Santé

Fortin plus tempéré que Barrette

« Il y a des aspects » de la réforme du réseau de la santé du ministre Gaétan Barrette « sur lesquels il faut continuer à travailler », estime son collègue député de Pontiac et ministre des Transports, André Fortin.

Alors que le ministre Barrette rejetait, le mois dernier, la quasi-totalité des reproches formulés à l’encontre de sa réforme dans un rapport commandé par le groupe Santé Outaouais 2020 sur la situation observée dans le Pontiac, le ministre André Fortin s’est montré plus tempéré, lundi, en réagissant pour la première fois à ce dossier.

« Dans une réforme globale comme celle qu’a proposée le ministre Barrette, je pense qu’il y a des choses [pour lesquelles] immédiatement, on peut voir des résultats tangibles de réformes comme ça, des choses positives, et il y a des aspects sur lesquels il faut continuer à travailler », a mentionné le député de Pontiac.

M. Fortin a souligné que l’accès à un médecin de famille « va beaucoup mieux que ça allait il y a quelques années » en Outaouais et dans le Pontiac, mais reconnaît qu’il y a « des choses », comme « le système de référence en travail social, sur lesquelles » le réseau « peut encore continuer à travailler ».

Le ministre Fortin a également indiqué avoir discuté avec son collègue de la Santé de la recommandation du rapport de Santé Outaouais 2020 visant une représentation du Pontiac au sein du conseil d’administration du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais.

« Il était d’accord avec moi que d’avoir des représentants non seulement des régions, mais des sous-régions à l’intérieur du conseil d’administration, c’est tout à fait souhaitable, donc c’est quelque chose qui pourrait être regardé lors du renouvellement du mandat des membres, qui doit s’amorcer bientôt, a mentionné M. Fortin. Donc je pense qu’effectivement, il y a des éléments, à l’intérieur du rapport, sur lesquels on peut se pencher davantage pour améliorer le système pour les utilisateurs. »

Santé

Barrette tassé aussi des négos avec les omnipraticiens

À l’instar de leurs confrères spécialistes, les médecins de famille négocieront l’application des lois 20 et 130 non plus avec le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, mais avec le comité formé en décembre par le premier ministre Philippe Couillard.

Lorsque la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) a appris que le ministre Barrette venait de se voir retirer les négociations entourant l’application des lois 20 et 130 avec les spécialistes, elle n’a fait ni une ni deux et a écrit une lettre au premier ministre lui réclamant d’accorder «le même traitement» à ses membres.

Le 20 décembre, la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) a annoncé que Philippe Couillard avait décidé de confier au négociateur en chef du gouvernement, Maurice Charlebois, à la secrétaire associée du Conseil du Trésor, Édith Lapointe, et au secrétaire général sortant du Conseil exécutif, le Dr Roberto Iglesias, non seulement les négociations sur l’entente de rémunération et les conditions de pratique des spécialistes, mais aussi le dossier des lois 20 et 130. 

La présidente de la FMSQ, la Dre Diane Francoeur, s’apprêtait à annoncer le dépôt d’une poursuite pour faire déclarer inopérantes certaines dispositions de la loi 130, qui impose de nouvelles obligations aux spécialistes pour conserver leurs privilèges de pratique en hôpital, lorsqu’elle aurait reçu un appel du premier ministre l’informant de sa décision, a relaté la Dre Francoeur en conférence de presse.

Dans sa lettre envoyée à Philippe Couillard au lendemain de cette annonce, le président de la FMOQ, le Dr Louis Godin, rappelle que sa fédération avait elle aussi transmis une «mise en garde juridique» au ministre Barrette et au sous-ministre Michel A. Bureau concernant les «potentielles violations contenues dans les lois 20 et 130 sur le droit des médecins omnipraticiens à la négociation des conditions d’exercice de leur profession». 

Engagements verbaux et écrits

Le Dr Godin rapporte également que lors des nombreuses discussions entre Québec et la FMOQ ayant mené au renouvellement, en juillet, de l’entente sur la rémunération et les conditions de pratique des médecins de famille, l’équipe de négociation du gouvernement aurait mentionné aux représentants de la Fédération que «toute modification qui pourrait être concédée favorablement aux médecins spécialistes serait accordée également à nos membres sur la base du principe de l’équité».

«Le ministre de la Santé […] a d’ailleurs confirmé par écrit cet engagement dans une lettre datée du 22 septembre dernier. De plus, le ministre de la Santé […] nous a récemment confirmé à plusieurs reprises, verbalement, qu’il n’entendait pas mettre en application la loi 20 considérant les efforts soutenus des médecins omnipraticiens dans l’atteinte des cibles», écrit encore le président de la FMOQ dans sa missive adressée au premier ministre.

«Considérant l’impact important des lois en cause sur les conditions d’exercice de la profession de nos membres ainsi que sur l’engagement convenu, nous vous demandons expressément de nous accorder le même traitement que celui offert aux spécialistes», réclame le Dr Godin.

Dans un message daté du 12 janvier adressé aux membres de la FMOQ, le Dr Louis Godin affirme avoir obtenu une réponse rapide de Maurice Charlebois, qui lui aurait confirmé que «le même cadre de discussion et de négociation serait mis en place avec les médecins omnipraticiens». 

«Dans les semaines à venir, nous amorcerons donc, sûrement dans un contexte beaucoup plus serein d’ailleurs, des discussions avec ce nouveau comité de négociation», conclut le Dr Godin.  

Santé

Québec doit payer le gros prix pour éviter les débordements dans les urgences

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, se voit forcé de payer le gros prix pour soulager les débordements des urgences à l’approche de la pointe de la saison de la grippe.

«Nos urgences sont débordantes actuellement et elles vont le demeurer encore certainement quelques jours», a laissé tomber le ministre, vendredi, en conférence de presse à Montréal.

M. Barrette a annoncé une injection annuelle de 23,25 millions $ afin d’ouvrir 350 places additionnelles en ressources intermédiaires dans la région de Montréal et ses couronnes nord et sud.

Ces places, issues pour la plupart du secteur privé, permettront de libérer des lits de courte durée dans les hôpitaux pour les patients qui ont déjà été vus à l’urgence, mais qui y sont toujours faute de place ailleurs dans l’hôpital, une des principales causes de l’engorgement des unités d’urgences.

Les nouvelles places pourront accueillir les patients hospitalisés qui ont besoin de soins plus légers que ceux offerts à l’hôpital.

Beaucoup plus cher

L’an dernier, Québec avait ajouté 100 millions $ pour développer 2000 places, soit un coût moyen de 50 000 $ par place.

Cependant, le gouvernement y était allé par appel d’offres, ce qu’il n’a pu faire cette fois-ci en raison d’un besoin pressant.

Le coût unitaire des 350 places annoncées vendredi s’élève ainsi à 66 428 $, soit 33 pour cent plus cher que celles obtenues l’an dernier.

Le ministre Barrette a fait valoir que le gouvernement a «acheté, loué ou contractualisé tout ce qui était disponible sur le marché» lorsqu’il a investi les 100 millions $ l’an dernier, lançant ainsi un signal qui n’a pas échappé au secteur privé.

«Quand le réseau a vu ça, il y a bien des gens qui ont saisi l’opportunité et (ont décidé d’aller) dans cette direction-là», a-t-il fait valoir, reconnaissant du même coup que la situation actuelle avait joué en leur faveur.

«Est-ce que normalement on va en appel d’offres? La réponse est oui, toujours, sauf dans les cas d’exception» comme maintenant, a précisé M. Barrette, parce qu’il y a une situation plus urgente.

Les urgences débordent déjà, notamment en raison d’une efficacité décevante du vaccin contre la grippe, alors que la pointe de la saison de grippe n’est attendue que dans trois semaines environ et devrait durer de quatre à six semaines.

Pas de réduction durant la relâche

En plus de l’ajout de nouvelles places, le ministre Barrette a annoncé que les hôpitaux devront maintenir le niveau de personnel régulier durant la relâche scolaire, période où habituellement les établissements fonctionnent avec un personnel réduit comme durant les Fêtes et à l’été.

«Nous avons demandé au réseau de prendre les mesures nécessaires pour qu’il n’y ait pas de réduction de services pendant les prochaines vacances scolaires», a déclaré le ministre, précisant toutefois que cela ne signifierait pas pour autant un accroissement du temps supplémentaire ou une annulation de vacances. Gaétan Barrette se dit convaincu que les ressources disponibles, notamment celles qui oeuvrent normalement à temps partiel, suffiraient à la tâche.

Le ministre Barrette a précisé que les places qu’il a louées ou achetées se trouvent dans les régions de Montréal, Laval, la Montérégie et Laurentides-Lanaudière et qu’il s’agit de la totalité des nouvelles places qu’il a pu dénicher.

Il affirme qu’il n’y a aucune autre place disponible dans les autres régions, qui avaient aussi bénéficié de l’ajout des 2000 places de l’an dernier.

Importants progrès

L’ajout de 2000 places en ressources intermédiaires a tout de même permis de réaliser un pas important, soit de réduire considérablement la proportion de patients hospitalisés dans des lits de courte durée alors qu’ils ne nécessitent pas ce niveau de soins.

Historiquement, tant au Québec qu’ailleurs au Canada, les hôpitaux voient entre 10 et 15 pour cent de leurs lits occupés de cette façon.

Gaétan Barrette affirme que l’ajout des places a permis en une seule année de réduire cette proportion entre 3 et 5 pour cent selon les hôpitaux.

Il s’agit toutefois d’une moyenne annuelle et cette proportion a recommencé à grimper avec l’arrivée hâtive de la grippe d’une part et, d’autre part, les nombreuses hospitalisations pour des chutes ces derniers jours à la suite des précipitations de pluie verglaçante.

Santé

Un patient qui voulait être servi en anglais au CHUM se plaint d’un médecin

Un patient du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM) a déposé une plainte à l’hôpital contre un urologue réputé qui aurait refusé de le servir parce qu’il demandait qu’on s’adresse à lui en anglais.

Le médecin de Zbigniew Malysa, un Polonais d’origine qui vit au Canada depuis plus de 30 ans, l’a envoyé au département d’urologie du CHUM en raison d’une détérioration de son état de santé.

M. Malysa rapporte à différents médias que lorsqu’il a rencontré l’urologue Luc Valiquette, celui-ci a tenu à son endroit des propos blessants sur son origine ethnique et sur ses difficultés à s’exprimer en français. Le médecin aurait ensuite déchiré et jeté un formulaire de coloscopie qui était destiné au patient.

La direction du CHUM a indiqué à des médias qu’un examen de la plainte de Zbigniew Malysa était en cours. Elle a aussi signalé que le CHUM ne faisait pas partie de la liste des institutions publiques tenues d’offrir tous ses services en anglais.

Quant au docteur Valiquette, il aurait mentionné que la situation avait émané d’un malentendu et qu’il entrerait sous peu en communication avec le patient.

En marge d’un événement à Montréal, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, a affirmé que si les propos de M. Malysa s’avèrent, «c’est totalement inacceptable».

«C’est répréhensible, ça dépasse l’entendement, c’est un manque de jugement profond, à la condition que tout ça s’est passé comme ça», a-t-il déclaré, ajoutant qu’il «devrait y avoir une conséquence» si la version des faits du patient est exacte.

Dans un message transmis sur Twitter en anglais, la ministre responsable des Relations avec les Québécois d’expression anglaise, Kathleen Weil, a elle aussi peu commenté en raison des procédures en cours.

«Nous continuons de suivre le dossier de près. Si les allégations sont confirmées, toute cette situation est inacceptable», a-t-elle indiqué.

Luc Valiquette est une personnalité médicale bien connue. Il a été directeur du centre de recherche et du service d’urologie du CHUM. En 2007, il a accédé à la direction du département de chirurgie du CHUM, et en 2013, il a été nommé président de la Société internationale d’urologie (SIU).

Santé

Des capsules non identifiées trouvées dans une bouteille de multivitamines

Santé Canada invite les parents à redoubler de prudence après que des capsules non identifiées eurent été découvertes dans une bouteille de multivitamines pour enfants.

Un flacon de multivitamines portant le nom «Les Pierrafeu avec fer», de la marque Bayer, a été retourné à la pharmacie parce que les parents avaient constaté qu’il s’agissait de capsules et non de comprimés à croquer multicolores et à l’effigie des Pierrafeu.

La bouteille, dont le sceau de sécurité avait été retiré, a été retournée dans une succursale de Pharmaprix à Longueuil, en décembre 2017.

Après une enquête, Bayer a conclu que les capsules blanches n’avaient pas été ajoutées dans la bouteille en raison d’un problème de fabrication. De plus, les capsules ne seraient pas fabriquées ou vendues par l’entreprise.

Les risques de santé liés à la consommation de ces capsules ne sont pas connus pour l’instant, a ajouté Santé Canada, qui enquête en ce moment sur leur contenu.

Le ministère et la pharmaceutique ne font état que d’un seul incident pour l’instant.

Santé Canada demande donc aux parents de bien inspecter le produit avant de l’acheter pour s’assurer qu’il ne soit pas ouvert.

Le ministère les encourage également à bien vérifier le contenu de la bouteille avant d’en donner aux enfants.

Actualités

Des semaines d’attente pour une échographie

Près du tiers des centres désignés ne respectent pas la cible de trois semaines pour l’obtention d’un rendez-vous pour une échographie mammaire devant être effectuée dans le cadre du Programme québécois de dépistage du cancer du sein, révèle le dernier Bulletin national de performance en cancérologie du ministère de la Santé.

En date du mois d’août 2017, 29 des 102 centres de dépistage désignés (28,4 %) dépassaient le délai cible de trois semaines entre l’appel pour l’obtention d’un rendez-vous pour une échographie mammaire et la date de rendez-vous de l’examen (réalisé en complémentarité de la mammographie de dépistage lorsque le résultat de celle-ci est considéré comme anormal). 

C’est dans la région de Montréal qu’on retrouvait le plus de cliniques de radiologie et autres centres de dépistage désignés qui dépassaient la cible en août dernier. Des délais de plus de trois semaines ont aussi été observés dans des centres des régions de Laval, de l’Estrie, de l’Outaouais et de Québec, notamment. Le tableau présenté par le ministère de la Santé fait état de délais allant de quatre à... plus de 13 semaines.

Depuis janvier 2017, les échographies faites en cabinet sont couvertes par le régime public. Alors que cette gratuité devait permettre de réduire le temps d’attente en hôpital pour ce type d’examen, elle aurait plutôt mené à une explosion des demandes et à une augmentation des listes d’attente dans les cliniques de radiologie, dénonçait dans nos pages l’an dernier l’Association des radiologistes du Québec. 

Mammographies de dépistage

La grande majorité des centres de dépistage désignés, soit 81 sur 94 (86,2 %), respectaient en revanche le délai cible de six semaines pour l’obtention d’un rendez-vous pour une mammographie de dépistage, souligne le ministère de la Santé.

Sur les 13 centres qui dépassaient cette cible en août 2017, 11 enregistraient des délais variant entre sept et 13 semaines (surtout dans les régions du Saguenay–Lac-Saint-Jean, de l’Outaouais et du Nord-du-Québec) et deux, de plus de 13 semaines (en Outaouais).

Chirurgies oncologiques

De manière générale pour tous les cancers, l’accès à la chirurgie oncologique dans un délai inférieur ou égal à 28 jours ne s’est pas beaucoup amélioré depuis 2014-2015, alors que le pourcentage de chirurgies oncologiques réalisées à l’intérieur de ce délai est passé de 60 % en 2014-2015 à 63 % en 2016-2017, loin de la cible de 90 %. 

Sur les 41 402 chirurgies réalisées en 2016-2017, 10,3 % l’ont été dans un délai de plus de 56 jours (cible : 0 %) et 89,7 %, dans un délai inférieur à 56 jours (cible : 100 %). Le délai moyen était l’an dernier d’environ 30 jours pour les personnes devant subir une chirurgie oncologique, calcule le ministère.

Là encore, les pires performances appartiennent à des établissements de la région de Montréal. 

Temps-réponse en pathologie

Autre résultat contenu dans le Bulletin : le temps-réponse en pathologie, un indicateur qui «s’inscrit dans la continuité des travaux du projet Optilab visant l’accessibilité et l’efficience des services diagnostiques au Québec», explique le ministère. 

En date d’avril 2016, seulement 20 des 46 laboratoires (43,5 %) ayant analysé des spécimens de chirurgie pour un cancer (et participé à la compilation des données) atteignaient la cible de performance de 12 jours et moins. 

Il s’agit néanmoins d’une amélioration depuis novembre 2014, alors que seulement 31,9 % des laboratoires atteignaient la cible de moins de 12 jours, note le ministère. 

En ce qui concerne le temps-réponse en pathologie pour les biopsies «avec techniques spéciales de niveau 1 [suspicion de cas de cancer]», seulement 14 des 45 laboratoires, soit 31 %, atteignaient en 2016 la cible attendue de sept jours et moins.

Délais en radio-oncologie

Le Bulletin révèle par ailleurs que pour l’année 2016-2017, trois des 12 établissements, soit le CHU de Québec, le CHUS et le CHUM, n’ont pas respecté la cible de performance (moins de 28 jours) pour l’accès aux traitements en radio-oncologie pendant au moins une période de l’année. La cible a toutefois été atteinte par la totalité des établissements pour la période du 1er septembre au 29 septembre 2017, prend-on soin de préciser. 

Santé

Alzheimer: laissée seule pendant 14h

Tout n’est pas rose dans le secteur privé de la santé, qui souffre lui aussi de la pénurie de main-d’œuvre observée dans le système public. Un couple de Chelsea le constate avec désarroi, depuis six mois, alors qu’une de leurs proches atteinte de la maladie d’Alzheimer a été laissée à elle-même, pendant 14 heures, dans sa chambre d’une résidence pour personnes âgées de Gatineau.

La vie de Peneloppe Ellis, 76 ans, a basculé en mai dernier, à la suite d’une crise cardiaque déclenchant chez elle la maladie d’Alzheimer. D’une personne âgée autonome, se rendant à l’église quatre fois par semaine, elle est devenue une tout autre personne.

Résidente au Château Symmes, dans le secteur Aylmer, elle est passée de l’étage des personnes autonomes à celui des gens incapables de subvenir à leurs besoins de base.

« Tout s’est bien passé pendant les deux premières années, dit sa belle-sœur, Colleen Gifford. Elle résidait déjà à cet endroit, alors nous avons décidé d’y rester. »

L’affreuse maladie a fait ses ravages : désorientation, perte de mémoire et incontinence.

Entretenant des doutes sur les soins que Mme Ellis recevait, la famille a placé deux caméras dans la chambre, au su de la direction du Château Symmes. Ces caméras s’activent lorsque des mouvements sont décelés.

« C’est à ce moment que nous avons constaté qu’elle avait passé une nuit entière seule, sans surveillance. Nous l’avons trouvée le lendemain, dans ses excréments — il y en avait partout — et personne n’était intervenu pendant tout ce temps », raconte Mme Gifford.

Selon elle, Mme Ellis est restée seule de 20 h à 10 h, une nuit d’octobre. « Le personnel est censé faire des vérifications toutes les deux heures », déplore-t-elle.

Elle aurait par ailleurs été laissée à elle-même, dans un lit et des vêtements souillés. « Ma femme a dû la laver le lendemain et nettoyer la chambre. À qui de faire le travail ? » demande le frère de la résidente, Ned Ellis.

La famille craint que d’autres situations semblables se soient produites. « J’ai l’impression que je dois former le personnel, quand j’y suis, indique Mme Ellis. Il nous a fallu engager une préposée à temps partiel, pour s’assurer que Penny reçoive plus d’aide. »

Depuis le mois de juin, la famille a écrit à plusieurs reprises à la direction pour se plaindre du manque de propreté dans la chambre.

Pénurie

La directrice générale de la résidence, Marie-Andrée Malette, dit être au fait de la situation, et mentionne qu’un plan d’intervention a été élaboré avec la famille.

« Mon enquête n’est pas terminée, mais nous prenons cette situation au sérieux », explique Mme Malette.

« Si vous appelez partout, vous constaterez que c’est un domaine où il y a pénurie de main-d’œuvre. C’est ainsi partout dans le domaine de la santé. Il arrive qu’on n’est pas capable de remplacer les employés qui sont absents, en congé de maladie. Je dis souvent aux familles que je n’ai pas d’arbre, à l’extérieur, qui fait pousser des préposés. »

Par ailleurs, plusieurs préposés sont de nouveaux arrivants qui ne comprennent pas assez bien la langue du pays d’accueil, selon Mme Gifford. « Le secteur privé ne devrait pas s’occuper des cas comme ceux-là, affirme M. Ellis. On constate, en tant que clients anglophones, qu’il existe une barrière de la langue avec les employés. »

« Je comprends, dit Mme Malette, que l’on a parfois à gérer différentes cultures, des gens qui n’ont pas la même approche avec les résidents. »

Le couple affirme cependant pouvoir communiquer adéquatement avec la direction.

Marie-Andrée Malette admet que personne n’est parfait, mais qu’il n’existe pas « 1001 solutions ».

« Je comprends très bien leur frustration, mais ce matin, Penny est bien, et de bonne humeur. »

La directrice explique que les résidences privées sont comparées aux soins à domiciles aux yeux du gouvernement, et que les subventions ne sont pas les mêmes que dans le secteur public.

Santé

Résidences privées pour aînées: une pénurie généralisée

Le manque de personnel force certaines résidences pour aînés à revoir à la baisse l’offre de services dans leurs contrats.

Le président-directeur général du Regroupement québécois des résidences pour aînés (RQRA), Yves Desjardins, souligne que la pénurie de main-d’œuvre observée dans bien des domaines au Québec touche également celui de la santé, tant dans le secteur public que dans le privé.

Ce problème découle notamment du fait que « la population active, celle en âge de travailler, diminue grandement », note M. Desjardins. Et pendant ce temps, le vieillissement de la population continue de faire son œuvre.

« Les gens arrivent souvent autonomes en résidence, et puis la perte d’autonomie s’accentue, donc il faut que l’offre de services soit adaptée », dit-il.

Le RQRA n’a pas de statistiques précises sur l’ampleur de la pénurie de préposés en province. « Mais ce que je sais, c’est qu’il y a certaines résidences qui ont diminué leur offre de services, indique Yves Desjardins. Il y a des services qu’on n’offre plus parce qu’on n’a pas le personnel. »

Le cas rapporté par les proches d’une résidente du Château Symmes de Gatineau surprend — et « désole » — le président-directeur général du RQRA. Si la surveillance d’une personne en perte d’autonomie doit être assumée à une fréquence précise en fonction du bail, la pénurie de personnel ne peut pas justifier qu’elle ne soit pas effectuée.

« Si j’écris que je vous sers des repas dans le contrat, je ne peux plus décider du jour au lendemain de ne plus en servir », donne en exemple M. Desjardins.

Le RQRA, qui compte 735 membres assurant la gestion de quelque 84 000 unités locatives aux quatre coins du Québec, a élaboré un plan stratégique qui vise notamment l’amélioration du recrutement et de la rétention de préposés.

« Nous avons des ateliers et des rencontres avec nos membres, des travaux à faire avec eux pour qu’ils arrivent à mieux séduire [les travailleurs], explique Yves Desjardins. Il y en a des gens qui sont prêts à travailler, mais il y a de la compétition entre les employeurs et il va falloir qu’on soit meilleurs, en offrant un meilleur environnement de travail, de meilleurs avantages et en étant un bon employeur. »

La réglementation sur la certification des résidences privées pour aînés prévoit que les préposés qui y œuvrent doivent suivre, à l’intérieur de leur première année d’embauche, un programme de formation d’aide à la personne de 126 heures ou qu’ils détiennent une formation jugée équivalente.

Santé

Saint-André-Avellin: une journée de plus, mais pas encore du «12 heures»

L’urgence du CLSC Petite-Nation, à Saint-André-Avellin, sera maintenant ouverte le vendredi, de 8 h à 16 h, à compter du 19 janvier. Toutefois, ceux qui espéraient voir dès le début 2018 l’établissement offrir un service 12 heures par jour, sept jours par semaine, devront encore prendre leur mal en patience.

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a annoncé en septembre dernier l’octroi d’une enveloppe annuelle récurrente de 940 000 $ au Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) afin de permettre à la salle d’urgence de Saint-André-Avellin de voir ses heures d’opération passer de 40 à 84 par semaine. Or, il manque toujours en date d’aujourd’hui deux médecins afin d’en arriver à l’horaire souhaité, a appris Le Droit

En ce moment, les patients peuvent se rendre sur les lieux de 8 h à 16 h, du lundi au jeudi, ainsi que le samedi, de 9 h à 16 h. 

La porte-parole du CISSO, Geneviève Côté, confirme qu’une sixième journée d’ouverture s’ajoutera à l’horaire régulier dès vendredi prochain. Les portes de l’urgence du CLSC Petite-Nation devraient ouvrir également le dimanche, toujours de 8 h à 16 h, à partir du mois de mars.

« À l’heure actuelle, en raison des deux médecins supplémentaires que nous n’avons pas encore accueillis, on ne peut pas faire du 8 h à 20 h. On peut ajouter la sixième journée (le vendredi) la semaine prochaine et on devrait ouvrir sept jours par semaine en mars, mais au niveau de la couverture médicale complète de l’urgence, on a vraiment besoin de ces médecins. On espère que ce sera le plus tôt possible », a indiqué Mme Côté.

Au moment de l’annonce du ministre Barrette l’automne dernier, le président et directeur général du CISSSO, Jean Hébert, avait laissé entendre que janvier 2018 était l’échéancier souhaité pour ouvrir l’urgence du CLSC Petite-Nation de 8 h à 20 h tous les jours. 

Le seul obstacle qui pouvait retarder l’entrée en vigueur des nouvelles plages horaires, c’est l’embauche des professionnels de la santé requis, avait affirmé M. Hébert. 

L’un des deux médecins à recruter devait entrer en fonction ce mois-ci, mais n’a pas terminé son stage dans les temps, ce qui explique en partie le délai du projet, a mentionné jeudi Mme Côté.

En attendant, « le CISSSO explore d’autres moyens pour offrir l’accès à un suivi médical en soirée sur le territoire », nous a-t-on dit hier, sans vouloir donner davantage de précisions.

Les trois nouveaux postes d’infirmières nécessaires pour garantir le service de même que les heures pour les technologues en laboratoire et en imagerie médicale ont pour leur part tous été pourvus. 

Réclamée depuis des années dans la Petite-Nation, la prolongation des heures d’ouverture de l’urgence de Saint-André-Avellin était une promesse électorale du député de Papineau, Alexandre Iracà, lors de la campagne de 2014.

Santé

Congédiée « de manière humiliante » par le CISSSO

Congédiée « sans motif » et « de manière humiliante et blessante », une éducatrice en centre jeunesse a vu un arbitre ordonner que le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) lui verse 20 000 $ à titre de dommages moraux.

Dans une décision rendue le mois dernier, l’arbitre Claude Roy se penche sur le cas d’une ancienne animatrice de camp de jour devenue éducatrice pour les Centres jeunesse de l’Outaouais (CJO).

Son passé d’animatrice au camp Galarneau du Patro de Fort-Coulonge/Mansfield, à l’été 2009, l’a rattrapée six ans plus tard lorsqu’une gestionnaire du CISSSO a été informée, par le biais des coupures de presse, que l’employée avait déjà fait l’objet d’accusations criminelles.

En 2010, après avoir été informée que des adolescents sous la responsabilité des CJO disaient avoir été victime de mauvais traitements au camp Galarneau, la Sûreté du Québec avait déposé des accusations de séquestration, de voies de fait et de conduite dangereuse contre la jeune femme, alors âgée de 24 ans.

Après avoir vécu « des années d’enfer », l’ancienne animatrice a vu un juge de la Cour du Québec ordonner un arrêt des procédures dans son dossier, en mars 2012. Cette même année, à l’automne, la jeune femme a été embauchée par les CJO, aujourd’hui intégrés au CISSSO.

Ce n’est qu’en juin 2015 que quelqu’un « dépose anonymement » sur le bureau d’un gestionnaire des articles du Droit et de Radio-Canada faisant état des accusations portées contre des moniteurs du camp.

Confrontée à cette histoire, l’employée « refuse de donner sa version des faits » aux gestionnaires du CISSSO, en mentionnant qu’il s’agit de « faussetés », lit-on dans la décision de Me Roy.

Le CISSSO a congédié l’employée en novembre 2015. Dans une lettre expliquant ses motifs, l’organisation reproche notamment à l’éducatrice d’avoir « mis en danger la sécurité des jeunes » dans son travail d’animatrice de camp et son « absence de repentir ». On y évoque aussi la « rupture irréversible du lien de confiance ».

Ce congédiement a été annulé par le tribunal en février 2017, et une entente est intervenue entre les parties quant aux sommes dues pour les gains perdus.

Un arbitre devait toutefois statuer à savoir si l’employée avait droit à des dommages moraux, et si oui à quelle hauteur. Dans sa décision, Me Roy note que le CISSSO n’a jamais interrogé la jeune femme, avant de l’embaucher, sur le trou de quatre mois dans son curriculum vitae. L’arbitre estime que l’employeur a commis une « faute majeure », et rappelle que l’employée « n’a été reconnue coupable d’aucun acte criminel ».

« L’employeur n’a pas fait d’enquête, écrit Me Roy. Il s’est basé uniquement sur des articles de presse pour essayer de prouver les faits qu’il reproche à la plaignante. […] Il s’agit d’un congédiement sans motif. […] Ce congédiement s’est fait de manière humiliante et blessante. […] L’employeur a même entaché la réputation de la plaignante dans une lettre de congédiement qui n’est que de l’extrapolation. »

L’arbitre note que le congédiement « a détruit la plaignante », qui « ne voit plus le futur avec le même enthousiasme ». « Même lorsqu’un employeur congédie pour motifs, il doit être prudent pour ne pas abuser de son droit. Il n’a pas le droit d’être humiliant, blessant, diffamant », ajoute-t-il.

Le tribunal a donc accordé « sans hésitation » le montant de 20 000 $ réclamé au CISSSO par la plaignante à titre de dommages moraux. 

Le CISSSO, qui a indiqué ne pas avoir porté cette décision en appel, n’a pas voulu en commenter le contenu.