Les aînés qui ont été hospitalisés à la suite d’une blessure en 2017-2018 avaient principalement été victimes de chutes et de collisions impliquant un véhicule, révèlent des données rendues publiques jeudi par l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS).

Collisions et chutes ont envoyé les aînés à l’hôpital en 2017-2018

Les aînés qui ont été hospitalisés à la suite d’une blessure en 2017-2018 avaient principalement été victimes de chutes et de collisions impliquant un véhicule, révèlent des données rendues publiques jeudi par l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS).

Les chutes étaient ainsi responsables de plus de 80 pour cent de ces hospitalisations chez les personnes âgées. Ces hospitalisations étaient en hausse de 9 pour cent entre 2015-2016 et 2017-2018.

Plus de 137 500 personnes âgées de 65 ans et plus ont été hospitalisées au Canada à la suite d’une blessure en 2017-2018, dont 63 pour cent de femmes. Les personnes âgées ont représenté plus de la moitié des hospitalisations à la suite d’une blessure au Canada l’an dernier.

Les aînés qui se sont rendus à l’urgence l’ont aussi fait principalement en raison d’une chute. Les chutes étaient en effet responsables de 60 pour cent des visites déclarées à l’urgence par des personnes âgées, et environ 20 pour cent de ces dernières ont été hospitalisées.

«Les chutes sont souvent un événement sentinelle qui est annonciateur d’un problème de santé plus grave, a rappelé la docteure Lucie Boucher, qui est chef du Service de gériatrie du CHUM. C’est un peu comme le drapeau rouge qui s’agite.»

Pour se tenir debout et se déplacer, il faut être en forme, poursuit-elle: il faut avoir un bon coeur qui fonctionne bien et qui fait que la circulation et la pression artérielle se maintiennent bien, il faut avoir des poumons qui fonctionnent bien être bien oxygéné, il faut avoir des jambes assez fortes pour se tenir debout, et il faut avoir une tête qui réfléchit bien et qui analyse qu’il y a une dangerosité.

«Les conséquences sont souvent plus importantes pour une personne âgée qui chute, ajoute la docteure Boucher. Les blessures vont amener des séquelles à moyen et à long terme, elles peuvent amener un déclin fonctionnel qui va amener à un changement de domicile parce que la personne n’est plus capable de gérer ses choses.»

Collisions et accidents

Les collisions impliquant un véhicule ont entraîné l’hospitalisation de plus de 5800 personnes âgées en 2017-2018, soit une hausse de 8 pour cent par rapport à 2015-2016. Ces collisions causent souvent des blessures aux conducteurs, passagers ou cyclistes.

«Dans un tiers des collisions ayant causé une hospitalisation, la personne âgée était au volant, a détaillé Pierre Léveillé, qui est chef de programme, Normes Financières et Information à l’ICIS. Dans environ 16 pour cent des collisions, la personne âgée était un piéton et elle a été heurtée par un véhicule.»

Environ 12 pour cent des hospitalisations ont été causées quand la personne âgée montait ou descendait d’un véhicule, et dans un autre 12 pour cent des hospitalisations la personne âgée était passagère, a ajouté M. Léveillé.

«Une personne âgée impliquée dans une collision aura plus souvent des blessures et les blessures seront plus graves et avec des conséquences plus importantes qu’un adulte plus jeune», a dit la docteure Boucher.

Le nombre de personnes âgées de 65 ans et plus hospitalisées en raison d’une blessure sportive ou hivernale est passé de 4553 en 2015-2016 à 5650 en 2017-2018, soit un bond de 24 pour cent.

Suicides et blessures

Les données témoignent également de 1601 hospitalisations de personnes âgées après une tentative de suicide ou une blessure auto-infligée en 2017-2018, ce qui constitue une augmentation de 7 pour cent par rapport à 2015-2016.

«Le vieillissement de la population pourrait figurer parmi les facteurs, a dit M. Léveillé. Les ‘baby boomers’ qui constituent une plus grande partie de la population canadienne deviennent de plus en plus âgés, et cette génération affiche déjà un taux de suicide plus élevé que les précédentes, selon la Coalition canadienne pour la santé mentale des personnes âgées.»

La docteure Lucie Boucher appelle toutefois à la prudence dans l’interprétation de ces chiffres.

«Les statistiques peuvent montrer une hausse qui n’est pas une hausse réelle; on est simplement plus à l’affût que c’est un risque qui est présent et on enlève nos oeillères d’âgisme», a-t-elle prévenu.

Les travailleurs de la santé sont donc de plus en plus sensibilisés au fait que ce qui peut ressembler à un accident est peut-être dans les faits un geste volontaire.

«Contrairement à une tentative de suicide chez un jeune ou un adulte d’âge moyen, il y a des tentatives de suicide qui sont plus masquées, a dit la docteure Boucher. La tentative de suicide va ressembler à un accident, à un traumatisme, à quelque chose de non planifié, alors qu’il y avait probablement un aspect auto-infligé.»