La nouvelle salle d’urgence de l’Hôpital de Gatineau profite de plusieurs centaines de milliers de dollars du PAO chaque année.

Ce qu’il reste du statut particulier de l'Outaouais

La vaccination et la ligne Info-Social sont au nombre des éléments qui obtiennent du financement de l’enveloppe budgétaire du statut particulier du réseau de la santé de l’Outaouais, et ce même s’il s’agit de services offerts dans toutes les régions du Québec.

Des données du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) obtenues par Le Droit montrent que le Plan d’action Outaouais (PAO) créé grâce au statut particulier sert à financer certaines mesures pourtant offertes ailleurs en province à partir des budgets réguliers des établissements de santé. Le budget du PAO, qui était fixé à 20 millions $ par année lors de sa création par les libéraux en 2007, atteint désormais 24,5 millions $ par année.

Le tableau détaillant l’utilisation de cette somme montre que le service Info-Social — qui existe partout en province — obtient un financement atteignant cette année 686 000 $ puisé dans l’enveloppe du PAO.

Le « soutien à la vaccination » recevra pour sa part 238 000 $ cette année du PAO, afin notamment d’intensifier « les activités de suivis liées à la vaccination » et de soutenir « les projets spéciaux » d’immunisation contre l’influenza.

Le budget de fonctionnement pour le centre régional de cancérologie puise pour sa part 5,5 millions $ du budget du statut particulier chaque année, soit plus de 20 % de l’enveloppe globale.

La nouvelle salle d’urgence de l’Hôpital de Gatineau et le réaménagement effectué à l’Hôpital de Papineau profitent aussi de plusieurs centaines de milliers de dollars du PAO chaque année.

Le CISSSO n’a pas voulu accorder d’entrevue concernant l’utilisation des sommes découlant du statut particulier.

Le grand patron de l’organisation, Jean Hébert, avait toutefois souligné au Droit, en 2015, que le PAO visait dès le départ à accroître l’attraction et la rétention de main-d’œuvre, mais aussi l’amélioration de l’accès aux services.

Les agrandissements engendrant un besoin accru de ressources, l’enveloppe du statut particulier sert donc à offrir des services supplémentaires, avait plaidé M. Hébert.

La « stratégie relative à la situation frontalière », qui sert à la « mise en place d’une équipe pour dresser un portrait de la situation » et à « établir une stratégie » pour rapatrier les soins consommés en Ontario, a pour sa part vu son financement du PAO chuter au fil des ans. Cette mesure a déjà profité d’un montant de 1,7 million $ en 2012-2013, mais ne reçoit plus que 256 000 $ cette année.

La « stratégie de rétention » a de son côté déjà obtenu près de 400 000 $ par année, mais n’en reçoit maintenant que 18 400 $ pour 2018-2019.

Cette somme sert, par exemple, à l’organisation d’« activités de reconnaissance » pour le personnel.

Parmi les autres mesures financées grâce au statut particulier du réseau de la santé de l’Outaouais se trouvent l’ajout de places en ressources intermédiaires, la bonification des primes de soir et de nuit du personnel infirmier et un « projet d’attraction et de rétention des étudiants en médecine ».

La réponse du CISSSO

« Il est important de rappeler que la création du statut particulier en 2007 a eu lieu non seulement en raison de notre situation frontalière avec l’Ontario, mais aussi pour répondre aux besoins de la population de l’Outaouais, soit faciliter le recrutement, augmenter ainsi qu’améliorer l’offre et l’accessibilité aux soins et services, a fait savoir le CISSSO par écrit. C’est dans cette perspective que les sommes allouées au PAO doivent être examinées. De plus, les sommes du PAO sont intégrées au budget de fonctionnement du CISSSO depuis sa création en 2015. Les montants qui y figurent sont à titre indicatif. Par conséquent, les mesures identifiées sont susceptibles d’être ajustées. »