La sonnette d’alarme quant à l’utilisation des blocs opératoires de l’Outaouais pour des patients ontariens a été tirée en juillet 2018.

Blocs opératoires: une situation dénoncée à l’été 2018

La sonnette d’alarme quant à l’utilisation des blocs opératoires de l’Outaouais pour des patients ontariens a été tirée en juillet 2018.

Dans une lettre obtenue grâce à une demande d’accès à l’information, le chef du département d’anesthésiologie du CISSSO, le Dr Daniel Groulx, avait dénoncé auprès du directeur des services professionnels de l’époque une situation qu’il jugeait préoccupante pour l’accès au temps opératoire, en particulier à l’Hôpital de Hull.

« La situation est l’usage par la chirurgie maxillo-faciale de temps opératoire électif pour des patients provenant de l’Ontario, écrivait le Dr Groulx. On ne parle pas d’un cas occasionnel, mais de façon régulière et cela surtout par la même chirurgienne [...]. À noter qu’il arrive que quelques cas par année proviennent d’autres spécialités. »

Dans cette même lettre, le Dr Groulx soulignait que la région manque déjà « de temps opératoire pour les patients du Québec » et que les services donnés à des patients de la rive ontarienne « sont des services existants en Ontario ». Il précisait aussi que des interventions ont été faites « de façon diplomatique » auprès de la chirurgienne dont le programme électif était parfois rempli à 100 % par des patients ontariens, mais que cela n’a pas eu de succès. Il notait également que la chirurgienne en question pourrait, selon son chef de service, « obtenir des privilèges dans un hôpital ontarien pour ses chirurgies électives ».

Tout en se disant conscient que le dossier touche « un point sensible sur l’autonomie de la clientèle dans la pratique » des médecins, le Dr Groulx écrivait qu’« en l’absence d’une directive administrative ou plutôt d’une politique de l’établissement » pour les chirurgies électives, il était difficile de « donner tout le peu que nous avons à notre bassin de population québécoise ».

Le Dr Groulx précisait qu’il ne souhaitait « en aucun temps » refuser des cas urgents, tout en signalant que des patients de l’Outaouais ayant besoin d’une chirurgie orthopédique urgente sont « retournés au Québec […] si leur vie n’est pas compromise ».