La somme annoncée lundi va « permettre d’accroître l’accessibilité, de diminuer les listes d’attente et d’augmenter la fluidité » des services, et ce tant pour les programmes sociaux que pour ceux en santé physique, a souligné Jean Hébert, pdg de CISSSO.

16,5 millions $ pour l’« équité »

Un exercice visant à assurer une « équité interrégionale » dans le réseau de la santé permet à l’Outaouais de toucher un financement additionnel de 16,5 millions $ par année, qui sera investi tant pour les services de première ligne que pour l’accès aux soins spécialisés.

Quatre des cinq députés de l’Outaouais à l’Assemblée nationale étaient réunis, lundi matin, pour annoncer l’octroi de cette somme tirée d’une enveloppe provinciale de 300 millions $ qui profitera cette année à huit régions.

La députée de Gatineau et ministre responsable de l’Outaouais, Stéphanie Vallée, a souligné que de nombreux facteurs, comme la croissance démographique et le vieillissement de la population, ont été considérés pour déterminer les sommes consenties à chaque région dans le but d’éliminer l’écart existant en raison de la « budgétisation historique » dans le réseau de la santé.

« Ce sont des critères objectifs qui ont permis d’établir ce financement-là, alors je n’ai pas de raison aujourd’hui de douter [de ce montant] établi par le ministère de la Santé », a-t-elle souligné en précisant que ce financement sera récurrent et indexé.

Le président-directeur général du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO), Jean Hébert, a fait savoir que ses équipes sont déjà au travail afin de déterminer où seront investis les 16,5 millions que la région vient de recevoir.

Le CISSSO regardera donc « quels sont les programmes qui sont peut-être moins bien financés que la moyenne québécoise », a indiqué M. Hébert.

Selon ce dernier, l’ajout de soutien pour les médecins œuvrant en CLSC pourrait notamment se concrétiser en puisant environ 500 000 $ dans le financement additionnel.

La somme annoncée lundi va ainsi « permettre d’accroître l’accessibilité, de diminuer les listes d’attente et d’augmenter la fluidité » des services, et ce tant pour les programmes sociaux que pour ceux en santé physique, a souligné M. Hébert. Ce dernier note toutefois que l’arrivée de cet argent supplémentaire ne mettra pas un terme à la quête de « mesures d’optimisation » au CISSSO, afin de « faire plus » avec les ressources disponibles.

Stéphanie Vallée a pour sa part précisé que « la question du rapatriement » des soins consommés en Ontario par des résidents de l’Outaouais ne fait pas partie de l’annonce sur l’équité interrégionale. « Ça fera l’objet d’un financement annoncé en parallèle », a-t-elle assuré.

La consommation de soins sur la rive ontarienne a tout de même été considérée dans les calculs effectués par le ministère, afin de bien cerner les besoins réels de la population de l’Outaouais. Le même exercice a aussi été fait pour la Gaspésie, où des résidents obtiennent des services au Nouveau-Brunswick.

À l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), la répondante politique pour l’Outaouais, Andrée Poirier, estime que le montant alloué à la région est questionnable, tout comme le moment choisi pour l’annonce.

« Tant mieux si on a 16 millions $ qui reviennent, a-t-elle réagi. […] Mais notre population est intelligente. Depuis [la création du CISSSO], le gouvernement nous a retiré 32 millions $, et il nous en remet 16, à six mois des élections. La population va savoir tirer ses propres conclusions. »