Même si la Coopérative des paramédics de l’Outaouais (CPO) et le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) constatent qu’il y a lieu d’accroître la couverture ambulancière dans le secteur de Shawville, ils n’ont aucun pouvoir à cet égard.

Ambulances dans le Pontiac: à Québec de décider

Même si la Coopérative des paramédics de l’Outaouais (CPO) et le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) constatent qu’il y a lieu d’accroître la couverture ambulancière dans le secteur de Shawville, ils n’ont aucun pouvoir à cet égard. Seul le ministère de la Santé peut agir.

La CPO a récemment fait valoir auprès du CISSSO « l’importance de déposer une demande formelle » au ministère de la Santé afin que la zone dans laquelle se trouve l’Hôpital du Pontiac, à Shawville, obtienne deux ambulances en tout temps. « Là où il y a un hôpital qui fait des transferts, ce n’est pas tout à fait normal qu’il n’y ait pas deux ambulances en tout temps », expose le directeur général de la CPO, Paul Levesque.

La CPO souhaite garder l’horaire de faction qui existe actuellement, mais souhaite que l’horaire à l’heure qui est en place seulement 40 heures par semaine le soit à l’avenir 24 heures sur 24, sept jours sur sept. Cela représenterait un ajout de service de 16 heures par jour du lundi au vendredi, et de 24 heures par jour les samedis et dimanches.

Le CISSSO a confirmé au Droit avoir « transmis une demande » au ministère de la Santé « afin d’ajouter des heures de service ambulancier sur le territoire du Pontiac ».

Paul Levesque est conscient qu’un horaire à l’heure coûte plus cher qu’un horaire de faction. On parle d’un peu plus d’un million de dollars, au lieu de 700 000 $. Il soutient cependant que l’option de transformer l’horaire à l’heure de 40 heures en horaire de faction n’aurait « aucune valeur ajoutée ». En ayant un horaire à l’heure, les paramédics attendent dans l’ambulance, ce qui permet leur déplacement sur le territoire si d’autres véhicules sont déjà affectés à un appel. Avec un horaire de faction, une telle stratégie n’est pas possible puisque les paramédics sont sur appel, à partir de leur résidence.

Chef aux opérations à la CPO, Wayne Mallish souligne que les données récemment compilées pour expliquer la situation dans le secteur de Shawville ne sont pas des statistiques habituellement recherchées par le ministère de la Santé pour déterminer dans quelles zones les services préhospitaliers d’urgence doivent être rehaussés.

Chose certaine, si la réponse du ministère s’avère positive pour l’ajout de services dans le Pontiac, la CPO est prête, assure M. Levesque. « On s’engage à trouver la main-d’oeuvre pour pouvoir répondre à des ajouts d’heures », dit-il.

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L’obstétrique n’est pas en cause

Les bris de services observés ces derniers mois et l’interruption des activités en obstétrique à Shawille pour les six prochains mois n’ont actuellement «aucune conséquence» sur la couverture ambulancière, assure le directeur de la Coopérative des paramédics de l’Outaouais, Paul Levesque.

Depuis la fin de l’été, une dizaine de bris de services en obstétrique ont eu lieu à l’Hôpital du Pontiac en raison du manque de personnel infirmier. Le 21 février, devant une aggravation de la pénurie, le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) a choisi d’arrêter complètement les activités du service d’obstétrique de Shawville jusqu’en septembre.

La CPO a été interpellée à ce sujet, question de savoir si les bris de services ont eu un impact sur la couverture ambulancière dans le Pontiac. En analysant une tonne de données, M. Levesque a vu apparaître «des choses» préoccupantes. «Par contre, et je veux que ce soit très clair, ça n’a rien à voir avec l’obstétrique, dit-il. L’obstétrique n’a aucune conséquence. Théoriquement, ça pourrait en avoir, mais sur le plan des chiffres, on est capable de démontrer que jusqu’à maintenant, ça n’a eu aucun impact.»

En temps normal, il y avait en moyenne trois accouchements par semaine à l’Hôpital du Pontiac. L’absence d’impact des interruptions de service sur la couverture ambulancière signifie donc que dans la majorité des cas, les femmes se rendent accoucher à Gatineau par leurs propres moyens.