La pluie n’a pas refroidi les ardeurs de ce festivalier.

Rock et parapluie à Montebello

Le ciel gris et la pluie n’ont pas freiné l’enthousiasme des dizaines de milliers de festivaliers qui ont pris d’assaut jeudi la petite municipalité de Montebello où s’est amorcée la 13e édition du Rockfest.

La grande messe du rock métal a officiellement pris son envol hier en fin d’après-midi avec une première prestation sur scène, mais déjà depuis tôt dans la journée — et même depuis mardi et mercredi pour certains fervents habitués du rendez-vous —, la fête avait débuté.

Martine Blanc, de Montréal, était accompagnée de deux amis lorsque leDroit l’a croisée sur la rue Principale, en début de soirée. Pour ce trio, c’est beaucoup plus que la programmation musicale qui se cache derrière leur motivation à revenir à l’événement depuis trois ans. « On vient ici pour décompresser. Le Rockfest, on appelle ça notre univers parallèle. Dans une autre vie, je suis maman donc on vient ici pour passer du bon temps. La programmation est moins alléchante que les années passées, mais on sait que l’ambiance va valoir la peine », a-t-elle confié au Droit.

Prévention face au opiacés

La production et la logistique du Rockfest ont été remises entre les mains de l’équipe de Piknic Électronik cette année. Le nouveau site épuré — trois scènes plutôt que cinq — était largement trempé pour le début des festivités. Déjà, des marées de gadoue s’étaient formées sur le terrain de la marina, en fin d’après-midi. Il y a fort à parier que les vêtements de rechange — et les bottes — seront populaires ces prochains jours à Montebello. 

Par ailleurs, dans la foulée de la crise des opioïdes, l’organisation du Rockfest a apposé cette année des affiches dans le village afin d’informer les festivaliers des symptômes reliés aux surdoses de fentanyl. Cathy Michaud est travailleuse de rue pour le Bureau régional d’action sida (BRAS) Outaouais. De pair notamment avec le Centre d’intervention et de prévention en toxicomanie de l’Outaouais et Prévention C.É.S.A.R., cet organisme travaille pour la prévention des drogues et des infections transmissibles sexuellement et par le sang. « Le message qu’on lance aux gens, c’est de venir nous voir s’ils ont des questions. Nous ne sommes pas là pour faire la morale, mais pour donner des conseils », indique Mme Michaud. 

Le kiosque du BRAS Outaouais, situé en plein cœur du village, offre gratuitement aux festivaliers des condoms, lubrifiants, pipes de crack, seringues stériles et bacs de récupération de seringues. Depuis cette année, des bandelettes pour détecter la présence d’opiacés dans les drogues et des trousses de naloxone — antidote au fentanyl — sont aussi offertes. À peine quelques heures après l’ouverture du kiosque, les quelque 100 trousses de naloxone disponibles avaient déjà presque toutes trouvé preneur.

« Les gens s’inquiètent parce qu’il y a eu beaucoup d’emphase de mise récemment dans les médias sur les surdoses reliées aux opiacés. Les gens veulent consommer, mais ils ont peur et ils nous posent beaucoup de questions », explique Mme Michaud.

Un kiosque en support aux Hells Angels

En parlant de kiosque, un présentoir « Support 81 Montréal », où des objets faisant la promotion des Hells Angels sont vendus, a été aménagé sur le site même de la marina de Montebello à l’occasion du festival. Au moment d’écrire ces lignes, Le Droit attendait toujours un retour de la part de l’équipe des communications du Rockfest à ce propos. Le kiosque était toujours en place autour de 21 h. Du côté de la Sûreté du Québec, on a précisé que ce genre d’activité n’est pas illégale.

Le Rockfest de Montebello se poursuit jusqu’à dimanche. Au moment de mettre sous presse, les Floridiens de A Day To Remember déversaient leur recette de punk et metal à la sauce « easycore » à la foule en liesse. Vendredi, Rancid, Sum 41, Godsmack et Stone Temple Pilots et Prophets of Rage sont parmi les gros noms qui sont attendus à la marina du village.