Santé

Le CISSSO doit gérer des urgences qui débordent

Devant toujours composer avec une vingtaine de lits « non disponibles », le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) doit gérer des urgences qui débordent dans les hôpitaux de Hull et de Gatineau. Pendant qu’une vingtaine de patients y occupaient lundi matin une civière depuis plus de 48 heures, ils sont des dizaines à tourner les talons avant d’avoir pu y voir un médecin.

Lundi matin, à 9 h, le taux d’occupation de l’urgence de l’Hôpital de Gatineau se situait à 186 %. On y retrouvait 52 patients sur civière, alors que la capacité normale n’est que de 28. Du lot, près du tiers étaient des cas de santé mentale.

Santé

Rappel du poulet Rosemount en raison de la Listeria

OTTAWA — La compagnie Rosemount Sales and Marketing procède au rappel du produit Viande de poulet cuite en dés de marque Rosemount parce qu'il pourrait être contaminé par la bactérie Listeria monocytogenes.

L'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) demande aux consommateurs de ne pas consommer ce produit. Les distributeurs, les détaillants et les établissements de services alimentaires, tels que les hôtels, les restaurants, les cafétérias, les hôpitaux et les maisons de soins infirmiers ne devraient pas le vendre ou l'utiliser.

Le produit a été vendu en Colombie-Britannique, en Alberta, en Saskatchewan, au Manitoba, en Ontario, au Québec et en Nouvelle-Écosse. Il pourrait aussi avoir été distribué dans d'autres provinces et territoires.

Le produit visé par le rappel a été vendu en format de 4,54 kilogrammes et affiche le code Packdate 0[1/2]1/19.

Les aliments contaminés par la bactérie Listeria monocytogenes ne présentent pas nécessairement d'altération visible ni d'odeur suspecte, mais peuvent quand même rendre malade. Les femmes enceintes, les personnes âgées et les personnes dont le système immunitaire est affaibli sont particulièrement à risque. Dans les cas graves, la maladie peut causer la mort.

L'Agence de la santé publique du Canada mène actuellement une enquête sur une éclosion de la maladie chez l'humain.

Toutes demandes de renseignements du public peuvent être obtenues par téléphone, sans frais, en composant le 1-800-442-2342.

Santé

Recommandations du coroner après un congé accordé à un patient suicidaire

Une coroner recommande la révision du dossier d’un patient ayant mis fin à ses jours quelques jours après avoir reçu son congé de l’Hôpital de Gatineau, où il avait été admis en raison des risques qu’il représentait pour lui-même.

En mars 2017, un homme dans la quarantaine est amené à l’Hôpital de Gatineau par des policiers après avoir tenté de s’enlever la vie. 

Le tout se fait dans le cadre de l’application de la Loi P-38, qui vise la protection des personnes représentant un risque pour elles-mêmes ou pour autrui. 

Les forces de l’ordre peuvent ainsi conduire une personne à l’hôpital sans son consentement.

Santé

Lacunes dans les soins en Outaouais: «c'est épouvantable», dit Lacombe

Alors qu’un nouveau rapport de coroner a fait état cette semaine de failles dans les soins infirmiers prodigués dans le réseau de la santé de l’Outaouais, le ministre responsable de la région, Mathieu Lacombe, juge que ce genre de situation est «inacceptable».

Dans un rapport rendu public lundi, la coroner Pascale Boulay a décelé plusieurs lacunes ayant mené à l’administration par erreur de méthadone à un patient de 85 ans de l’Hôpital de Gatineau ayant succombé quelques jours plus tard à une pneumonie d’aspiration.

À LIRE AUSSI: Méthadone administrée par erreur: «l’identité du patient n’a tout simplement pas été vérifiée»

Comme ce fut le cas dans d’autres rapports de coroner sur des décès survenus ces dernières années au Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO), des recommandations touchant la qualité des actes infirmiers ont été formulées.

«Chaque fois que ça arrive, c’est épouvantable, a réagi le ministre Lacombe. C’est inacceptable, parce qu’on parle de la vie de patients et moi, je me mets dans la peau de la famille de ces gens-là et je me dis [que] ça doit être absolument épouvantable. On ne peut pas accepter ça.»

Le ministre estime ainsi que le réseau doit «s’améliorer». «Évidemment qu’on ne peut pas continuer de toujours avoir autant de cas de cette nature-là en Outaouais, a-t-il mentionné. Donc moi, je suis confiant que la nouvelle direction du CISSSO qui est en place va faire le nécessaire pour que la qualité continue de s’améliorer.»

Heures supplémentaires

En parallèle, M. Lacombe affirme que malgré la hausse substantielle des dépenses en heures supplémentaires pour le personnel infirmier du CISSSO, l’organisation n’a pas vraiment d’autre choix.

«Les gens s’attendent à avoir des soins, dit-il. [...] Il y a une pénurie de main-d’oeuvre, donc on a deux choix. Soit on ne paye pas d’heures supplémentaires et on n’offre pas de soins, soit on offre le soin et on paye la facture qui va avec. Si mon petit garçon de cinq ans est malade et que je me présente à l’hôpital, je vais vous dire que moi, je préfère qu’on paye des heures supplémentaires, mais qu’il y ait quelqu’un pour me répondre.»

Alors que le Syndicat des professionnelles en soins de l’Outaouais (SPSO) estime que le CISSSO est pris dans un cercle vicieux découlant d’un plus grand nombre d’employés en absence maladie prolongée, le ministre responsable de la région affirme que des efforts sont faits pour tenter d’atténuer les conséquences de ce plus grand recours à l’assurance salaire.

«Si le syndicat a une solution miracle à la pénurie de main-d’oeuvre, je l’encourage à s’exprimer et à nous en faire part, parce que de notre côté, on travaille très fort pour recruter le personnel nécessaire pour éviter le plus possible le temps supplémentaire, a réagi M. Lacombe. Mais en même temps, quand on a le choix d’arrêter le service ou de le poursuivre en payant des heures supplémentaires, moi je préfère qu’il y ait des gens pour soigner les patients.»

Santé

Contrer l'hypertension limiterait les lésions à la matière blanche du cerveau

MONTRÉAL - Un contrôle serré de la pression artérielle pourrait freiner l'apparition des lésions à la matière blanche du cerveau qui accompagnent inévitablement le vieillissement, selon une nouvelle étude publiée par le JAMA.

Une imagerie par résonance magnétique de 449 personnes a montré que les patients hypertendus qui réussissaient à abaisser leur pression systolique sous la barre des 120 mm Hg présentaient nettement moins de lésions à la matière blanche de leur cerveau, comparativement aux patients dont la pression était abaissée à 140 mm Hg.

Santé

L’obésité puiserait sa source dans le cerveau

MONTRÉAL — La prise de poids démesurée est contrôlée en grande partie par notre cerveau, suggèrent les travaux de chercheurs montréalais.

Un adulte québécois sur cinq est obèse, ce qui veut dire que son indice de masse corporelle (IMC) est supérieur à 30.

Santé

Les enfants seraient vulnérables aux effets des changements climatiques

OTTAWA - Les cliniciens qui s’occupent d’enfants doivent connaître les infections émergentes et les problèmes de santé liés aux changements climatiques, de même que les effets des catastrophes naturelles sur la santé mentale, prévient un nouveau document d’orientation de la Société canadienne de pédiatrie (SCP).

L’auteure principale du document, la pédiatre albertaine Irena Buka, a expliqué par voie de communiqué que les enfants sont plus vulnérables que les adultes aux effets des changements climatiques, à cause de leur corps en croissance et en développement.

Elle ajoute que «les changements climatiques représentent la plus grave menace mondiale du siècle pour la santé, et les enfants y sont particulièrement vulnérables».

Le Canada est déjà frappé par des événements associés aux changements climatiques, comme les vagues de chaleur, les incendies de forêt et les inondations, et on prévoit qu’ils gagneront en fréquence au cours des prochaines années, rappelle la SCP.

Le document d’orientation prévient que «les pédiatres et autres dispensateurs de soins doivent s’attendre à des infections émergentes, à des problèmes de santé causés par l’accroissement de la pollution atmosphérique et à des troubles de santé mentale liés aux catastrophes naturelles. Les changements climatiques auront une incidence à la fois sur l’état de santé individuel et sur celui de l’ensemble de la population».

Les risques des changements climatiques pour la santé des enfants incluent les maladies causées par la chaleur, particulièrement chez les nourrissons et les jeunes enfants; la diminution de la qualité de l’air causée notamment par la pollution, les incendies de forêt, le pollen; les sources d’eau contaminées; et les infections par les insectes, les tiques et les rongeurs.

On évoque aussi les effets immédiats des catastrophes naturelles et des phénomènes météorologiques extrêmes, de même que leurs effets indirects tels que les personnes déplacées, les troubles de santé mentale attribuables au stress, la perte de proches, de possessions ou d’habitudes quotidiennes et la suspension des soins ou de l’école.

Le document ajoute qu’un «nombre disproportionné d’enfants peut être touché par ces changements liés au climat, et par d’autres encore, parce qu’ils métabolisent plus d’eau, d’air et d’aliments par kilogramme de masse corporelle que les adultes. Leur croissance rapide, le caractère évolutif de leur développement et de leur physiologie et leur exposition aux risques pendant un parcours de vie plus long se conjuguent pour accroître leurs vulnérabilités aux dangers environnementaux. Les enfants défavorisés sur le plan socioéconomique, les enfants autochtones et ceux qui sont atteints d’une maladie chronique sont particulièrement à risque».

Les cliniciens sont invités à donner des conseils préventifs sur la hausse des températures, les événements climatiques et la prévention des infections et à s’assurer de comprendre et de surveiller les prévisions en matière de concentrations de pollen, de qualité de l’air et d’indice UV.

Santé

L’accessibilité des repas-minute gonflerait le nombre de crises cardiaques

MONTRÉAL - Davantage de crises cardiaques se produisent dans les quartiers où l’on retrouve le plus d’établissements de restauration rapide, affirme une nouvelle étude australienne.

Le chercheur Tarunpreet Saluja, de l’Université de Newcastle, a précisé, lors d’un congrès récent de la Société cardiaque d’Australie et de Nouvelle-Zélande, que chaque établissement supplémentaire ajoutait quatre crises cardiaques par tranche de 100 000 habitants.

Les résultats sont basés sur l’étude de quelque 3000 personnes admises à l’hôpital pour une crise cardiaque entre 2011 et 2013. Ils ont été ajustés pour tenir compte de l’âge, de l’obésité, de l’hyperlipidémie, de l’hypertension, du tabagisme et du diabète des sujets.

M. Saluja a rappelé dans un communiqué que des études antérieures ont associé la piètre valeur nutritive et la forte teneur en gras et en sel des repas-minute aux maladies cardiaques.

Il a également été démontré dans le passé que les établissements de restauration rapide sont plus nombreux dans ce qu’on appelle les «déserts alimentaires», à savoir des quartiers défavorisés dont les habitants n’ont pas un accès facile à des aliments de qualité.

Environ 5,3 pour cent de la population québécoise, soit quelque 420 000 personnes, habiterait de tels déserts alimentaires au Québec, selon les plus récentes données de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).

«On parle de secteurs où on a un accès faible à des commerces pouvant offrir des aliments plus sains, comme des supermarchés ou des épiceries», a expliqué le chercheur d’établissement Éric Robitaille.

En milieu urbain, l’INSPQ estime qu’au moins un kilomètre doit séparer les habitants d’un quartier de tels commerces pour qu’on puisse considérer qu’il s’agit d’un désert alimentaire. La distance est de 16 kilomètres en milieu rural, et la règle ne s’applique pas aux quartiers bien nantis dont les habitants sont plus mobiles que les habitants des quartiers défavorisés.

On comptait environ 800 déserts alimentaires au Québec en 2018.

Des données compilées en 2013 par l’INSPQ confirment que les secteurs les plus défavorisés étaient ceux où on retrouvait le plus de restaurants-minute. Leurs habitants avaient donc non seulement un accès difficile à des aliments de bonne qualité, mais aussi un accès facile à des aliments de mauvaise qualité.

Santé

Hausse des dépenses en assurance salaire au CISSSO

Les dépenses en assurance salaire pour le personnel infirmier du réseau de la santé de l’Outaouais ont grimpé de 73 % en trois ans.

Des données obtenues par Le Droit grâce à une demande d’accès à l’information montrent qu’en 2015-2016, le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) a versé 5,1 millions $ en assurance salaire à des infirmières, infirmières auxiliaires et inhalothérapeutes se retrouvant en congé de maladie prolongé. 

Trois ans plus tard, en 2018-2019, ce montant a atteint 8,8 millions $, une hausse de 73 %.

Santé

Heures supplémentaires en hausse au CISSSO

En ayant davantage d’employés en absence maladie prolongée ces dernières années, le réseau de la santé de l’Outaouais s’est retrouvé avec une hausse du recours aux heures supplémentaires, qu’elles soient obligatoires ou non.

Les statistiques qu’a obtenues Le Droit par le biais d’une demande d’accès à l’information révèlent que le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) a dépensé 25,2 millions$ en heures supplémentaires en 2018-2019, soit près de 10 millions$ de plus que trois ans plus tôt. Cela représente une hausse de 62%.

Santé

Le yoga aiderait les parents d'enfants souffrant de TDAH

MONTRÉAL — Les parents d’enfants présentant un trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) sont particulièrement durs envers eux-mêmes, mais le yoga semble en mesure de leur venir en aide, affirme une chercheure de l’Université Laval qui a discuté de ses travaux en primeur avec La Presse canadienne.

Quelques 600 parents d’enfants de 8 à 11 ans et présentant ou non un TDAH ont répondu à un questionnaire mis en ligne plus tôt cette année par la docteure Nancie Rouleau, qui enseigne à l’École de psychologie de l’Université Laval, et ses collègues.

Santé

Retour imminent de soins infirmiers au CLSC de Chelsea

Une infirmière sera de nouveau en fonction au CLSC de Chelsea à compter de lundi prochain.

L’arrivée de cette infirmière découle d’une annonce faite le printemps dernier par la ministre de la Santé, Danielle McCann, concernant l’ajout de services infirmiers dans les CLSC de Chelsea, Low et Val-des-Bois. 

Dans le cas du CLSC de Chelsea, l’infirmière pourra notamment offrir des services de vaccination, des soins de plaie, des soins postopératoires, le dépistage d’infections transmissibles sexuellement et par le sang, le retrait de points de sutures et d’agrafes et diverses procédures pour des sondes. 

Le CLSC situé sur la route 105 sera ouvert du lundi au vendredi, entre 8 h 30 et 16 h 30 (à l’exception des jours fériés). Les services seront offerts sur rendez-vous seulement, sauf pour les cas urgents. 

Des prélèvements pourront aussi y être réalisés sur rendez-vous du lundi au mercredi, entre 8 h 30 et 11 h. 

La prise de rendez-vous peut se faire en composant le 1-855-959-2610. 

Santé

Méthadone administré par erreur: «la pointe de l’iceberg»

Les décès survenus dans des circonstances similaires à celui de William Madaire ne représentent que « la pointe de l’iceberg » d’un problème « systémique » dans le réseau de la santé, estime l’avocat spécialisé en droit médical Jean-Pierre Ménard.

Le cabinet de Me Ménard représente les proches de M. Madaire, cet octogénaire décédé à l’Hôpital de Gatineau en 2017 après avoir reçu par erreur une dose de méthadone. 

Le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais a reçu une mise en demeure dans ce dossier, et les procédures se poursuivent toujours.

Santé

Une nouvelle analyse associe vapotage et marijuana

MONTRÉAL — Les adolescents et jeunes adultes qui vapotent sont plus susceptibles de consommer aussi de la marijuana, constate une nouvelle analyse réalisée par un chercheur maintenant au CHU Sainte-Justine.

La méta-analyse du docteur Nicholas Chadi, qui est publiée lundi par le journal médical JAMA Pediatrics et dont La Presse canadienne a pu prendre connaissance en primeur, révèle une propension de trois à quatre fois plus élevée des jeunes à consommer ou avoir consommé du cannabis parmi ceux qui se sont adonnés au vapotage.

Le risque de consommation de marijuana était plus élevé chez les adolescents âgés de 12 à 17 ans qui vapotaient que chez les jeunes adultes âgés de 18 à 24 ans.

«C'est une trouvaille importante pour nous, a dit le docteur Chadi, un pédiatre spécialisé en toxicomanie et médecine de l'adolescence. Le risque est plus élevé dans les deux sous-groupes, mais il presque deux fois plus élevé chez les plus jeunes.»

Conduite au sein de son ancienne affiliation et non au CHU Sainte-Justine alors qu'il était le tout premier pédiatre en Amérique du Nord à compléter un fellowship en toxicomanie pédiatrique au Boston Children's Hospital/Harvard Medical School, la méta-analyse «Association Between Electronic Cigarette Use and Marijuana Use Among Adolescents and Young Adults» portait sur 21 études regroupant près de 130 000 participants.

Susceptibilité du cerveau

Les résultats de cette étude correspondent aux connaissances médicales actuelles, selon lesquelles un cerveau plus jeune et moins développé est plus vulnérable à l'usage de substances et à la dépendance.

La nicotine et la marijuana affectent toutes deux les voies neuronales associées au plaisir et à la récompense. Les deux substances pourraient influencer la sensibilité à long terme du cerveau à d'autres substances psychoactives et à des comportements toxicophiles pendant la vie adulte.

«Plus on est jeune, plus notre cerveau est susceptible à devenir accro aux substances, donc le risque de consommer de la nicotine ou de faire du vapotage est encore plus grand chez les plus jeunes ados», a précisé le docteur Chadi.

Cette méta-analyse, qui serait la première publiée dans la littérature à associer cannabis et vapotage, ne permet pas de conclure que le vapotage mène directement à la marijuana - mais la situation commence à se préciser.

«On ne peut pas prouver un lien de causalité, a reconnu le chercheur. Par contre, quand on a un grand nombre d'études qui montrent une association dans une même direction, et qu'on s'aperçoit que l'association se maintient dans les études longitudinales et les études transversales, on a une bonne raison de penser que l'exposition au vapotage est une partie de la cause de l'initiation de la marijuana.»

L'association la plus robuste a été constatée chez les sujets plus jeunes qui combinaient le vapotage à la consommation de tabac ou d'alcool. Il n'est pas impossible qu'il s'agisse de jeunes plus susceptibles à la consommation de substances, mais le docteur Chadi assure que les facteurs qui iraient en ce sens - comme des problèmes de toxicomanie ou de santé mentale - ont été contrôlés.

Une méta-analyse publiée en 2012 et portant sur 24 études faisait état d'un lien solide entre le tabagisme des jeunes et la consommation actuelle ou future de marijuana.

Popularité du vapotage

«Actuellement les taux de vapotage explosent chez les jeunes, tant au Canada qu'aux États-Unis, c'est quelque chose qui se passe autour de la planète, a prévenu le docteur Chadi. La perception de risque concernant la cigarette électronique n'est pas là.»

Une étude comme celle-ci, ajoute-t-il, vient montrer que la nicotine des vapoteuses est tout aussi dangereuse, voire plus dangereuse, que la nicotine des cigarettes traditionnelles quand on parle des adolescents, et dans ce cas-ci surtout des jeunes adolescents.

«C'est très important d'un point de vue de santé publique puisque ça vient renforcer le message que les vapoteuses ne sont pas du tout un outil de promotion de la santé chez les adolescents, et au contraire ça peut augmenter les problèmes de dépendance et de toxicomanie chez ces jeunes-là», a dit le chercheur.

Le vapotage est souvent perçu, à tort, comme une activité banale et sans risque. Pourtant, d'autres études ont montré chez les adolescents que les vapoteuses augmentent le risque d'utiliser la cigarette traditionnelle, explique le docteur Chadi.

«On se rend compte maintenant que la grande majorité des jeunes qui vapotent n'auraient probablement jamais touché à la cigarette traditionnelle ou à d'autres drogues, a-t-il dit. Ces dispositifs-là sont tellement accrocheurs et bien faits pour les jeunes que les jeunes tombent dans le piège; ils développent une dépendance et vont chercher d'autres sources de nicotine et d'autres drogues.»

La nicotine et la marijuana créent toutes deux de la dépendance, mais leur association fait qu'il devient encore plus difficile pour les jeunes de renoncer à l'une ou à l'autre.

«On entre dans une espèce de spirale où la perception de risque est très basse, ça goûte le bonbon ou les jujubes, et on s'aperçoit quelques années plus tard qu'on ne peut pas arrêter, a conclu le docteur Chadi. Une dépendance à la cigarette électronique n'est pas drôle, ça peut vraiment prendre le dessus sur leurs activités scolaires ou sur leurs passe-temps, parce qu'à chaque demi-heure ou toutes les heures ils doivent vapoter, et ça devient très incapacitant.»

Santé

Méthadone administrée par erreur: «l’identité du patient n’a tout simplement pas été vérifiée»

« Plusieurs erreurs » ont été commises à l’Hôpital de Gatineau dans les jours précédant la mort de William Madaire : il y en a eu « sur le dosage, sur la médication et sur l’identité du patient », expose la coroner Pascale Boulay dans son rapport d’investigation sur le décès de l’octogénaire.

En entrevue avec Le Droit au sujet de son rapport sur le décès de M. Madaire, survenu en novembre 2017 à l’Hôpital de Gatineau, Me Boulay note que l’administration de méthadone à l’octogénaire « n’est pas la cause directe » de son décès. « Mais c’est certainement un élément contributif – et même significatif – au développement de la pneumonie d’aspiration qui, elle, a mené au décès », explique-t-elle.

La coroner souligne qu’il ne lui revient pas de déterminer si les erreurs ayant été commises « constituent des fautes », d’où ses recommandations pour que les deux ordres professionnels concernés évaluent la qualité des actes ayant été posés par une infirmière et une infirmière auxiliaire.

« Ce n’est pas quelqu’un qui a commandé une poitrine avec des frites et qui a reçu une cuisse avec des patates pilées, illustre Me Boulay en entrevue. Ce sont des erreurs sérieuses. On administre des médicaments, on administre des soins. »

À LIRE AUSSI: 
Hôpital de Gatineau: un octogénaire meurt après avoir reçu un opioïde par erreur
> Méthadone administré par erreur: «La pointe de l’iceberg»
Chronique de Patrick Duquette: Tirer le mauvais numéro

Dans le dossier de M. Madaire, Me Boulay précise dans son rapport que « la trame factuelle menant à l’erreur de médication » naît lors du transfert d’une patiente qui occupait la chambre où a été installé l’octogénaire. Les médicaments prescrits à cette patiente – 5 mg d’un antipsychotique appelé olanzapine et 0,5 mg de méthadone – sont alors notés par erreur dans le dossier de M. Madaire.

« Je trouve étonnant que l’infirmière n’ait pas réalisé dès lors son erreur puisque l’olanzapine n’est habituellement pas prescrite aux personnes âgées », écrit la coroner.

Alors que la dose de méthadone prescrite pour la patiente était de 0,5 mg, c’est plutôt une dose de 5 mg de cet opioïde qui a été administrée à M. Madaire par une infirmière auxiliaire. Or, « tout médicament, et particulièrement un opiacé, doit être administré avec la plus grande prudence et la plus grande rigueur », précise Me Boulay.

« Aucune alarme n’a résonné, soulève aussi la coroner. [...] La preuve recueillie démontre que l’infirmière auxiliaire n’a pas respecté le principe de la double identification qui vise à s’assurer que le bon patient reçoit le bon médicament à la dose prescrite. L’identité du patient n’a tout simplement pas été vérifiée. En effet, le rapport d’accident du 30 octobre 2017 indique qu’elle s’est uniquement fiée au numéro de chambre sans confirmer le nom du patient en ne vérifiant pas son bracelet, ni la médication prescrite, ni le dosage. »

Le rapport de Me Boulay souligne par ailleurs que le dossier de M. Madaire « ne suggère pas une prise en charge médicale préoccupante ». L’équipe médicale a agi « avec diligence » en ordonnant une surveillance constante de l’octogénaire dès que l’erreur lui a été signalée, estime la coroner.

Santé

Hôpital de Gatineau: un octogénaire meurt après avoir reçu un opïoide par erreur

Un homme de 85 ans est décédé des suites d’une pneumonie d’aspiration à l’Hôpital de Gatineau, à l’automne 2017, après avoir reçu de la méthadone prescrite pour autre autre patiente, révèle le rapport d’investigation d’une coroner qui formule quatre recommandations pour éviter qu’une telle situation ne se reproduise.

Atteint d’Alzheimer et vivant une perte d’autonomie, le Gatinois William Madaire s’est présenté à l’urgence de l’Hôpital de Gatineau, le 25 octobre 2017, en raison d’une « confusion augmentée » et de « chutes fréquentes ». Les examens alors réalisés ne montrent « rien de significatif », mais son état de confusion fait en sorte qu’il est gardé à l’hôpital, relate la coroner Pascale Boulay dans son rapport.

Le 29 octobre – deux jours après son arrivée –, M. Madaire quitte l’urgence pour une unité de soins du cinquième étage. Les notes inscrites à son dossier révèlent que depuis son arrivée, « bien qu’il demeure désorienté, son état d’éveil s’améliore ». Un problème de désaturation en oxygène est décelé et une radiographie pulmonaire est demandée, mais l’examen ne montre « aucune pneumonie franche », lit-on dans le rapport de la coroner.

À LIRE AUSSI: 
Méthadone administrée par erreur: «l’identité du patient n’a tout simplement pas été vérifiée»
Méthadone administré par erreur: «La pointe de l’iceberg»
Chronique de Patrick Duquette: Tirer le mauvais numéro

Les choses ont toutefois dramatiquement basculé le même soir. « Une dose orale de méthadone de 5 mg lui est administrée par erreur sur la base erronée d’ordonnances prescrites pour une autre patiente et transcrites par erreur dans son dossier, relate Me Boulay. L’erreur n’est pas constatée sur le fait. S’ensuit un état de somnolence qui perdure deux jours selon les notes des infirmières. »

L’erreur de médication est décelée le lendemain, en après-midi. Un médecin demande alors à ce que M. Madaire reçoive de la naloxone si son rythme respiratoire descend sous un certain seuil, mais cette médication ne sera finalement pas nécessaire.

L’état de l’octogénaire se stabilise ensuite, avant de se dégrader le 1er novembre. Cette fois, une « atteinte pulmonaire » est observée par radiographie, de sorte que des antibiotiques intraveineux sont prescrits à l’octogénaire. Le lendemain, alors que « son état continue de se détériorer, M. Madaire est transféré aux soins palliatifs ». Il rendra son dernier souffle le 4 novembre.

La coroner conclut qu’il est « décédé d’une pneumonie d’aspiration suivant l’administration par erreur de méthadone non prescrite, par un membre du personnel infirmier-auxiliaire » et qu’il s’agit d’un « décès accidentel ».

Me Boulay précise que les 5 mg de méthadone qui lui ont été administrés ne représentent pas une dose létale. 

« L’analyse du dossier permet toutefois d’établir qu’elle est suffisante pour expliquer l’altération de l’état de conscience de M. Madaire, écrit la coroner. Ainsi, chez un homme âgé de 85 ans avec un état de santé fragilisé initial, l’effet sur le système dépresseur central incluant le système respiratoire et au niveau de la déglutition ne fait aucun doute. Bien que la méthadone ne soit pas la cause directe du décès, elle a contribué de manière significative au développement d’une pneumonie d’aspiration qui a mené au décès. »

Le rapport de la coroner sur ce décès contient quatre recommandations « pour une meilleure protection de la vie humaine ». 

Me Boulay recommande que le CISSSO et sa direction des soins infirmiers « s’assurent que leur personnel infirmier dans son ensemble respecte rigoureusement les principes et méthodes relatifs à l’administration des médicaments incluant la double identification du patient ». 

Il leur est aussi recommandé que le personnel infirmier élabore un « plan thérapeutique infirmier complet [...] afin de faciliter le suivi de l’évolution clinique » de chaque patient hospitalisé.

La troisième recommandation vise à ce que l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec « examine la qualité de l’acte professionnel » de l’infirmière ayant transcrit des prescriptions erronées dans le dossier de M. Madaire. 

La dernière recommandation suggère une mesure similaire à l’Ordre des infirmières et infirmiers auxiliaires du Québec pour l’employée ayant administré la méthadone au défunt.

Santé

Ottawa veut baisser le prix des médicaments brevetés à partir de 2020

Le gouvernement fédéral fait un « premier pas très important » vers un régime national d’assurance médicaments en annonçant une réforme pour baisser le prix des nouveaux médicaments brevetés dès le 1er juillet 2020.

Cette annonce survient à l’approche de la campagne électorale, après trois ans de consultations de la part de Santé Canada.

Santé

Les drones pour combattre la tuberculose

MONTRÉAL — L’utilisation de drones a doublé l’accès au diagnostic et plus que doublé la rétention des patients dans le processus de soins pour la tuberculose à Madagascar, a révélé le médecin montréalais qui coordonne le programme de recherche sur place.

«Ça veut dire qu’une personne sur deux qui est testée aujourd’hui n’était pas testée auparavant. Et puis parmi tous les gens qui sont confirmés comme ayant la tuberculose, une personne sur deux qui finit son traitement ne finissait pas son traitement au préalable», a précisé depuis Madagascar le docteur Simon Grandjean Lapierre, du Centre de recherche du CHUM.

Le docteur Grandjean Lapierre coordonne ce projet du CR-CHUM et de l’Institut Pasteur de Madagascar. Le financement provient de TB Reach, une initiative appuyée principalement par Affaires mondiales Canada et la Fondation Bill et Melinda Gates.

L’utilisation des drones dans le domaine de la santé est relativement récente et peut prendre plusieurs formes, a-t-il expliqué. La forme la plus simple est la surveillance, quand un drone muni d’une caméra, par exemple, est envoyé survoler une région dévastée par une catastrophe naturelle où une intervention est planifiée. De manière un peu plus complexe, on peut aussi envoyer un drone livrer ou parachuter des médicaments ou des vaccins.

Le docteur Grandjean Lapierre et ses collègues utilisent quant à eux les drones pour acheminer des échantillons cliniques ou des spécimens vers un laboratoire où ils sont analysés.

«Le cas échéant, on est capables de renvoyer avec la même technologie, en sens inverse, le traitement ou une autre commodité médicale nécessaire», a-t-il dit.

Obstacles multiples

Le potentiel des drones devient rapidement évident quand on réalise l’importance des obstacles qui empêchent un patient d’avoir accès à un diagnostic et à un traitement.

Dans certains cas, le patient pourra devoir marcher pendant plusieurs heures, voire quelques jours, à travers sentiers et rizières avant de rejoindre une route de terre battue — souvent impraticable pendant la saison des pluies — qui le mènera, après une demi-journée de route, à un centre de traitement.

«Donc c’est vraiment un éloignement extrême, a dit le docteur Grandjean Lapierre. Et au-delà de ça, ce sont des populations qui évidemment sont très dépendantes de l’agriculture traditionnelle. Quitter leur milieu et s’investir dans un processus d’aller chercher un diagnostic de tuberculose et commencer des médicaments pendant six mois, pratico-pratique, ça veut dire une perte d’opportunités, une perte de rémunération qui est déjà très faible, trop importante pour pouvoir subvenir aux besoins, à la famille et tout ça.»

Dans un tel contexte, poursuit-il, une maladie comme la tuberculose qui est transmise dans les airs, par la toux, d’une personne à une autre, «peut faire des ravages» dans une communauté où les gens vivent en grande proximité à l’intérieur des maisons.

La tuberculose est la bactérie qui tue le plus de gens dans le monde chaque année. Elle est la première cause de maladie infectieuse au monde, devant le VIH et le paludisme. L’Organisation mondiale de la Santé estime qu’environ 10 millions de personnes ont la tuberculose chaque année. Entre trois et quatre millions d’entre elles ne seraient jamais diagnostiquées et ne seraient jamais rejointes par le système de santé.

Madagascar est un pays à haute incidence de tuberculose. Il y aurait entre 200 et 250 patients par 100 000. En comparaison, le nombre est de moins de cinq par 100 000 au Canada, mais il peut atteindre 500 ou 600 dans les pays à très haute incidence.

«On se rend compte que les méthodes traditionnelles qui sont utilisées depuis des décennies pour traiter et diagnostiquer la tuberculose sont insuffisantes pour pouvoir maîtriser le problème, d’où l’idée d’essayer d’intégrer ces nouvelles technologies-là et essayer de voir ce que ça peut nous faire gagner comme chemin dans la lutte contre la maladie», a expliqué le docteur Grandjean Lapierre.

Terrain d’essai idéal

Madagascar semble être le terrain d’essai idéal pour mesurer le potentiel des technologies.

«Madagascar est un lieu de recherche et d’étude très intéressant parce qu’on travaille avec des populations qui sont très stables géographiquement, qui sont très isolées, qui ont peu de résistance aux médicaments antituberculeux, et apparemment peu de VIH, a précisé le docteur Grandjean Lapierre. Donc toutes les conditions sont là pour qu’on puisse, si on trouve la bonne solution, arriver à faire un progrès très rapide dans l’élimination de la maladie. On n’est pas en train de se battre avec une co-infection au VIH ou avec des microbactéries de tuberculose qui sont très résistantes aux traitements.»

L’enjeu en est donc véritablement un d’accès aux infrastructures de santé, de repérer les cas qui seraient autrement ratés. Les technologies testées à Madagascar, si elles fonctionnent, pourront être exportées pour améliorer l’accès dans des contextes similaires, qui sont très prépondérants en Afrique subsaharienne.

La technologie des drones s’est améliorée au cours des dernières années et les prix ont chuté. En ce moment, les chercheurs disposent de drones capables de franchir une centaine de kilomètres en emportant une charge de deux à six kilos. Ces drones sont entièrement électriques et autonomes au niveau du pilotage.

«Mais c’est certain que ça nécessite plus d’entretien et de surveillance qu’un 4 X 4 ou un téléphone», a lancé le docteur Grandjean Lapierre.

Les chercheurs étudient maintenant comment ils peuvent donner plus d’ampleur à ce projet.

Santé

Carrefour santé à Orléans: un projet de 60 millions $

La construction du très attendu Carrefour santé d’Orléans devrait commencer prochainement alors que l’Hôpital Montfort et l’entrepreneur général EllisDon ont annoncé mardi la signature d’un contrat à prix fixe de 59,7 millions $ pour la complétion du projet.

L’immeuble sera érigé à l’intersection du chemin Mer-Bleue et du boulevard Brian Coburn. 

Le Carrefour regroupera plusieurs organismes de soins de santé et de services communautaires pour une clientèle allant des nouveau-nés aux personnes âgées.

Santé

Sondage Éduc'alcool: beaucoup de mauvais buveurs en Outaouais

Les résidents de l’Outaouais sont parmi les plus délinquants en matière de consommation d’alcool au Québec, selon un sondage d’envergure commandé par Éduc’alcool. Qui plus est, ils sont ceux qui mélangent le plus alcool et cannabis.

« On a de l’ouvrage à faire », a laissé tomber sur un ton résigné le directeur général d’Éduc’alcool, Hubert Sacy, en entrevue au Droit.

Santé

Hôpital d’Amqui: le bloc opératoire fermé pendant neuf jours

MATANE — Les Matapédiens ne sont pas au bout de leur peine concernant les services de chirurgie et d’obstétrique. Le bloc opératoire de l’hôpital d’Amqui est fermé jusqu’au 14 août.

Cette situation s’explique par les vacances estivales de l’un des deux chirurgiens et une non-disponibilité de l’autre pendant la même période. Par conséquent, tous les patients nécessitant une chirurgie et les femmes qui se présentent pour accoucher sont transférés à Rimouski, à plus de 100 km d’Amqui.

Cette période de découverture devait se prolonger jusqu’au 19 août, mais un chirurgien dépanneur a accepté de venir combler la tâche à compter du 14 août. «On fait toujours appel aux banques de médecins dépanneurs, raconte la conseillère aux communications du Centre intégré de santé et de services sociaux du Bas-Saint-Laurent, Ariane Doucet-Michaud. Dans la majorité des cas, on réussit à combler les périodes de vacances. Mais malheureusement, cette année, il a été impossible de trouver un chirurgien dépanneur pour la période du 5 au 14 août à l’hôpital d’Amqui. C’est un jeu assez complexe d’attacher les horaires. Ça relève de l’acrobatie pour nos agentes!»

La porte-parole souligne que comme cette période de vacances avait été planifiée, aucune chirurgie n’avait donc été prévue au bloc opératoire de l’hôpital d’Amqui. Par conséquent, aucune chirurgie n’a été annulée ou reportée. 

«On ne peut pas accepter ça»

Le député de Matane-Matapédia se dit inquiet de la situation. «Je l’ai appris hier [dimanche] par courriel, indique Pascal Bérubé. Je ne m’habitue pas à ce que les soins qui devraient être donnés sur le territoire de La Matapédia soient donnés à Rimouski. Je ne vais jamais m’habituer à ça tant que je vais être député!» Le parlementaire exhorte la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, et la présidente de la Fédération des médecins spécialistes du Québec, Diane Francoeur, à régler la situation le plus rapidement possible. «On ne peut pas accepter ça», martèle M. Bérubé.

L’ancien ministre libéral de la Santé, Gaétan Barrette, a répondu au député Bérubé, via Twitter, qu’une solution existe : «appliquer la loi 130». Rappelons que cette loi, qui a été suspendue, prévoyait notamment d’obliger les médecins spécialistes à aller pratiquer dans un établissement en rupture de services au-delà de la limite de 70 km entre les deux hôpitaux. 

Pascal Bérubé relaie la réponse du Dr Barrette à la ministre de la Santé. «Là-dessus, j’aimerais entendre la ministre, souhaite-t-il. Mais, quelle que soit la solution proposée, l’important, ça va être les résultats. Je veux que quelqu’un qui a besoin d’avoir une opération qui devrait se faire normalement à l’hôpital d’Amqui puisse l’obtenir. C’est un combat que je mène depuis que je suis en politique […], soit de faire en sorte de limiter au maximum les déplacements à Rimouski, que ce soit en hémodialyse, en radiologie, pour les échographies ou pour les accouchements.» À son avis, «il y a là, manifestement, une mauvaise planification». Il trouve tout aussi inconcevable que le chirurgien engagé à l’hôpital d’Amqui en mai ne pratique pas de césariennes. 

Santé

Hôpital Saint-François d'Assise: un four après l’accouchement

Marie-Line Matte a eu chaud la semaine dernière. Pendant l’accouchement de son sixième enfant, d’abord. Surtout après la naissance : dans la chambre de l’hôpital Saint-François d’Assise où elle logeait, le thermomètre transpirait autour de 30 degrés Celsius. Et même si l’enfant s’est pointé la nuit, maman n’avait pas le droit de se doucher avant le matin.

Le Centre hospitalier universitaire (CHU) de Québec reconnaît que l’air est lourd pour les nouvelles mères, les bébés et les conjoints hébergés dans ce pavillon de Limoilou. Le problème est tel que, depuis environ une semaine, de gros tuyaux en plastique mou pendent au plafond pour distribuer de l’air plus frais dans le couloir. Le système ressemble à ce qu’on peut voir dans certaines serres, avons-nous constaté lors d’une visite impromptue.

La direction de l’établissement convient que ce n’est pas idéal, mais souligne que certains bâtiments plus âgés sont plus difficiles à rafraîchir. «Un des endroits où la chaleur est le plus vivement ressentie est l’unité d’obstétrique de l’hôpital Saint-François d’Assise», observe le conseiller en communications externes Mathieu Boivin. «Les 19 chambres du département B4, où sont installées les femmes qui viennent d’accoucher, sont ainsi climatisées depuis une semaine avec une unité temporaire : l’air frais se rend dans les chambres, à condition que les portes restent ouvertes.»

Les grands tubes distribuant la froidure n’ont toutefois pas été allongés jusqu’à la porte de toutes les mamans et leur petit. «La diffusion de l’air climatisé ne se rend pas aux 10 chambres du département C4, où sont installées les patientes en cas de débordement du B4 — ce qui est malheureusement le cas ces jours-ci», précise M. Boivin.

C’est justement là que Marie-Line Matte s’est retrouvée quand elle a décidé avec son conjoint de s’offrir le luxe d’une chambre individuelle à 153 $ la nuitée pour célébrer la naissance. «C’est épouvantable comme il faisait chaud! J’étais toute trempée, mon bébé était trempé», critique-t-elle. «Ça n’a pas de bon sens. […] C’est vraiment broche à foin.» 

La clientèle dégouline, tout comme le personnel, fait-elle valoir. 

Pas de douche

Sans compter qu’il n’était pas possible de prendre une douche après l’accouchement à 23h07. Lorsqu’elle a demandé où se laver, Mme Matte dit que l’infirmière lui a expliqué qu’elle devrait attendre 7h le matin suivant, ce qu’elle dénonce. 

«Il existe effectivement une directive spécifiant que les douches de l’unité d’obstétrique de l’hôpital Saint-François d’Assise ne peuvent être utilisées qu’entre 7h et 21h», confirme Mathieu Boivin, le porte-parole. «Cette consigne est en vigueur depuis plusieurs années. Il faut savoir que, contrairement au Centre mère-enfant du CHUL qui est de construction récente, les chambres de l’unité d’obstétrique [de Saint-François d’Assise] ne disposent pas de douche individuelle. Les patientes et leur conjoint doivent donc utiliser une douche commune. Cependant, le bruit de l’eau ruisselante a déjà suscité des plaintes de patientes occupant des chambres jouxtant la salle de douche commune. Par égard pour elles, il a donc été proscrit à toutes les patientes et leur conjoint de se doucher pendant la nuit.»

Une «solution» pourrait cependant être trouvée par le personnel de l’obstétrique si une patiente a «absolument» besoin de prendre une douche, dit-il.

Le vieux, le neuf

Mathieu Boivin note par ailleurs que la majorité des installations du CHU de Québec sont plus récentes, donc, mieux adaptées, mieux ventilées. «La complexité de climatiser certains bâtiments de nos installations tient au fait que plusieurs d’entre eux ont été construits il y a plusieurs années (1912-1945). Le réseau de distribution d’air y était presque inexistant et l’isolation des murs vient parfois ajouter à la complexité de climatiser sans nuire à l’intégrité du bâtiment lui-même.» Le plan d’investissement du CHU de Québec permettrait cependant d’avancer graduellement vers la modernité : «Nous améliorons chaque année la situation par l’ajout temporaire ou permanent de systèmes afin d’améliorer le confort de notre clientèle.» 

Santé

Un test sanguin dépisterait l'Alzheimer 20 ans avant les pertes de mémoire

MONTRÉAL — Un test sanguin mis au point par des chercheurs américains permettrait d'identifier avec une grande précision les patients dont les cerveaux présentent les premiers signes de la maladie d'Alzheimer, et ce, jusqu'à 20 ans avant l'apparition des premières pertes de mémoire.

Ce nouveau test pourrait même être encore plus précis que la tomographie par émission de positrons (PET scan) qui est normalement utilisée pour confirmer la présence dans le cerveau de dépôts amyloïdes.

Ces dépôts commencent à engommer le cerveau jusqu'à deux décennies avant que ne se manifestent les pertes de mémoire et la confusion typiques de la maladie d'Alzheimer.

Le test développé par les chercheurs de l'Université Washington, à Saint-Louis, mesure les taux d'amyloïdes dans le sang. Lorsque ces taux sont combinés à l'âge du patient et à la présence d'une variante génétique appelée APOE4, le test détecte la présence dans le cerveau de dépôts amyloïdes avec une précision de 94 %.

Le risque de souffrir de la maladie double à tous les cinq ans à partir de l'âge de 65 ans. La variante génétique APOE4 augmente ce risque de trois à cinq fois.

Le test est si précis qu'il réussissait parfois à détecter la présence des dépôts quelques années avant que la tomographie par émission de positrons ne soit en mesure de le faire.

«Ça change énormément de choses, a commenté Hélène Girouard, de l'Institut universitaire de gériatrie de Montréal. La maladie d'Alzheimer est une démence, et quand on dit démence, ça signifie que la personne ne peut plus vaquer à ses responsabilités habituelles, qu'elle n'est plus autonome, et ça veut dire que le cerveau est biologiquement très endommagé, et même avant qu'il y ait des signes cliniques.»

Impact potentiellement monumental

L'impact clinique du test pourrait donc être monumental, puisqu'il pourrait permettre d'identifier très tôt les patients chez qui les dépôts amyloïdes ont commencé à se former afin de tester chez eux des traitements pour ralentir, voire stopper, la progression de la maladie.

«Le cerveau devient un peu comme un fromage Gruyère, il y a plein de trous, et le volume cérébral n'est vraiment plus le même à partir du moment où on est diagnostiqué avec la maladie d'Alzheimer, a ajouté Mme Girouard. Donc il faut vraiment prévenir toute la neurodégénérescence, et ça, ça doit se faire des années avant.»

Actuellement, les patients ne sont traités qu'après l'apparition des symptômes, quand leurs cerveaux sont déjà fortement abîmés. Le problème, c'est que les dommages surviennent bien avant l'apparition des signes cliniques.

«Une fois que la personne est diagnostiquée, tout ce qu'on peut faire, tout ce qu'on peut espérer, avec la technologie qu'on a actuellement, c'est de ralentir la progression. C'est tout ce qu'on peut espérer. Mais si on traite 20 ans plus tôt, alors là on peut vraiment espérer une prévention», a dit Mme Girouard.

En termes clairs, une personne traitée 20 ans avant l'apparition des premiers symptômes et qui aurait autrement été condamnée à souffrir de la maladie d'Alzheimer pourrait carrément y échapper.

«C'est beaucoup plus facile, pharmacologiquement, de prévenir 20 ans plus tôt que d'essayer de guérir quelqu'un qui est déjà atteint, a expliqué Hélène Girouard. En ce moment, la découverte de biomarqueurs pour la maladie d'Alzheimer fait partie de recherches intensives, justement dans l'objectif qu'on puisse vraiment prévenir, parce qu'une fois que c'est diagnostiqué, c'est beaucoup plus difficile. On est très loin d'avoir la technologie suffisante pour guérir la maladie d'Alzheimer une fois diagnostiquée.»

Les conclusions de cette étude sont publiées par le journal médical Neurology.

Actualités

Les médicaments génériques moins équivalents qu’on le croit?

TROIS-RIVIÈRES — La croyance populaire veut que les médicaments génériques ne soient qu’un équivalent moins dispendieux des médicaments originaux. Ce n’est cependant pas ce qu’estime Jacinthe Leclerc, professeure au Département des sciences infirmières à l’UQTR, qui a réalisé plusieurs études sur le sujet.

En effet, trois études menées par Mme Leclerc regroupant des données sur plus de 500 000 Québécois atteints de maladies cardiovasculaires révèlent le même constat: les patients qui sont passés d’un médicament original à un médicament générique ont visité plus souvent l’hôpital que ceux qui utilisaient toujours les médicaments originaux. Cette augmentation varie entre 8 et 20 %, selon l’étude.

Santé

Près de 48h pour soigner une fracture au fémur

MARIA — Un citoyen de Maria, en Gaspésie, Steve Perreault, réclame une enquête indépendante et l’intervention du Protecteur du citoyen à la suite du cauchemar vécu par son fils de 15 ans, Thomas, qui a dû attendre près de 46 heures avant d’être opéré pour des fractures au fémur et au poignet, après un accident de moto subi le 26 juillet.

L’accident est survenu à Carleton-sur-Mer vers 16h30, au point de rencontre entre une route rurale et un chemin forestier emprunté par Thomas Perreault, qui se rendait travailler au supermarché Metro quand il est entré en collision avec un véhicule. Comme le chirurgien orthopédiste de garde était à Gaspé à ce moment, il a été transporté en ambulance sur les 250 kilomètres séparant l’hôpital de Maria de celui de Gaspé.

Seconde déveine, l’anesthésiste de garde à Gaspé venait d’être appelée à accompagner un patient en transfert aérien. L’opération a été reportée au lendemain matin. Thomas n’a toutefois été placé sous anesthésie générale qu’en début d’après-midi.

Matériel absent

«Le problème, c’est qu’il n’y avait pas le matériel requis pour opérer. Il n’y avait pas le clou en titane pour le fémur de mon gars. Il me semble, si un hôpital est en garde régionale, qu’il faut s’assurer que du matériel de chirurgie soit disponible», note Steve Perreault.

Thomas est alors réveillé afin que l’opération soit reportée en début de soirée. Le matériel manquant est commandé à Maria. Les pièces arrivent par taxi à 18h30, toujours le 27 juillet. Il endure son mal depuis 26 heures. Les pièces sont stérilisées pendant trois heures. L’adolescent revient finalement au bloc opératoire au début de la nuit.

«Le chirurgien réalise qu’il n’y a pas assez de clous, et que ce ne sont pas les bons, en dépit de la communication FaceTime qui a eu lieu entre un représentant du fournisseur des produits chirurgicaux, le préposé aux commandes et la coordonnatrice administrative de l’hôpital de Maria», explique Steve Perreault, encore incrédule.

Il n’y a pas de taxi disponible cette nuit-là. La chirurgie est donc remise une seconde fois, au lendemain matin. Elle n’aura lieu qu’en après-midi.

«Le taxi devait partir à 6h30, mais il est parti après 8h. Il est arrivé à 11h30. Ils [les administrateurs de l’hôpital] n’auraient pas dû nous réveiller à 4h du matin pour nous dire que le taxi partait bientôt», déplore M. Perreault.

Lui et son ex-conjointe, Isabelle Naud, qui partage ses revendications, ont tenté d’en savoir plus sur le cheminement tardif du matériel manquant à partir de la fin de l’avant-midi du 28 juillet.

«À 13h30, Connie Jacques, représentante du CISSS [Centre intégré de santé et de services sociaux de la Gaspésie] ne m’avait pas rappelé encore. On avait décidé que si, à 14h, il n’y avait pas le matériel, on demanderait le transfert de notre fils en avion vers un hôpital où il pourrait être opéré», dit-il.

Thomas est entré en chirurgie à 14h, pour en ressortir à 19h15. «L’opération a été beaucoup plus longue qu’en temps normal. Le muscle était contracté, gorgé de sang. Il a fallu cinq heures, alors que le chirurgien dit que ça prend normalement une heure et demie pour ce genre d’opération», note Steve Perreault.

En l’absence de disponibilité de transport interhospitalier, Thomas est revenu en ambulance à Maria, où il est en convalescence chez sa mère.

L’administration ciblée

Steve Perreault précise que ses demandes d’enquête indépendante et d’éclaircissements touchent essentiellement les instances administratives du CISSS et du ministère de la Santé.

«Le personnel infirmier a fait tout un travail. Ils ont pris soin de lui comme si c’était leur enfant. […] Les compressions budgétaires ne devaient pas avoir d’impact sur les services. Ce n’est pas le cas. […] Pour l’enquête, je demande quelqu’un qui connaît le secteur de la santé, mais qui ne travaille pas pour le ministère», insiste M. Perreault.

Thomas récupère lentement. «Ça n’a pas été facile, avec la chaleur en plus. Il ne fallait pas montrer le désarroi et la colère qu’on ressentait. À 15 ans, les jeunes ont parfois le caractère bouillant», dit le père.

La direction du CISSS n’a réagi que par communiqué à cette affaire. On y mentionne qu’un «comité de travail en gestion des risques fera enquête afin de faire la lumière sur l’événement. L’évaluation permettra de comprendre ce qui s’est passé. Nous veillerons à ce que les procédures actuelles soient révisées et améliorées. Notre objectif demeure la diminution des délais d’attente lors d’une opération d’urgence.»

Santé

Rupture de service en chirurgie à Shawville

Une « situation exceptionnelle » fait en sorte qu’il n’y aura aucun chirurgien de garde ce week-end à l’Hôpital de Shawville.

À compter de 8 h samedi matin jusqu’à lundi, à la même heure, le centre hospitalier du Pontiac doit composer avec une rupture de service. 

Le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) indique que les cas de traumatologie seront « dirigés vers le centre de traumatologie le plus près, selon le cas », tandis que les femmes enceintes seront redirigées vers l’hôpital de Gatineau au cas où elles auraient besoin d’une césarienne d’urgence. 

D’ailleurs, une ambulance supplémentaire sera déployée dans le Pontiac au cours de la fin de semaine pour le transport des femmes enceintes qui auraient besoin d’un transfert d’urgence. 

« Le CISSS de l’Outaouais tient à préciser que l’ensemble des postes en chirurgie sont pourvus dans le Pontiac. L’absence du médecin de garde est temporaire et considérée comme une situation exceptionnelle », précise un porte-parole du CISSSO dans un communiqué.

Santé

Quand la médecine rattrape la science-fiction

Imprimer et réparer le muscle cardiaque, acheminer des cellules souches aux organes qui en ont besoin, concevoir de minuscules matrices d’argent pour les implanter dans le globe oculaire… Non, il ne s’agit pas des scènes d’un film de science-fiction, mais bien de traitements développés ici, à Ottawa.

Imaginez. Vous êtes un patient, endormi sur la table opératoire. Pendant ce temps, un timbre cardiaque, adapté à vous, est imprimé au moyen d’une imprimante spéciale. Le médecin applique ensuite le timbre directement sur votre cœur.

Affaires

Vol d’identité: un crime sans violence, mais qui porte préjudice à la santé

MONTRÉAL — Les fuites chez Desjardins et Capital One marqueront le début d’une nouvelle ère dans les façons d’aider et de traiter les victimes de vol d’identité et de fraude, espère Benoît Dupont, expert en cybercriminalité et professeur à l’École de criminologie de l’Université de Montréal. Explications.

DES PROBLÈMES CARDIAQUES À LA DÉPRESSION

On entend souvent dire que les fraudes sont un crime sans violence, que le préjudice est purement financier et qu’une fois que la victime est remboursée, c’est terminé et elle passe à autre chose. Benoît Dupont n’est pas d’accord.

«Les études démontrent qu’il y a des préjudices psychologiques et même physiologiques. Par exemple, pour les victimes plus âgées, les risques de souffrir de certaines affections cardiovasculaires, de dépression et d’un sentiment d’isolement social augmentent. Les gens s’en veulent à eux-mêmes et ne font plus confiance aux institutions. Il y a des populations vulnérables pour lesquelles l’impact est très important. Il ne faut pas sous-estimer le préjudice psychologique», dit M. Dupont.

DES VICTIMES SOUVENT DÉSEMPARÉES

Le professeur espère qu’à la suite des affaires Desjardins et Capital One, les autorités et dirigeants s’intéresseront davantage aux impacts sur les victimes. Il dit recevoir parfois lui-même des appels de victimes démunies face à la fraude, craintives et, à la limite, paranoïaques.

«Cela mériterait peut-être une prise de conscience plus vaste et des campagnes de sensibilisation plus musclées et développées pour à la fois aider les gens à se protéger, leur expliquer les tenants et aboutissants de ce type de fraude et leur dire où ils peuvent trouver de l’aide. Et quand les victimes vont dans leur poste de quartier, les agents sont souvent débordés, ont plein d’autres choses à faire et n’ont pas toujours le temps de les accueillir avec toute l’attention qu’elles mériteraient.»

UN THÈME DE CAMPAGNE ÉLECTORALE

Benoît Dupont croit que le principal impact des fuites massives de données chez Desjardins et Capital One est d’«avoir déclenché une préoccupation beaucoup plus soutenue de la part des autorités politiques, gouvernementales et policières».

«On s’en rend compte tout d’un coup, car Desjardins est un symbole au Québec. Depuis plusieurs années, la délinquance diminue, mais la cybercriminalité augmente. Desjardins et Capital One viennent de propulser cette thématique dans le discours politique. Le vol d’identité, ça n’a jamais été pris très au sérieux et ce n’était pas très vendeur en campagne électorale. On vit à une ère numérique, le sujet est incontournable et je crois qu’il devrait alimenter les discussions durant la prochaine campagne. Est-ce que nos lois sont adéquates? Est-ce que les corps de police ont assez de ressources pour enquêter? Comment devrait-on intervenir pour aider les gens?» demande M. Dupont.

L’UNION FAIT LA FORCE

Benoît Dupont, qui est aussi titulaire des chaires de recherche en cybersécurité et en prévention de la cybercriminalité, est favorable à la création d’une escouade policière mixte, qui aurait des liens avec des corps de police internationaux, pour lutter efficacement contre les fraudes.

«C’est une idée intéressante et un modèle qui existe déjà aux États-Unis et en Angleterre. Quant au Centre antifraude du Canada, la Gendarmerie royale du Canada a reçu environ 130 millions $ sur cinq ans dans le budget de 2018 pour créer un centre de lutte intégrée contre la cybercriminalité et de coordination des enquêtes canadiennes en matière de cybercriminalité. Cela fait partie de leur mandat de connecter avec leurs partenaires privés et de suivre les enquêtes menées par les Américains et Europol, en Europe. Ils sont en train de le mettre sur pied, mais ça risque de prendre encore un ou deux ans avant qu’il devienne opérationnel», affirme le professeur à l’UdeM.

IL Y AURA TOUJOURS UN RISQUE

Loin de lancer la pierre aux institutions financières, Benoît Dupont croit qu’elles font le maximum pour prévenir les fuites.

«Chaque incident du genre, ce sont des millions de dollars en pertes pour elles et leur réputation est affectée. Les banques ont toujours été plus ou moins à la pointe de la protection des données, mais c’est presque impossible de garantir un risque zéro, car les systèmes informatiques sont devenus tellement complexes, sont imbriqués les uns dans les autres et aucun ne peut fonctionner sans données personnelles. Desjardins et Capital One, ce sont des incidents qui se répéteront de façon assez régulière. On voit également des villes être attaquées. C’est la manifestation de l’évolution de la délinquance», dit-il.