Le président de la CSN en Outaouais, Alfonso Ibarra, et la présidente du STTSSSO-CSN, Josée McMillan

CISSSO: «On a le réseau à bout de bras»

La surcharge de travail liée au manque de personnel dans le réseau de la santé de la région se fait durement sentir au point où le Syndicat des travailleuses et travailleurs de la santé et des services sociaux de l’Outaouais (STTSSSO-CSN) lance un cri du cœur. Une centaine d’employés ont démissionné en l’espace de deux mois, dit-on.

À l’invitation de la CSN, plusieurs dizaines de syndiqués se sont attablés mercredi sous une tente installée en face du CHSLD Foyer du Bonheur, dans le secteur Hull, pour un dîner visant à les remercier pour le travail accompli cet été. Une occasion pour le syndicat de déplorer « le cycle néfaste » du manque d’effectifs, qui s’est fait particulièrement sentir au cours de la saison estivale qui tire à sa fin.

« On a eu plusieurs manques de personnel, entre autres les agentes administratives, qui depuis des années et des années ne sont pas remplacées. 95 % du temps, les postes ne sont pas remplacés, ça occasionne une surcharge de travail pour notre secteur bureau. Il y a aussi tous les autres titres d’emploi qu’on représente : le service alimentaire, l’hygiène et la salubrité, les préposés aux bénéficiaires, les ouvriers spécialisés, les préposés en hémodialyse, les préposés en stérilisation, etc. On a le réseau à bout de bras, donc il faut arrêter et trouver des alternatives rapidement pour aider nos membres. Plus que la moitié de nos membres sont épuisés de cette situation-là », lance la présidente du STTSSSO-CSN, Josée McMillan. 

L’épuisement, le stress, les difficiles conditions de travail et la conciliation travail-famille sont au nombre des raisons invoquées par la centaine de personnes qui ont mis une croix sur le réseau en mai et juin, soutient le syndicat, qui précise que les départs à la retraite ne sont pas inclus dans ces statistiques. 

« On fait des revendications tous les jours. Notre problème, c’est l’embauche. Il n’y a pas d’attraction, on a de la difficulté à garder notre monde. Je pense qu’on a une problématique majeure », de dire Mme McMillan, qui implore le gouvernement Legault « de mettre de l’argent sur la table » et d’améliorer les conditions de travail en ouvrant les conventions collectives avant même l’amorce des prochaines négociations au printemps 2020. 

Le président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Outaouais (CCSNO-CSN), Alfonso Ibarra, soutient qu’il est clair que la proximité avec l’Ontario est une cause importante des problèmes dans les établissements de la rive québécoise. 

Il s’est aussi permis de décocher une flèche à l’ancien gouvernement. 

« L’Outaouais vit d’une certaine manière avec les résultats du règne néfaste en matière de santé du gouvernement libéral. Les gens ont voté pour du changement, on espère que le gouvernement actuel va savoir être à la hauteur des changements exigés par population. Il faut prendre soin de notre personnel dans le réseau pour que celui-ci soit dans les meilleures conditions possible et à son tour puisse prendre soin de la population. C’est important de se rappeler cela », s’est-il exclamé. 

Le syndicat juge par ailleurs « inacceptable » que la direction du Centre intégré de santé et des services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) n’ait pas daigné accorder une période de 15 minutes à chaque employé mercredi en guise de remerciement pour le boulot accompli cet été.

Si plusieurs avaient enfilé un ancien brassard jaune sur lequel est inscrit « Jusqu’à épuisement du personnel » lors de l’activité syndicale, le STTSSSO-CSN affirme qu’il réfléchit à son prochain coup d’éclat et à un item qui pourrait être utilisé par les membres pour démontrer leur exaspération. 

Contacté par Le Droit, le CISSSO n’a pas souhaité commenter cette sortie médiatique de la CSN.