Santé

Un médicament est nouvellement disponible pour l’aide médicale à mourir

Seul un faible pourcentage des Canadiens qui ont reçu une aide médicale à mourir ont choisi de prendre eux-mêmes le cocktail de médicaments qui mettra fin à leur vie.

Cela pourrait changer avec la disponibilité au Canada du sécobarbital, le médicament le plus utilisé pour l’aide médicale à mourir ailleurs dans le monde.

Le sécobarbital serait la meilleure option pour les individus mourants qui veulent contrôler le plus possible leurs derniers instants, y compris le moment où ils choisiront eux-mêmes de prendre le médicament.

Une spécialiste de l’aide médicale à mourir, la docteur Stephanie Green, a dit que le sécobarbital est le «barbiturique de choix» en raison de son «action rapide» qui réduit l’attente avant la mort. D’autres cocktails de médicaments, a-t-elle dit, prolongent la mort et n’offrent aucune garantie de succès.

Santé Canada rapporte que 1982 Canadiens ont reçu une aide médicale à mourir entre juin 2016 et juin 2017, la première année pendant laquelle cette aide était légale au Canada. Seulement cinq d’entre eux se sont eux-mêmes donné la mort.

La docteur Green explique que les médicaments pris par la bouche peuvent avoir mauvais goût, provoquer des nausées ou endormir le patient avant que toute la dose ait été prise, ce qui en réduira l’efficacité. Le sécobarbital est plus soluble que les autres barbituriques, ce qui signifie qu’il peut être dissous dans une plus petite quantité de liquide, réduisant le risque que le patient ne prenne pas toute la dose.

Le sécobarbital pourrait se révéler utile dans les régions rurales ou éloignées où il est difficile d’obtenir les services d’un médecin ou d’une infirmière praticienne. Certaines provinces, comme la Colombie-Britannique, exigent aussi la présence d’un médecin jusqu’à la mort du patient, même si le patient prend lui-même le médicament, ce qui est impossible quand le barbiturique prend des heures, voire des jours, à faire effet, a dit la docteur Green.

Actualités

Percée majeure dans la lutte au cancer de la prostate

Le professeur Robert Day et son équipe viennent de découvrir un mécanisme biochimique majeur qui pourrait être au cœur de la progression du cancer de la prostate, qui est le premier cancer en importance chez les hommes. En effet, il touche un Canadien sur sept et pourrait, d’ici quelques années, affecter un homme sur quatre. La percée, publiée dans Cancer Research, apparaît si prometteuse que l’équipe planche déjà sur des applications diagnostiques et thérapeutiques.

« Cette découverte va rendre le développement de cibles thérapeutiques plus optimal, c’est un espoir de taille pour les patients atteints du cancer de la prostate. Ça ouvre également la voie à de nouvelles avenues sur le plan du diagnostic et de la thérapie plus personnalisée », explique le premier auteur de l’article paru dans Cancer Research, l’étudiant au doctorat en biochimie Frédéric Couture.

Le groupe de la faculté de médecine et des sciences de la santé (FMSS) de l’Université de Sherbrooke avait déjà identifié l’enzyme PACE4, une protéine qui est surexprimée chez les individus atteints. L’inhibition de la protéine PACE4 a pour effet de bloquer la progression du cancer de la prostate. Il n’en demeure pas moins que le mécanisme d’action de cette protéine restait mal compris… du moins jusqu’à aujourd’hui.

Robert Day et son équipe ont fait une trouvaille tout à fait inattendue. Ils ont découvert que l’enzyme PACE4 a en fait une petite jumelle, sous une forme alternative. Appelée PACE4 alternative, cette protéine isoforme résulte d’une transformation interne de sa grande sœur, PACE4. Contrairement à PACE4, qui se retrouve dans toutes les cellules du corps, la PACE4 alternative se situe uniquement dans les cellules cancéreuses.

« Tous nos efforts de recherche se sont concentrés sur la protéine PACE4 dans le cancer de la prostate. Dans ce contexte, retrouver une forme alternative a été une grande surprise. Cette découverte fortuite s’avère très importante, car nous savons aujourd’hui que c’est la forme alternative qui joue un rôle important dans la progression des cellules cancéreuses », souligne Robert Day, le professeur-chercheur au département de chirurgie – service d’urologie de la FMSS et au Centre de recherche clinique du CHUS. La PACE4 alternative se retrouve également dans d’autres cancers tels que le cancer de la thyroïde, du pancréas et des poumons.

Majoritairement supportés par la Fondation Movember/Cancer de la prostate Canada, ces travaux n’auraient pu voir le jour sans la collaboration du chirurgien et urologue Robert Sabbagh. Le Dr Sabbagh suit et opère de nombreux patients atteints du cancer de la prostate en plus de piloter plusieurs travaux de recherche sur le sujet. Contributeur actif de la banque d’échantillons biologiques et de données aux fins de recherche sur le cancer de la prostate, Dr Sabbagh est un complice de la première heure des travaux du professeur Day. Ce mélange des expertises scientifique et clinique offre une perspective incomparable sur la réalité des patients et de la recherche.

Santé

Une coroner se penchera sur le décès de Georgette Marcotte

Une investigation du coroner est en cours pour faire la lumière sur le décès de Georgette Marcotte, survenu en mars dernier à l’Hôpital de Hull, a appris Le Droit.

C’est à la demande de la famille de Mme Marcotte qu’une coroner a été mandatée pour étudier son dossier, puisque cela n’avait pas été demandé par l’équipe médicale lors du décès. Le dossier a été confié à Me Joanne Lachapelle, coroner à temps partiel en Outaouais, a indiqué une porte-parole du Bureau du coroner.

Le Droit rapportait dans son édition de jeudi l’histoire de Mme Marcotte, décédée à l’âge de 83 ans après un séjour à l’Hôpital de Hull au cours duquel ses filles, Marie-France et Fernande Thivierge, affirment avoir constaté de la « négligence » à son égard.

Les proches de Mme Marcotte, qui attendent toujours d’obtenir les conclusions d’un médecin examinateur sur l’aspect médical de leur plainte, ont vu certaines de leurs doléances être reconnues par le commissaire aux plaintes du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO), Louis-Philippe Mayrand.

« En tenant compte de l’ensemble des informations [...], il semble que votre mère a souffert pendant son hospitalisation des impacts liés au manque de personnel et à la réorganisation de l’unité de soins, écrit notamment M. Mayrand dans son rapport. [...] Vous avez raison d’être insatisfaite et vous pouvez être certaine que notre équipe assurera le suivi nécessaire auprès de la direction concernée. »

Santé

Coup de pouce pour les prématurés

Aujourd’hui, à peu près rien n’y paraît tellement ils sont en forme et que leur croissance est normale, même au-delà de la moyenne. Mais les premiers mois de vie de Philippe, 4 ans, et de sa sœur Catherine, 2 ans, ont été synonymes de montagnes russes d’émotions pour leurs parents.

Comme quelque 1300 autres nouveau-nés par an à l’Hôpital d’Ottawa, tous les deux sont nés prématurément, ayant vu le jour respectivement après 26 et 24 semaines. Ils sont de très grands prématurés.

« Philippe a été hospitalisé pendant deux mois et demi après sa naissance, alors que pour Catherine, ç’a été trois mois et demi. Il y avait une grosse infection dans mon placenta et on ne le savait pas. […] Pour un parent, c’est la pire chose qui peut t’arriver. C’est stressant, tu dors à la maison avec le téléphone de la maison et ton cellulaire à côté de ton oreille, avec le volume au maximum, au cas où on reçoit un appel durant la nuit », raconte leur maman Patricia-Anne Croteau.

À deux jours de la Journée mondiale de la prématurité, elle et son conjoint Claude faisaient partie des dizaines de familles qui ont assisté mercredi au dévoilement du nouveau Programme de soins de soutien de la Banque Scotia. L’institution a annoncé un don de 500 000 $ dédié à la campagne de financement de la Fondation de l’Hôpital d’Ottawa pour les travaux de modernisation de l’Unité des soins intensifs néonataux (USIN) du Campus Général.

L’initiative permettra d’aider à améliorer les soins intensifs pour ces bébés qui sont, c’est le moins que l’on puisse dire, minuscules et fragiles à leur arrivée dans ce monde. Catherine, par exemple, pesait 1 livre et 7 onces à sa naissance. On parle ici d’à peine 650 grammes.

La cure de métamorphose permettra entre autres d’agrandir l’USIN, l’unité comptant actuellement plusieurs lits par chambre. L’aménagement de chambres individuelles diminuera les risques d’infection et offrira un environnement plus calme aux prématurés, un élément essentiel à leur développement.

« J’ai hâte de voir le résultat final des rénovations. Nous nous impliquons chaque année, entre autres en faisant un important don, c’est un peu notre façon de dire merci. Dans notre cas, on a malgré tout été chanceux », soutient Mme Croteau avant de jeter un regard attendri à ses deux enfants.

Jusqu’à présent, environ 80 % de l’objectif de cinq millions $ de la Fondation a été amassé.

On ignore pour l’instant quel est l’échéancier des travaux de rénovation, qui n’ont toujours pas débuté. L’institution attend que la province détermine à combien se chiffrera l’investissement.

On estime qu’environ 8 % des nouveau-nés sont prématurés au Canada, c’est-à-dire qu’ils ont vu le jour avant 37 semaines de grossesse. À 23 semaines de grossesse, le taux de survie d’un poupon oscille entre 10 % et 30 %, alors qu’il grimpe à 95 % à 28 semaines.

Santé

«L’hôpital a fait mourir ma mère»

En amenant leur mère à l’Hôpital de Hull, en mars dernier, Fernande et Marie-France Thivierge n’ont jamais pensé une seule seconde qu’elle n’en ressortirait pas vivante. Toujours en attente des conclusions d’un médecin examinateur pour comprendre comment une infection à la jambe a pu dégénérer si rapidement, les sœurs ont vu certaines de leurs récriminations être reconnues par le commissaire aux plaintes.

« Je suis convaincue que l’hôpital a fait mourir ma mère », laisse tomber Marie-France Thivierge, plus de sept mois après le décès de Georgette Marcotte.

L’octogénaire a été amenée à l’urgence de l’Hôpital de Hull par ses filles, au début mars, en raison de « rougeurs à la jambe ». On lui a prescrit des antibiotiques intraveineux et un examen qui aurait finalement été annulé pour des raisons médicales, relatent ses filles.

La dame est hospitalisée. Après environ une semaine, son autre jambe se met « à enfler et à couler ». Un examen « indique qu’une artère est bloquée dans une seule jambe », rapportent les sœurs Thivierge.

Les deux femmes affirment que tout au long de l’hospitalisation de leur mère, jusqu’à son décès le 22 mars, elles ont été tenues dans le néant quant à son état de santé.

« On n’a jamais été mis au courant de rien, déplore Marie-France Thivierge. Ils l’ont transférée en haut et ils l’ont laissée poireauter toute seule. »

Les sœurs affirment avoir constaté beaucoup de « négligence » à l’égard de leur mère. Cette dernière a notamment raconté à ses proches avoir été « oubliée » pendant 45 minutes sur le siège d’aisance. Les membres de sa famille disent aussi l’avoir tour à tour retrouvée seule dans son urine ou ses excréments. « Elle sonnait la cloche, mais personne ne venait », s’insurgent les filles de Mme Marcotte.

Le jour du décès de l’octogénaire, sa fille Fernande la visite sur l’heure du midi. « Elle avait une pilule qui n’était même pas avalée sur le bord de la bouche », raconte-t-elle. Mme Thivierge a alors quitté l’hôpital, n’ayant reçu aucune indication de la part de l’équipe soignante voulant que l’état de sa mère soit critique. « Ils ont dit qu’elle allait bien », affirment les sœurs Thivierge.

En fin d’après-midi, Fernande reçoit un appel. « On me dit que ma mère est en train de partir », se souvient-elle. Elle accourt sur place. « J’ai juste eu la chance d’arriver pour son dernier souffle. »

La famille a porté plainte. Dans son rapport daté de la fin octobre dont Le Droit a obtenu copie, le commissaire aux plaintes du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO), Louis-Philippe Mayrand, donne raison aux proches de Mme Marcotte quant au manque d’aide observé de la part du personnel lors de son hospitalisation.

« En tenant compte de l’ensemble des informations [...], il semble que votre mère a souffert pendant son hospitalisation des impacts liés au manque de personnel et à la réorganisation de l’unité de soins. [...] Vous avez raison d’être insatisfaite et vous pouvez être certaine que notre équipe assurera le suivi nécessaire auprès de la direction concernée », écrit M. Mayrand dans son rapport.

Dans son analyse du dossier, le commissaire a appris que l’unité où se trouvait Mme Marcotte était « en reconstruction et qu’il [manquait] de personnel régulièrement ». « De plus, votre mère était à une unité de chirurgie avec des usagers en post-opération nécessitant une présence étroite et une surveillance accrue », ajoute-t-il.

Le chef de l’unité a tout de même « rencontré les membres de son équipe pour réitérer l’importance des tournées visuelles et de répondre aux cloches », précise le commissaire.

La famille de Mme Marcotte attend maintenant les conclusions du médecin examinateur mandaté pour étudier l’aspect médical de leur plainte. 

Le bulletin de décès remis à ses proches indique que la cause est une « ischémie » à la jambe, soit un problème d’irrigation sanguine.

Santé

Les femmes sont moins susceptibles de recevoir des manoeuvres de réanimation

Un passant est moins susceptible de pratiquer des manœuvres de réanimation sur une femme que sur un homme, et la victime est donc plus susceptible de mourir, possiblement en raison des hésitations à toucher une femme dans la région de la poitrine, indique une nouvelle étude.

Seulement 39 pour cent des femmes terrassées par un arrêt cardiaque dans un endroit public ont profité de manœuvres de réanimation cardiorespiratoire (RCR), comparativement à 45 pour cent pour les hommes. Les chances de survie des hommes étaient supérieures de 23 pour cent à celles des femmes.

Ces conclusions sont tirées de l’examen de quelque 20 000 incidents à travers les États-Unis. Cette étude est la première à se pencher sur la différence entre les hommes et les femmes au chapitre de l’aide reçue d’un passant, comparativement à l’aide des premiers répondants.

L’auteure de l’étude, Audrey Blewer de l’Université de la Pennsylvanie, a expliqué qu’il peut être « intimidant » de pousser « fort et vite » en plein centre de la poitrine d’une femme, et que certains secouristes pourront craindre « de lui faire mal ».

Les secouristes pourront aussi hésiter à déplacer les vêtements d’une femme pour obtenir un meilleur accès, ou à toucher ses seins pour pratiquer la RCR, mais des manœuvres effectuées correctement « n’impliquent pas cela », a assuré un autre auteur de l’étude, le docteur Benjamin Abella, puisque les mains sont normalement placées sur le sternum, au centre de la poitrine et entre les seins.

Cette étude a été présentée dimanche lors d’une conférence de la Société américaine du cœur.

Plus de 350 000 Américains sont victimes chaque année d’un arrêt cardiaque ailleurs qu’à l’hôpital. Environ 90 pour cent des victimes meurent, mais la RCR peut doubler ou tripler les chances de survie.

Aucune différence n’a été constatée entre les hommes et les femmes en ce qui a trait à la RCR pratiquée à la maison, un environnement dans lequel le secouriste est plus susceptible de connaître la victime.

Santé

De nouvelles recettes dans les CHSLD

L’institut qui forme les plus grands chefs du Québec rejoindra bientôt une toute nouvelle clientèle: les résidants des CHSLD.

Ce nouveau partenariat entre le ministère de la Santé et l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec (ITHQ) est toutefois loin de convaincre certains acteurs du milieu qui affirment que cette expertise existe au sein même du réseau de la santé.

Dans une alliance qui peut sembler à première vue surprenante, l’ITHQ s’est vu confier le mandat de réaliser 40 recettes destinées à répondre aux goûts et aux habitudes culinaires des résidants des Centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) issus des communautés culturelles.

«Pourquoi ne pas troquer le pâté chinois pour la moussaka?», a lancé la directrice générale de l’ITHQ, Liza Frulla, en point de presse, visiblement enthousiasmée par le projet.

C’est d’ailleurs Mme Frulla elle-même qui a contacté le ministère de la Santé pour proposer un partenariat avec l’ITHQ. «C’est un très grand honneur pour nous», assure-t-elle.

Également présent à l’annonce, qui s’est déroulée lundi après-midi dans les locaux de l’ITHQ à Montréal, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, a fait valoir que le gouvernement «est en train de mettre en place, à la grandeur du Québec, un menu adapté au goût de la population».

Cette initiative s’inscrit d’ailleurs dans le cadre de la révision de l’offre alimentaire en CHSLD amorcée il y a un an avec le lancement d’un projet pilote dans la région de Québec visant à offrir à tous les résidants des repas chauds, nutritifs et appétissants.

L’équipe de chercheurs de l’ITHQ bénéficiera d’une enveloppe de 100 000 $ pour développer 40 recettes d’inspiration méditerranéenne, asiatique et caribéenne.

Le CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal, dont environ 50 % de la population desservie est issue des minorités culturelles, pilotera le projet.

Pour connaître les préférences des clients des CHSLD, l’équipe de l’ITHQ ira directement rencontrer les résidants et des membres de leurs familles, explique le ministre Barrette.

Ce nouveau menu ethnoculturel sera développé d’ici la fin du mois de mars. La quarantaine de plats principaux s’ajoutera aux 72 nouvelles recettes élaborées dans le cadre du projet pilote mis en place dans la région de Québec.

D’ici la fin de l’année 2018, l’ensemble de ces nouveaux menus devraient être offerts dans toutes les régions du Québec.

La présidente de l’Ordre professionnel des diététistes du Québec s’étonne toutefois que le ministère de la Santé fasse appel à un institut externe pour développer de nouvelles recettes. «C’est la première fois qu’on parle de débloquer de l’argent (pour l’offre alimentaire), mais là il le débloque à l’extérieur du réseau de la santé alors qu’on a des gens qualifiés à l’interne dans le réseau pour faire ce genre d’exercice-là», explique Paule Bernier.

Actualités

Les avancées d’un chercheur sur l’alzheimer récompensées

Les recherches en cours du professeur-chercheur Stephen Cunnane pourraient très bientôt ouvrir la porte à un traitement alimentaire capable de ralentir la progression de la maladie d’Alzheimer. C’est pour ses avancées dans ce domaine que le chercheur vient de recevoir la médaille Chevreul, une prestigieuse reconnaissance attribuée en France pour l’ensemble de ses travaux sur l’alimentation nutritionnelle et énergétique du cerveau.

Ce professeur-chercheur à la faculté de médecine et des sciences de la santé de l’Université de Sherbrooke et au Centre de recherche sur le vieillissement du CIUSSS de l’Estrie – CHUS est reconnu internationalement pour ses travaux entourant les cétones, des molécules « carburant » du cerveau fabriquées par le foie à partir de certains gras alimentaires. On les trouve, par exemple, en faible quantité dans l’huile de noix de coco ou dans certains suppléments nutritionnels.

Avec son équipe, Stephen Cunnane a établi que les difficultés du cerveau à s’alimenter normalement lors du vieillissement sont spécifiquement liées à des difficultés à utiliser le glucose (une forme de sucre produit dans le corps), et que ce problème surgit très tôt dans la maladie d’Alzheimer.

« Un de nos projets en cours vise à confirmer l’efficacité d’un traitement alimentaire riche en cétones qui corrige le déficit énergétique du cerveau vieillissant pour ralentir les pertes de mémoire associées à la maladie d’Alzheimer, dès que celle-ci est détectée », dit Stephen Cunnane, également titulaire de la Chaire de recherche sur le métabolisme cérébral et la cognition au cours du vieillissement de l’Université de Sherbrooke. Les résultats s’annoncent prometteurs.

Ses travaux, au cours des 30 dernières années, ont également permis de comprendre l’importance des oméga-3 dans le développement et le vieillissement normal du cerveau.

Chaque année, la Société française pour l’étude des lipides (SFEL) octroie la médaille Chevreul à deux récipiendaires, l’un de France et l’autre d’un autre pays, pour souligner leur contribution à la recherche dans le domaine des lipides alimentaires. En plus de 50 ans, elle n’a été octroyée que trois fois à des Canadiens.

Santé

Des adultes autistes regrettent d’être peu consultés sur les programmes

TORONTO — Un nombre croissant d’entreprises canadiennes offrent des programmes et des services adaptés pour les personnes autistes, mais certains membres adultes de leur public cible voudraient avoir davantage leur mot à dire dans la mise en forme de ces propositions.

Des organisations – chaînes de salles de cinéma, aéroports, laboratoires d’analyse de sang, etc. – ont conçu des programmes visant à répondre aux besoins des gens avec des handicaps cognitifs ou de sensibilités sensorielles.

Les programmes vont d’applications électroniques détaillant les étapes d’activités courantes se déroulant dans une entreprise à des événements sensoriels adaptés comprenant par exemple une luminosité plus forte et des bruits plus tempérés.

Plusieurs des entreprises impliquées dans cette tendance croissante affirment qu’elles sont déterminées à soutenir une population mal desservie, ajoutant que les membres de la communauté autistique ont eu leur mot à dire dans l’élaboration et la mise en œuvre de leurs programmes.

Rôle plus direct

Toutefois, certains adultes autistes, tout en saluant l’attention portée à de meilleurs services, disent croire qu’ils devraient avoir un rôle plus direct pour présenter des perspectives qui pourraient ne pas être soumises par certains groupes d’aide ou de militants liés à l’autisme.

Ils affirment que bon nombre de ces organisations sont dirigées par des thérapeutes ou des parents d’enfants autistes, qui pourraient ne pas être à même de faire valoir adéquatement les besoins d’adultes vivant les troubles de l’autisme au quotidien. Leur avis, soutiennent-ils, pourrait contribuer grandement à s’assurer que les programmes actuels et futurs soient inclusifs pour les personnes autistes.

« Je suis très contente qu’il y ait un virage et une attention envers l’offre d’accommodements, pas seulement dans les écoles, mais dans les endroits où nous nous rendons dans notre vie au quotidien. Néanmoins, nous n’avons pas été consultés pour un grand nombre (de ces projets) », affirme Vivian Ly, présidente du groupe Canadian Autistics United (CAU), dirigé par des adultes souffrant de l’autisme.

Sur la bonne voie

Mme Ly aurait par exemple des conseils à donner pour le programme « Servir des clients autistes » du fournisseur de services d’analyse de sang LifeLabs.

Mme Ly, qui a déjà utilisé le service, dit croire que LifeLabs est sur la bonne voie. Elle ajoute toutefois que le personnel devrait être plus proactif en ce qui a trait au malaise des patients relativement au contact physique.

« Ce serait bien que les professionnels de la santé ne nous laissent pas la responsabilité de clarifier que nous n’aimons pas être touchés à moins d’être avertis au préalable », fait-elle valoir.

Santé

Caméras de surveillance dans les CHSLD: mauvaise idée, selon la CSQ

MONTRÉAL - L'une des solutions préconisées par le gouvernement provincial pour tenter d'enrayer la maltraitance envers les personnes âgées vivant dans les centres d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) est qualifiée d'«inadmissible» par la présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Louise Chabot.

Mme Chabot estime que l'idée d'ouvrir la porte à l'installation de caméras de surveillance dans l'environnement immédiat de ces aînés n'a aucun sens.

Elle juge qu'en permettant la mise en place de tels dispositifs - à l'insu notamment du personnel soignant - par les usagers eux-mêmes ou par leurs représentants légaux, Québec ne manquerait pas de favoriser un désengagement de la part des directions des CHSLD qui seraient elles aussi maintenues dans l'ignorance.

Or, selon la présidente de la CSQ, «s'il y a des problèmes de santé, de sécurité et de qualité de vie pour les aînés, elles doivent y voir» avec l'aide du gouvernement.

Elle croit qu'en aucun cas, cette lourde responsabilité ne devrait incomber aux usagers ou à leurs proches.

D'ailleurs, elle ne cherche pas à masquer son exaspération lorsqu'elle aborde ce sujet sensible.

«(Que le gouvernement) en soit rendu à dire aux familles de surveiller leurs personnes âgées parce qu'il ne peut pas garantir la qualité des soins, c'est quand même incroyable», lance Louise Chabot, visiblement indignée.

À son avis, pour s'assurer que les aînés habitant dans les CHSLD soient traités avec respect et diligence, il n'y a pas 36 solutions.

Il faut, d'après Mme Chabot, que Québec s'attaque sans attendre à l'épineux problème du manque d'effectifs dans ces établissements.

«C'est sa responsabilité de fournir les ressources nécessaires afin d'assurer la qualité des services», note-t-elle.

D'après Louise Chabot, «le personnel à bout de souffle fait un travail remarquable malgré les grands chambardements imposés au réseau de la santé».

Cependant, en faisant en sorte que ses moindres faits et gestes puissent être observés à l'aide de caméras, le gouvernement l'obligerait à évoluer dans un environnement professionnel teinté par une «insécurité inconcevable», conclut la présidente de la Centrale des syndicats du Québec.