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Aide en santé mentale: demande en hausse à Ottawa

Julien Paquette
Julien Paquette
Le Droit
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« C’est normal de ne pas aller bien, nous vivons une période très inhabituelle », résume Manar El Malmi, infirmière à Santé publique Ottawa (SPO) dans l’équipe de santé mentale.

Près de 10 mois après le début de la crise sanitaire, la demande pour des services en santé mentale est en hausse, soutient Mme El Malmi. Même son de cloche chez Monique Chartrand, directrice générale de Tel-Aide Outaouais (TAO) — qui offre des services en français des deux côtés de la rivière des Outaouais.

Du 24 décembre au 2 janvier, TAO a reçu trois fois plus d’appels qu’à la même période l’an dernier, souligne par exemple Mme Chartrand. Manar El Malmi ajoute que les centres de crise rapportent une hausse du nombre d’appels, mais aussi du nombre de demandes provenant d’individus qui ont recours à ces services pour la première fois.


« La demande est en hausse continuellement. Ce l’était même avant la pandémie. »
Manar El Malmi

De son côté, la directrice des services de santé mentale Jeunes et Familles du Centre Le Cap, Tania Renaud Fournier, souligne que ce qui la préoccupe n’est pas tant l’augmentation des demandes de service, mais la gravité de l’état des personnes qui font appel à leurs services.

« Pré-COVID, on avait beaucoup plus, je dirais, de prévention ou d’intervention sous clinique, soutient la Dre Renaud Fournier. Les gens n’ont pas toutes leurs stratégies qui font en sorte qu’ils font leur propre prévention en matière de santé mentale, ne serait-ce que de faire des activités, de voir des amis. »

Les ressources s’adaptent

L’infirmière de l’équipe de santé mentale de SPO accueille positivement les investissements en santé mentale du gouvernement provincial depuis le début de la pandémie, mais précise qu’il faudra en faire encore plus.

« La demande est en hausse continuellement. Ce l’était même avant la pandémie », rappelle Mme El Malmi.

Tania Renaud Fournier précise que pour le Centre Le Cap, l’enjeu n’est pas tellement financier. Elle souligne que l’adaptation aux consignes sanitaires est difficile puisque les professionnels de son équipe ne peuvent accompagner autant de patients qu’à l’habitude.

La Dre Renaud Fournier ajoute que la fatigue de compassion — développer des symptômes d’un trouble à force d’être exposé aux traumas de leurs patients — est un danger omniprésent pour les professionnels de la santé mentale dans le contexte actuel.

« Dans le cas de la COVID, ce qui arrive, c’est que ça peut venir amplifier, parce qu’on a des gens qui nous partagent des défis associés à la COVID. Ça s’ajoute aux défis qu’ils rencontrent eux-mêmes dans leur vie personnelle », prévient Tania Renaud Fournier.

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