Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, et la députée de Hull, Maryse Gaudreault, affirment que l’étude de l’IRIS ne tient pas compte du montant remboursé par Québec pour les soins prodigués en Ontario, si bien qu’ils qualifient les résultats de «discutables».

Barrette émet de grandes réserves

Le ministre de la Santé Gaétan Barrette n’a pas tardé à réagir à l’étude de l’IRIS sur le sous-financement de l’Outaouais, disant l’accueillir avec « une grande réserve » et spécifiant qu’elle tire des conclusions avec lesquelles il n’est pas d’accord.

« Je l’ai lue et la méthodologie n’est pas nécessairement claire. En plus, on parle de chiffres de 2016-2017, ça ne tient pas compte des corrections très importantes qu’on a apportées en termes d’équité interrégionale. Le déséquilibre, on vient de le corriger. [...] Quant aux 100 millions $ dépensés en Ontario, c’est le choix des gens d’y aller, ils ont le droit, c’est la loi », lance-t-il.

Il soutient également que les montants accordés aux régions sont établis per capita, mais en fonction de la clientèle desservie et non pas en fonction de la population globale, comme le laisse sous-entendre l’IRIS, selon lui.

Le ministre Barrette affirme également que l’une des particularités de la région est que « les ressources existantes ne sont pas utilisées à leur pleine capacité ».

Sa collègue députée de Hull Maryse Gaudreault et lui affirment par ailleurs que l’étude ne tient pas compte du montant remboursé par Québec pour les soins prodigués en Ontario, si bien qu’ils qualifient les résultats de « discutables ». Or, l’IRIS réplique en disant que les chiffres présentés tiennent compte des soldes migratoires et ont été fournis par le ministère de la Santé et des Services sociaux à la suite d’une demande d’accès à l’information.

Mme Gaudreault félicite l’organisme d’avoir effectué cet exercice mais est d’avis que plusieurs éléments sont manquants dans le portrait dépeint dans l’étude.

« Ce que j’entends des citoyens qui me croisent, c’est qu’ils veulent continuer à consommer certains supra services de l’autre côté de la rivière, ils ne veulent pas être obligés d’aller à Montréal. D’autre part, on a rapatrié plusieurs services depuis le début de notre mandat. La super clinique (Médigo) a permis à elle seule à 20 000 patients d’être inscrits, c’est 14 000 de plus qu’au début. Elle est aussi tenue de maintenir des plages (horaires) pour des gens qui n’ont pas de médecin de famille. Ça, ça ne s’est pas fait par magie », indique l’élue.

Elle rappelle que la région est aux prises depuis maintes années avec un très important défi de main-d’œuvre et que « tout ne peut pas être réglé en même temps ».

« Je ne veux pas dire que tout est réglé, bien au contraire. Mais si on réussissait à combler tous les postes vacants, il est certain qu’on verrait déjà une grande différence », lance-t-elle.

Maryse Gaudreault affirme que de multiples projets bénéfiques pour la région ont été réalisés ces dernières années, comme l’urgence pédiatrique à Gatineau, la nouvelle Maison de naissance de l’Outaouais et la super clinique, et que d’autres sont en voie d’être complétés, comme la faculté satellite de médecine et le réaménagement de l’unité d’obstétrique de l’Hôpital de Gatineau.

L’élue soutient que jamais les députés de la région n’accepteraient que Québec n’utilise pas la même formule de financement pour l’Outaouais que pour d’autres régions administratives.