La directrice générale de l’Association canadienne des entraîneurs, Lorraine Lafrenière

Agressions dans le sport: les parents jouent un rôle crucial dans la prévention

Sara Austin affirme que les parents qui inscrivent leurs enfants à des activités sportives cet automne peuvent faire quelque chose de très important pour contribuer à prévenir les agressions sexuelles.

Parler, tout simplement.

Mme Austin, la directrice générale du Sheldon Kennedy Child Advocacy Centre, ne ménage pas ses efforts en ce mois d’octobre pour diffuser le message selon lequel les parents représentent la première ligne de défense dans la lutte contre les agressions sexuelles dans le sport alors que plusieurs ligues amorcent leur saison.

«Cela commence vraiment par une conversation ouverte et honnête avec vos enfants, soutient-elle. Être capable de parler avec eux de leurs corps et de ce qu’est une relation saine, de ce qu’ils doivent faire s’ils se sentent mal à l’aise et ont le sentiment que quelqu’un fait quelque chose d’inapproprié. Les enfants ont besoin de savoir que, si quelque chose de mal se produit, ils peuvent le dire à des adultes en qui ils ont confiance. Qu’il y a une différence entre les bons secrets et les mauvais secrets.»

Éliminer les tabous entourant ces difficiles discussions est l’un des objectifs du Mois de la prévention du mauvais traitement des enfants, qui se déroule en octobre. Cet enjeu est aussi d’actualité en raison du procès de Dave Brubaker, l’ancien directeur de l’équipe féminine nationale de gymnastique.

Brubaker a plaidé non coupable à des accusations d’agressions sexuelles et d’incitations à des contacts sexuels plus tôt cette semaine devant un tribunal de Sarnia, en Ontario. Les accusations concernent des incidents qui se seraient produits entre 2000 et 2007.

Si parler d’agressions sexuelles avec les enfants est important, discuter directement avec les entraîneurs et les autres bénévoles sur les mesures mises en place pour protéger les enfants qui leur sont confiés est également essentiel, estime Lorraine Lafrenière, la directrice générale de l’Association canadienne des entraîneurs.

Selon Mme Lafrenière, les parents n’éprouvent souvent aucun problème à poser des questions sur la sécurité de leurs enfants sur le terrain ou sur la glace, mais peuvent hésiter à interroger les responsables sur la prévention des agressions sexuelles. Cela comprend le recours à la règle de deux, en vertu de laquelle un minimum de deux adultes doivent être présents en même temps pour toute activité, et la vérification des antécédents de tous les adultes qui travaillent pour l’organisation.

«Le facteur le plus important, ce sont les parents. Parce que si les parents entrent dans le foyer et posent des questions sur les politiques, c’est ça qui va faire bouger les gens», indique-t-elle.

Sara Austin croit que les adultes ont la responsabilité légale et morale de rapporter tout comportement douteux à la police. Si certaines personnes peuvent craindre de sonner l’alarme pour rien, Mme Austin assure qu’il n’y a aucun risque et que signaler une conduite inappropriée pourrait sauver une vie.

«Ce n’est pas notre travail de régler le problème. Notre travail et notre devoir sur le plan légal, c’est de rapporter tout cas d’agression présumée afin que la police et les services de protection de la jeunesse puissent enquêter et déterminer si un enfant en est danger ou non, a-t-elle ajouté. C’est très important que les gens comprennent que plus nous mettrons un terme rapidement au cycle d’agression, mieux les enfants se porteront.»