Santé

Carnet santé Québec: le dossier santé en ligne dès mardi

MONTRÉAL — Finalement, c’est à compter du 22 mai que les Québécois pourront avoir accès à leur Carnet santé Québec en ligne, des informations sur leur propre dossier santé sur leur téléphone intelligent, leur ordinateur.

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, en a fait l’annonce vendredi au cours d’une conférence de presse à Montréal.

Il avait déjà annoncé, le 11 décembre dernier, le lancement de ce Carnet santé ; il précise maintenant que les intéressés pourront commencer leur processus d’inscription le 22 mai.

Le Carnet santé Québec comprendra au départ les informations comme le résultat des tests sanguins et d’urine, les rapports d’imagerie médicale et la liste des médicaments prescrits. Les personnes inscrites au Carnet santé pourront aussi s’inscrire au Guichet d’accès à un médecin de famille ou modifier leur inscription et prendre rendez-vous en ligne avec un médecin de famille.

Au fil des mois, d’autres services s’ajouteront, notamment le montant reçu par le médecin pour un acte médical (en septembre), puis l’évolution des demandes pour une chirurgie (en décembre).

En juin, Québec lancera un appel d’offres pour la « bibliothèque médicale ». Cette véritable encyclopédie donnera des renseignements scientifiques et validés sur les maladies, les symptômes, les traitements, la prévention, les périodes de convalescence, etc.

La personne devra d’abord s’inscrire sur le site carnetsante.gouv.qc.ca à compter du 22 mai. Un code de sécurité lui sera ensuite transmis par la poste. Il lui suffira ensuite de continuer le processus d’inscription en ligne.

« Lorsque l’informatisation du système de santé sera complétée, en 2019, c’est un nouveau système de santé auquel vous allez avoir affaire, nettement amélioré », a dit le ministre Barrette.

Petit bémol : il y aura un délai de 30 jours avant que des résultats d’imagerie médicale, par exemple, deviennent accessibles. « Nous ne voulons pas que le citoyen ou la citoyenne apprenne sur un courriel, sur un carnet santé, un diagnostic de cancer. Un diagnostic de cancer, c’est une mauvaise nouvelle qui doit être annoncée dans un environnement qui est approprié et c’est dans la relation médecin-patient », a justifié le ministre Barrette.

Ce délai de 30 jours est toutefois appelé à être réduit, a-t-il précisé.

Les jeunes de 14 ans à 18 ans moins un jour auront aussi accès au Carnet santé Québec, mais l’inscription devra se faire par téléphone dans leur cas. Il semble que légalement, si le code de sécurité était transmis par la poste, comme c’est le cas pour les adultes, les parents auraient le droit d’ouvrir le courrier, a expliqué le ministre Barrette.

Le système a déjà fait l’objet d’un certain rodage : 20 000 personnes l’ont utilisé, au cours des derniers mois, lors de projets pilotes à Laval et Québec.

Santé

Des «menus bonifiés» dans les hôpitaux

De gros changements toucheront d’ici la fin de l’année les milliers de repas servis chaque jour dans les établissements de santé de l’Outaouais. Après avoir centralisé sa production alimentaire en Haute-Gatineau et dans le Pontiac, le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) s’attaque maintenant à la zone urbaine pour offrir des « menus bonifiés » pouvant notamment comprendre des purées « moulées » selon la forme habituelle des aliments.

Le CISSSO a récemment lancé un appel d’offres pour le « réaménagement des services alimentaires », ce qui nécessite des travaux de construction à l’Hôpital de Gatineau. Selon l’avis d’appel d’offres, le contrat sera d’une valeur estimée entre 730 000 $ et 5,1 millions $.

Santé

CLSC de l'Outaouais: la mixité des clientèles dénoncée

La mixité des clientèles en CLSC est dangereuse pour les intervenants et la clientèle, et expose beaucoup de personnes, dont des jeunes, à des situations traumatisantes, souligne un syndicat du milieu de la santé.

Un CLSC de la région a été le théâtre de deux codes blancs les 4 et 10 mai à la suite de comportements violents, a indiqué jeudi l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS).

Les fusions dans les services de santé ont fait en sorte que la clientèle de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) peut se trouver dans une salle commune avec un jeune aux prises avec des retards de développement, a expliqué la représentante de l’APTS pour la région de l’Outaouais, Andrée Poirier. 

Ainsi, un enfant atteint d’un retard d’apprentissage peut être témoin de la colère d’un parent qui voit son enfant être pris en charge par la DPJ, ou constater qu’un acte de violence est perpétré dans le bureau à côté de celui où il subit une évaluation. C’est ce qui est arrivé dans un des cas.

« Tous ces gens se retrouvent dans le même établissement, dans la même salle d’attente », a expliqué Mme Poirier en entrevue au Droit.

« Quand des gens se rendent à l’établissement pour une évaluation, on ne s’attend pas à être exposé à cette situation-là. Ça peut arriver exceptionnellement, mais là on parle de deux incidents coup sur coup à l’intérieur d’une semaine. Ça fragilise les équipes. Il y a des gens qui partent en arrêt de travail encore. Ça fait depuis 2016 qu’on demande de revoir la mixité des clientèles, de dissocier certains types d’intervention et de ne pas faire certains types d’intervention dans un établissement précis » a continué Mme Poirier, qui a indiqué qu’à un des codes blancs des enfants sont partis en pleurant en raison du traumatisme.

« Nous sommes censés les recevoir et leur offrir des services et là ils repartent avec un traumatisme. Il y a un non-sens. Je sais qu’on ne peut pas éliminer tous les risques, mais là il y en a trop », a indiqué Mme Poirier, qui demande que soit revue la décision clinique de la mixité des clientèles afin d’assurer la sécurité de la population et des intervenants qui donnent les services.

Lors de la réunion du conseil d’administration du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO), jeudi soir, le président-directeur général, Jean Hébert, a indiqué qu’il y aura une réunion entre le CISSSO et l’APTS pour trouver des pistes de solutions afin d’offrir un milieu de travail sécuritaire. 

Il a cependant précisé que des règles « n’ont pas nécessairement été respectées par les employés » lors des deux incidents.

« Il y a accès à des locaux sécurisés pour des rencontres. Dans les deux incidents, les professionnels n’ont pas respecté les consignes. Elles sont là pour leur sécurité et celle des gens. Ce n’est donc pas une question de mixité », a expliqué M. Hébert en entrevue, ne laissant pas d’ouverture à un retour vers le passé.

« On ne reviendra pas dans un édifice barré. On n’est plus là. On est rendu ailleurs », a-t-il laissé tomber.

« S’il y a une chose qu’on ne tolère plus à l’APTS, c’est de toujours se faire renvoyer la responsabilité sur nos intervenants qui sont déjà à bout et qui font plein de choses dans des conditions qui compromettent leur santé, leur sécurité et celle de la population », a répliqué Mme Poirier.

Santé

Le temps d’attente à l’urgence ralentit les ambulances

Les ambulances doivent quitter les hôpitaux plus rapidement et pour ce faire, les centres hospitaliers doivent régler le problème « une fois pour toutes » estime Anthony Di Monte, directeur général des Services de protection et d’urgence.

Le Service paramédic d’Ottawa n’avait pas d’ambulance disponible pour répondre à des cas d’urgence à 322 reprises en 2017. Une situation attribuable, entre autres, au temps d’attente des paramédics lorsque vient le temps d’admettre les patients qui sont arrivés en ambulance. 

Une situation qui irrite M. Di Monte, qui n’a pas caché son mécontentement lors de la présentation devant les membres du Comité des services communautaires et de protection, jeudi.

« Souvent au niveau de la gestion c’est catastrophique et il n’y a pas d’excuse. Quand le paramédic arrive à l’urgence, le patient devrait être pris en charge par le personnel, soutient-il. Nous faisons notre travail et eux non. Le problème est de leur côté et pas du nôtre. »

Les paramédics ont passé l’équivalent de 37 423 heures à attendre à l’hôpital que le patient soit pris en charge, selon les données dévoilées jeudi. Afin de résoudre la situation, la province a investi 1,5 million $ l’an dernier pour mener un projet pilote de délégation du déchargement au personnel infirmier. Cette initiative permet aux paramédics de déléguer les soins aux patients à une infirmière responsable du déchargement à l’urgence afin d’accélérer leur retour sur la route et ainsi augmenter la disponibilité des ambulances pour d’autres urgences médicales. Malgré les progrès, M. Di Monte estime qu’une solution permanente doit être prise afin de remédier à la situation.

« On est toujours en négociation avec les hôpitaux pour essayer de leur faire savoir que c’est inacceptable. Une ambulance qui attend à l’hôpital c’est une ambulance qui n’est pas dans la communauté pour répondre à la communauté », affirme Marc-Antoine Deschamps, surintendant des relations publiques pour le Service paramédic.

Nombre d’interventions en hausse

Le volume d’interventions continue d’augmenter année après année. Le Service paramédic d’Ottawa a répondu à 139 514 appels l’an dernier, ce qui représente une hausse de 1,1 % par rapport à 2016. Une situation qui devrait demeurer à la hausse au fil des années.

Santé

Le CISSSO n’appuie pas Équité Outaouais

Tout en reconnaissant que les besoins de la population « ne sont pas tous comblés », le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) ne juge pas nécessaire d’appuyer les revendications du regroupement Équité Outaouais pour un rehaussement du financement octroyé à l’Outaouais en matière de santé, d’éducation et de services communautaires.

Le 19 avril dernier, des représentants d’Équité Outaouais s’étaient présentés à la réunion du conseil d’administration du CISSSO pour en informer les membres de leurs préoccupations sur le financement accordé à certains services gouvernementaux en Outaouais. Équité Outaouais en avait profité pour demander au conseil d’administration d’adopter une résolution pour réclamer que le gouvernement augmente le budget accordé à l’Outaouais en santé, en éducation et pour les services communautaires. Une demande qui vient d’être rejetée.

Santé

Des failles dans le guichet d’accès à un médecin de famille

Le Guichet d’accès à un médecin de famille (GAMF) présente des lacunes qui se traduisent notamment par de longs délais d’attente et une priorisation parfois inadéquate des personnes, conclut la Protectrice du citoyen dans un rapport publié mardi.

Mis en place en 2016 par le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, pour favoriser l’accès à un médecin de famille, le GAMF a fait l’objet de plaintes et de signalements qui ont mené à une enquête de la Protectrice du citoyen, Marie Rinfret, et à la formulation de huit recommandations au ministère de la Santé.

La Protectrice du citoyen déplore que le formulaire d’enregistrement au GAMF ne comporte aucune question sur la médication, sur l’utilisation de services spécialisés ou sur le suivi de maladies chroniques, et qu’il ne dispose que d’un choix limité de réponses, de sorte que certains diagnostics ne sont pas mentionnés. 

«De l’avis même de 83% des coordonnateurs administratifs des GACO [guichets d’accès pour la clientèle orpheline], les problèmes de santé énumérés au formulaire ne sont pas suffisamment détaillés […], ce qui peut aller à l’encontre d’une priorisation adéquate des demandes», note Marie Rinfret dans son rapport. 

En outre, 13% des GACO (trois sur 24) n’offrent pas la possibilité de bénéficier d’une évaluation clinique lors de l’enregistrement au GAMF, faute de personnel infirmier, déplore la Protectrice du citoyen, qui recommande que le ministère de la Santé prenne «les moyens nécessaires afin que la priorisation des personnes enregistrées au GAMF reflète fidèlement leur état de santé».

Délai maximum de 60 jours

Marie Rinfret a également constaté que des personnes pouvaient attendre jusqu’à sept mois avant d’obtenir un premier rendez-vous après qu’elles se soient vues attribuer un médecin. Une situation préoccupante, surtout que ces personnes ne sont plus disponibles pour être attribuées à un autre médecin qui pourrait les prendre en charge plus rapidement, observe-t-elle. 

«De plus, ces personnes ne sont pas informées du nom du médecin qui leur a été attribué et ne peuvent donc pas communiquer avec celui-ci pour prendre rendez-vous ni pour faire était de changements à leurs conditions de santé», dénonce encore la Protectrice du citoyen, qui demande au ministère de faire en sorte que les personnes attribuées à un médecin soient réintroduites au GAMF à leur date d’enregistrement initiale si elles ne sont pas inscrites auprès de ce médecin dans un délai maximum de 60 jours. 

Autre constat: le partage géographique entre les territoires pour l’attribution d’un médecin de famille n’est pas «optimal». La Protectrice du citoyen note à cet effet que dans le Nord-de-l’Île-de-Montréal, le taux d’inscription à un médecin de famille n’est que de 63,5%, alors qu’il est de 91,3% dans la région de Chaudière-Appalaches. 

Actuellement, un médecin n’a pas l’obligation de recourir au GAMF pour recruter ses patients, rappelle-t-elle. «La participation volontaire des médecins est soulignée comme étant problématique par les GACO, qui se disent impuissants face au refus de certains médecins de collaborer à la prise en charge de nouveaux patients», souligne Marie Rinfret, qui pointe la région de Montréal comme étant «la plus problématique» à cet égard. 

La Protectrice du citoyen rappelle que «le régime public est universel» et que «la loi prévoit que toute personne a le droit de recevoir des services de santé et des services sociaux».

Interpellé par la péquiste Diane Lamarre pendant la période de questions de l’Assemblée nationale, le ministre Barrette s’est dit d’avis que «le guichet fonctionne». 

«Oui, il y a des choses à améliorer. Nous avons suggéré à la Protectrice de nous rencontrer, mais, malheureusement, cette rencontre n’a pas eu lieu. Nous aurions pu lui expliquer que nous sommes en train de faire des ajustements, qui étaient déjà prévus puisque nous avions déjà constaté certaines choses à améliorer», a dit le ministre de la Santé, qui s’est engagé à suivre les recommandations de la Protectrice du citoyen «puisque ce sont des éléments sur lesquels on travaillait déjà». 

Quant aux échéanciers fixés par Marie Rinfret, juin pour la majorité des recommandations et septembre pour les autres, le ministre a indiqué que «ce qui est faisable sera fait dans les délais requis». 

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GAMF ET GACO

Entre GAMF et GACO, vous y perdez votre latin? Pour la petite histoire, les Guichets d’accès pour la population orpheline (GACO) ont été implantés en 2008 pour augmenter l’accès aux services médicaux de première ligne. En avril 2016, dans le cadre d’une révision en profondeur du fonctionnement des GACO, le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a annoncé la création du Guichet d’accès à un médecin de famille (GAMF), un système informatique centralisé qui gère les demandes d’inscription à un médecin et qui est administrées par la Régie de l’assurance maladie du Québec. Ce sont toutefois les 24 GACO qui continuent d’offrir le service d’aide et d’accompagnement pour toute personne à la recherche d’un médecin de famille

Source: Protectrice du citoyen

Santé

Démence: Ottawa crée un comité consultatif

La ministre fédérale de la Santé, Ginette Petitpas Taylor, a annoncé lundi la mise sur pied d’un nouveau comité consultatif qui la conseillera sur les questions liées à la santé des personnes touchées par la démence.

Mme Petitpas Taylor a affirmé que le comité contribuera aux efforts du gouvernement pour concevoir une stratégie nationale sur la démence.

Santé

L’importance du don d’organes

Nicolas Blais fera don d’un de ses reins à son fils Louis-Frédéric qui est atteint d’une maladie rénale génétique très rare.

Pour ce père de famille du secteur Aylmer à Gatineau, il s’agit d’un geste naturel afin que son garçon de 12 ans puisse reprendre une vie normale. Si tout va bien, les opérations auront lieu d’ici la fin de l’année à Montréal. « S’il n’y a pas de transplantation, d’ici un an maximum Louis-Frédéric devra retourner en dialyse. Ça, c’est trois fois par semaine, autour de six heures par jour », a expliqué M. Blais, précisant qu’un nouveau rein devrait permettre à son fils d’être moins à risque devant les maladies et d’avoir beaucoup plus d’énergie.

Santé

Temps d’attente «pas fiable» pour les chirurgies

Les Québécois n’ont pas l’heure juste sur le temps d’attente pour une chirurgie dans le système public de santé.

C’est ce que constate la vérificatrice générale Guylaine Leclerc dans son rapport déposé mercredi. Selon elle, la façon de calculer le temps d’attente dans chaque hôpital est tellement différente d’un endroit à l’autre que les chiffres nationaux ne sont «pas fiables».

La VG estime que le temps d’attente pour un patient commence au moment où son médecin prend la décision de l’opérer. Toutefois, plusieurs jours, semaines ou mois peuvent s’écouler avant que ce patient ne soit officiellement inscrit sur les listes d’attente. 

À certains endroits, comme à l’Hôpital général juif de Montréal et à l’Hôpital régional de Saint-Jérôme, les gestionnaires demandent aux médecins de ne pas inscrire tout de suite leurs patients sur les listes d’attente s’ils «ne pensent pas être en mesure de les opérer dans le temps opératoire alloué», écrit la vérificatrice générale. 

Même si le temps d’attente est sous-estimé, les délais officiels dépassent souvent la cible fixée par le gouvernement. En 2015-2016, 39% des patients atteints de cancer n’étaient pas opérés dans les temps prescrits, soit en 28 jours. Mme Leclerc recommande au ministère de la Santé de diviser les cas de cancer en deux colonnes: les urgents et les non urgents, afin de mieux répondre aux besoins. Elle déplore que le ministère de la Santé n’ait pas «de vision globale de la répartition optimale des services chirurgicaux». 

Le rapport montre également que pendant que le nombre de chirurgies au Québec a augmenté de 5,5%, la rémunération des médecins qui pratiquent ces chirurgies a augmenté de 35,2%. «Donner plus d’argent aux médecins, la recette du ministre actuel, n’a pas donné plus de soins aux patients du Québec», a dénoncé la députée du Parti québécois Diane Lamarre. 

Le ministre de la Santé Gaétan Barrette rétorque qu’il est au travail pour répondre aux doléances de la vérificatrice générale. «Les réponses à toutes ces critiques-là, elles sont dans les actions qui sont en cours actuellement.» Selon lui, l’informatisation des données médicales à la grandeur du Québec permettra d’avoir bientôt un portrait plus clair. Quant au délai avant d’inscrire un patient sur une liste d’attente, le ministre le minimise, en soulignant qu’il ne s’agit souvent que d’une semaine ou deux. 

Dans son rapport, la vérificatrice générale indique également que l’Hôpital de Chicoutimi et l’Hôpital régional de Saint-Jérôme utilisent des équipements vétustes dans leurs salles de chirurgie. Des corridors encombrés et la proximité d’équipement stérile avec de l’équipement non stérile dans leurs blocs opératoires l’inquiète grandement.

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COÛTEUX, L'ÉOLIEN

La filière de l’éolien et des autres énergies alternatives est coûteuse pour Hydro-Québec. Parce qu’elle privilégie ces blocs d’énergie spécifiques, la société d’État a payé 2,5 milliards $ de plus en 8 ans. Entre 2009 et 2016, ces coûts supplémentaires ont été «inclus dans les tarifs d’électricité», note la vérificatrice générale. Les blocs d’électricité patrimoniale— qui provient des grands barrages hydro-électriques —, sont «trois fois moins chers.» La vérificatrice générale a également confirmé les chiffres qui circulaient depuis quelques mois. Hydro-Québec a puisé trop d’argent dans les poches de ses clients ces dernières années, soit 1,5 milliard $ entre 2005 et 2017. Cet écart de rendement a permis à la société d’État de verser 1,1 milliard $ de dividendes supplémentaires au gouvernement. La société d’État n’a pas l’intention de rembourser ses clients pour ces écarts de rendement, mais plutôt d’appliquer des ajustements sur les factures, à partir de 2019.

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LA DETTE SOUS-ESTIMÉE

Depuis 5 ans, le gouvernement du Québec n’utilise pas les mêmes pratiques comptables que le bureau du Vérificateur général. Si bien qu’il sous-estime sa dette nette et ses déficits de 9,6 milliards $ et surestime son surplus annuel de 215 millions $, dévoile la vérificatrice générale Guylaine Leclerc. Par exemple, lorsque le gouvernement investit sur 10 ans pour réparer une route ou des égouts, il ne calcule que l’argent qu’il décaisse l’année même, sans calculer les années à venir. Pour la VG, si les travaux sont faits, il faut calculer l’investissement total. «Pour nous, c’est clair que c’est une dette.» Même si le gouvernement Couillard défend sa façon de faire, Mme Leclerc recommande qu’il se plie aux Normes comptables canadiennes pour le secteur public. Elle demande également que les états financiers consolidés du gouvernement soient déposés plus rapidement à l’Assemblée nationale et non pas 53 jours après avoir été signés, comme ça a été le cas l’an dernier.

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BEAUCOUP DE BOULOT POUR LE VGQ

Les 260 employés du bureau du Vérificateur général du Québec ne manquent pas de pain sur la planche. Un autre volumineux rapport est attendu pour le mois de juin, qui cible plusieurs sujets d’actualité, comme le travail de l’Unité permanente anticorruption (UPAC), celui de l’Autorité des marchés financiers (AMF) et de la Commission de la construction. Cet été, l’équipe devra se mettre au travail pour écrire un rapport préélectoral sur l’état des finances publiques du Québec. Une charge que la vérificatrice générale Guylaine Leclerc s’estime en mesure d’accomplir, même s’il lui manque des joueurs. À l’heure actuelle, 32 postes sont encore vacants au VGQ, qui peine à attirer et à retenir les travailleurs. Le Conseil du trésor a octroyé en avril une hausse de salaire d’environ 10 % aux chargés de projet du VGQ, afin de favoriser leur rétention. Le manque de personnel a toutefois poussé le bureau à mettre de côté ou à reporter dans le temps certains mandats. 

Santé

Ruptures de services à l'urgence: appels pressants lancés aux médecins de famille

Les diminutions ou ruptures de services dans les urgences sont de plus en plus à craindre depuis que les médecins de famille ont des obligations de prise en charge. Devant les risques de découverture médicale, le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) a dû prendre des mesures pour inciter les médecins de famille à faire du dépannage.

Dans un message destiné à ses membres, la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) annonce que le MSSS a «levé les quotas d’inscription trimestriels pour les dépanneurs exclusifs». «Si vous souhaitez visiter la province en donnant un coup de main à vos confrères et consoeurs en région, le dépannage est pour vous», écrit la Fédération dans ce message daté du 18 avril.

Si des établissements font face à des risques de ruptures de services, c’est notamment parce que le ministère de la Santé a introduit en 2016 une limite d’inscription au dépannage, déplore la FMOQ. «Ainsi, on constate présentement que les deux tiers des nouveaux milieux adhérant au dépannage sont incapables de satisfaire leurs besoins pendant plusieurs mois, faute de dépanneurs immédiatement disponibles», dénonce-t-elle.

«Nous avons grand besoin de dépanneurs présentement, qu’ils soient exclusifs ou non», écrit la FMOQ, ajoutant que 16 des 18 régions sociosanitaires du Québec reçoivent présentement des médecins dépanneurs, «et la plupart affichent encore des disponibilités».

La Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ) vient également de publier un «appel immédiat de candidatures de médecins en disponibilité» pour la période du 25 juin au 2 septembre afin d’éviter des ruptures de services dans les urgences. 

5000 $ par semaine de disponibilité

Dans une infolettre datée du 4 mai, la RAMQ précise qu’en vertu d’une entente conclue entre le MSSS et la FMOQ, le médecin dépanneur dépêché dans un établissement reçoit un montant de 4365 $ par semaine de disponibilité, auquel s’ajoute la rémunération pour les patients qu’il voit. Le médecin «pompier» qui n’est pas dépêché, mais à qui on a néanmoins demandé de demeurer disponible, chez lui, en cas de besoin reçoit pour sa part un montant de 5060 $ par semaine. 

«Il faut que ce soit attractif, c’est sûr. Malgré ça, on a de la difficulté [à prévenir les découvertures]. L’an dernier, il fallait appeler les médecins personnellement pour leur demander de dépanner, et ceux qui l’ont fait ne l’ont pas fait pour l’argent», rapporte le porte-parole de la FMOQ, Jean-Pierre Dion. 

Selon lui, il y aurait présentement une soixantaine d’installations inscrites au mécanisme de dépannage au Québec. M. Dion n’était toutefois pas en mesure de nous dire mercredi combien d’établissements et lesquels étaient à risque de découverture médicale, nous référant au ministère de la Santé. 

Sans répondre à cette question, l’attachée de presse du ministre Gaétan Barrette, Catherine W. Audet, a brièvement indiqué par courriel que le ministère avait «les leviers nécessaires pour s’assurer que les urgences soient comblées, notamment les activités médicales particulières (AMP)». «Il n’y a pas lieu de s’inquiéter. Rappelons que les établissements ont la responsabilité de l’organisation des services», nous a-t-elle écrit en fin de journée. 

Découvertures annoncées

Selon le Dr Simon-Pierre Landry, co-porte-parole du Regroupement des médecins omnipraticiens pour une médecine engagée (ROME), les diminutions ou ruptures de services dans les urgences sont de plus en plus courantes depuis que les ressources médicales ont été déplacées vers les cabinets pour faire de la prise en charge.  

«Il n’y a pas que les petites urgences en région qui ont de la difficulté à remplir leurs grilles de garde, les plus gros hôpitaux dans les villes ont aussi un problème d’effectifs qui se traduit par des diminutions de services. Dans ces cas-là, il n’y a pas de fermeture comme on l’a vu à Paspébiac la nuit, mais il y a des réductions de quarts de travail» comme c’est le cas actuellement dans les urgences des hôpitaux de Hull et de Gatineau, s’inquiète le  Dr Landry. 

Selon Jean-Pierre Dion, le fond du problème, c’est la pénurie de médecins de famille. «On se répartit la pénurie parce qu’on a dévalorisé la médecine de famille, et tant qu’on va se partager la rareté, le problème va persister», dit le porte-parole de la FMOQ, qui rappelle qu’un nombre record de postes de résidents en médecine de famille sont restés vacants cette année.