Santé

L’obésité des jeunes enfants n’a rien de banal

MONTRÉAL - Il n’y a rien de banal à un enfant de quatre ans qui souffre d’embonpoint ou d’obésité: son organisme a déjà commencé à être abîmé et le prix à payer viendra beaucoup plus tôt qu’on ne pourrait l’imaginer.

Une nouvelle étude espagnole dont les résultats ont récemment été publiés par le European Journal of Preventive Cardiology prévient que le risque de souffrir d’hypertension à l’âge de six ans est deux fois plus élevé chez les enfants qui souffraient d’embonpoint à l’âge de quatre ans.

«C’est un peu méconnu, a dit la docteure Mélanie Henderson, une endocrinologue du CHU Sainte-Justine. On avait la notion par le passé que les enfants en surpoids grandissaient et ça s’en allait. Mais on a vraiment des données très probantes à l’appui du fait que l’enfant à la petite enfance qui a une obésité devient l’enfant d’âge scolaire avec une obésité, devient l’adolescent avec une obésité et l’adulte avec une obésité.»

L’Organisation mondiale de la Santé estime que l’obésité pédiatrique compte parmi les principaux défis de santé publique du 21e siècle. En 2016, plus de 41 millions d’enfants âgés de moins de cinq ans étaient en surpoids.

Il ne faut donc pas prendre l’embonpoint d’un enfant à la légère.

«L’obésité à l’adolescence est un prédicteur plus puissant de mortalité précoce à l’âge adulte que l’obésité à l’âge adulte, a dit la docteure Henderson. C’est probablement en lien avec le fait que nous avons des complications dès un jeune âge, et ça se cumule dans le temps, et donc il y a un effet cumulatif de risque.»

La nouvelle étude va encore plus loin en mettant en garde contre des problèmes de santé dès la petite enfance. Ses conclusions s’appliquaient à tous les enfants, peu importe leur sexe ou leur statut socioéconomique.

Environ 85 pour cent des enfants de deux à quatre ans dépasseraient le temps d’écran recommandé et un grand pourcentage n’atteindrait pas les recommandations en matière d’activité physique, selon la docteure Henderson. C’est donc une population très sédentaire, avec toutes les conséquences néfastes que cela peut avoir.

Elle cite en exemple la clientèle du Centre pédiatrique d’intervention en prévention et en réadaptation cardiovasculaires (CIRCUIT) de Sainte-Justine: la moitié des jeunes patients ont entre 5 et 12 ans, la moitié des patients ont une obésité et une autre complication, et 30 pour cent ont une obésité et deux complications.

«On voit des jeunes de plus en plus malades tôt pendant la vie, donc effectivement ce n’est pas banal et il faut agir promptement pour aider les jeunes qui ont un surpoids ou une obésité, a-t-elle dit. L’obésité pédiatrique est plus grave que pour un adulte parce qu’il y a tout l’aspect de cumuler dans le temps ces problématiques de santé là.»

Le problème de l’obésité pédiatrique est multifactoriel, poursuit-elle. Oui il y a une composante génétique, et oui on peut parler de malbouffe et de restauration rapide et d’urbanisation, et oui on peut parler d’une société sédentaire qui ne crée pas un contexte de vie propice aux saines habitudes de vie, mais «les parents demeurent mes alliés numéro un comme agents de changement».

«Ce sont eux qui peuvent apporter des changements qui vont bénéficier à la santé de l’enfant. (...) Ce sont eux qui peuvent encourager le jeune à être plus actif (...) mais ils ont besoin d’un cadre sociétal», a prévenu la docteure Henderson.

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Sur Internet:

inspq.qc.ca/expertises/habitudes-de-vie-et-prevention-des-maladies-chroniques/nutrition-activite-physique-et-problemes-lies-au-poids/comite-scientifique-sur-la-prevention-de-l-obesite/la-montee-de-l-obesite-au-quebec

Science

Le cerveau des femmes fonctionne mieux au chaud? Pas si vite!

MONTRÉAL - Une récente étude a beaucoup fait jaser en rapportant que le cerveau des femmes fonctionne mieux au chaud que celui des hommes. Des experts consultés par La Presse canadienne estiment toutefois qu’elle est tellement pleine de trous qu’il est impossible d’en tirer quelque conclusion que ce soit.

«Selon moi, les conclusions que (les chercheurs) en tirent ne permettent pas du tout d’apporter un certain niveau d’évidence en faveur ou contre leur hypothèse, a tranché Miguel Chagnon, le directeur du service de consultation statistique de l’Université de Montréal. Pour moi, la question reste ouverte, peu importe les chiffres.»

Des chercheurs allemands et américains écrivaient dans le journal scientifique PLOS ONE que les femmes s’en tiraient mieux lors de tests mathématiques et verbaux dans une pièce plus chaude, tandis que la performance des hommes lors de ces mêmes tests était meilleure dans une pièce plus fraîche.

Un peu plus de 540 sujets avaient participé à des tests mathématiques, verbaux et de logique dans une pièce dont la température oscillait entre 16,2 et 32,6 degrés Celsius.

Selon les chercheurs de l’université Southern California et du Centre des sciences sociales WZB de Berlin, les participantes ont fourni davantage de réponses correctes - et davantage de réponses, point - quand la température atteignait la portion supérieure de la fourchette. La même situation aurait été observée chez les participants quand la température se trouvait dans la portion inférieure de la fourchette; quand la pièce était plus chaude, ils remettaient apparemment moins de réponses et moins de réponses correctes.

«Il n’y a absolument rien de neurologique dans cette étude-là. Ce ne sont que des statistiques et il n’y a aucune explication neurologique ou rationnelle (...), à part certaines études qui montreraient que les femmes, de façon suggestive, préfèrent les températures plus hautes, a pour sa part commenté le professeur Cyril Schneider, qui enseigne à la faculté de médecine de l’Université Laval.

«(Les graphiques) montrent qu’il n’y a aucune relation entre la température et ces tâches-là, le sexe confondu.»

De multiples failles

Les experts interrogés par La Presse canadienne énumèrent tellement de failles qu’il est impossible de toutes les nommer.

«Plusieurs limites font que je ne vois pas comment les résultats de cette étude puissent être valides et utiles, a écrit dans un courriel la professeure Jessica Lévesque, de l’École de gestion de l’Université de Sherbrooke. Je pense que c’est à la portée de tous de comprendre que ce n’est pas l’augmentation de quelques degrés de la température qui va réellement changer la performance des employés, à moins que tout soit parfait par ailleurs.»

MM. Schneider et Chagnon soulignent que chacun des 543 sujets n’a été testé qu’une seule fois, et non pas pour chaque épreuve à chaque température, et qu’on ne dispose d’aucune information concernant l’homogénéité des groupes.

Conséquemment, dit M. Schneider, «la personne qui réussit bien à 20 degrés n’est pas la même que celle qui réussit moins bien à 30 degrés (...). La personne qui a été randomisée pour tester les mathématiques à 30 degrés est peut-être moins bonne que celle qui a été testée à 20 degrés. Ça s’appelle un biais de recrutement».

Le professeur Chagon abonde dans le même sens en faisant remarquer que les participants ont été recrutés à l’université: il suffirait que les participantes soient majoritairement des étudiantes en sciences humaines et les participants des étudiants en génie, par exemple, pour bousiller les observations des chercheurs.

«Si de base un groupe est plus fort en mathématiques qu’un autre groupe, on va observer qu’il va y avoir une moyenne plus élevée, peu importe la température au niveau de la pièce, a-t-il dit. On n’a aucune mesure qui pourrait nous établir que les groupes sont équivalents au niveau des différentes températures, que ce soit les mathématiques, le verbal ou la résolution de problèmes.

«Il y a tellement de possibilités! C’est ce que nous appelons des facteurs de confusion, c’est-à-dire que ce qu’on observe peut être attribué à d’autres choses que simplement la condition expérimentale.»

On sait aussi qu’on comptait 59 pour cent d’hommes et 41 pour cent de femmes parmi les participants, ce qui est source de déséquilibre.

Moins de 5 pour cent

En passant les chiffres au peigne fin, M. Chagnon fait une découverte étonnante: moins de 1 pour cent de la variabilité observée lors des épreuves verbales serait attribuable à la température, tandis que la température expliquerait environ 5 pour cent de la variabilité.

«Ce n’est pas très fort, a-t-il dit. Ce ne sont pas des tailles d’effet très fortes.»

Et ce n’est pas tout: il semblerait que le cerveau des hommes est plus efficient en mathématiques et en logique que celui des femmes, indépendamment de la température.

«Oui, je comprends que la performance «semble» augmenter en fonction de la température pour les femmes et décliner pour les hommes, mais (...) même avec une température de 30 (Celsius) j’ai l’impression que les moyennes pour les hommes sont plus élevées que celles pour les femmes», a dit M. Chagnon.

Puisqu’on sait que, règle générale, les femmes sont meilleures que les hommes lors de tâches verbales, M. Schneider estime que la tâche la plus importante à étudier est celle de la logique et de la résolution de problèmes.

«Et on voit qu’il n’y a aucune différence au niveau de la température», a-t-il lancé.

La Presse canadienne a demandé en terminant à M. Chagnon quel sort il réserverait à un étudiant qui lui remettrait un travail d’une qualité comparable à celle de cette étude.

«Oh, il n’a peut-être pas la note de passage», a-t-il rapidement laissé tomber.

Santé

Baisse des naissances et hausse des décès en Outaouais

À l’instar de ce qui est observé à l’échelle provinciale, le nombre de naissances a chuté et le nombre de décès a grimpé en Outaouais entre 2017 et 2018.

Les données provisoires rendues publiques mardi par l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) montrent que les mères demeurant en Outaouais ont donné naissance à 3896 bébés l’an dernier, une baisse de 92 nouveau-nés par rapport à 2017. Il s’agit d’une troisième baisse consécutive.

À l’échelle provinciale, le nombre de naissances est assez stable, étant passé de 83 855 nouveau-nés en 2017 à 83 800 l’an dernier. L’ISQ note que cette stabilité succède à quelques années de baisse depuis le récent sommet enregistré en 2012, alors que le nombre de naissances s’était établi  88 933.

À l’autre extrémité du cycle de la vie, le nombre de décès s’est encore accru dans la région en 2018. L’Outaouais a enregistré 2935 décès l’an dernier, soit 105 de plus qu’en 2017. Il s’agit d’une sixième hausse consécutive.

Selon les données provisoires de l’ISQ, 68 600 décès ont été enregistrés au Québec en 2018, soit 3,5% de plus qu’en 2017.

«Cette augmentation s’inscrit dans une tendance générale à la hausse liée au vieillissement de la population. La saison grippale sévère de l’hiver 2017-2018 a également contribué à cette augmentation», a noté l’organisme.

L’espérance de vie à la naissance s’établit à 80,7 ans chez les hommes et à 84,2 ans chez les femmes, des niveaux semblables à ceux de 2017 et de 2016.

Indice synthétique de fécondité

Alors qu’au cours de la dernière décennie, l’indice synthétique de fécondité observé en Outaouais avait toujours été plus élevé que la moyenne provinciale, ça n’a pas été le cas en 2018. Pour l’Outaouais, cet indice s’est établi à 1,58 enfant par femme, juste en dessous de la moyenne provinciale de 1,59 enfant par femme. L’indice synthétique de fécondité avait atteint 1,73 enfant par Québécoise en 2008 et en 2009.

La fécondité a poursuivi son recul chez les femmes de moins de 30 ans et a semblé se stabiliser au-delà de cet âge. La naissance du premier enfant survient en moyenne lorsque la mère a 29,1 ans, soit 4 ans plus tard qu’en 1975.

Statistiques nuptiales

Environ 22 800 mariages ont été célébrés au Québec en 2018, soit presque autant qu’en 2017 (22 883). De ce nombre, un peu plus de 700 mariages - 3% du total - ont uni des conjoints de même sexe. «La propension à se marier demeure faible au Québec», note l’ISQ. En Outaouais, 1282 mariages ont été enregistrés l’an dernier, une légère hausse par rapport aux 1263 mariages célébrés l’année précédente.

Les données indiquent en effet que seulement 28% des hommes et 31% des femmes se marieraient au moins une fois avant leur 50e anniversaire, selon les taux de nuptialité observés en 2018. L’âge moyen au premier mariage est de 33,6 ans chez les hommes et de 32,0 ans chez les femmes, en hausse d’environ 8 ans depuis le début des années 1970.

Santé

Ottawa investit 50 M$ dans sa stratégie sur la démence

OTTAWA — Le gouvernement fédéral dévoile lundi une stratégie nationale sur la démence axée sur la prévention, le soutien aux aidants et la recherche de traitements.

Selon les statistiques fédérales, une forme de démence a été diagnostiquée chez plus de 419 000 personnes âgées au Canada. Elles dépendent en moyenne de 26 heures par semaine d’aide de parents et d’amis.

La plupart des personnes atteintes de démence et la plupart des proches aidants sont des femmes.

Le déclin mental peut avoir de nombreuses causes différentes, mais il existe peu de traitements et ceux qui existent ne font pas grand-chose d’autre que ralentir la progression de la démence.

La stratégie de 50 millions $ met donc l’accent sur la prévention. Le gouvernement espère que si les Canadiens font plus d’exercice, mangent mieux et ne fument pas, ils éviteront les causes de démence telles que les accidents vasculaires cérébraux.

Le gouvernement veut également que l’aide soit plus facilement disponible pour les aidants naturels et que ceux-ci soient plus disposés à en demander.

Santé

Plusieurs recommandations pour dissuader les ados de vapoter

Les emballages des produits de vapotage doivent s’harmoniser avec ceux du tabac afin de réduire l’attrait du vaping chez les jeunes, recommande la médecin-chef en santé publique à la Ville d’Ottawa, la Dre Vera Etches.

La proposition de la Dre Etches s’inscrit dans une série de suggestions qu’elle a acheminées à Santé Canada dans le cadre de la démarche de consultation de l’agence fédérale pour diminuer l’attrait et l’accessibilité des produits du vapotage pour les jeunes.

Santé

À la SQDC pour avoir du cannabis... à des fins médicales

Non, ce n’est pas à la Société québécoise du cannabis (SQDC) qu’on peut se procurer du cannabis à des fins médicales. Le Collège des médecins a jugé bon de faire ce petit rappel après qu’il eût été porté à son attention que des patients se présentaient à la SQDC sur la recommandation de leur médecin ou avec une ordonnance de celui-ci dans le but d’obtenir du cannabis à des fins thérapeutiques.

«Ceci pose un réel problème puisque la SQDC n’a pas le mandat de conseiller les patients d’un point de vue médical sur le cannabis, ni de servir des ordonnances en ce sens. Dans ce contexte, il semble impératif de rappeler qu’il existe deux voies distinctes pour obtenir du cannabis», écrit le secrétaire du Collège des médecins, le Dr Yves Robert, dans un message publié sur le site Internet de l’ordre professionnel.

Le Dr Robert rappelle que l’accès à du cannabis à des fins médicales est régi par une loi et une réglementation fédérales, alors que l’accès à du cannabis à des fins récréatives est encadré par une règlement provincial. Pour qu’un patient puisse se procurer du cannabis à des fins thérapeutiques, un médecin doit préalablement l’avoir évalué et avoir établi que le cannabis constituait un traitement approprié pour lui, précise-t-il. 

«Concrètement, le médecin qui souhaite prescrire du cannabis pour des besoins médicaux doit fournir une ordonnance au patient et transmettre cette même ordonnance à tout producteur autorisé [par le gouvernement fédéral] identifié par le patient. Le patient peut également mentionner au médecin qu’il souhaite plutôt s’inscrire à Santé Canada pour produire lui-même son cannabis. Dans un tel cas, l’approvisionnement se fera en semences de cannabis auprès d’un producteur autorisé. Toutes ces démarches se font donc auprès du gouvernent fédéral et d’aucune manière, dans une ou l’autre des succursales de la SQDC», rappelle le secrétaire du Collège des médecins.

Le Dr Robert insiste : «Il est important de comprendre que la SQDC n’est pas un distributeur autorisé de cannabis à des fins médicales. Ses employés sont des conseillers en vente de cannabis récréatif. Ils ne sont pas des professionnels de la santé autorisés à délivrer du cannabis sur ordonnance ou à conseiller la clientèle sur l’usage du cannabis dans un contexte thérapeutique.»

Santé

Québec dépose le projet de loi 31 pour élargir les pouvoirs des pharmaciens [VIDÉO]

L’élargissement des pouvoirs des pharmaciens est «un pas de plus» dans la «grande réforme de l’accès» du gouvernement, affirme la ministre de la Santé, Danielle McCann.

Jeudi, elle a déposé le projet de loi 31 (Loi modifiant principalement la Loi sur la pharmacie afin de favoriser l’accès à certains services) qui devra non seulement être passé au crible par les députés, mais s’accompagner d’une entente de rémunération.

«Après les infirmières praticiennes spécialisées, les hygiénistes dentaires, les pharmaciens maintenant pourront à leur tour profiter d’un élargissement de leur champ de compétences pour mieux servir les Québécois», a déclaré la ministre en conférence de presse.

Saluant cette initiative, l’Association québécoise des pharmaciens propriétaires (AQPP) a tenu à rappeler que «le succès de ce qu’on entreprend aujourd’hui va être tributaire de certaines conditions positives».

«Il est nécessaire de revoir le mode de rémunération, qui n’a pas évolué depuis les années 1970», a indiqué jeudi le président de l’AQPP, Jean Thiffault.

«Il importe de viser une meilleure utilisation de l’expertise spécifique des pharmaciens formés à la pratique hospitalière. [...] Il faut saisir l’occasion donnée par le dépôt du projet de loi 31 pour aller plus loin», a quant à elle réagi l’Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec.

Des négociations avec les pharmaciens sont en cours. «Il faut prendre le temps de faire ces travaux, les discussions vont bien, il y a des échanges francs là-dessus, nous allons arriver à bon port, je crois», a déclaré Mme McCann.

Le projet de loi 31 vise essentiellement à permettre aux pharmaciens de prescrire et d’administrer des vaccins, en plus de prescrire certains médicaments lors de situations d’urgence. On peut penser aux réactions allergiques sévères, par exemple.

La mesure permettrait de multiplier les sites de vaccination et les plages horaires pour favoriser une meilleure couverture vaccinale dans la population. Seules les personnes de six ans et plus pourraient être vaccinées par un pharmacien.

Les vaccins couverts par le Programme québécois d’immunisation seraient gratuits en pharmacie, et la vaccination contre la grippe sera également gratuite pour les clientèles vulnérables qui se qualifient pour ce programme. La ministre a dit souhaiter augmenter la vaccination au Québec de 25 %.

Nouvelles tâches

Plus précisément, le projet de loi prévoit que, dans certains cas ou suivant des conditions et modalités déterminées par règlement, les pharmaciens pourront :

• prescrire et administrer des vaccins et, en situation d’urgence, certains autres médicaments;

• prescrire tous les médicaments en vente libre;

• administrer un médicament par voie intranasale;

• ajuster ou prolonger les ordonnances de tous les prescripteurs, non seulement celles des médecins;

• cesser une thérapie médicamenteuse selon une ordonnance ou à la suite d’une consultation effectuée à la demande d’un prescripteur;

• substituer au médicament prescrit un autre médicament même s’il n’appartient pas à la même sous-classe thérapeutique;

• prescrire et interpréter non seulement des analyses de laboratoire, mais tout autre test, aux fins du suivi de la thérapie médicamenteuse.

Le projet de loi prévoit également que les pharmaciens pourront évaluer la condition physique et mentale d’une personne dans le but d’assurer l’usage approprié des médicaments.

Est ontarien

Maladie de Lyme: l’Est ontarien à risque

L’Est ontarien est la troisième région en Ontario où la maladie de Lyme a touché le plus de gens en 2018, selon des données dévoilées par le Conseil de santé des comtés de Hastings et Prince Edward, la semaine dernière.

Le Bureau de santé de l’est de l’Ontario (BSEO) a rapporté plus de 20 infections par tranche de 100 000 personnes, et 43 nouvelles infections dans les comtés de Stormont-Dundas-Glengarry et de Prescott-Russell.

Santé

Un déficit 33 fois plus petit que prévu au CISSSO

Après avoir craint de terminer l'année 2018-2019 avec un déficit de 12,7 millions$, le Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais (CISSSO) s'en sort avec un manque à gagner de seulement 381 000$ grâce à un financement supplémentaire alloué par Québec.

Le conseil d’administration du CISSSO a adopté, jeudi, les états financiers de l’année s’étant achevée le 31 mars dernier, qui sont plus reluisants que ce à quoi l’organisation s’attendait au cours des derniers mois. Dans les faits, le manque à gagner est 33 fois plus petit que ce qui avait été évoqué.

La directrice des ressources financières, Murielle Côté, a indiqué que le bilan de 2018-2019 a pu se rapprocher à 381 000$ de l’équilibre budgétaire grâce à du financement additionnel non récurrent accordé par le ministère de la Santé.

Le CISSSO a notamment reçu une enveloppe de 7,6 millions$ pour couvrir «le dépassement des heures de services» dans l’offre de soins à domicile. Un autre montant de 2,5 millions$ a été obtenu pour «le maintien des services», tandis qu’une somme de 1,6 million$ a été reçue pour couvrir les coûts des médicaments, qui ont été plus élevés qu’initialement prévu.

La pente à remonter est donc moins abrupte que ce qu’anticipait le CISSSO au cours des derniers mois. En janvier dernier, le conseil d’administration avait notamment adopté un plan de retour à l’équilibre budgétaire visant la récupération de 12,7 millions pendant l’année en cours.

Amélioration continue

Le président du conseil d’administration, Michel Roy, n’a pas hésité à qualifier le déficit final de «léger». La présidente-directrice générale du CISSSO, Josée Filion, a toutefois précisé que malgré un résultat frôlant l’équilibre, le plan qui visait à alléger les dépenses de 12,7 millions$ est maintenu.

«L’argent que nous avons eu, c’est de l’argent qui est non récurrent, donc pour nous, c’est important de poursuivre les travaux, a-t-elle mentionné. […] Si on baisse les bras maintenant, ce n’est pas dit qu’on va avoir des sommes pour éponger un déficit qui pourrait avoir lieu [pour l’année en cours].»

Le plan de retour à l’équilibre budgétaire devrait donc maintenant s’appeler «un plan d’amélioration continue» ou «un plan de performance clinique», note la PDG. Ce plan de 12,7 millions$ prévoit entre autres la récupération de 2,5 millions$ en «santé organisationnelle», en réduisant les dépenses en assurance salaire. «C’est important, donc on maintient la même cible», a indiqué Mme Filion.

En parallèle, le CISSSO espère que les sommes obtenues sur une base non récurrente en 2018-2019 pourront être allouées aussi pour l’année en cours. «C’est ce qu’on souhaite, qu’il y ait une reconnaissance […] des volumes d’activités qui sont faits», a-t-elle mentionné.

Pour 2019-2020, le CISSSO a adopté le mois dernier un budget de 949,7 millions$ qui devrait lui permettre de renouer avec l’équilibre budgétaire au 31 mars 2020. Si l’organisation parvient à respecter son plan d’amélioration, elle pourra alors «se dégager une marge de manœuvre pour pouvoir l’investir dans des secteurs cliniques qui en ont besoin», a expliqué Mme Filion.

Santé

McCann promet de tout faire pour maintenir les chirurgies dans toutes les régions

La ministre de la Santé, Danielle McCann, est-elle ouverte à l’idée de fermer des blocs opératoires dans certaines régions, comme le propose la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ)? Réponse de son cabinet : «On va tout faire pour protéger les services de proximité.»

Au cours des derniers jours, la présidente de la FMSQ, la Dre Diane Francoeur, s’est dite d’avis qu’en cas de très faibles volumes, des blocs opératoires pourraient être fermés pour «regrouper les effectifs» et assurer une continuité des services. «Il y a une question de volume. Si dans un petit centre, avec un centre qui est à une demi-heure, où on a juste, par exemple 50 naissances par année, c’est sûr qu’il faut se poser la question : “Est-ce qu’on doit garder tous ces centres-là ouverts?”» a-t-elle dit en entrevue à Radio-Canada, vendredi, dans la foulée de la découverture en césarienne à l’Hôpital d’Amqui.

La présidente de la FMSQ est revenue à la charge dans une lettre publiée mardi dans le magazine Profession Santé, où elle affirme que «l’offre de service en région doit être revue «en lien avec les besoins populationnels, les professionnels disponibles, la qualité, la pertinence, mais aussi les coûts». «Pour cela, il faut ramener le gros bon sens et sortir le politique et le corporatisme d’autour de la table de discussion», écrit l’obstétricienne de l’Hôpital Sainte-Justine, qui s’est rendue elle-même à Amqui le week-end dernier pour pallier la découverture en césarienne. 

Pendant la période de questions de l’Assemblée nationale, mercredi matin, le député André Fortin, porte-parole du PLQ en matière de santé, a demandé à la ministre Danielle McCann si elle partageait la position de la FMSQ sur la fermeture de certains blocs opératoires. «S’il y a bien un message que les gens des régions n’ont pas besoin d’entendre, c’est celui-là. Ces services-là sont en place pour une raison, pour offrir aux citoyens des services près de chez eux et pour éviter des drames», a-t-il dit. 

Le député de Pontiac a souligné que «ça fait des mois que la ministre nous dit que l’entente avec les chirurgiens, notamment pour assurer la couverture en région, est à quelques jours d’être signée». «Ça fait 84 jours qu’elle nous dit ça. […] La FMSQ, elle, veut fermer des blocs opératoires en région. Qu’est-ce que la ministre va faire?» a demandé le député de Pontiac, selon qui ce sont les citoyens, «une région après l’autre», qui font les frais de l’approche «passive» de la ministre.

«Notre orientation, dès le début, c’est de dire à la population du Québec : ce qu’on veut, c’est des services de proximité, des spécialités de base qui doivent être à travers le Québec, en Abitibi, en Outaouais, dans les régions de la Capitale-Nationale, du Bas-Saint-Laurent, de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, de la Côte-Nord. Dans toutes ces régions, le Québécois a droit aux mêmes services de base que l’ensemble de la population du Québec», a répondu la ministre de la Santé, mentionnant au passage qu’une chirurgienne pratiquant des césariennes assurera la couverture à Amqui dès le 1er septembre et que son ministère continuait à «travailler» pour «régler l’été également». 

«Je suis d’accord avec mon collègue [André Fortin] que ce n’est pas le patient qui doit se déplacer à des centaines de kilomètres. C’est nous qui devons organiser les services. Et les médecins spécialistes […] ont une responsabilité sociale et morale d’assurer ces services», a ajouté la ministre McCann.

Invité à préciser clairement si la ministre rejetait ou pas l’idée de fermer des blocs opératoires dans certaines régions, son attaché de presse, Alexandre Lahaie, nous a répondu que «notre position, c’est de protéger les services de proximité pour l’ensemble de la population du Québec, et nous allons tout faire» dans ce sens-là.