Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette

«C’est très clair qu’il y a eu un manque»

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, reconnaît « qu’il y a eu un manque » dans l’aide apportée aux proches de Marie Jacque Fortin après son décès et celui de la petite fille qu’elle portait.

De passage à Gatineau jeudi, le ministre Barrette a réagi aux rapports de la coroner Pascale Boulay sur les deux décès survenus en mars 2016, mais aussi aux critiques des proches des disparues quant à l’absence d’aide psychosociale à l’Hôpital de Hull après la tragédie.

« Je peux vous dire que dans ma pratique médicale, les situations où il y a des décès familiaux [...], j’ai vu ça à une ou deux reprises, a-t-il dit. Écoutez, c’est un drame avec un D majuscule, ça affecte évidemment la famille, mais ça affecte même les équipes traitantes dans les institutions. [...] Pour ce qui est du support psychologique qui aurait dû, vraiment, être mis à la disposition de la famille, à commencer par le conjoint de la dame, là je pense que c’est très clair qu’il y a eu un manque et je pense que des ajustements seront faits pour éviter que des situations comme celles-là se reproduisent. » 

À lire également: Le CISSSO lance une enquête interne

M. Barrette estime que l’embolie amniotique qu’a probablement subie Mme Fortin avant son décès représente une situation « qui était irréversible [...] pour la mère ». « Pour l’enfant, là il y a des questions qui ont été posées et des recommandations qui ont été faites que je reçois très favorablement », a-t-il ajouté.

Alors que Me Boulay recommande que ministère de la Santé élabore un protocole pour les interventions préhospitalières impliquant la réanimation de femmes en fin de grossesse, Gaétan Barrette s’est dit « très étonné » qu’un tel protocole dictant un transport plus rapide vers l’hôpital n’existe pas déjà.

« Quand on suit des formations de réanimation cardiorespiratoire, cette situation-là est un cas d’espèce, a-t-il mentionné. [...] C’est sûr, sûr, sûr que je vais m’assurer que [le protocole] soit là. »

Pour ce qui est de la recommandation demandant au Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais que ses hôpitaux agissant « comme centre de référence » soient équipés de trousses de césarienne d’urgence, M. Barrette a émis quelques bémols.

« Je vous invite à ne pas trop focaliser là-dessus, a-t-il dit devant les journalistes. Parce que si vous allez voir c’est quoi une trousse de césarienne d’urgence, c’est une instrumentation qui est très simple. [...] C’est mettre dans une trousse ce qui est déjà disponible, normalement, dans une urgence. [...] Oui, c’est correct d’avoir une trousse, mais ça ne veut pas dire qu’on ne pouvait pas la faire la césarienne. »

En ce qui concerne la formation AMPRO [Approche Multidisciplinaire en Prévention des risques Obstétricaux], M. Barrette va « réfléchir » à la recommandation de la coroner de la rendre obligatoire dans tous les centres accoucheurs de la province.