Pour l’ensemble des urgences de la région, la durée moyenne de séjour s’est établie à 16,6 heures en 2017-2018, un recul par rapport à la moyenne de 18,5 heures enregistrée l’année d’avant.

Amélioration globale dans les urgences

Malgré un hiver marqué par une intense activité grippale, les urgences de l’Outaouais ont réussi à s’améliorer tant au niveau de la durée moyenne de séjour sur civière que de la proportion de patients qui y sont restés alités pendant plus de 48 heures.

Une demande d’accès à l’information a permis au Droit d’obtenir de nombreuses données sur les urgences du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) pour les trois dernières années.

Pour la durée moyenne de séjour sur civière, seuls deux hôpitaux, ceux du Pontiac et de Maniwaki, ont obtenu en 2017-2018 des résultats répondant à la cible ministérielle de 12 heures.

À l’inverse, les hôpitaux de Hull, Gatineau et Papineau sont encore loin de la cible fixée par Québec. La durée moyenne de séjour à l’urgence dans ces hôpitaux variait l’an dernier entre 16,5 et 18,5 heures.

Il s’agit malgré tout, pour ces trois urgences situées en sol gatinois, d’une amélioration par rapport aux deux années précédentes.

Pour l’ensemble des urgences de la région, la durée moyenne de séjour s’est établie à 16,6 heures en 2017-2018, un recul par rapport à la moyenne de 18,5 heures enregistrée l’année d’avant.

Séjours de 48h et plus

Les urgences du CISSSO ont également réussi à diminuer le taux de patients dont le séjour sur une civière à l’urgence s’étend sur plus de deux jours entiers. Ce taux, qui était de 7% en 2015-2016, est passé à 8% l’année suivante, pour finalement s’établir à 5% en 2017-2018.

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, avait inclus dans son projet de loi 130 des dispositions pour mettre un terme aux longs séjours dans les urgences, dans le but d’éviter le plus possible que des patients y demeurent alités plus de 24 heures.

La loi entrée en vigueur l’automne dernier prévoit donc qu’«un centre hospitalier doit limiter à 24 heures la durée du séjour d’un bénéficiaire au service d’urgence», à l’exception des cas exigeant qu’un patient «soit placé en isolement pour des raisons de santé publique ou de santé mentale».

Malgré une amélioration au fil des ans, l’urgence de l’Hôpital de Hull est celle où le taux de séjours de plus de 48 heures a été le plus élevé (8%) l’an dernier. À l’autre extrême, aucun cas de séjour de plus de 48 heures n’a été observé à l’Hôpital du Pontiac au cours des trois dernières années.

UNE MAJORITÉ DE CAS NON URGENTS

Deux visites sur trois dans les urgences de l’Outaouais sont des cas jugés non urgents.

L’échelle de triage et de gravité dans les salles d’urgence permet l’attribution d’une cote de priorité à chaque patient. Les cas les plus graves, qui nécessitent une prise en charge médicale immédiate, obtiennent le code P1. Les cas P2 sont considérés « très urgents » et doivent être vus à l’intérieur de 15 minutes, tandis que les P3 sont jugés « urgents » et requièrent normalement une consultation dans les 30 minutes. Les P4 et les P5, qui sont les cas « moins urgents » et « non urgents », peuvent habituellement faire l’objet d’une consultation ailleurs que dans une salle d’urgence.

Les données obtenues par Le Droit auprès du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) montrent que bon an, mal an, ces cas non prioritaires représentent environ les deux tiers des visites dans les urgences de la région. De toutes les urgences en milieu hospitalier de la région, la plus basse proportion (52 %) de patients triés P4 ou P5 a été observée à l’Hôpital de Gatineau l’an dernier. L’Hôpital du Pontiac a quant à lui enregistré le plus haut taux (86 %) de patients dont l’état n’était pas jugé urgent.

L’arrivée de la mini-urgence pédiatrique, en 2017, et l’ouverture de la superclinique Médigo, l’été dernier, font partie des mesures ayant permis au CISSSO d’accroître la quantité de cas non urgents réorientés vers une autre ressource.

PARTIR AVANT DE VOIR UN MÉDECIN

Près de 22 000 patients ont rebroussé chemin avant d’avant pu consulter un médecin dans les urgences de l’Outaouais l’an dernier, une légère hausse par rapport aux années précédentes. 

Selon des données obtenues par Le Droit grâce à une demande d’accès à l’information, près d’un patient sur huit (13,1 %) ayant voulu voir un urgentologue du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) en 2017-2018 a fini par s’en aller avant d’obtenir une consultation médicale. 

Il s’agit d’une légère hausse par rapport aux résultats des deux années précédentes. 

La proportion de patients prenant une telle décision est beaucoup plus élevée dans les urgences des hôpitaux de Hull et de Gatineau que dans les autres centres hospitaliers de la région. 

Les deux urgences urbaines voient environ 18 % des patients qui s’y présentent tourner les talons avant qu’ils n’aient pu voir un médecin. 

À l’opposé, ce taux est relativement faible dans les urgences des hôpitaux du Pontiac (6 %) et de Wakefield (8,7 %).

EN CHIFFRES

Les urgences de l’Outaouais en 2017-2018

  • Le CISSSO a enregistré en moyenne 454 visites chaque jour dans ses urgences
  • Il y avait en moyenne 296 cas non urgents (P4 ou P5) par jour
  • Chaque jour, une moyenne de 60 patients ont quitté une urgence du CISSSO avant d’y avoir vu un médecin


Les urgences de l’Outaouais en 2017-2018

  • Visites à l’urgence : 165 675
  • Durée moyenne de séjour sur civière : 16,6h
  • Taux de séjours de 48h et plus : 5%
  • Nombre (et taux) de départs avant prise en charge : 21 777 (13,1%)
  • Nombre (et taux) de cas non urgents (P4 ou P5) : 108 113 (65%)


Source : Centre intégré de santé et de services sociaux