L’AVC tue un tiers de plus de femmes que d’hommes au Canada.

Accident vasculaire cérébral: un fardeau plus grand pour les femmes

L’AVC tue un tiers de plus de femmes que d’hommes au Canada, et celles qui survivent à la crise rencontrent des défis plus grands que les hommes au cours de leur rétablissement.

Ce sont-là deux constatations parmi de nombreuses faites par la Fondation des maladies du cœur et de l’AVC (Coeur+AVC) dans son Bulletin sur l’AVC 2018 publié mardi.

De toutes les personnes mortes d’un AVC au Canada, 59 % sont des femmes et 41 % sont des hommes. Toutes les 17 minutes au Canada une femme subit un AVC. Cela représente 85 femmes chaque jour, dont 18 victimes en meurent.

Pendant la grossesse, après la ménopause et durant la vieillesse sont les trois périodes où les femmes sont les plus à risque d’être foudroyées par un AVC, prévient l’organisation.

Soutien

Les hommes victimes d’un AVC bénéficient beaucoup du soutien de leur épouse. L’inverse n’est pas nécessairement vrai, constate-t-on. Le risque qu’un mariage prenne fin à la suite d’un AVC est plus élevé lorsque la femme est atteinte, a aussi observé Coeur+AVC.

« Les femmes n’ont pas toujours le soutien dont elles ont besoin de la part de leur entourage pour participer à des programmes de réadaptation. Pour les hommes, les femmes qui font partie de leur vie sont leur source de motivation pour participer aux programmes de réadaptation, et les inciter à prendre des rendez-vous médicaux et à s’y présenter. Pour les femmes, ce n’est pas souvent le cas », note le rapport intitulé Des vies perturbées : l’AVC chez les femmes.

« Les femmes sont moins susceptibles que les hommes de retourner à la maison et de vivre seules après un AVC, a expliqué la Dre Anita Mountain. Ce n’est pas parce que les hommes réalisent plus de gains fonctionnels que les femmes, mais parce qu’ils ont plus souvent la chance d’avoir un aidant à la maison, comme leur partenaire de vie. Cet aspect est très important puisque l’objectif principal pour la majorité des personnes après la réadaptation post-AVC est de pouvoir retourner à la maison ».

Contraceptifs

Les contraceptifs oraux sont plus sûrs aujourd’hui qu’il y a plusieurs décennies. Cependant, certains peuvent accroître le risque d’hypertension artérielle et de formation de caillots sanguins, et ainsi celui de l’AVC. La Gatinoise Joëlle Bérubé, 33 ans, a été foudroyée par un AVC il y a deux ans et demi. Par un processus d’élimination, les médecins ont conclu que la pilule est à l’origine de sa crise.

Mme Bérubé avait perdu l’usage du langage et elle vit toujours avec des séquelles. 

« J’éprouve beaucoup de fatigue cognitive. Si je commence à être fatiguée, j’aurai de la difficulté à m’exprimer, à trouver mes mots. Au niveau de la compréhension orale, j’ai un trouble auditif à l’oreille droite. Quand il y a des bruits ambiants, c’est difficile pour moi de comprendre la conversation ou d’assimiler comme il faut ce que les gens disent, surtout quand c’est une personne qui parle vite ou qui a un accent », a raconté Mme Bérubé.

Mme Bérubé a été admise à un programme de réadaptation fonctionnelle au Centre régional de réadaptation La RessourSe. L’appui de sa famille aura été essentiel pour traverser cette rude épreuve.

« Je déconseille l’usage de la pilule contraceptive. On parle d’un cas sur plusieurs millions qui a un AVC, mais dans ce cas-ci c’est moi et je peux dire que ça ne vaut pas la peine de prendre la pilule si on est pour avoir un AVC au bout du compte », a indiqué Mme Bérubé.

La Gatinoise Joëlle Bérubé, 33 ans, a été foudroyée par un AVC il y a deux ans et demi.

Sensibilisation

Un bon nombre de femmes ne sont pas suffisamment sensibilisée aux signes et aux facteurs de risque liés à l’AVC, déplore Coeur+AVC. Or, l’organisation cherchera notamment à encourager les travaux de recherche axés sur les femmes, fera équipe avec de nombreux intervenants afin d’améliorer les diagnostics et les traitements, et mobilisera la population pour qu’elle agisse afin de mieux appuyer la santé cérébrale des femmes. 

Les citoyens, les chercheurs, les systèmes de soins de santé ainsi que les gouvernements doivent aussi y donner du sien en matière de prévention en adoptant diverses initiatives, a souligné Coeur+AVC.

QU'EST-CE QU'UN AVC?

Un AVC survient en cas d’interruption de la circulation sanguine dans une partie du cerveau. 

Sa gravité varie, et ses effets dépendent de la partie du cerveau qui est atteint et de l’étendue des dommages. 

L’AVC ischémique est la forme la plus fréquente. Elle est causée par un caillot sanguin. 

Parmi les signes d’un AVC, il y a l’affaissement du visage, l’incapacité à lever les bras normalement, des troubles de la parole, des troubles de vision, un mal de tête grave et soudain, l’engourdissement (souvent d’un seul côté du corps) et des problèmes d’équilibre. 

QUELQUES STATISTIQUES SUR L'AVC

• Chaque année, plus de 62 000 personnes subissent un AVC au Canada, dont 30 200 femmes

• De toutes les personnes mortes d’un AVC, 59 % sont des femmes et 41 % sont des hommes 

• Environ 405 000 personnes au pays vivent avec les conséquences d’un AVC, soit 214 000 femmes et 191 000 hommes

• 46 % des femmes ayant subi un AVC participent à des programmes de réadaptation
comparativement à 54 % chez les hommes 

• Pendant la grossesse, 30 femmes sur 100 000 subiront un AVC

Source : Coeur+AVC