Si les préposés aux bénéficiaires des unités de santé mentale obtenaient le titre convoité, ils auraient notamment droit à une hausse salariale.

CISSSO: des préposés réclament un nouveau titre

Des préposés aux bénéficiaires œuvrant en santé mentale dénoncent la menace de mesures disciplinaires qu’aurait brandie le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) devant leurs moyens de pression pour revendiquer un nouveau statut professionnel.

Une vingtaine de membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs de la santé et des services sociaux de l’Outaouais ont manifesté, vendredi midi, devant le siège social du CISSSO.

La présidente du syndicat, Josée McMillan, a fait savoir que cette intervention visait à « dénoncer la lenteur dans un dossier pour lequel le syndicat revendique [...] le titre d’emploi d’agent d’intervention en milieu psychiatrique » pour les préposés aux bénéficiaires œuvrant sur des unités de santé mentale, que ce soit au Centre hospitalier Pierre-Janet ou aux hôpitaux de Hull et de Gatineau.

Le syndicat dit avoir interpellé l’employeur « à plusieurs reprises » pour qu’un changement soit fait, et soutient que le titre convoité existe dans plusieurs établissements de la province. « Mais le CISSSO ne veut pas nous donner de réponse, on nous dit tout le temps qu’ils sont en analyse du dossier », a déclaré Mme McMillan.

Les syndiqués concernés ont commencé à porter, mercredi, des vestes portant l’inscription « CISSSO, quand vas-tu reconnaître mon travail ? ». « D’emblée, mercredi, on a commencé à dire aux employés d’ôter les vestes, rapporte Mme McMillan. [...] Mais j’ai maintenu notre décision qu’on portait nos vestes pour faire avancer notre dossier. Ça ne dérange pas personne, une veste, et ça n’attaque pas personne. »

Jeudi en fin de journée, l’employeur aurait « menacé » les syndiqués de leur imposer des mesures disciplinaires et de déposer un grief patronal, affirme le syndicat.

La porte-parole du CISSSO, Geneviève Côté, a indiqué que l’organisation analysait les tâches des 89 employés concernés « afin de voir si leur emploi répond » au libellé récemment modifié du titre d’agent d’intervention, une démarche qui devrait se terminer « d’ici le printemps 2018 ».

« Question de sécurité »

En ce qui concerne le port des vestes, le CISSSO dit s’y opposer pour « une question de sécurité ». « De plus, les employés ne sont pas présentement en moyens de pression, note Mme Côté. Le port du dossard n’est donc pas autorisé. » Des représentants des ressources humaines du CISSSO rencontraient le syndicat à ce sujet, vendredi après-midi.

Si les préposés aux bénéficiaires des unités de santé mentale obtenaient le titre convoité, ils auraient notamment droit à une hausse salariale, note Josée McMillan, qui estime que les syndiqués concernés font davantage d’« intervention » auprès des patients, tandis que le poste de préposé aux bénéficiaires est davantage lié aux soins.

Le président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Outaouais, Michel Quijada, souligne de son côté que « dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, de ne pas reconnaître ce titre d’emploi, c’est ridicule ».

« On parle de rétention de main-d’œuvre et en même temps, on ne leur reconnaît pas un titre d’emploi qui est reconnu par les autres, dénonce-t-il. Je trouve que ça n’a pas de sens. »