Santé: Le vieillissement de la population et la complexité des cas pointés du doigt

Justine Mercier
Justine Mercier
Le Droit
Les patients se présentant aux salles d'urgence des hôpitaux de Hull et de Gatineau y passent, en moyenne, au moins six heures de plus qu'il y a cinq ans.
La durée moyenne de séjour à l'hôpital de Gatineau, qui se situait à 14,9 heures en 2003-04, a atteint l'an dernier 25,6 heures. Une hausse significative a aussi été observée à l'hôpital de Hull également, où le séjour moyen à l'urgence est passé de 14,4 heures à 20,1 heures pour la même période.
 
Les résultats des six premiers mois de 2008-09 ne laissent pas présager d'amélioration. Le Centre de santé et de services sociaux de Gatineau (CSSSG) soutient que le vieillissement de la population et la complexité des cas ont pu jouer un rôle dans ce piètre bilan, mais l'établissement est incapable d'expliquer pourquoi la situation s'est détériorée alors qu'elle est demeurée assez stable, ailleurs au Québec, au cours des cinq dernières années.
La porte-parole de l'établissement, Caroline Milliard, se limite à dire que des mesures sont en cours d'implantation. «On travaille sur plusieurs fronts, et on a toujours dit, depuis environ un an, qu'on travaille activement sur plusieurs mesures, et que ces mesures allaient prendre un petit peu de temps à avoir un impact significatif.»
Impossible toutefois de savoir à quel moment le CSSSG croit que la population pourra constater une amélioration. «Ça ne se fait pas en criant ciseau», note Mme Milliard.
En décembre dernier, les deux nouveaux médecins coordonnateurs du CSSSG avaient présenté un plan proposant de répartir l'engorgement des salles d'urgence sur l'ensemble des étages, qu'il y ait ou non des lits disponibles. Cette mesure devait entrer en vigueur en février dernier, mais le CSSSG ne sait toujours pas quand ce sera fait.
«On s'est rendu compte qu'il y avait des facteurs de succès qui étaient importants à mettre en place avant de faire ça», a indiqué Mme Milliard en précisant que le projet n'est «pas abandonné». Les discussions avec les médecins ont notamment été plus longues que prévues, certains se montrant réticents à cette nouvelle façon de faire.
En ce qui a trait au système de quotas désavantageant les patients orphelins d'un médecin de famille, dénoncé cette semaine par 14 urgentologues de l'Hôpital de Gatineau, le CSSSG affirme que ce problème est périodique et qu'il n'a donc pas d'impact significatif sur le temps de séjour en salle d'urgence.
jmercier@ledroit.com