Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, est intervenu après qu’une vingtaine de patients de l’Hôpital de Hull aient subi des cas d’attente anormale la fin de semaine dernière.

Barrette intervient auprès de l’Hôpital de Hull

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, est intervenu auprès de l’Hôpital de Hull, martelant que « toutes les ressources nécessaires » doivent être sollicitées afin de contribuer à réduire le temps d’attente pour les opérations chirurgicales urgentes.

Dans une entrevue accordée à Radio-Canada lundi matin, il affirme que l’attente dans le cas d’opérations majeures, où la vie du patient est en jeu, respecte les délais requis, mais que ce sont les cas moins urgents qui posent problème.

L’intervention de M. Barrette fait suite au cas d’attente anormale qu’une vingtaine de patients de l’Hôpital de Hull ont dû endurer le week-end dernier. Le nombre de patients toujours en attente de leur opération s’élevait à 17 lundi.

Le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) explique la situation de la fin de semaine dernière par le nombre imprévisible de nouveaux cas urgents qui ont fait surface vendredi soir.

La directrice des soins infirmiers du CISSSO, Gail Ryan, souligne qu’il n’avait pas été « jugé nécessaire de prévoir une ligne opératoire supplémentaire. Par contre, l’arrivée de six nouveaux cas vendredi soir est venue changer la donne ».

« Autant qu’on fait des chirurgies, autant qu’il y a des patients qui rentrent », a-t-elle affirmé.

Le directeur des services professionnels du CISSSO, Daniel Tardif, abonde dans le même sens.

« Évidemment, les urgences, on ne peut pas les prévoir. On agrandit la capacité en fonction du volume d’urgences auquel on fait face. À partir du moment où on a un grand volume qui rentre, les cas moins urgents doivent attendre une journée de plus. »

Pour ce qui est des cas actuels, Mme Ryan, confirme que des moyens sont mis en œuvre pour rattraper le retard.

« Avec le volume de chirurgies d’aujourd’hui et de ce soir, en plus de l’ajout d’une ligne opératoire pour demain, on compte bien rattraper l’ensemble des procédures qui sont en attente. En tenant compte qu’il n’y ait pas de nouveaux cas qui nous arrivent. »

Des pistes de solution

À la suite d’une rencontre avec la direction du CISSSO lundi après-midi, la députée de Hull, Maryse Gaudreault, s’est dite satisfaite des solutions évoquées.

« Il y a déjà une volonté de mieux répondre à la population. »

Une des solutions pour réduire le temps d’attente est de revoir les critères de priorisation. À titre d’exemple, Mme Gaudreault cite le cas de Jean-Pierre Martel, un homme impliqué dans un accident de voiture qui a dû attendre six jours avant son opération.

« Prenons l’exemple de M. Martel à qui on avait donné le code de priorité P3, mais à cause de ces six jours d’attente, il aurait peut-être dû être évalué à P2. On va revoir les critères de priorisation pour que des gens comme M. Martel ne se retrouvent plus dans cette situation six jours après un grave accident. »

Dans son entretien avec la Société d’État, le ministre Barrette mentionne que le transfert de patients ailleurs au Québec ou en Ontario demeure une solution possible dans des cas comme celui vécu le week-end dernier.

« On va opérer les patients du CISSSO, dans d’autres institutions. Si nécessaire, ils peuvent très bien aller à Ottawa, mais il est possible qu’à Ottawa, il n’y ait pas de ressources. »

Mme Gaudreault souligne par ailleurs que le temps d’attente pourrait être moins lourd pour un patient si les soins sont plus humanisés.

« Pour un patient, de se faire appeler et se faire dire que le délai n’aura pas d’impact négatif sur sa condition, déjà là c’est réconfortant. »