Une étude publiée en 2017 par l’Observatoire des tout-petits, révélait que plus du tiers des enfants de trois à cinq ans n’était pas assez actifs physiquement et les 3/4 d’entre eux passaient trop de temps devant des écrans.

Commencer la vie du mauvais pied

Longtemps associé au monde des adultes, des adolescents et des préadolescents, le conditionnement physique n’est pas que l’apanage des dix ans et plus. Les bébés et les tout-petits aussi se doivent d’être actifs physiquement.

On a longtemps eu l’impression que pourvu qu’ils soient bien nourris et non frappés d’une maladie quelconque, nos tout-petits étaient en santé. 

Pourtant, selon une étude publiée en 2017 par l’Observatoire des tout-petits, plus du tiers des enfants de trois à cinq ans n’était pas assez actif physiquement et les 3/4 d’entre eux passaient trop de temps devant des écrans (de télévision ou d’ordinateur). De plus, le tiers des enfants de trois à cinq ans faisait de l’embonpoint, était obèse ou risquait de le devenir.

Même s’il reconnaît que la santé physique des 0-5 ans s’est, somme toute, améliorée au cours des dix dernières années quant au nombre de cas d’asthme, d’accidents et de maladies infectieuses, l’Observatoire des tout-petits se dit cependant préoccupé par le haut taux de césariennes, les éclosions de rougeole, l’embonpoint, l’obésité, la santé mentale des enfants et leur accès laborieux à un médecin de famille ou à un pédiatre.

Les statistiques de l’Observatoire des tout-petits, un organisme sans but lucratif relié à la Fondation Lucie et André Chagnon, concernent les tout-petits québécois et ont été rendues publiques en novembre 2017. 

Le rapport de l’Observatoire explique que «les données quant à l’obésité infantile sont inquiétantes. Entre 2012 et 2015, un enfant âgé de 36 à 60 mois sur trois était à risque d’embonpoint, faisait de l’embonpoint ou était obèse.» Le rapport révèle également que «le développement des enfants est préoccupant: 26 % des tout-petits à la maternelle étaient vulnérables dans au moins un domaine de développement en 2012. De ce nombre, la moitié était vulnérable dans plus d’un domaine de développement.»

Du côté ontarien

Même constat du côté ontarien: le professeur chercheur au département de pédiatrie de l’Université d’Ottawa, Jean-Philippe Chaput, parle d’un portrait général «alarmant» pour les tout jeunes chez nous. 

Le Groupe de recherche sur les saines habitudes de vie et l’obésité de l’Institut de recherche du Centre hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario à Ottawa observe que chez les trois à cinq ans, le tiers des enfants ne bouge pas assez, le tiers d’entre eux affiche un surpoids inquiétant et les trois quarts abusent des écrans de télé et d’ordinateur.

Nuance intéressante: «On peut être très actif physiquement et très sédentaire aussi [...] On peut bouger tous les jours beaucoup, mais rester trop longtemps assis par la suite et passer beaucoup de temps d’écran [...] Le but c’est de bouger plus, mais de réduire aussi le temps d’écran», explique le professeur Chaput. 

Le bon conditionnement physique commencerait donc dès que l’on est poupon et M. Chaput parle même de retourner les bébés, de zéro à un an, sur le ventre durant 30 minutes, réparties dans le temps chaque jour, pour qu’ils puissent se débattre un peu et ainsi bouger davantage. Ensuite, de un an à quatre ans, trois heures d’exercices physiques par jour sont nécessaires. 

La honte comme frein

Une équipe de l’Université Concordia à Montréal a étudié le rôle déterminant de la honte dans l’acquisition de mauvaises habitudes de vie durant l’enfance. 

Selon leurs observations, «un individu qui se sent jugé sur la forme de son corps aura plus tendance à éviter de faire de l’exercice physique et donc à développer de mauvaises habitudes au courant de sa vie, ce qui rendra encore plus difficile la gestion de son poids [...] Ce cercle vicieux explique pourquoi les expériences vécues dès la petite enfance influencent [...] la façon dont nous prenons en main notre santé tout au long de notre vie.» 

Ces conclusions sont rapportées et traduites sur le site web de l’Observatoire des tout-petits et sont issues des travaux des chercheurs Linda Booij et Angela Alberga de l’Université Concordia à Montréal.

BOUGER

Nourrissons (moins d’un an) :

  • Au moins 30 minutes sur le ventre par jour (réparties dans la journée).

Tout-petits (1 à 2 ans) :

  • Au moins 180 minutes d’activités physiques par jour.

Enfants d’âge préscolaire (3 à 4 ans) : 

  • Au moins 180 minutes d’activités physiques par jour, dont au moins 60 minutes de jeu énergique.


DORMIR

Nourrissons (moins d’un an) :

  • De 14 à 17 heures de sommeil, incluant les siestes (pour les 0 à 3 mois) 
  • De 12 à 16 heures (pour les 4 à 11 mois)

Tout-petits (1 à 2 ans) : 

  • De 11 à 14 heures de sommeil par jour

Enfants d’âge préscolaire (3 à 4 ans) : 

  • De 10 à 13 heures de sommeil par jour

Source: Société canadienne de physiologie de l’exercice