Le président-directeur général du CISSSO, Jean Hébert, a indiqué qu’il y aura une réunion entre le CISSSO et l’APTS pour trouver des pistes de solutions afin d’offrir un milieu de travail sécuritaire.

CLSC de l'Outaouais: la mixité des clientèles dénoncée

La mixité des clientèles en CLSC est dangereuse pour les intervenants et la clientèle, et expose beaucoup de personnes, dont des jeunes, à des situations traumatisantes, souligne un syndicat du milieu de la santé.

Un CLSC de la région a été le théâtre de deux codes blancs les 4 et 10 mai à la suite de comportements violents, a indiqué jeudi l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS).

Les fusions dans les services de santé ont fait en sorte que la clientèle de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) peut se trouver dans une salle commune avec un jeune aux prises avec des retards de développement, a expliqué la représentante de l’APTS pour la région de l’Outaouais, Andrée Poirier. 

Ainsi, un enfant atteint d’un retard d’apprentissage peut être témoin de la colère d’un parent qui voit son enfant être pris en charge par la DPJ, ou constater qu’un acte de violence est perpétré dans le bureau à côté de celui où il subit une évaluation. C’est ce qui est arrivé dans un des cas.

« Tous ces gens se retrouvent dans le même établissement, dans la même salle d’attente », a expliqué Mme Poirier en entrevue au Droit.

« Quand des gens se rendent à l’établissement pour une évaluation, on ne s’attend pas à être exposé à cette situation-là. Ça peut arriver exceptionnellement, mais là on parle de deux incidents coup sur coup à l’intérieur d’une semaine. Ça fragilise les équipes. Il y a des gens qui partent en arrêt de travail encore. Ça fait depuis 2016 qu’on demande de revoir la mixité des clientèles, de dissocier certains types d’intervention et de ne pas faire certains types d’intervention dans un établissement précis » a continué Mme Poirier, qui a indiqué qu’à un des codes blancs des enfants sont partis en pleurant en raison du traumatisme.

« Nous sommes censés les recevoir et leur offrir des services et là ils repartent avec un traumatisme. Il y a un non-sens. Je sais qu’on ne peut pas éliminer tous les risques, mais là il y en a trop », a indiqué Mme Poirier, qui demande que soit revue la décision clinique de la mixité des clientèles afin d’assurer la sécurité de la population et des intervenants qui donnent les services.

Lors de la réunion du conseil d’administration du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO), jeudi soir, le président-directeur général, Jean Hébert, a indiqué qu’il y aura une réunion entre le CISSSO et l’APTS pour trouver des pistes de solutions afin d’offrir un milieu de travail sécuritaire. 

Il a cependant précisé que des règles « n’ont pas nécessairement été respectées par les employés » lors des deux incidents.

« Il y a accès à des locaux sécurisés pour des rencontres. Dans les deux incidents, les professionnels n’ont pas respecté les consignes. Elles sont là pour leur sécurité et celle des gens. Ce n’est donc pas une question de mixité », a expliqué M. Hébert en entrevue, ne laissant pas d’ouverture à un retour vers le passé.

« On ne reviendra pas dans un édifice barré. On n’est plus là. On est rendu ailleurs », a-t-il laissé tomber.

« S’il y a une chose qu’on ne tolère plus à l’APTS, c’est de toujours se faire renvoyer la responsabilité sur nos intervenants qui sont déjà à bout et qui font plein de choses dans des conditions qui compromettent leur santé, leur sécurité et celle de la population », a répliqué Mme Poirier.

PROTOCOLE DE CONTENTION

Le CISSSO harmonise sa politique pour l’ensemble de ses établissements concernant l’utilisation exceptionnelle de mesures de contention sur des clients.

Le protocole permet notamment de réduire au minimum la fréquence et la durée d’application des contrôles, et précise les responsabilités des professionnels en santé dans le processus décisionnel concernant les mesures de contrôle.

«Nous avons mis en place des mesures de suivis pour nous assurer qu’on respecte les règles», a précisé le président-directeur général du CISSSO, Jean Hébert.

Un tel protocole vise notamment à ce que des cas comme celui de Marc-André Maxwell, cet homme mort asphyxié en 2015 alors qu’il avait les poignets et les chevilles attachés à son lit d’hôpital à Gatineau, soient évités.

«C’est sûr que ça va prévenir que des incidents malheureux aient lieu. En même temps, tout le monde appliquera les mêmes règles», a indiqué M. Hébert.