Le taux de patients opérés pour le genou en moins de six mois est le même en 2017 qu’en 2014 . Ce qui n’est pas le cas pour les opérations aux hanches.

Attente variable pour une nouvelle hanche

Pendant que de plus en plus de patients de l’Est ontarien réussissent à obtenir une arthroplastie de la hanche en moins de six mois, le scénario inverse se produit en Outaouais.

Les plus récentes données de l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS) montrent qu’entre 2014 et 2016, l’Outaouais s’est démarquée favorablement par rapport à la moyenne québécoise quant à la proportion de patients ayant été opérés pour un remplacement de la hanche en mois de six mois.

L’Outaouais a toutefois vu sa performance décliner au fil des ans. Le taux de 98 % d’arthroplasties de la hanche réalisées en moins de six mois observé en 2014 est ainsi passé à 81 % en 2017. Alors que l’Outaouais se classait il y a quelques années bien au-delà du résultat observé à l’échelle québécoise, son résultat de l’an dernier l’a fait passer sous cette moyenne provinciale.

Au Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO), la directrice adjointe aux soins infirmiers et responsable des activités chirurgicales, Nicole Tanguay, souligne que différents facteurs expliquent ces résultats.

Il y a bien sûr eu la diminution des activités au bloc opératoire de l’Hôpital de Hull, l’automne dernier, en raison d’une pénurie d’infirmières, une situation qui « s’est beaucoup améliorée » selon Mme Tanguay. Cette dernière précise que l’arrivée d’une nouvelle plateforme de gestion des rendez-vous peut aussi avoir joué un rôle, puisque les données sont maintenant colligées « en temps réel ».

Sur la rive ontarienne, pour les remplacements de la hanche, l’évolution s’est faite dans la direction opposée de celle observée en Outaouais. En 2014, les établissements du Réseau local d’intégration des services de santé (RLISS) de Champlain, qui couvre l’Est ontarien, ont opéré 83 % des patients nécessitant un remplacement de la hanche en moins de six mois. Trois ans plus tard, ce taux est passé à 91 %, soit huit points de pourcentage au-dessus de la moyenne ontarienne.

L’Outaouais et le territoire de Champlain, tout comme le Québec et l’Ontario, réussissent chaque année, depuis 2014, à surclasser la moyenne canadienne.

Pour l’ensemble du pays, en 2017, seulement les trois quarts (76 %) des patients devant subir une arthroplastie de la hanche ont pu passer sous le bistouri en moins de six mois. Il s’agit d’un recul par rapport au taux de 82 % de 2014.

Stabilité pour le genou
La fluctuation observée pour les chirurgies de la hanche ne s’est pas répétée pour les arthroplasties du genou, que ce soit en Outaouais ou dans l’Est ontarien.

Selon les données de l’ICIS, malgré quelques variations, le taux de patients opérés pour le genou en moins de six mois est le même en 2017 qu’en 2014 dans les deux régions. Avec 97 % des patients opérés à l’intérieur de six mois en Outaouais l’an dernier, l’Outaouais surclasse le RLISS de Champlain par dix points de pourcentage. Ces deux résultats enregistrés l’an dernier sont supérieurs aux moyennes provinciales (80 % au Québec et 78 % en Ontario) et à la moyenne canadienne, qui s’est établie à 69 %.

Au CISSSO, Mme Tanguay explique que la chute observée pour la hanche a pu être évitée pour le genou grâce à la réalisation d’arthroscopies — des chirurgies exploratoires — à l’Hôpital de Papineau, ce qui a permis de garder du temps au bloc opératoire de l’Hôpital de Hull pour les chirurgies de remplacement.