La députée de Hull, Maryse Gaudreault, a vivement réagi à l’annulation de centaines d’échographies. Elle et son collègue André Fortin ont déjà écrit à la ministre de la Santé.

Annulation des échographies: «Ça n'a pas de bon sens», déplore Maryse Gaudreault

L’annulation de centaines d’échographies n’a tout simplement «pas de bon sens» aux yeux de la députée de Hull, Maryse Gaudreault.

Mme Gaudreault n’était pas au courant, avant ce printemps, qu’un changement réglementaire impose que les cliniques offrant des échographies couvertes par la RAMQ appartiennent à un radiologiste.

La députée peine à comprendre pourquoi le ministère de la Santé ne veut pas accorder de délai supplémentaire à la clinique. Avec son collège député de Pontiac, André Fortin, Mme Gaudreault a écrit à deux reprises ces dernières semaines à la ministre de la Santé, Danielle McCann.

«Nous vous demandons de permettre aux propriétaires de pouvoir procéder à la vente de leur clinique à un radiologiste sans leur imposer une date précise pour le faire», ont écrit les députés dans leur missive, dont Le Droit a obtenu copie.

En entrevue, Maryse Gaudreault soutient qu’en ayant imposé une date butoir aussi rapprochée, le ministère et la Fédération des médecins spécialistes du Québec ont placé une épée de Damoclès au-dessus des propriétaires de la Clinique d’échographie de l’Outaouais. «Ce n’est pas facile pour eux de vendre, parce que les gens sont portés à faire des offres moins importantes que la valeur de l’entreprise», expose la députée.

Sans vouloir se prononcer sur le bien-fondé de la règle exigeant qu’un radiologiste soit propriétaire d’une clinique pour que les échographies qui y sont effectuées soient couvertes par la RAMQ, Mme Gaudreault note qu’elle a «des appréhensions» par rapport aux services à la population.

«Au moment où on se parle, il y a deux radiologistes qui font la lecture de ces examens-là, qui rendent un service impeccable et qui aident le réseau de la santé, souligne-t-elle. Mais pour une raison strictement administrative, on veut mettre à mal ce service dont la population et le réseau ont tant besoin.»

La clinique a aussi obtenu un certain appui du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO). Une lettre dont Le Droit a obtenu copie démontre que l’organisation est intervenue «à plusieurs reprises» auprès du ministère de la Santé pour signaler «les impacts possibles de la fermeture de la Clinique d’échographie de l’Outaouais sur l’accessibilité [aux] services d’imagerie médicale pour la population de l’Outaouais».

Dans cette lettre datée du 13 mai dernier adressée aux propriétaires de la clinique, la directrice adjointe des services diagnostiques du CISSSO, Marie-Ève Cloutier, souligne «la qualité» des services offerts et leur «accessibilité pour la population de l’Outaouais».

«Soyez assurés [...] de l’importance que nous accordons à votre demande dans un contexte d’amélioration continue de nos services en imagerie médicale afin de répondre aux attentes de la clientèle, mais également dans le but de nous assurer que des actions soient prises afin d’offrir des services de qualité à toute la population du territoire de l’Outaouais», écrivait aussi Mme Cloutier.

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LE CISSSO DOIT ÊTRE «PROACTIF» DIT LA FMSQ

Il est temps que le réseau de la santé de l’Outaouais obtienne « les moyens de donner les services à la population », estime la présidente de la Fédération des médecins spécialiste du Québec (FMSQ), la Dre Diane Francoeur.

Dans une entrevue accordée au Droit en réaction au dossier de la Clinique d’échographie de l’Outaouais, la Dre Francoeur a expliqué que la clause exigeant que les échographies couvertes par la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ) soient faites dans une clinique appartenant à un médecin radiologiste « sert à payer la composante technique », entre autres pour l’achat d’équipements. « L’enveloppe RAMQ des médecins spécialistes sert à payer les médecins spécialistes », a-t-elle souligné.

La Dre Francoeur reconnaît qu’une erreur a été commise lorsque la Clinique d’échographie de l’Outaouais a obtenu l’autorisation de procéder à des examens couverts par la RAMQ lorsqu’ils sont lus par des radiologistes.

Alors que les propriétaires de la clinique s’insurgent devant le délai qu’ils jugent trop court pour procéder à la vente de leur entreprise, la Dre Francoeur affirme qu’elle « comprend » leur point de vue. « Je trouve ça triste s’ils n’ont pas mieux géré leurs affaires », ajoute-t-elle toutefois, en faisant valoir que la clinique a reçu de l’argent qu’elle n’aurait en théorie pas dû obtenir. 

« Quand on attend la veille de la fermeture pour se retourner de bord, c’est à se demander qui prend la population en otage », a-t-elle lancé.

La clinique n’ayant toujours pas été vendue à un médecin radiologiste, le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) s’attend à une « légère » hausse de l’attente pour des échographies. 

La présidente de la FMSQ indique pour sa part avoir obtenu l’assurance que le CISSSO « serait en mesure de répondre aux demandes urgentes ».

La Dre Francoeur croit néanmoins qu’il « serait temps » que le réseau régional de la santé « soit proactif ». « Il y a une nouvelle PDG, a-t-elle rappelé. [...] Il faudrait lui donner les moyens de donner les services à la population de l’Outaouais. »