Charte: Gatineau pourrait perdre des infirmières

Gatineau pourrait perdre des enseignants, des infirmières et des professionnels de la santé au profit d'Ottawa, si la loi 60 sur la charte de la laïcité est adoptée.
Un nouveau groupe, le Rassemblement Outaouais pour l'égalité et la liberté de conscience, a lancé une pétition en ligne, hier, réclamant le retrait pur et simple du projet de loi 60. Regroupant une quarantaine de personnes et d'organismes de la région, le Rassemblement dénonce cette Charte qui, à son avis, creuse un fossé entre les Québécois. Selon le groupe, la Charte des droits et libertés de la personne du Québec constitue la base sur laquelle repose la défense des minorités, l'égalité des femmes et des hommes, ainsi que la liberté de conscience.
«Hostie d'immigrante»
L'interdiction du port de signes religieux par des employés de l'État, tel que proposé par la Charte, risque de pousser des professeurs et des professionnels de la santé à quitter Gatineau pour travailler à Ottawa, ont indiqué plusieurs signataires de déclaration du Rassemblement.
C'est le cas de Houda Sahim, une infirmière auxiliaire à l'Hôpital de Hull depuis 2008. «Si le projet de loi est adopté, ça va me toucher, car je ne pourrai plus porter le voile au travail. Pourtant, depuis le début, j'ai toujours travaillé dans un climat harmonieux et on ne me jugeait pas. Mais depuis le début du débat sur la Charte, on me fait parfois des remarques négatives ou carrément racistes, comme cet homme qui m'a traitée 'd'hostie d'immigrante', parce que je lui avais demandé de quitter la chambre d'un patient à qui je devais donner des soins, alors que la période des visites était terminée depuis trente minutes», a raconté Mme Sahim.
L'infirmière auxiliaire, d'origine marocaine, porte le foulard islamique par conviction religieuse. Si on lui interdit, elle ira tout simplement travailler à Ottawa, affirme-t-elle.
Naïma Errhiani, professeur à la Polyvalente Nicolas-Gatineau, abonde dans le même sens. «Je n'avais pas de problème avec mes élèves ni avec mes collègues et je ne comprends pas du tout sur quoi est basé ce projet de loi. Ce sont des préjugés. Je serai obligée de quitter le Québec si on veut m'obliger à enlever mon foulard», croit Mme Errhiani.
Les personnes intéressées à signer la pétition peuvent le faire en consultant le site Internet.