait au cas par cas », a expliqué la thérapeute.
La tragédie de Rowan Stringer
En mai 2013, la jeune capitaine de l'équipe de rugby de l'École secondaire John McRae, à Ottawa, Rowan Stringer, est décédée après avoir subi un traumatisme crânien. Elle n'avait que 17 ans. Cette tragédie a mené à l'adoption, l'an dernier, de la Loi Rowan. L'Ontario est la première province canadienne à s'être doté d'une législation visant à prévenir et mieux traiter les commotions cérébrales, notamment auprès des jeunes athlètes.
Quelques faits
• 39 % des jeunes de 10 à 18 ans qui vont à l'urgence à cause d'un traumatisme crânien subi en pratiquant un sport ont reçu un diagnostic de commotion cérébrale.
• Les garçons subissent plus de commotions cérébrales en pratiquant un sport que les filles.
• Les commotions cérébrales et autres traumatismes crâniens attribuables aux activités sportives et récréatives sont plus fréquents chez les 10 à 14 ans 
• Selon une recherche de l'Université McGill, près de 80 % des 469 athlètes universitaires interrogés n'ont pas consulté de médecin «et ont continué de jouer en étant conscient de leurs symptômes».
• La Ligue nationale de football (NFL) a rapporté 244 commotions cérébrales chez ses joueurs en 2016 comparativement à 275 l'année précédente. 
* Source : Gouvernement du Canada, Centre universitaire de santé McGill, NFL.