Le plus vieux cimetière européen de toute la grande région de la capitale fédérale, le cimetière St-James, dans le secteur Hull, célèbre cette année ses 200 ans.
Le plus vieux cimetière européen de toute la grande région de la capitale fédérale, le cimetière St-James, dans le secteur Hull, célèbre cette année ses 200 ans.

R.I.P. depuis 200 ans au cimetière St-James [PHOTOS + VIDÉO]

Mathieu Bélanger
Mathieu Bélanger
Le Droit
Le plus vieux cimetière européen de toute la grande région de la capitale fédérale, le cimetière St-James, dans le secteur Hull, célèbre cette année ses 200 ans. Ce lieu historique d’envergure pour toute la région bénéficie d’une protection patrimoniale depuis 2011, mais demeure aujourd’hui oublié. Les sépultures des plus illustres personnages qui y sont inhumés ne font l’objet d’aucune mise en valeur, se désole le président de la Société d’histoire de l’Outaouais, Michel Prévost.

C’est dans ce cimetière situé sur le boulevard Alexandre-Taché, juste à côté de l’Université du Québec en Outaouais (UQO), que reposent dans une complète indifférence le fondateur du canton de Hull, Philemon Wright (1760-1839), et sa femme Abigaïl Wyman (1760-1829), mais aussi la plupart de leurs descendants.

C’est dans ce cimetière situé sur le boulevard Alexandre-Taché, juste à côté de l’Université du Québec en Outaouais (UQO), que reposent dans une complète indifférence, le fondateur du canton de Hull, Philemon Wright (1760-1839) et sa femme Abigaïl Wyman (1760-1829).

Des travaux d’entretien réalisés récemment ont aussi permis de faire réapparaître de grandes stèles funéraires couchées sur le sol et sur lesquelles la nature tentait de reprendre ses droits. « C’est assez émouvant parce que c’est ici que sont enterrés les colons [quatre familles et 33 ouvriers] qui ont accepté de suivre Philemon Wright lorsqu’il a quitté Woburn au Massachusetts pour venir fonder le canton de Hull en 1800 », explique M. Prévost.

Malgré deux siècles d’existence, l’urbanisation du secteur et l’abandon presque complet du site pendant des années par la paroisse anglicane St-James, le cimetière a été conservé dans son intégralité. Les délimitations de la partie supérieure du cimetière sont les mêmes aujourd’hui que celles ordonnées par la Couronne britannique en 1800, note l’historien. La partie inférieure a été achetée par Philemon Wright, quatre ans avant sa mort, pour être ajoutée au cimetière. Presque tous les membres des communautés anglicane et presbytérienne de l’époque dans la région y sont inhumés. Des descendants de la famille Wright y ont été enterrés jusqu’au début des années 1980.

M. Prévost souhaite profiter du bicentenaire du cimetière pour lancer un appel à la mise en valeur du site auprès des autorités compétentes. Le site bénéficie d’une protection patrimoniale depuis 2011, mais au-delà de cette reconnaissance, rien n’a été fait sur le site.

« C’est pourtant un lieu important pour toute la région de la capitale fédérale et j’ai l’impression que les gens n’en sont pas conscients, dit-il. Ça ne prendrait pourtant pas mer et monde pour mettre l’endroit en valeur. On pourrait s’inspirer du cimetière Beechwood, à Ottawa. Juste de pouvoir indiquer qu’on pénètre à l’intérieur du cimetière St-James à l’entrée serait un début. On pourrait aussi installer des panneaux d’interprétation permettant d’identifier qui sont ces gens enterrés ici et pourquoi ils sont importants. Il n’y a même pas une petite indication qui précise que le fondateur de Hull est enterré ici. Il y a un potentiel extraordinaire pour faire connaître l’histoire de la région ici. Il faut en faire quelque chose. »