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Santé

La grossesse garderait le cerveau des femmes jeune

MONTRÉAL — Le cerveau des femmes qui ont eu un enfant est plus jeune que leur âge chronologique, comparativement au cerveau de femmes qui n’ont jamais accouché, ont constaté des chercheurs norvégiens.

Ils tirent leurs conclusions de l’analyse de plus de 12 000 femmes d’âge moyen inscrites à la gigantesque UK Biobank. Les bienfaits constatés n’ont pu être expliqués par des facteurs comme l’éducation ou le poids, ce qui porte à conclure qu’ils seraient attribuables aux nombreux changements physiologiques qui surviennent pendant la grossesse, surtout au niveau du cerveau.

Ces bienfaits pourraient persister au-delà de l’accouchement et avoir un impact sur le vieillissement neurobiologique, ont indiqué les auteurs dans leur étude.

«Ils ont vraiment démontré que le fait d’avoir des enfants protège le cerveau plus que le contraire», a commenté le docteur Gregory Lodygensky, du CHU Sainte-Justine.

La nouveauté de cette étude, poursuit-il, tient à l’utilisation de machines intelligentes, ce qui est relativement nouveau dans le domaine des neurosciences.

«Quand on demande à la machine de catégoriser, elle est capable, donc ça veut dire qu’il y a effectivement dans le cerveau des choses qui font qu’il est plus jeune ou plus vieux», a dit le docteur Lodygensky.

Mais c’est essentiellement tout ce qu’on sait pour le moment. L’étude ne détaille pas quelles zones du cerveau ont été protégées, ni sur quelles données les machines intelligentes se sont basées pour tirer leurs conclusions.

«C’est très robuste comme étude et c’est publié dans une revue très reconnue, donc on peut faire confiance aux résultats, mais il aurait été intéressant de nous montrer quelles régions sont protégées», a ajouté le médecin.

Effet à préciser

L’effet protecteur qui semble avoir été découvert reste à préciser, même si les auteurs évoquent plusieurs mécanismes potentiels.

Ils mentionnent ainsi l’exposition aux hormones pendant la grossesse. Des études chez l’animal et chez l’humain ayant trouvé des modifications du cerveau en lien avec la grossesse, les hormones pourraient y être pour quelque chose.

L’autre hypothèse concerne la réponse immune et inflammatoire, et plus précisément l’équilibre pro et anti-inflammatoire dans le cerveau. Cet équilibre est très fragile et très délicat, a dit le docteur Lodygensky, «donc là aussi il pourrait y avoir un impact bénéfique».

Il ajoute à cette liste tout le réseau de soutien dont profite souvent une femme pendant sa grossesse.

«Si on savait quelle région [du cerveau] a été protégée, ce serait plus facile de formuler des hypothèses, a conclu le docteur Lodygensky. En lisant le titre [de l’étude], je me serais attendu au contraire, que les femmes qui ont eu plusieurs enfants, qui ont eu peu de nuits de sommeil complètes [aient un cerveau plus vieux]... Donc c’est une trouvaille qui est très intéressante.»

Les conclusions de cette étude ont été publiées par Proceedings of the National Academy of Sciences.

Santé

Encore une pénurie de médecins de famille en Outaouais

Même si le taux d’inscription à un médecin de famille s’est beaucoup amélioré ces dernières années en Outaouais, la pénurie qui persiste empêche de répondre aux besoins de la population. Une situation qui risque de s’empirer si le gouvernement ne prévoit pas d’effectifs supplémentaires pour le nouvel hôpital promis par la Coalition avenir Québec (CAQ), estime la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ).

De passage à Gatineau vendredi dans le cadre de l’assemblée générale annuelle de l’Association des médecins omnipraticiens de l’ouest du Québec (AMOOQ), le président de la FMOQ, le Dr Louis Godin, a tenu à saluer les efforts faits dans la région pour accroître le nombre de patients ayant un médecin de famille.

«Au cours des cinq dernières années, c’est plus de 80 000 personnes qui ont maintenant un médecin de famille en Outaouais, ce qui est vraiment remarquable quand tu tiens compte de la situation des effectifs», a-t-il mentionné.

En 2014, à peine 60,8% des résidents de la région avaient un médecin de famille. Cette proportion atteint maintenant 82,5%, ce qui place l’Outaouais légèrement au-dessus de la moyenne provinciale, qui s’établit à 81%.

En fonction des données gouvernementales, il manquerait environ 25 médecins de famille en Outaouais. Le président de l’AMOOQ, le Dr Marcel Guilbault, estime toutefois que les besoins sont plus grands. Selon lui, il manque plutôt «une cinquantaine ou une soixantaine» d’omnipraticiens afin de répondre aux besoins dans les cliniques, mais aussi dans les hôpitaux et dans les centres d’hébergement et de soins de longue durée.

Dans la mesure où la CAQ a promis d’ajouter 170 lits de courte durée en Outaouais d’ici 2023 en construisant un nouvel hôpital ou en agrandissant l’un de ceux qui existent déjà, la FMOQ juge que le gouvernement devra agir pour ne pas se retrouver avec une pénurie encore plus criante d’omnipraticiens.

«Ça va prendre des médecins de famille pour faire fonctionner la salle d’urgence et ça va prendre des médecins de famille pour faire une certaine partie de l’hospitalisation et c’est sûr que c’est une pression supplémentaire sur les effectifs, souligne le Dr Godin. On ne pourra pas penser construire une nouvelle installation comme ça sans prévoir un ajout d’effectifs, [...] parce que c’est sûr que tu ne pourras pas offrir le service nécessaire dans cet établissement-là avec les effectifs que tu as actuellement, alors que tu es déjà en pénurie. C’est sûr qu’il faut que tu prévoies ça dans les années qui précèdent.»

Le Dr Guilbault note que l’ouverture de la faculté satellite de médecine de l’Université McGill à Gatineau, l’an prochain, va permettre d’accroître le recrutement de médecins. Il faudra toutefois attendre que les étudiants aient terminé leur parcours en médecine avant d’en voir les résultats.

Le président de l’AMOOQ a indiqué que la région a réussi à pourvoir 22 des 23 postes en médecine familiale octroyés à l’Outaouais par le ministère de la Santé pour 2019. Les plans régionaux d’effectifs médicaux prévoient 23 nouveaux postes dans la région l’an prochain, en plus d’un poste universitaire, a fait savoir le Dr Guilbault.

«Je pense que proportionnellement à la population, on a un bon nombre de postes, dit-il. Le défi, c’est de les remplir.»

La FMOQ espère notamment que le gouvernement augmentera les ressources pouvant «épauler» les médecins en cabinet, par exemple avec l’ajout d’infirmières ou de nutritionnistes.

Le Dr Godin affirme qu’il y a un climat de «collaboration» avec la ministre de la Santé, Danielle McCann. «Il reste quand même des défis, souligne-t-il. La ministre nous a dit régulièrement ‘je vais soutenir plus les médecins de famille, je vais leur donner de l’aide’, mais encore faut-il que cette aide-là soit disponible.»

Santé

L'urgence de l'Hôpital de Hull parmi les plus débordées du Québec

L’urgence de l’Hôpital de Hull enregistrait vendredi avant-midi l’un des plus hauts taux d’occupation du Québec.

Les données du ministère de la Santé montrent qu’à 10h, vendredi, l’urgence de l’Hôpital de Hull débordait de manière significative, alors que le taux d’occupation s’élevait à 196%. Il y avait 49 personnes alitées sur une civière dans cette urgence dont la capacité normale est de 25.

Seuls deux hôpitaux  de la Montérégie affichaient au même moment un taux d’occupation supérieur. Il s’agit des hôpitaux Anna-Laberge (à Châteauguay) et Barrie Memorial (à Ormstown), où les civières de l’urgence étaient remplies à 200% de la capacité prévue.

Sur un total de 117 urgences dans la province, celle de l’Hôpital de Gatineau arrivait pour sa part au douzième rang avec un taux d’occupation de 157%, ex aequo l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont de Montréal.

L’urgence du secteur Gatineau comptait vendredi avant-midi 44 patients sur civière, alors que le nombre de «civières fonctionnelles» est établi à 28.

La seule autre urgence de la région où le taux d’occupation dépassait la barre des 100% est celle de l’Hôpital de Papineau. Toujours en date de vendredi à 10h, on y comptait 16 patients, ce qui représente un taux d’occupation de 133%.

Voici le palmarès des urgences les plus débordées du Québec: 

Santé

Un autre bris de service en obstétrique à l'Hôpital du Pontiac

Pour une quatrième fois en moins d’un mois, un bris de service en obstétrique causé par un manque de personnel infirmier touche l’Hôpital du Pontiac, une situation qui risque de se reproduire puisqu’il manque les deux tiers des effectifs nécessaires.

Le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) a diffusé un communiqué vers 7h, vendredi, pour indiquer qu’un bris de service commençait le jour même à 8h. Le service sera ainsi interrompu jusqu’à 8h lundi matin.

«Les femmes enceintes en travail seront redirigées, après avoir été évaluées à l’Hôpital du Pontiac, vers l’Hôpital de Gatineau, a précisé le CISSSO. Dans le cas où une femme enceinte se présenterait en accouchement imminent, il y aura du personnel qualifié pour assurer la prise en charge et la maman sera ensuite transférée vers l’Hôpital de Gatineau.»

L’organisation indique que les femmes du Pontiac qui sont près de leur date d’accouchement ont été avisées de la situation.

Trois autres bris de service en obstétrique sont survenus dans le Pontiac depuis la fin septembre. Pendant la période estivale, le CISSSO avait eu recours à des sages-femmes, pendant un mois, pour assurer la continuité des services dans le Pontiac. Cette solution ne peut toutefois pas être utilisée actuellement en raison des besoins à la Maison de naissance de l’Outaouais, qui «roule déjà à 100%».

La porte-parole du CISSSO, Marie-Pier Després, a indiqué que le besoin à Shawville «est de deux infirmières en tout temps formées en obstétrique». Pour assurer le service 24 heures sur 24, sept jours sur sept, il faut 12 infirmières formées en la matière. À l’heure actuelle, il n’y en a que quatre.

Ces infirmières sont attitrées à l’unité de courte durée de l’hôpital et se déplacent en obstétrique pour les accouchements et les suivis post-partum.

Selon le CISSSO, «moins de dix femmes ont dû être transférées» en dehors du Pontiac en raison des récents bris de service en obstétrique. «Selon les informations que nous avons pour le bris de cette fin de semaine, aucune résidente du Pontiac n’est sur le point d’accoucher, a précisé Mme Després. Toutefois, nous nous assurons tout de même de mettre en place des corridors de sécurité.»

Dans le contexte actuel, le CISSSO estime que d’autres bris de service pourraient survenir.

Le député de Pontiac à l’Assemblée nationale, André Fortin, juge la situation «préoccupante». «Je dirais qu’il y a un ras-le-bol collectif de cette situation qui se produit à répétition, a-t-il réagi. Mettez-vous deux secondes dans la tête d’une mère qui doit accoucher dans les prochains jours ou dans les prochaines semaines et qui se demande si elle va pouvoir accoucher à l’hôpital qu’elle connaît, avec le personnel qu’elle connaît, avec son médecin.»

M. Fortin souhaite que «des solutions à court terme» soient trouvées. Le rehaussement du salaire des infirmières de la région en raison de la proximité avec l’Ontario, qui a été promis par la Coalition avenir Québec, pourrait être une solution selon le député libéral, qui évoque aussi la mise en place de nouveaux ratios pour attirer du nouveau personnel infirmier.

Santé

Les secrets du cannabis en quelques secondes

Des chercheurs de l’Université d’Ottawa ont mis au point une technologie miniaturisée pour permettre aux producteurs de cannabis de détecter et d’analyser en quelques secondes les concentrations des deux principaux composants pharmacologiques du cannabis, soit le THC, qui produit l’état euphorique, et le cannabidiol (CBD), substance possédant des propriétés thérapeutiques.

L’équipe de scientifiques composée du Dr Adam Shuhendler (département de chimie et sciences biomoléculaires), du Dr Benoît Lessard (département de génie chimique et biologique) et du Dr Cory Harris (département de biologie) a inventé un dispositif constitué de transistors organiques à couche mince dans lesquels ont été intégrés des chimiocapteurs. Les analyses se font en extrayant des huiles de la plante ou avec l’état gazeux après avoir brûlé celle-ci. La machine servant à lire les données est de la taille d’un téléphone cellulaire.

Santé

Les femmes hospitalisées pour boulimie plus à risque de maladies cardiovasculaires

MONTRÉAL - Les troubles alimentaires peuvent faire des ravages. Et les jeunes femmes qui souffrent de boulimie sévère et qui ont été hospitalisées pour cette condition seraient quatre fois plus à risque de souffrir à long terme de maladies cardiovasculaires que les autres.

Cette conclusion ressort d’une analyse effectuée par une chercheure au Centre de recherche du CHUM (Centre hospitalier universitaire de l’Université de Montréal), la docteure Nathalie Auger, qui s’est penchée avec son équipe sur la question, parce qu’il n’existait que peu - ou pas - de données sur l’impact dans le temps de la boulimie sur le coeur.

Leur étude conclut également que ces femmes souffrant de boulimie sévère sont aussi près de cinq fois plus à risque de mourir dans la décennie suivant leur hospitalisation.

La boulimie est caractérisée par des épisodes de frénésie alimentaire (binge eating) suivis par des vomissements autoprovoqués de la nourriture ingérée, l’usage de laxatifs et d’exercice excessif, entre autres.

Au cours de leur vie, de 1 à 3 pour cent des jeunes femmes souffriront de boulimie selon Statistique Canada. Et au Québec, l’anorexie, la boulimie et d’autres troubles de l’alimentation touchent plus de 100 000 filles et femmes.

Pourquoi avoir étudié la boulimie?

Parce qu’il y avait plusieurs recherches sur les impacts médicaux immédiats de la boulimie, mais pas sur l’association entre cette condition et les problèmes cardiovasculaires sur une plus longue période de temps, avance la chercheure, qui est aussi professeure à l’École de santé publique de l’Université de Montréal.

Et aussi, «les troubles alimentaires sont souvent négligés dans la définition des maladies mentales», a-t-elle expliqué en entrevue avec La Presse canadienne.

Pour son étude, elle a analysé les dossiers médicaux de près de 417 000 femmes hospitalisées au Québec et le suivi s’est poursuivi pendant 12 ans, entre 2006 et 2018. Parmi elles, 818 avaient été admises pour boulimie et 415 891 pour des événements reliés à leurs grossesses: ces dernières constituaient le groupe témoin en santé.

Parmi d’autres constats, l’étude a notamment relevé celui-ci: les femmes hospitalisées pour boulimie ont environ sept fois plus de risque de développer une cardiopathie ischémique - une pathologie caractérisée par un manque d’apport en oxygène et en sang au muscle cardiaque - ou de l’athérosclérose, une accumulation de plaques à l’intérieur de la paroi des artères, qui les rétrécit peu à peu.

Et ces risques élevés perdurent jusqu’à sept ans après la dernière hospitalisation.

L’analyse a porté sur les femmes, car la quasi-totalité des personnes qui souffrent de boulimie - 90 pour cent - sont de sexe féminin. Le trouble débute la plupart du temps à l’adolescence ou au début de l’âge adulte. La boulimie est l’une des maladies psychologiques les plus communes chez les femmes, est-il précisé dans l’étude.

Pourquoi la santé cardiovasculaire de ces femmes se détériore-t-elle? «On ne connaît pas la raison, mais il y a plusieurs facteurs de risque qui peuvent y contribuer», indique Mme Auger. Par exemple, ces femmes ont souvent une alimentation qui est loin d’être idéale, souvent très riche en calories et leur condition peut aussi être stressante pour leur coeur, a-t-elle donné en exemple lors de l’entrevue. La boulimie est liée au stress psychosocial et à l’anxiété, peut-on lire dans l’analyse.

Il n’a évidemment pas été possible d’éliminer toutes les causes ayant pu influer sur les résultats comme l’alcool et la cigarette, cette dernière étant fréquente chez les femmes souffrant de boulimie qui cherchent à maintenir leur poids, avertit Dre Auger.

Après avoir dégagé leurs résultats, les chercheurs suggèrent que ces patientes bénéficient d’un suivi serré afin de prévenir les maladies cardiovasculaires et de limiter les facteurs de risques.

Les résultats de l’équipe de recherche ont été publiés dans la revue scientifique JAMA Psychiatry.

Santé

Deuil périnatal: les parents veulent parler de leur bébé disparu

MONTRÉAL - Cette journée-là de 2011, Marilou Bourassa et son conjoint rentrent à la maison, débranchent le téléphone et se coupent essentiellement du monde.

Ils sont encore sous le choc d’apprendre que le bébé qu’elle porte depuis plus de sept mois, leur premier, souffre de multiples problèmes génétiques: sa boîte crânienne est trop petite, ses ventricules cérébraux sont trop grands, la longueur des os ne correspond pas, sa fonction rénale est insuffisante, son coeur est faible...

La liste semble interminable.

«On nous annonce également que plusieurs interventions chirurgicales devront être prévues pendant les premiers jours et les premières semaines, une très forte médication, on n’est pas certains que le bébé pourra même quitter l’hôpital, à moyen terme on m’annonce un enfant qui pourrait n’avoir jamais conscience de nous, qui ne pourrait peut-être pas avaler ou avoir une posture assise... donc le cas s’annonce très lourd», a confié Mme Bourassa.

Le choc est d’autant plus brutal que tout semblait bien aller lors de la dernière échographie, à part peut-être le fait que le bébé serait probablement de très petit poids.

Il n’est quand même pas question à ce moment d’interrompre la grossesse. Le couple en vient à la conclusion que ce n’est pas la fin du monde et examine comment il pourra accueillir cet enfant «différent» dans sa vie.

Mais tout change quand les spécialistes lui annoncent que le bébé aura rapidement besoin d’une transplantation cardiaque après sa naissance.

«C’est surtout quand on a appris que le coeur était faible et que ça prendrait une transplantation cardiaque à court terme que le couperet est tombé pour nous, a dit la jeune femme. Il faut savoir que c’est extrêmement rare d’avoir accès à des organes pour des bébés naissants, d’autant plus que nous, avec le diagnostic de translocation génétique, entre un bébé sain et le nôtre qui naît déjà hypothéqué, on n’aurait jamais été choisis comme receveurs.»

La grossesse est finalement interrompue pendant le huitième mois.

Deuil périnatal

«C’est un paradoxe assez particulier de vouloir donner la vie et finalement on donne la mort. C’est extrêmement difficile et c’est d’une tristesse infinie. C’est assez brutal, c’est déchirant», a expliqué Johanne Martel, une experte du CHU Sainte-Justine à qui La Presse canadienne a parlé à l’occasion de la Journée mondiale du deuil périnatal, le 15 octobre.

À lui seul, le grand centre hospitalier pédiatrique montréalais a recensé l’an dernier 315 décès de bébés survenus entre le premier jour de conception et la fin du premier mois de vie, soit près d’un par jour.

«C’est un projet de vie, avoir un enfant, et quand ça s’arrête de façon aussi brutale, c’est vraiment un choc et un traumatisme qu’il faut être capable de reconnaître», a-t-elle ajouté.

Il est impossible de quantifier l’intensité de la peine ressentie par le couple et ses proches, poursuit Mme Martel. Il est faux de penser que le deuil d’une femme de 40 ans qui en était enfin à une première grossesse après des années de tentatives sera plus intense que celui d’une jeune femme de 22 ans qui aura d’autres occasions d’être enceinte.

«Je peux vous dire par expérience que c’est aussi difficile de perdre un bébé à dix semaines de grossesse qu’à 24, qu’à 32... la peine est immense, a prévenu Mme Martel. La meilleure chose qu’on peut faire c’est d’être présent et à l’écoute, de leur donner l’occasion d’en parler. Les parents, eux, n’en parleront pas d’emblée parce qu’ils ont peur d’embêter les gens autour d’eux avec ça. Alors si on a la gentillesse de s’avancer et de dire, «je suis désolé, je sais que t’as perdu ton petit bébé, as-tu le goût d’en parler?» Et là vous allez voir que ça va déferler.»

Les parents qui traversent une telle épreuve témoignent d’un courage et d’une résilience remarquables, et ils subissent une transformation que Mme Martel qualifie de «spectaculaire»: leurs valeurs changent, les priorités sont remises à la bonne place, et leur vie ne sera plus jamais la même.

«Ce dont les parents ont le plus peur, c’est qu’on oublie la naissance de cet enfant-là, a précisé Mme Martel. Si on a une pensée pour le bébé, par exemple en entendant une chanson ou un poème, il ne faut pas hésiter à le dire aux parents, parce que ça leur fait énormément plaisir de voir qu’il y a encore des gens qui pensent à leur enfant.»

L’aîné de la famille

«Il s’appelle Joa-Kim», répond Mme Bourassa quand on lui demande quel nom ils avaient choisi pour leur bébé.

Il s’appelle, au présent, et non pas il s’appelait, au passé.

Son couple a survécu à cette épreuve, et son conjoint et elle ont eu deux autres enfants «avec grand bonheur»: une petite fille qui a aujourd’hui six ans et un petit garçon qui en a trois.

Lors des funérailles de Joa-Kim, Mme Bourassa avait lu une lettre dans laquelle elle s’engageait notamment à toujours le reconnaître comme étant l’aîné de sa famille. Et dès que sa fille a été en mesure de comprendre, elle lui a parlé de Joa-Kim comme étant «une personne dont l’existence me rend une meilleure personne».

La famille a placé dans le salon une boîte accessible aux enfants et dans laquelle on trouve les effets personnels du bébé «pour casser le tabou de ne pas parler d’un bébé mort».

«Ça a été un bébé de lumière tout au long de cette grossesse-là, et après ça il redevient le bébé de lumière qu’on avait en soi, mais là il a migré vers le coeur», a conclu Mme Bourassa.

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Sur Internet:

chusj.org/deuilperinatal 

Santé

Le Fonds Charlotte Mantha est créé

La famille de la petite Charlotte Mantha a atteint un premier objectif dans sa mission d’améliorer les soins pédiatriques en Outaouais.

Fondation Santé Gatineau a annoncé mardi la création du Fonds de dotation Charlotte Mantha, pour appuyer les soins pédiatriques offerts au Centre intégré de santé et des services sociaux (CISSS) de l’Outaouais.

Santé

SOS 07: la CAQ ne changera pas sa façon de travailler

Peu importe le nombre de courriels que les députés caquistes de l’Outaouais recevront par le biais de l’initiative du groupe SOS 07, « ça ne modifiera pas » leur façon de travailler, affirme le ministre responsable de la région, Mathieu Lacombe.

Invité à réagir à l’initiative du groupe SOS 07 de permettre aux citoyens d’envoyer des lettres prérédigées aux élus pour leur faire part de préoccupations au sujet du réseau de la santé de la région, M. Lacombe affirme que ses collègues et lui vont « prendre en considération leurs arguments et leurs points de vue de la même façon » qu’ils le font lorsque des groupes ou d’autres citoyens communiquent avec eux.

Santé

«Des patchs partout» à travers le CISSSO

Avec son travail d’urgentologue, le Dr Alexandre Place ne prétend pas détenir les solutions pour régler tout ce qui cloche au Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO). Il est néanmoins convaincu que les revendications de la population doivent être entendues «à un niveau supérieur», là où se prennent les véritables décisions.

Au cours de sa formation en médecine, le Dr Place a pu voir de l’intérieur comment fonctionne le réseau de la santé dans d’autres régions de la province. La différence est-elle flagrante avec l’Outaouais ? «J’aurais tendance à dire que oui, dit-il. C’est certain qu’on ne fonctionne pas comme un gros centre de Montréal, [mais] j’ai vu des centres périphériques où il y a beaucoup de choses qui marchaient mieux.»

Santé

CISSSO: un envoi «massif» de lettres pour faire bouger les élus

Jugeant que le réseau de la santé de l’Outaouais n’a « pas les ressources nécessaires pour s’en sortir », un nouveau groupe baptisé SOS 07, dans lequel s’implique un urgentologue de la région, souhaite inonder les boîtes courriels des députés de la région afin de leur faire réaliser l’ampleur des problèmes qui font en sorte que « le système ne marche pas de façon optimale ».

Le Dr Alexandre Place, qui pratique autant à l’urgence de l’Hôpital de Hull qu’à celle de l’Hôpital de Gatineau, est aux premières loges pour constater qu’il y a « plusieurs défis dans le système de santé régional ».

Santé

Congestion majeure aux urgences des hôpitaux de Hull et de Gatineau

Les urgences des hôpitaux de Hull et de Gatineau, les deux plus grosses en Outaouais, demeurent débordées en cette longue fin de semaine du congé de l’Action de grâce.

Selon les plus récentes données publiées par le Centre intégré de santé et services sociaux de l’Outaouais (CISSSO), le taux d’occupation des civières s’élevait à 172 % à l’urgence de l’Hôpital de Hull.

À 10 h dimanche matin, on comptait 43 patients sur civière alors que la capacité maximale est de 25. Parmi ces patients, le CISSSO rapporte que 18 d’entre eux se trouvaient sur une civière depuis plus de 24 heures et neuf depuis plus de 48 heures.

Il s’agit cependant d’une diminution de 36 % depuis samedi matin, alors que le taux d’occupation des civières s’élevait à 208 %.

À l’Hôpital de Gatineau, le taux d’occupation des civières à l’urgence se situait à 129 %. La veille, ce même taux s’élevait à 168 %. Alors que le nombre de civières fonctionnelles se chiffre à 28 dans cet établissement, 36 patients se retrouvaient sur civière samedi matin. Parmi eux, 18 attendaient depuis plus de 24 heures et huit depuis plus de 48 heures.

Rappelons que la cible ministérielle pour la durée moyenne de séjour à l’urgence est de 12 heures.

À l’Hôpital de Maniwaki, le taux d’occupation des civières atteignait 67 % dimanche, alors que quatre patients étaient sur civières. Samedi, l’établissement comptait sept patients sur civières pour un taux d’occupation de 117 %. À noter que l’Hôpital de Maniwaki ne compte que six civières fonctionnelles.

Les données du CISSSO pour les autres urgences en milieu hospitalier de la région montraient des taux d’occupation variant entre 0 % à l’Hôpital Memorial de Wakefield, 25 % à l’Hôpital du Pontiac et 67 % à l’Hôpital de Papineau.

Santé

Les urgences continuent de déborder aux hôpitaux de Hull et de Gatineau

Les deux plus grosses urgences de l’Outaouais demeurent débordées, alors que de nombreux patients doivent y rester en attendant qu’une place se libère pour eux dans une unité de soins.

Les données du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) montrent que le taux d’occupation des civières atteignait 179 % à l’Hôpital de Gatineau vendredi matin, à la veille de la longue fin de semaine de l’Action de grâce. On y retrouvait 50 patients sur civière, alors que la capacité normale n’est que de 28.

Plus de la moitié des 50 patients alités sur une civière dans cette salle d’urgence étaient en attente d’hospitalisation. On rapportait aussi 15 cas de patients sur civière depuis plus de 48 heures, alors que la cible ministérielle pour la durée moyenne de séjour à l’urgence est de 12 heures.

Santé

Les victimes d’agression sexuelle maintenant prises en charge à Hawkesbury

L’Hôpital général de Hawkesbury (HGH) a lancé le mois dernier son tout nouveau Programme de soins aux victimes d’agression à caractère sexuel, de violence conjugale ou de violence envers les aînés.

Le programme sera offert à l’urgence et permettra de « répondre aux besoins médicaux, émotifs et sociaux des victimes dans un environnement sécuritaire et confidentiel ».

Santé

Encore un bris de service en obstétrique dans le Pontiac

Un nouveau bris de service en obstétrique touche l’Hôpital du Pontiac, cette fois pour la longue fin de semaine de l’Action de grâce.

Le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) a fait savoir que le service en obstétrique sera interrompu à Shawville à partir de midi, vendredi, jusqu’à 20h lundi.

«Le personnel en soins infirmiers qualifié en obstétrique sera présent de façon sporadique durant la fin de semaine, ce qui ne permet pas d’assurer une couverture complète et sécuritaire du service», a précisé le CISSSO.

Les femmes en travail pourront être évaluées à l’Hôpital du Pontiac avant d’être transférées vers l’Hôpital de Gatineau. Si toutefois l’accouchement semble imminent, «il y aura du personnel qualifié pour assurer la prise en charge et la maman sera ensuite transférée vers l’Hôpital de Gatineau».

Les femmes enceintes du Pontiac dont le travail pourrait commencer pendant la fin de semaine ont été avisées de la situation.

D’autres bris de service en obstétrique sont survenus ces dernières semaines dans le Pontiac, toujours en raison du manque de personnel infirmier. Ce fut le cas plus tôt cette semaine, soit de minuit, dans la nuit de mardi à mercredi, jusqu’à 20h jeudi.

Une autre interruption de service en obstétrique avait eu lieu de 27 au 30 septembre, tandis que pendant un mois cet été, le CISSSO avait eu recours à des sages-femmes pour assurer la continuité des services dans le Pontiac.

Santé

Les paramédics d’Ottawa perdent du temps à l’urgence

Les délais dans les urgences de la capitale fédérale causent des maux de tête au Service paramédic d’Ottawa (SPO) depuis le début de l’année.

À 329 reprises de janvier à août, la population d’Ottawa s’est retrouvée à risque puisque le SPO s’est retrouvé à un niveau de service zéro, c’est-à-dire qu’aucune ambulance n’était disponible pour transporter des patients. Une interruption du service a duré près de 8 heures en juin.

Actualités

Une aide de 1,5 million $ pour Carpe Diem

Trois-Rivières — Lors de la dernière campagne électorale, François Legault était venu visiter les installations de la Maison Carpe Diem, à Trois-Rivières. Celui qui est devenu depuis premier ministre du Québec avait été sensibilisé à l’approche unique de la maison auprès des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. Près d’un an plus tard, deux ministres de son cabinet viennent annoncer un soutien financier de près de 1,5 million $ qui permet notamment l’ajout de dix places supplémentaires dans les nouveaux locaux de Carpe Diem, dont la construction doit commencer l’été prochain.

Sur les 1,5 million $, un financement récurrent de 650 000 $ permettra en effet la création de ces dix places supplémentaires. Ceux-ci s’ajouteront aux quatorze places déjà existantes. Alors que les besoins sont croissants pour des services aux personnes atteintes de troubles neurocognitifs, un montant de 831 000 $ est destiné à la consolidation de l’offre de services aux patients souffrant de la maladie d’Alzheimer.

Santé

Amygdalectomies moins risquées grâce à une nouvelle technique médicale

Les enfants de l’Outaouais devant subir l’ablation des amygdales ont désormais accès à une nouvelle technique qui diminue grandement la douleur post-chirurgicale, mais aussi les risques de complications.

Le Dr Luc Monette, oto-rhino-laryngologiste au Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais, est l’un des quelques spécialistes de la province à utiliser une nouvelle technique pour pratiquer des amygdalectomies.

Santé

«Intraitables» et «incapables»: le trouble de la personnalité toujours méconnu et stéréotypé

«Intraitables, insupportables, invivables, incapables.» Ces étiquettes sont souvent accolées aux personnes qui souffrent d’un trouble de la personnalité, déplore le Dr Evens Villeneuve, psychiatre au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale.

Méconnu du grand public, caricaturé dans les médias, stéréotypé par le personnel de la santé, «c’est le trouble le plus discriminé», ajoute le Dr Villeneuve. 

Mais cette discrimination n’est pas insurmontable. Aujourd’hui et demain, le Dr Villeneuve et de nombreux professionnels, chercheurs, étudiants et gestionnaires se réunissent à Québec à l’initiative du CIUSSS pour voir comment ils pourraient améliorer le sort de ceux qui composent avec un trouble de la personnalité au quotidien.

Le colloque présentera des forums de discussion, des ateliers de formation et des symposiums scientifiques portant sur une variété de thèmes liés au trouble de la personnalité, notamment l’évaluation, l’intervention, la gestion de la dangerosité, de la suicidalité et de la traitabilité, l’organisation des services de santé et l’impact des nouvelles technologies. 

C’est un défi important en santé mentale : les 10 troubles de la personnalité — limite, antisociale, histrionique, narcissique, évitante, dépendante, obsessionnelle-compulsive, schizoïde, schizotypique, non spécifié — affectent 6 % à 15 % de la population, selon Statistique Canada. 

De manière générale, les personnes qui présentent un trouble de la personnalité vivent leurs émotions avec plus d’intensité et ont des rapports plus houleux avec les autres. Martine Gervais, patiente partenaire du colloque qui s'est rétablie d'un trouble de la personnalité limite, décrit cette instabilité comme des «montagnes russes». En peu de temps, elle pouvait passer d’un état «presque euphorique» à une «crise de larmes», dit-elle. Les crises suicidaires ont été nombreuses dans sa vie. 

Le suicide est la principale cause de mortalité chez les personnes qui ont un trouble de la personnalité. Celles-ci sont aussi plus sujettes à des problèmes de santé physique. Si bien que les personnes atteintes de troubles de la personnalité de type B (histrionique, narcissique, limite et antisociale) auraient une espérance de vie plus courte que la population générale — 9 ans de moins chez les femmes, 13 chez les hommes —, selon une étude de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) publiée en 2015. 

Pas vu «comme une vraie maladie»

Or, contrairement à la dépression, à la schizophrénie ou à la bipolarité, par exemple, le trouble de la personnalité n’est pas vu «comme une vraie maladie», note le Dr Villeneuve. Selon lui, beaucoup ignorent la souffrance qui vient avec ce trouble ou le fait qu’il est traitable. 

«Les troubles de la personnalité sont moins connus. Ce qui fait en sorte que les gens vont attribuer ça à quelqu’un qui est mal intentionné ou qui est manipulateur», souligne Claudia Savard, professeure au Département des fondements et pratiques en éducation à l’Université Laval et chercheuse qui s’intéresse aux troubles de la personnalité. 

«Le travail que nous on a, c’est de faire connaître ce trouble-là et d’envoyer le message que c’est possible de travailler avec ces gens et de les amener à être fonctionnel et à être moins souffrant», ajoute Mme Savard.

Martine Gervais croit que le personnel dans les hôpitaux aussi aurait avantage à être plus sensibilisé aux préjugés envers les personnes qui présentent un trouble de la personnalité.

Mme Gervais, 42 ans, a souvent été hospitalisée quand son trouble de la personnalité limite devenait intenable. À l’urgence, elle s’est fréquemment heurtée à des infirmiers ou des préposés qui changeaient d’attitude envers elle dès qu’ils apprenaient qu’elle souffrait de ce problème de santé mentale.

«Des fois, je rentrais [à l’hôpital], et je disais : “Je suis en contrôle, mais j’ai telle problématique”. Tout de suite, c’était la grosse panique.» 

Après trois ans de thérapie, Martine Gervais s'est rétablie. Elle participe au colloque pour «redonner au suivant» et espère que son message atteindra à la fois ceux qui travaillent en santé mentale et le grand public. 

«Je voudrais qu’ils sachent qu’il y a une réelle souffrance. Que dans le fond, ces gens-là [qui ont un trouble de la personnalité] devraient être écoutés, que c’est possible d’arriver à un rétablissement même si c’est difficile. Que les préjugés sont un obstacle au rétablissement.»

Santé

Superinfirmières: McCann dépose un projet de loi pour accroître l’autonomie

Les médecins devront renoncer aux 30 000 $ offerts pour superviser les infirmières praticiennes spécialisées, dites superinfirmières, si le projet de loi 43 est adopté.

Cependant, ils pourront récupérer ce montant en prenant en charge plus de patients, a déclaré la ministre de la Santé, Danielle McCann, en conférence de presse mercredi pour présenter son projet de loi.

Le projet de loi 43 — déposé en Chambre puis immédiatement salué par plusieurs acteurs du réseau — doit mettre fin à la tutelle exercée par les médecins sur les superinfirmières et permettre à celles-ci de poser des diagnostics, déterminer des traitements et prescrire des médicaments.

Actuellement, les superinfirmières peuvent effectuer certaines tâches, dont le renouvellement d’ordonnances, sous la supervision d’un médecin avec qui elles sont jumelées. Elles posent des «hypothèses de diagnostic» pour six maladies chroniques, mais l’hypothèse doit être confirmée dans les 30 jours par un médecin, qui arrondit ainsi sa rémunération.

«Ce que nous allons économiser dans la supervision des superinfirmières, nous allons le réinvestir dans les médecins, pour qu’ils prennent de plus en plus de patients», a résumé la ministre McCann en anglais.

Rappelons que le gouvernement Legault veut revoir le mode de rémunération des omnipraticiens. Il souhaite que les médecins de famille soient rémunérés en fonction du nombre de patients pris en charge, plutôt qu’en fonction des actes médicaux posés. Mme McCann espère parvenir à une entente avec eux d’ici Noël.

Mercredi, elle a soigneusement évité de parler de la rémunération des superinfirmières, qui seront bientôt appelées à effectuer plusieurs nouvelles tâches. «Si l’on augmente leur champ de pratique, la question se pose», a souligné en mêlée de presse Luc Mathieu, président de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec.

«Je pense qu’il faut y aller en étant équitable pour tous les professionnels, y compris cette nouvelle professionnelle qui est l’infirmière praticienne spécialisée», a renchéri le président du Collège des médecins, Mauril Gaudreault. Les superinfirmières québécoises gagnent en moyenne 100 000 $ par année.

Plus de pouvoirs

Danielle McCann avait déjà annoncé en mai dernier son intention d’accroître l’autonomie des superinfirmières par voie législative. Elle croit que le projet de loi 43 se traduira pour les patients par un meilleur accès au réseau de la santé.

En clair, si la pièce législative est adoptée, les patients pourront se fier aux superinfirmières pour traiter tous les problèmes de santé courants (otites, infections, blessures, etc.), de même que les maladies chroniques (ostéoporose, arthrite, arthrose, migraines, par exemple). On pourra aussi les consulter pour des cas de pédiatrie, de santé mentale et pour des suivis de grossesses notamment.

Les superinfirmières pourront également poser des actes plus administratifs, tels que délivrer un certificat de retrait préventif pour un travailleur exposé à un contaminant. Si elles sont confrontées à un cas plus complexe (multipathologie, cancer ou autre), elles devront alors inviter le patient à consulter un médecin.

«Ça pourrait dégager autour de 25 % du temps des médecins qui sont impliqués dans la supervision des infirmières praticiennes spécialisées», a déclaré la ministre McCann.

Selon elle, les superinfirmières seront en mesure de dispenser 80 % des soins et des services auxquels s’attendent les patients en première ligne.

Les superinfirmières sont des professionnelles de la santé qui doivent détenir une maîtrise en sciences infirmières, plus un diplôme complémentaire en science médicale, suivis d’un stage de 950 heures.

Il y a actuellement 600 infirmières praticiennes spécialisées au Québec, exerçant leur profession dans les Groupes de médecine familiale (GMF), les CLSC et les hôpitaux.

Le gouvernement précédent s’était fixé un objectif : en compter 2000 d’ici 2023-2024. L’objectif est maintenu par le gouvernement actuel.

Santé

Une nouvelle technique d’amygdalectomie arrive au Québec

MONTRÉAL — Une nouvelle technique d’ablation des amygdales est maintenant offerte aux petits patients du Québec.

L’amygdalectomie intracapsulaire serait plus sécuritaire et permettrait un temps de récupération plus court que les amygdalectomies traditionnelles.

«C’est une technique de coblation intracapsulaire. On enlève l’amygdale sans toucher à la capsule, qui est l’enveloppe qui protège l’amygdale, ou au muscle autour de l’amygdale, a expliqué le docteur Sam Daniel, le directeur de l’otolaryngologie pédiatrique à l’Hôpital de Montréal pour enfants. C’est ce qui explique la différence avec l’ancienne technique, qu’on appelait technique extracapsulaire (...) et qui occasionnait des dommages collatéraux au niveau de la douleur et des saignements plus abondants.»

En d’autres mots, la nouvelle technique permet de retirer uniquement l’amygdale sans toucher aux structures voisines, ce qui réduit le risque de complications et d’effets secondaires indésirables.

L’outil utilisé pour procéder à l’amygdalectomie a aussi l’avantage de ne pas chauffer le tissu, donc la température du tissu demeure plus basse qu’avec la technique traditionnelle de «l’électrocutter», a-t-il ajouté.

Plus précisément, avec la technique la plus répandue actuellement au Québec, au Canada et aux États-Unis, la température du tissu avoisinant peut monter jusqu’à 500 ou 600 degrés Celsius, alors qu’avec la coblation la température du tissu est entre 40 et 75 degrés Celsius, a dit le docteur Daniel.

La technique de la coblation existe depuis quelques années déjà, mais le coût en a freiné l’adoption.

«Une sonde de coblation coûte 250 $, c’est une sonde par patient et on parle de 10 000 amygdalectomies au Québec par année, donc les coûts s’accumulent. Pour l’électrocutter, on parle de 25 $, donc c’est dix fois le coût», a-t-il révélé.

Le docteur Daniel et ses collègues se sont donc tournés vers la Fondation de l’Hôpital de Montréal pour enfants, qui a accepté de financer l’achat de 400 sondes qui seront utilisées non seulement dans cet établissement, mais aussi dans des hôpitaux de Repentigny, de Gatineau et de Québec.

Rien de banal

Une amygdalectomie n’a rien de banal.

Cinq enfants sont décédés au Québec depuis 2002, des suites de cette intervention.

De plus, jusqu’à 20 % des enfants reviennent à l’hôpital dans le mois qui suit leur opération, que ce soit pour des saignements, de la déshydratation, de la difficulté à manger ou encore de la douleur qui n’est pas contrôlée.

«La douleur est un enjeu qui passe souvent sous le radar (,..) mais on sait que c’est un enjeu majeur chez les enfants, ça a des répercussions traumatiques à long terme dans la vie d’un enfant», a prévenu le docteur Daniel.

Le projet pilote qui est mené dans quatre centres permettra de colliger des données très précises concernant cette nouvelle intervention, notamment en ce qui concerne la douleur, la médication et les hémorragies. Certains éléments dans la littérature scientifique préviennent aussi que les amygdales peuvent repousser dans moins de 5 % des cas, ce qui nécessite une nouvelle intervention.

Quoi qu’il en soit, dit le docteur Daniel, «on n’aurait pas embarqué là-dedans si nous n’avions pas la conviction très profonde que c’est là qu’il faut aller et que les coûts en valent la peine. On pense que c’est là qu’il faut aller et il faut changer la culture».

Au-delà des bienfaits pour la santé des petits patients, il croit que le gouvernement réalisera des économies si on tient compte des coûts engendrés par les retours à l’urgence, les hospitalisations dans un contexte de pénurie de lits, la douleur, la mortalité, les hémorragies, les médicaments qui sont couverts pour la douleur et la perte de travail pour les familles.

«Avec tout ça, nous sommes convaincus que nous allons entrer amplement dans notre budget», a-t-il conclu.

Santé

Bris de service en obstétrique dans le Pontiac

Le manque de personnel en soins infirmiers cause une rupture de service en obstétrique d'une quarantaine d'heures à l'Hôpital du Pontiac, ce qui pourrait faire en sorte que des bébés voient le jour en sol ontarien.

Le Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais (CISSSO) a indiqué par voie de communiqué que la rupture de service temporaire en obstétrique à Shawville s'étendra de minuit, dans la nuit de mardi à mercredi, à 20h jeudi.

Les patientes dont le travail est amorcé «seront redirigées pour leur accouchement à l'Hôpital de Gatineau ou à l'Hôpital de Pembroke en Ontario en fonction de leur lieu de résidence», a fait savoir le CISSSO.

«Dans le cas où une femme enceinte se présenterait en accouchement imminent, il y aura du personnel qualifié pour assurer la prise en charge», a précisé l'organisation.

Un autre bris de service en obstétrique avait touché l'Hôpital du Pontiac récemment, soit du 27 septembre à 16h jusqu'au 30 septembre à 8h.

Pendant l'été, le CISSSO avait fait appel à une équipe de sages-femmes pendant un mois afin «d'assurer une continuité des services obstétricaux au sein de la communauté du Pontiac». Cette solution n'a toutefois pas pu être utilisée cette semaine, a indiqué une porte-parole du CISSSO.

Santé

Bonjour-santé toujours paralysée par une attaque informatique

Victime d’une attaque informatique sans précédent tôt dimanche matin, Bonjour-santé, qui gère autour de 2,5 millions de rendez-vous médicaux par année au Québec, n’avait toujours pas rétabli ses services mardi matin.

«Nous travaillons d’arrache-pied pour vous redonner accès à nos services. Soyez assurés que notre équipe prend la situation à cœur et fait tout en sorte pour rétablir les services le plus rapidement possible», pouvait-on lire sur la page d’accueil de Bonjour-santé lundi matin. Les patients inquiets de leur état de santé étaient invités à contacter le 811 ou à suivre certaines instructions selon qu’ils ont ou pas un médecin de famille.

Il n’a pas été possible de parler lundi au président-fondateur de Bonjour-santé, Benoît Brunelle, qui se trouve actuellement en Europe. Mais en entrevue sur les ondes de LCN, M. Brunelle disait espérer que «certains services» soient rétablis d’ici la fin de la journée, sans toutefois pouvoir en faire la promesse. Mardi matin, la plate-forme était toujours paralysée. 

«On a beaucoup de monde qui travaille là-dessus. On a plusieurs dizaines de personnes à l’interne et trois firmes externes qui travaillent 24 heures par jour pour rétablir» les services, a précisé M. Brunelle, ajoutant que «ce ne sont pas tous les services d’un coup qui seront rétablis». «Il faut [suivre] un principe de précaution. On veut être certain que le pirate ne réagira pas» en faisant d’autres dommages, a-t-il expliqué.

Selon lui, la plate-forme de rendez-vous en ligne aurait été victime d’une attaque de type ramsonware, par laquelle le pirate prend le contrôle d’un système informatique et demande une rançon pour lever le blocage. Dans le cas de Bonjour-santé, aucune rançon n’a été versée, a indiqué M. Brunelle.

«On ne sait pas quelle est la source de l’attaque […]. Est-ce que c’est un courriel qu’on a reçu et ouvert par inadvertance, peut-être», a dit M. Brunelle, ajoutant que l’attaque était «très sophistiquée». «Les autorités ont été alertées, et des enquêtes sont en cours.»

Selon Benoît Brunelle, les données personnelles des patients ne seraient pas en danger. «À l’heure actuelle, le diagnostic qu’on a, c’est que ce n’est pas une attaque en vue de faire du vol d’identité, et rien ne nous laisse croire qu’il y a eu vol de données. C’est vraiment une attaque qui a pour but de faire du dommage», a-t-il dit.

Il faut savoir aussi que Bonjour-santé ne collige pas les informations qui sont généralement associées au vol d’identité, soit le numéro d’assurance sociale et les données financières. Un porte-parole de Bonjour-santé nous a également précisé que «les personnes qui fournissent un numéro de carte de crédit (pour le service payant de recherche de rendez-vous) transigent avec un tiers qui assure la gestion du paiement». 

Benoît Brunelle a par ailleurs précisé lundi que tous les rendez-vous donnés avant l’attaque de dimanche matin étaient confirmés et que les patients pouvaient donc s’y présenter comme prévu. 

Plus de 1000 cliniques font actuellement appel aux services de Bonjour-santé pour la gestion des rendez-vous et l’inscription au sans rendez-vous. À titre de comparaison, seulement 69 cliniques utilisent Rendez-vous santé Québec, la plate-forme de rendez-vous en ligne du gouvernement, mise en service en décembre 2018. Les débuts de Bonjour-santé, eux, remontent à 2010.

À l’urgence pour voir un médecin

En raison des ratés du système de Bonjour-santé, une patiente du GMF-U du CLSC de la Haute-Ville a dû se résoudre à se rendre à l’urgence de l’Hôtel-Dieu de Québec, dimanche soir, parce qu’elle n’arrivait pas à obtenir un rendez-vous à sa clinique. Selon elle, l’urgence était «pleine». 

«Il y avait une file pour l’inscription. Je finis par voir une infirmière. Elle me prévient que, vu mon état qui mérite une consultation mais est moins urgent que bien d’autres, je ne peux espérer voir le médecin avant la soirée. Elle constate que plusieurs patients sont dans la même situation que moi, qu’ils n’ont pas pu obtenir de rendez-vous à leur clinique et que ça déborde chez elle», nous a-t-elle raconté.

Vérification faite auprès du CHU de Québec, la panne chez Bonjour-santé n’aurait pas eu d’impact sur l’achalandage des urgences de l’établissement. 

Toujours est-il que notre lectrice a finalement quitté l’urgence sans attendre de voir un médecin. Lundi matin, elle a tenté à nouveau de prendre rendez-vous à son GMF-U, sans succès. Au CLSC, la préposée lui aurait dit qu’elle ne pouvait pas lui donner de rendez-vous en raison de la panne chez Bonjour-santé. 

«Tout fonctionne via Bonjour-santé, et tout s’écroule quand il s’écroule», dénonce cette patiente, qui déplore que des cliniques aient mis «tous leurs oeufs dans ce panier pour les prises de rendez-vous».

Santé

Gravir des montagnes pour sauver des vies

Ce week-end, des milliers de participants ont gravi 15 montagnes partout à travers le Québec afin de relever le Défi Chaîne de vie qui contribue à sensibiliser la population à l’importance de discuter du don d’organes avec leurs proches.

À l’occasion de la Journée mondiale du don d’organes et de la greffe, des médecins, des infirmières, des personnes greffées, des donneurs, des grimpeurs et des personnalités publiques ont porté des drapeaux à l’effigie de l’organisme de bienfaisance Chaîne de vie au sommet d’une montagne de leur région. 

En Outaouais, 70 grimpeurs se sont rassemblés au Mont Cascades, à Cantley, dimanche. Pour prendre part à l’évènement, les participants devaient d’abord s’inscrire et faire un don de 25 $ à l’organisme. 

Les quelque 2000$ amassés lors de l’évènement en Outaouais permettront à Chaîne de vie de poursuivre sa mission d’éduquer les jeunes de 15 à 17 ans sur le don d’organes et de tissus dans les écoles secondaires du Québec, en plus de leur permettre de prendre une décision personnelle éclairée sur cet enjeu important. 

« C’est en grande partie grâce aux dons recueillis lors du Défi Chaîne de vie qu’il a été possible de former le tiers des enseignants des écoles secondaires francophones du Québec, souligne la marraine de l’évènement, Isabelle Maréchal. 

En appuyant Chaîne de vie, vous contribuerez à augmenter le nombre de donneurs qui permettent de sauver des vies. » 

En ce moment, 23 personnes sont en attente d’une greffe dans la région. Chaîne de vie souligne d’ailleurs que seulement 1,4% des personnes qui décèdent à l’hôpital peuvent devenir des donneurs, ce qui équivaut à environ 450 personnes par année au Québec.

Santé

Préposés aux bénéficiaires: peu d’engouement pour les bourses

Les bourses de 7500 $ désormais offertes à ceux qui veulent devenir préposés aux bénéficiaires ne semblent pas avoir engendré de hausses dans les demandes d'inscription pour ces programmes, du moins pour le moment.

Les Centres de formation professionnelle contactés par La Presse canadienne n'ont pas encore remarqué d'augmentation dans les demandes d'inscription pour ces programmes.

La mesure avait été annoncée le 14 août par trois ministres: Danielle McCann, de la Santé et des Services sociaux, Jean Boulet, du Travail, et Marguerite Blais, des Aînés.

Québec espère ainsi contribuer à alléger la pénurie de préposés aux bénéficiaires qui sévit dans le réseau de la santé, particulièrement dans les CHSLD (Centres d'hébergement et de soins de longue durée).

Il offre donc 2000 bourses de 7500 $ à l'intention des intéressés. Le boursier doit toutefois s'engager à travailler durant au moins deux ans pour l'établissement qui l'a parrainé, une fois la formation réussie. Et ceux qui ne décrochent pas leur diplôme doivent rembourser la bourse.

Montréal

«On sent une effervescence, mais pas nécessairement une hausse des candidatures. On essaie de démarrer des groupes spéciaux avec les CIUSS (Centre intégré universitaire en santé et services sociaux), ça fonctionne, mais ce n'est pas au niveau où on s'attendait. Nous, on se disait "mon dieu, il va y avoir une explosion des demandes". Mais ce n'est pas le cas», a illustré Josée Péloquin, directrice de l'École des métiers des Faubourgs-de-Montréal.

Elle explique que les conditions assorties à la bourse découragent des candidats. «D'abord, la personne doit réussir sa formation, à l'intérieur des délais prescrits, et elle doit donner sa disponibilité pendant au moins deux ans au CIUSSS qui lui aura remis la bourse. C'est sûr que ça, ça achoppe: donner deux ans de ta vie, sans pouvoir te retirer ou te rétracter...» fait valoir Mme Péloquin.

Elle rappelle également que le candidat devra rembourser la bourse s'il ne remplit pas les conditions. «On essaie de les amener à la réussite, mais ce n'est pas toujours le cas, malheureusement. Et là, dans le cas où le candidat est en échec, il doit remettre la bourse. Souvent, ce sont des candidats qui sont démunis et devoir remettre 7500 $, qui ont parfois été dépensés pour des besoins de base, ça devient difficile», explique-t-elle.

Ce centre de formation professionnelle est le plus important au Québec.

Drummondville, Victoriaville

Au Centre de formation professionnelle Paul-Rousseau, de Drummondville, Cindia Raymond rapporte qu'«on ne voit pas de différence» dans le nombre de demandes d'admission, malgré l'annonce de ces bourses de 7500 $. Les intéressés avaient jusqu'au 3 septembre et la période a même été prolongée jusqu'au 13 septembre pour faciliter les choses - en vain.

Au Centre de formation professionnelle Vision 2020 à Victoriaville, la directrice du centre, Isabelle Cantin, a indiqué qu'il n'y avait «pas d'augmentation encore» du nombre de demandes d'admission. Il y a même eu peu d'inscriptions. «Je ne sais pas jusqu'à quel point la population est au courant» de ces bourses, a-t-elle souligné. «Il est peut-être trop tôt.» Le prochain groupe sera formé en mars.

Gatineau et Lévis

À Gatineau, le Centre de formation professionnelle Vision avenir a rapporté que le CISSS de l'Outaouais était venu rencontrer les élèves qui étaient déjà «en possibilité de formation pour cet automne» pour les informer du programme de bourse. Les élèves devaient ensuite s'inscrire sur le site du CISSSO pour demander la bourse.

Pour les demandes d'admission qui devaient être faites avant le 30 septembre, il n'y avait qu'une seule cohorte d'étudiants. Et cela représentait une baisse, même, par rapport à septembre 2018, alors que le Centre avait réussi à former deux cohortes. Il espère que les bourses attireront davantage d'étudiants lors de la session de janvier.

Au Centre de formation professionnelle de Lévis aussi, le directeur n'a «pas constaté de vague» de demandes d'admission depuis l'annonce de ces bourses en août.

Louise Boisvert, coordonnatrice du service des communications à la Commission scolaire des Navigateurs, qui chapeaute ce centre de formation professionnelle, a précisé que les élèves qui sont présentement en formation étaient déjà tous inscrits lorsque l'annonce des bourses a été faite. Des 19 étudiants qui forment la cohorte, 10 se sont qualifiés pour obtenir la bourse.

Les bourses «continueront sans doute de produire leur effet», vraisemblablement pour la prochaine cohorte, a souhaité Mme Boisvert.

Santé

Des inhalothérapeutes manifestent contre les heures supplémentaires obligatoires

Une soixantaine d’inhalothérapeutes provenant de diverses régions de la province ont manifesté, vendredi à Gatineau, pour demander à leur ordre professionnel de prendre position publiquement contre les heures supplémentaires obligatoires.

La Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) a profité de la tenue du congrès et de l’assemblée générale annuelle de l’Ordre professionnel des inhalothérapeutes du Québec (OPIQ), au Hilton du Lac-Leamy, pour inviter ses membres à réclamer une intervention dans le dossier des heures supplémentaires obligatoires.

Installés près de l’entrée de l’hôtel, les manifestants ont scandé divers slogans, comme « professionnelles épuisées, patients en danger » et « difficile d’être motivée quand t’as plus le temps de respirer ».

Alors que les ordres professionnels des infirmières et des infirmières auxiliaires ont déjà pris position publiquement sur le recours aux heures supplémentaires obligatoires dans le réseau de la santé, la présidente de la FIQ, Nancy Bédard, déplore que l'OPIQ soit « silencieux ».

« Les conditions de travail, notamment la surcharge et le temps supplémentaire obligatoire, sont extrêmement difficiles pour les professionnelles en soins et mettent vraiment en cause la qualité et la sécurité des soins, a mentionné en entrevue la présidente de la centrale syndicale. De plus en plus, nos inhalothérapeutes font beaucoup de temps supplémentaire obligatoire et en plus, elles font beaucoup, beaucoup de gardes. »

Mme Bédard affirme que l’OPIQ a été interpellé plus d’une fois à ce sujet. 

Elle ne comprend pas pourquoi l’ordre professionnel ne se prononce pas publiquement dans le dossier des heures supplémentaires obligatoires, alors que « les conditions de travail sont intimement liées » au mandat de protection de la population de l’OPIQ, dit-elle.

L’OPIQ n’a pas souhaité, vendredi, réagir à cette manifestation de la FIQ.

Santé

Confusion autour de la viande rouge

MONTRÉAL — Bonne nouvelle pour les carnivores cette semaine: une méta-analyse canadienne publiée par l’American College of Physicians concluait qu’il n’est plus nécessaire de réduire sa consommation de viande rouge ou de charcuteries, comme on le martèle depuis plusieurs années.

Mais trois experts interrogés par La Presse canadienne sont unanimes: si, à quelques nuances près, les conclusions de cette étude semblent solides, l’impact réel de ces travaux sera d’abord et avant tout d’alimenter les discussions entre chercheurs, en plus d’accentuer la confusion d’un public qui, étourdi par des conseils qui changent constamment, finit par ne plus savoir comment bien s’alimenter.

À LIRE AUSSI : On n'est finalement pas sûr que la viande rouge soit mauvaise pour la santé

Le plus cinglant d’entre eux est le professeur Benoît Lamarche, de l’École de nutrition de l’Université Laval.

«Ma première réaction a vraiment été pour le public, de dire ‘oh boy, on va encore créer un raz-de-marée, de la confusion, du désengagement aussi dans la confiance des gens envers la recherche’», a-t-il dit.

Cette recherche, poursuit-il, a le mérite de «brasser les cartes» et de forcer les chercheurs à réfléchir, ce qui est absolument essentiel à la progression du savoir.

«Le problème, c’est la dissémination de ces résultats-là dans le public, tout de suite: on crée de la confusion, on crée du désengagement et les gens perdent confiance, a expliqué le professeur Lamarche. On nous demande beaucoup de faire valoir nos recherches au grand public, de montrer que les investissements en recherche servent à quelque chose, mais dans le domaine de la nutrition, ça cause de la confusion. Aux yeux du public, les recommandations ont l’air de constamment changer, et le danger est là. Ça ne nous aide pas à donner de la crédibilité au domaine.»

La docteure Anita Koushik, qui se spécialise notamment dans l’épidémiologie du cancer au CHUM, abonde dans le même sens.

«C’est toujours la même chose pour la recherche sur les habitudes alimentaires, a-t-elle lancé. Le message diffère toujours. Il y a plusieurs personnes qui mangent de la viande de façon saine. Le message avant, je pense, était qu’il fallait arrêter de manger de la viande, et peut-être que ce n’est pas exactement le message qu’on doit donner pour des raisons de santé. Si on en mange trop, c’est ça le problème.

Une telle étude détourne aussi l’attention du public d’enjeux nettement plus importants, croit pour sa part le professeur Gregory Moullec, de l’École de santé publique de l’Université de Montréal.

«Ces études (et leurs conclusions souvent clivantes) éloignent malheureusement l’opinion publique des vrais enjeux sociétaux autour de l’alimentation, a-t-il écrit dans un courriel. Je pense en particulier aux fléaux de l’obésité (++ chez les enfants/ados) et des inégalités sociales avec l’épineux problème de l’insécurité alimentaire!!! On pourrait aussi parler des enjeux environnementaux et du rapport du GIEC qui recommande une diminution importante de la consommation de viande. Selon leurs estimations, ce serait aussi efficace que de diviser par deux le parc automobile mondial!»

Quelques nuances

Cela étant dit, il convient d’apporter quelques nuances aux conclusions de la méta-analyse, préviennent les experts consultés.

«L’article mentionne la viande rouge et la charcuterie ensemble, et il semble que les deux n’ont pas été analysés séparément, a ainsi fait remarquer la docteure Koushik. Si c’est le cas, si on parle de trois ou quatre portions par semaine, pour la charcuterie, c’est beaucoup, et c’est même une quantité très élevée, selon les évaluations qui ont été faites par le Fonds mondial de recherche sur le cancer, et je ne sais pas si on peut dire à la population que c’est correct de manger cette quantité.»

La charcuterie contient en effet des ingrédients (comme des agents de conservation) qu’on ne retrouve pas dans la viande rouge et qui pourront avoir un impact sur la santé. Il est donc difficile de formuler des recommandations uniques pour les deux produits.

Elle craint aussi que l’étude ne soit «trompeuse» pour la population, puisque la santé des grands consommateurs de viande rouge et de charcuterie pourrait profiter d’une certaine réduction.

«Il y a eu beaucoup de travail de fait pour donner le message qu’on donne maintenant, qu’il y a un bénéfice à réduire la quantité de viande qu’on mange», a rappelé la docteure Koushik.

De plus, les auteurs de la méta-analyse ont accordé une notation «faible» à la qualité des études qu’ils ont passées en revue, ce qui voudrait dire que l’association qu’elles font entre la consommation de viande rouge et certains problèmes de santé n’est pas nécessairement fiable.

Pas si vite, réagit Benoît Lamarche.

«Dans le système (que les auteurs ont utilisé), toutes les études épidémiologiques partent avec un niveau de qualité ‘faible’ et on ne peut pas monter plus haut que ça, a-t-il révélé. Donc on applique un moule aux études épidémiologiques en nutrition (...) qui est basé sur des approches parfaites, c’est à dire des essais randomisés contrôlés à double insu qu’on ne peut pas faire en nutrition. On applique des règles au niveau de la qualité des évidences qui sont un peu sévères, d’après moi, pour l’épidémiologie nutritionnelle, parce qu’on n’a pas d’autres moyens de le faire. On ne pouvait pas être plus haut que ‘faible’, à cause de la nature même de l’outil de mesure.»

La modération

Pas étonnant, donc, que la population ne sache plus si elle doit faire griller une boulette de viande ou une boulette de protéines végétales pour prendre soin de sa santé.

«Comme d’habitude avec les habitudes alimentaires, c’est toujours la modération qui est importante», a résumé la docteure Koushik.

Pour sa part, le professeur Lamarche rappelle que la nouvelle version du Guide alimentaire canadien publiée plus tôt cette année ne recommande pas de ne pas manger de viande rouge: il y a encore de la place pour tous les aliments, y compris ceux qu’on devrait manger moins souvent, et on suggère de consommer le plus possible de protéines végétales.

«C’est juste qu’il faut avoir un équilibre, a-t-il dit. La viande rouge en soi n’est pas un facteur de risque majeur; c’est le patron alimentaire total qui compte. Si on consomme beaucoup de viande rouge avec beaucoup de frites et beaucoup de boissons gazeuses, ce qui est souvent le cas, c’est l’ensemble de ça qui cause souvent des problèmes. Mais manger une viande rouge ou une viande transformée de temps en temps, ça ne tue pas personne. Souvent c’est la nuance qui manque dans le message. C’est l’équilibre qui compte.

«Cette étude-là ne dit pas d’en manger plus. Ça dit qu’on n’est pas certain, donc il y a encore de la place pour ça, faut juste doser.»

Note aux lecteurs: Le professeur Moullec est affilié à l’Université de Montréal et non à l’Université Laval.

Santé

Aide médicale à mourir: Ottawa et Québec ne feront pas appel

À l’instar de Québec, Ottawa ne fera pas appel du jugement rendu par la Cour supérieure dans la cause de Jean Truchon et de Nicole Gladu, a confirmé au Soleil une porte-parole de Justice Canada.

Joanne Ghiz nous a confirmé jeudi dans un courriel envoyé en fin de journée que le gouvernement fédéral ne portera pas en appel le jugement rendu en septembre par la juge Christine Baudouin, qui a déclaré inopérantes les dispositions du Code criminel exigeant que la mort naturelle de la personne soit devenue «raisonnablement prévisible» pour que l’aide médicale à mourir puisse lui être administrée.

«Notre gouvernement comprend que l’aide médicale à mourir est une question difficile, complexe et profondément personnelle. Nous savons que les Canadiens ont des points de vue divers et en évolution qui doivent tous être entendus et respectés. Depuis l’adoption de la loi en juin 2016, nous avons écouté les Canadiens, les experts et les tribunaux. Nous ne ferons pas appel de la récente décision de la Cour supérieure du Québec sur l’aide médicale à mourir», écrit la porte-parole de Justice Canada, citant le ministre David Lametti, dont le gouvernement s’engage à «examiner la loi en vigueur, en tenant compte de ce jugement».

Santé

Moins de plaintes médicales au CISSSO

Alors que le nombre de plaintes « administratives » a augmenté de manière significative l’an dernier au Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO), le nombre de plaintes de nature médicale a chuté de 18 %.

Les données contenues dans le dernier rapport du commissaire aux plaintes du CISSSO montrent que 165 plaintes concernant un médecin, un dentiste, un pharmacien ou un résident ont été dirigées vers un médecin examinateur en 2018-2019, soit 37 de moins que l’année précédente.

Santé

L'année de toutes les plaintes pour le CISSSO

L’année 2018-2019 aura été celle où le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) a été visé par le plus de plaintes administratives depuis sa création, il y a quatre ans et demi. La qualité, l’accessibilité, les urgences, les relations interpersonnelles et les résidences pour personnes âgées sont des sujets « récurrents » dans les dossiers traités.

Le conseil d’administration du CISSSO a reçu il y a quelques mois le rapport annuel du commissaire aux plaintes et à la qualité des services, mais son contenu ne pouvait être divulgué avant son dépôt à l’Assemblée nationale, qui a eu lieu récemment.