L'accès aux examens d'imagerie par résonance magnétique (IRM) est à ce point difficile que « la moitié des résonances magnétiques qui sont faites auprès de personnes qui habitent en Outaouais sont faites en Ontario ou dans le privé », souligne le Dr Morissette en entrevue.

CISSSO: l'accès à l'IRM «nettement insuffisant»

L'unique appareil de résonance magnétique du réseau public en Outaouais est « nettement insuffisant » pour répondre aux besoins, au point où environ la moitié des patients de la région se tournent vers Ottawa ou vers le secteur privé pour obtenir leur examen dans un délai raisonnable. Une situation qui pourrait changer si Québec approuve l'achat d'un deuxième appareil.
Le directeur des services professionnels du Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais (CISSSO), le Dr Guy Morissette, ne le cache pas. « Le secteur de la résonance magnétique constitue un enjeu majeur dans l'optique de résolution des problèmes d'accessibilité », écrit-il dans une lettre datée du mois dernier, adressée au président du comité de révision des plaintes du conseil d'administration.
Le document contient un tableau dans lequel on apprend qu'en début d'année 2017-2018, seulement 83,4 % des examens électifs en résonance magnétique avaient pu être effectués à l'intérieur de la cible de 90 jours.
L'accès aux examens d'imagerie par résonance magnétique (IRM) est à ce point difficile que « la moitié des résonances magnétiques qui sont faites auprès de personnes qui habitent en Outaouais sont faites en Ontario ou dans le privé », souligne le Dr Morissette en entrevue.
Tout dépendant du niveau de priorité, un rendez-vous en IRM peut s'obtenir en moyenne en trois mois à Ottawa, tandis que l'attente pour avoir accès à l'appareil de l'Hôpital de Hull « peut aller facilement jusqu'à un an » pour les cas moins prioritaires, a indiqué le Dr Morissette.
Le problème n'est pas récent. Il y a environ un an, Québec octroyait à la région l'argent nécessaire pour accroître l'accès en IRM en offrant le service 16 heures par jour, sept jours par semaine. Ce financement ponctuel a disparu au printemps dernier, mais le CISSSO a décidé de maintenir le service tel quel. Sauf que ça ne suffit toujours pas à répondre à la demande, reconnaît l'organisation.
Un projet est donc sur la table pour faire l'acquisition d'un deuxième appareil. Comme les examens d'IRM réalisés à Ottawa coûtent « très cher » au réseau québécois, le Dr Morissette est convaincu qu'un tel achat en vaut le coup, puisque de nombreux patients seraient rapatriés sur la rive québécoise.
Le projet n'est « pas encore soumis à Québec », a-t-il toutefois souligné, tout en assurant que si le CISSSO obtient une réponse favorable, la question de l'espace pour installer un nouvel appareil ne serait pas un problème.
Autres examens 
Le CISSSO se penche également sur la diminution de l'attente pour les échographies et la tomodensitométrie, où il est aussi « clair que des efforts supplémentaires doivent être investis ». Une révision du processus de classification des demandes en fonction de leur priorité clinique a notamment été faite dans le but d'avoir un portrait global du nombre de patients en attente. Des hôpitaux en périphérie ont également été mis à contribution afin de diminuer l'attente en zone urbaine.
« Un enjeu de ressources humaines » est aussi en cause dans l'attente observée pour « l'ensemble des services d'imagerie médicale » en Outaouais, souligne par ailleurs le Dr Morissette dans sa lettre, en précisant que « recrutement, rétention, initiation, orientation et formation continue sont par conséquent au programme pour les gestionnaires qui souhaitent conserver une main d'oeuvre mobilisée et présente au travail ».