Le chef du SPVG, Mario Harel, et le président-directeur général du CISSSO, Jean Hébert

Alliance CISSSO-SPVG pour l'intervention en santé mentale

Alors que le Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG) reçoit chaque jour près de huit appels liés à des troubles mentaux, une nouvelle Unité d'intervention de crise (UNIC) vient d'être créée en partenariat avec le réseau de la santé afin que les interventions sur le terrain soient plus efficaces, tant pour les personnes en crise que pour la gestion des actions ultérieures.
Le SPVG et le Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais (CISSSO) ont annoncé mercredi la mise en place immédiate de l'UNIC, qui sera déployée de 8 h à minuit cinq jours par semaine, soit du mardi au samedi. L'équipe comprend huit policiers en uniforme et quatre intervenants sociaux, qui oeuvreront en tandem sur chaque quart de travail, les plus achalandés en matière d'intervention auprès de personnes en crise.
Dans un contexte où certaines personnes souffrant de troubles mentaux qui sont en crise peuvent en venir à représenter un danger pour elles-mêmes ou pour autrui, les deux organisations ont voulu unir leurs forces dans le cadre de ce projet pilote d'un an mis sur pied avec des ressources déjà à leur emploi. 
Le SPVG a dénombré en 2016 près de 2800 appels en lien avec des troubles mentaux, ce qui a nécessité près de 6000 déplacements de véhicules. Au total, plus de 5200 heures ont été consacrées à ces interventions, qui représentent 4 % du nombre total d'appels par le corps policier.
Le président-directeur général du CISSSO, Jean Hébert, a souligné qu'une collaboration existe déjà avec le SPVG, notamment pour les interventions lors de crises suicidaires. Ce partenariat monte maintenant à « un deuxième niveau », a-t-il dit, afin d'assurer « une présence plus rapide et directe lors d'autres types de crises, notamment des crises familiales, psychosociales et de différends entre personnes ». 
L'UNIC « va aussi permettre de libérer des policiers plus rapidement et va diminuer les transports à l'urgence », a souligné M. Hébert, en ajoutant qu'un suivi sera fait après les interventions pour éviter le plus possible une récurrence des crises.
Les deux organisations visent donc la « bonne intervention au bon moment ». « L'ouvrage principal du policier va être d'assurer la sécurité de l'intervenant et la sécurité des lieux, a souligné l'inspecteur Marc Robert. [...] On garde vraiment chacun nos chapeaux. »
Les autorités estiment que l'UNIC, qui s'inspire d'initiatives déjà en place à Montréal et en Estrie, permettra non seulement des interventions plus rapides, mais aussi une réduction de la judiciarisation des dossiers et du recours à la Loi sur la protection des personnes dont l'état mental présente un danger pour elles-mêmes ou pour autrui. 
« Le lien de confiance va se faire beaucoup plus rapidement et nous permettre de résorber une situation non pas par la force, mais par le dialogue et le lien de confiance avec les intervenants », croit le chef du SPVG, Mario Harel.