L’entente devrait contribuer à régler le problème de la pénurie de médecins dans les centres d’hébergement, particulièrement dans la région de Québec.

CHSLD: entente pour attirer les médecins

EXCLUSIF / Les patients hébergés en CHSLD compteront finalement dans la prise en charge par les groupes de médecine familiale (GMF). Bien que des ficelles resteraient encore à attacher, un accord de principe sur la pondération de ces patients aurait été conclu entre le ministère de la Santé et la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), a appris Le Soleil.

Cette entente devrait contribuer à régler le problème de la pénurie de médecins dans les centres d’hébergement, particulièrement dans la région de Québec, où on compte actuellement quelque 275 lits de CHSLD en découverture médicale, selon les données du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Capitale-Nationale. 

Encore la semaine dernière, une médecin du CHSLD Saint-Augustin, la Dre Louise Côté, a annoncé qu’elle jetait l’éponge. Dans une lettre envoyée aux quelque 266 patients de l’établissement de Beauport, elle attribuait son départ, effectif le 15 avril, à une surcharge de travail dont le ministère est «l’unique responsable». 

La Dre Côté rappelait que l’entrée en vigueur de la loi 20 favorisant l’accès à la médecine de famille avait provoqué un départ massif des médecins des CHSLD vers les cliniques médicales. «C’est au ministère à changer ses lois pour que nos patients en CHSLD comptent dans la prise en charge par les médecins», écrivait-elle.

La médecin faisait allusion au fait qu’un patient en CHSLD vaut zéro sur une échelle définie par le ministère de la Santé pour la prise en charge des patients par les GMF. À titre de comparaison, une femme enceinte compte pour trois patients pondérés et une personne âgée suivie à domicile compte pour 12.

Selon ce qui aurait été convenu entre le ministère de la Santé et la FMOQ, un résident de CHSLD inscrit dans un GMF et pris en charge par un médecin compterait maintenant pour six patients pondérés. Au moment d’écrire ces lignes, l’entente était sur le point d’être signée. Des «vérifications» portant sur les coûts de cette mesure pour le gouvernement étaient toujours en cours, nous a-t-on dit.

En entrevue au Soleil, il y a quelques jours, le président de l’Association des médecins omnipraticiens de Québec, le Dr Pascal Renaud, avait expliqué que le ministère de la Santé n’était pas prêt à se rendre à une pondération de 12 patients pour la personne hébergée en CHSLD, comme le réclamait la FMOQ, même si son cas est plus lourd que celui d’une personne âgée suivie à domicile. «Le ministère estime que quand un médecin se déplace à domicile, il ne voit qu’un patient à la fois, alors qu’il peut en voir entre 10 et 20 au CHSLD», rapportait le Dr Renaud. 

Rémunération plus concurrentielle

Le ministère de la Santé et la FMOQ auraient également commencé à discuter sur l’augmentation de la rémunération des médecins qui pratiquent en CHSLD, une autre mesure qui vise à rendre cette pratique plus «attractive». 

Comme la dernière entente de rémunération conclue entre Québec et la FMOQ prévoit déjà des investissements dans la pratique en CHSLD, cette mesure n’engendrera pas de coûts supplémentaires pour le gouvernement, nous a-t-on assuré. Les discussions en cours porteraient en fait sur la façon de distribuer les sommes convenues. 

Au cours des dernières semaines, Le Soleil a fait état de cas de patients hébergés en CHSLD, parfois en fin de vie, devant être transférés en ambulance dans les hôpitaux pour y recevoir des soins médicaux, faute de médecins dans leur milieu de vie pour soulager leurs souffrances.