Alicia Patry fait partie de la quatrième génération à œuvrer au sein de l’entreprise familiale de L’Ange-Gardien créée en 1960.

Saison des fraises: une récolte abondante

Quoique plus tardive qu’à l’habitude, la saison des fraises est très bonne cet été, et ce, des deux côtés de la rivière des Outaouais.

« Les fraises nous sortent par les oreilles en ce moment. Elles sont super belles, c’est une récolte exceptionnelle. Beaucoup de gens nous disent qu’ils n’en ont jamais autant vu dans les champs », s’exclame d’emblée le propriétaire des Jardins Rochon, Gerry Rochon.

Le producteur maraîcher de l’Est ontarien affirme qu’en raison du printemps frais et relativement pluvieux, le mûrissement du petit fruit sucré a été plus lent et la cueillette a commencé avec une dizaine de jours de retard sur le calendrier habituel.

« Les gens ont pu commencer à cueillir chez nous le 29 juin, et encore là, on a un peu forcé les choses. On a ouvert à temps pour le long week-end (de la fête du Canada) parce que les gens nous le demandaient et appelaient, mais on aurait pu attendre encore quelques jours. Avec la chaleur qui s’est installée par la suite, ç’a mûri rapidement. Il y aura des fraises pour encore dix ou douze jours, en tout cas on l’espère. La fraise aime beaucoup l’eau, mais pas le froid », note le patron de l’entreprise familiale en affaires depuis six décennies.

Sur la rive québécoise, la récolte est également assez abondante à la Ferme Patry, située à L’Ange-Gardien.

Jeremy Schell, de la Ferme Rochon

« Ç’a commencé plus tard en raison du manque de chaleur et des nuits fraîches, mais ça se place. C’est une bonne saison, dans la moyenne. Elle sera écourtée, mais la grosseur des fraises compense un peu. Mais même si la récolte est abondante, la saison d’autocueillette ne durera pas trois semaines comme c’est le cas normalement », indique le copropriétaire Daniel Patry, qui ajoute que les revenus sont stables à ce chapitre.

Ce dernier souligne que l’autocueillette des fraises est une activité qui connaît un regain de popularité « depuis quatre ou cinq ans ».

« C’est certain que ce n’est pas comme dans les années 1980, sauf que la demande augmente. Les gens s’informent davantage aussi, par exemple à propos des pesticides. La clientèle augmente », affirme celui dont les enfants sont la quatrième génération à œuvrer au sein de l’entreprise créée en 1960.

La directrice générale de l’Association des producteurs de fraises et de framboises du Québec, Jennifer Crawford, confirme que la saison est teintée de succès même s’il a fallu être plus patient au départ.

« Les plants ont aimé la fraîcheur, se sont développés en grappes. C’est juste que le mûrissement était très lent, tout a débuté avec deux semaines de retard en général. Maintenant, c’est génial, il fait beau et chaud. Ça s’annonce comme une très belle saison, tout le monde nous le dit », lance-t-elle.

Mme Crawford indique que les régions plus au sud comme l’Outaouais, les Laurentides et la Montérégie ont quelques avantages pour la culture des fraises.

« Il y a plus de chaleur, alors ça aide pour le mûrissement. C’est aussi un avantage pour les variétés autant hâtives que tardives, parce que ça prolonge le temps de récolte », dit-elle, spécifiant qu’à l’inverse, le désavantage est le moins épais couvert de neige en hiver, lequel peut endommager les plants.