Le maraîcher Jean-Martin Fortier et son équipe seront au cœur de la série Les Fermiers, présentée sur Unis TV dès le 5 avril.

Révolution verte à la télé

Un docu-réalité mettra bientôt en vedette l’agriculture biologique intensive et les fermiers de la Ferme des Quatre-Temps, située à Hemmingford et dirigée par Jean-Martin Fortier. Voué à faire sa part dans ce que M. Fortier appelle la révolution verte, le groupe de 11 fermiers mettra en lumière les secrets pour avoir une terre nourricière, productive et biologique, tout en demeurant sur une petite superficie.

Copropriétaire des Jardins de la Grelinette, une microferme située à Saint-Armand, M. Fortier a développé un modèle qui a attiré l’attention de bien des gens, dont celle André Desmarais, qui lui a proposé d’expérimenter et de continuer à développer son modèle à la Ferme des Quatre-Temps. Depuis, il y dirige la production maraîchère tout en accueillant des fermiers venus de partout dans le monde pour profiter de ses enseignements. Avec une production bien coordonnée sur 2,5 hectares de terre, il a réussi à vendre pour 500 000 $ de légumes en 2017. Il vise maintenant 700 000 $.

Dans cette série documentaire, ce chef de file de l’agriculture bio-intensive prouvera que la production biologique — sans herbicides et pesticides chimiques — fonctionne et qu’il est possible d’avoir une agriculture nourrissante, biologique et à petite échelle. Sa production de l’an dernier en est un exemple.

« La raison pourquoi on en parle de ces chiffres-là, c’est que les gens qui connaissent un peu le milieu comprennent l’ampleur de notre travail au quotidien, explique M. Fortier en entrevue. C’est gros, c’est énorme. On fait ça sur 2 hectares et demi. Avec le maïs de grain, 700 000 $ tu fais ça sur 700 000 hectares. »

Jean-Martin Fortier a été approché par trois maisons de productions intéressées par son modèle. Il a finalement choisi Attraction images et Catherine Bureau pour produire les 10 épisodes des Fermiers.

« Je ne voulais pas des affaires où on vit des drames filmés, note-t-il. Je ne voulais pas qu’on dépeigne l’agriculture comme ça. Je voulais qu’on montre en images comment c’est créatif, imaginatif et beau et comment les gens avec qui je travaille sont intéressants. Je voulais qu’il y ait une lenteur dans la série. L’agriculture, ce n’est pas rapide. C’est cool ce qu’on fait, l’émission est tout sauf plate, mais il n’y a pas de feux d’artifice. »

Ingéniosité
Huit femmes et quatre hommes seront les protagonistes de la série.

Les astuces, trouvailles et différents systèmes passeront sous le regard de la caméra. Il y aura aussi la beauté humaine entourant l’agriculture bio où tout se fait à coup d’efforts et de réflexions. Le maraîcher, auteur et enseignant promet que les gens s’attacheront aux fermiers de son équipe, tous aussi brillants que passionnés.

« Le téléspectateur va voir ce que l’agriculture de demain pourrait être : une ferme bio, mais bien organisée et professionnelle dans sa façon de travailler. On n’est pas des niochons, c’est intelligent ce qu’on fait. Il y a de la réflexion, de la préparation et un haut niveau technique. C’est ça qui est beau dans la série. »

À la question concernant les ravages des insectes et les aléas de la nature, il tient à garder un certain mystère. « Ce sont tous des secrets que tu vas apprendre dans la série. Ce sont tous des outils et des techniques que les gens peuvent transposer dans leur jardin, parce qu’on est un jardin maraîcher. Il n’y a pas de tracteur, ce n’est pas mécanisé. Ce sont tous des outils manuels. »

Et après ?
Ils viennent de partout à travers le monde pour apprendre le modèle de Jean-Martin Fortier. Sur la centaine de curriculum vitae qu’il reçoit annuellement, il sélectionne une dizaine de jeunes qui s’installeront non loin de la terre pour la saison.

En plus de son livre, d’un documentaire et maintenant de la série Les fermiers, il transmet son savoir via un cours disponible en ligne. « J’ai eu des élèves de 33 pays différents. Mon modèle de ferme est populaire partout dans le monde. C’est en train de réinventer l’agriculture parce que les gens suivent mes pas. Ça fait des petits. C’est un métier pas facile, mais c’est un beau métier. Quand on est préparé et qu’on a de bonnes méthodes, c’est possible. »

Quelle est la suite pour lui ? « Honnêtement, je suis prêt à faire valoir les autres. [Pour la deuxième saison], on veut mettre en lumière d’autres fermes, les suivre. Depuis le début, mon idée derrière toute la visibilité que j’ai, c’est de passer mon message qui est que je veux qu’il y ait de plus en plus de petites fermes qui réussissent. »

M. Fortier sera de passage à l’émission Tout le monde en parle, dimanche soir. La série sera diffusée dès le 5 avril sur Unis TV.