Le centre d'injection temporaire situé sur la rue Clarence à Ottawa possède deux postes pour les toxicomanes.

Centre d'injection: les toxicomanes viendront-ils?

Un nouveau site d'injection temporaire ouvre ses portes mardi dans le marché By à Ottawa, mais il reste à voir si la clientèle du centre de prévention des surdoses, un centre non sanctionné situé à quelques pas de là, s'y dirigera.
Le Dr Isra Levy, médecin en chef de Santé publique Ottawa, a concédé que des toxicomanes pourraient être réticents à venir s'injecter de la drogue dans le centre supervisé autorisé sous autorité gouvernementale, mais il a précisé que son organisation « a de solides antécédents en matière d'instaurer la confiance avec sa clientèle ».
« Il y a des gens qui pourraient choisir de ne pas utiliser nos ressources parce que les choses que nous faisons ici sont un peu plus structurées. Pour certaines personnes, notre modèle pourrait ne pas fonctionner. Il y aura définitivement des défis pour des individus, mais nous devrons analyser la situation et comment nous pourrions les accommoder », a expliqué le Dr Levy lundi lors d'un aperçu des services qu'offrira le centre provisoire situé au 179, rue Clarence.
« Nous ne nous présentons pas comme un gouvernement. Nous sommes des professionnels de la santé », a-t-il aussi signalé.
À deux pâtés de maisons de ce nouveau centre se trouve le controversé centre d'injection supervisée illégal. Depuis le 25 août, ce centre de prévention des surdoses situé angle Cumberland et Saint-Patrick accueille plusieurs dizaines de clients durant ses heures d'ouverture, soit de 18 h à 21 h. Ce centre non autorisé soulève la colère des résidents du quartier en raison de la clientèle qu'il attire. Ces citoyens exigent qu'il soit fermé par les autorités. Les responsables de ce centre n'ont toutefois pas l'intention de plier leurs tentes pour le moment, eux qui reçoivent de 40 à 60 clients pas jour.
« Nous allons continuer de faire ce que nous faisons, soit de sauver des vies. Nous allons aider les gens à faire la transition vers les nouveaux sites, mais nous croyons qu'il existe encore des barrières avec le nouveau centre de Santé publique Ottawa. Nous ferons ce que nous pourrons pour aider les gens avec qui nous avons bâti des relations, et ne pas simplement fermer nos portes et partir. Nous allons continuer d'aider avec cette crise (des opioïdes) », a indiqué Bob Jamison, porte-parole du centre de prévention des surdoses.
M. Jamison a admis que les responsables à son centre feront la promotion des sites supervisés autorisés « dans le but de sauver des vies ».
Le centre d'injection supervisée provisoire de la rue Clarence a une autorisation de Santé Canada de 120 jours. Il comptera quatre employés, dont deux infirmières. Au commencement, il sera ouvert de 15 h à 20 h, mais les responsables visent une offre de services douze heures par jour assez rapidement.
Santé publique Ottawa n'écarte pas la possibilité de demander une prolongation de son certificat une fois que le centre d'injection supervisée du quartier Côte-de-Sable ouvrira ses portes, cet automne.
« La situation est assez volatile concernant cette crise et je crois qu'il faut étudier toutes les options et toutes les possibilités concernant comment nous répondons à cette crise en tant que communauté », a expliqué Andrew Hendricks, de Santé publique Ottawa.