Santé Canada entend réfléchir « aux manières de mieux faire connaître les risques associés à une consommation excessive » de boissons énergisantes contenant de la caféine.

Boissons énergisantes: Santé Canada en réflexion

Santé Canada entend réfléchir « aux manières de mieux faire connaître les risques associés à une consommation excessive » de boissons énergisantes contenant de la caféine, à la suite de la noyade d’un jeune homme de 21 ans, survenue après qu’il eut consommé de la bière et « au moins » deux canettes de Red Bull, en 2016, en Outaouais.

Dans son rapport d’investigation sur le décès de Zachary Mitchell, rendu public l’hiver dernier, la coroner Pascale Boulay avait souligné que « la réglementation actuelle portant sur les boissons énergisantes n’est pas suffisante ».

Me Boulay avait recommandé que Santé Canada « modifie sa réglementation afin que les compagnies propriétaires de boissons énergisantes, à l’image des compagnies de tabac, préviennent les consommateurs des risques sur la santé associés à une consommation régulière et excessive des boissons énergisantes, incluant dans un contexte sportif, et qu’elles cessent d’associer cette boisson aux pratiques sportives ».

La mère de Zachary Mitchell, décédé après avoir consommé des Red Bull, avait écrit à la ministre fédérale de la Santé, Ginette Petitpas Taylor pour demander des changements législatifs.

Le Droit a obtenu, grâce à une demande d’accès à l’information, la réponse de Santé Canada à cette recommandation, acheminée au Bureau du coroner l’hiver dernier.

À LIRE AUSSI :

En croisade contre les boissons énergisantes

Boissons énergisantes: une réglementation insuffisante, plaide une coroner

La lettre signée par le sous-ministre Simon Kennedy souligne que le rapport de Me Boulay « soulève des questions importantes quant à savoir si [les boissons énergisantes] pourraient avoir des effets néfastes sur des personnes en bonne santé et ayant des problèmes cardiaques préexistants ».

M. Kennedy affirme que Santé Canada « réfléchira aux manières de mieux faire connaître les risques associés à une consommation excessive de ces produits ».

Trois « actions » ont été prévues par Santé Canada. Un travail doit être fait avec l’Agence canadienne d’inspection des aliments « pour s’assurer que les boissons énergisantes contenant de la caféine respectent les exigences et les lignes directrices en matière d’étiquetage, notamment que les publicités [...] ne les associent pas à la performance physique ou à la réhydratation ».

Santé Canada indiquait aussi vouloir « rencontrer la Société canadienne de cardiologie (SCC) » afin de « discuter des façons possibles de faire connaître ces risques aux patients ». La SCC devait aussi être invitée à dire si elle juge nécessaire l’ajout d’une mise en garde au sujet du « risque accru » pour les personnes présentant des « problèmes cardiaques préexistants ».

L’autre action vise à « inciter l’Association canadienne des boissons à discuter du rapport du coroner et à communiquer l’importance de respecter le code de commercialisation volontaire de l’industrie concernant les boissons énergisantes contenant de la caféine ».

Le sous-ministre conclut sa lettre en soulignant que Santé Canada « tiendra compte » de la recommandation formulée par Me Boulay « dans l’examen de toute mesure réglementaire future ».

Zachary Mitchell, qui demeurait à Ottawa, est décédé après avoir sombré dans les eaux du lac Saint-Pierre, à Val-des-Monts, en août 2016. Il avait consommé « environ six bières et quelques boissons énergisantes (Red Bull) sur une période d’environ deux heures ». Décrit comme « un athlète et un amateur de sports extrêmes », le jeune homme présentait un « variant génétique » pouvant causer une arythmie en cas d’effort physique, un élément découvert seulement après son décès.

Sa mère, Heather Mitchell, avait écrit à la ministre fédérale de la Santé, Ginette Petitpas Taylor, pour réclamer entre autres « que le gouvernement canadien agisse rapidement pour avertir les consommateurs de boissons énergisantes qu’il pourrait être souhaitable qu’ils consultent un médecin et qu’ils passent un électrocardiogramme, afin d’écarter la possibilité qu’ils soient porteurs d’une prédisposition à l’arythmie ».