L’Institut national de santé publique du Québec ne recommande plus dans son avis publié mardi de rendre obligatoire le port du casque de vélo.

Casque de vélo: l’avis de la santé publique bien reçu par les urgentologues

L’avis de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), qui ne recommande plus de rendre obligatoire le port du casque de vélo, est bien reçu par l’Association des médecins d’urgence du Québec (AMUQ), qui mettra maintenant «toutes ses énergies» sur la promotion de cet équipement.

«L’AMUQ se base sur des données probantes, et on s’ajuste selon les données probantes. L’avis est pertinent et bien documenté. Il démontre que la promotion active du port du casque de vélo a un effet et qu’on n’obtiendrait pas tellement plus en légiférant, d’autant qu’une loi serait difficile à appliquer.[…] Comme association, on va donc arrêter de dépenser de l’énergie» à plaider pour le port obligatoire du casque de vélo, a réagi en entrevue au Soleil mercredi le président de l’Association, le Dr Bernard Mathieu.

Se basant sur une imposante revue de la littérature, qui incite à appliquer le «principe de précaution», l’INSPQ ne recommande plus dans son avis publié mardi de rendre obligatoire le port du casque de vélo. L’organisme juge cependant essentiel d’intensifier les efforts de promotion, qui ont fait leurs preuves, et de développer des infrastructures sécuritaires pour les cyclistes partout au Québec.

Le Dr Bernard Mathieu se réjouit de constater que les cyclistes québécois sont toujours plus nombreux à porter le casque, alors que 53 % d’entre eux le portaient en 2014 (jusqu’à 70 % dans certaines régions), contre 25 % en 2000. Chez les jeunes de moins de 10 ans, cette proportion atteint 78 %, ce qui est proche du maximum atteignable avec une loi (80 %).  

«Dans les régions où on a atteint 70 %, on n’avait pas de loi. C’est encourageant de voir que la population est capable de changer ses comportements sans qu’on ait besoin de légiférer», dit le président de l’AMUQ, qui plaide pour que la promotion du port du casque de vélo soit faite «de façon très active» partout, dans toutes les régions et dans tous les milieux. 

L’exemple de Sherbrooke

Pour Simon Poulin, fondateur du Défi Tête la première, qui a pour objectif de sensibiliser les citoyens au port du casque de vélo et aux conséquences des traumatismes crâniens, «le port du casque doit devenir une norme, peu importe le moyen». «Le gouvernement doit être prêt à décaisser pour faire de la sensibilisation et procurer des casques à ceux qui n’ont pas les moyens de s’en procurer. À Sherbrooke, il y a un règlement sur le port obligatoire du casque de vélo, mais ce qui fait que les cyclistes portent le casque, c’est surtout grâce à la mobilisation du milieu et à l’effort concerté de tous les intervenants», note Simon Poulin. 

Chez Vélo Québec, on se réjouit de la position adoptée par l’INSPQ. «Il a fait une étude très sérieuse qui a pris deux ans à produire […]. Il conclut que oui, le casque de vélo est une protection valable, qu’il diminue les risques de traumatismes et de décès, mais qu’une loi, ce serait contre-productif et que ça pourrait avoir l’effet pervers de diminuer la pratique du vélo. Ça fait 25 ans qu’on se querelle avec la santé publique sur une loi, et on est bien content de cette volte-face», a commenté la présidente-directrice générale de Vélo Québec, Suzanne Lareau. 

Mme Lareau partage entièrement la position de l’INSPQ selon laquelle il faut mettre l’accent sur le développement d’infrastructures sécuritaires. «Non seulement ça augmente le nombre de gens qui circulent à vélo, mais ça permet en plus de diminuer les accidents.»