Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
La médecin-chef de Santé publique Ottawa, Vera Etches
La médecin-chef de Santé publique Ottawa, Vera Etches

Une année remplie d’imprévus pour la Dre Vera Etches [VIDÉO]

Julien Paquette
Julien Paquette
Le Droit
Article réservé aux abonnés
RETOUR SUR 2020 / Le 2 mars dernier, Santé publique Ottawa (SPO) convoque la presse dans le bureau du maire afin de prévenir la population de se préparer à l’arrivée du coronavirus, une nouvelle maladie qui fait des ravages dans une obscure province chinoise. La médecin-chef de SPO, Vera Etches, confirme en entrevue avec Le Droit qu’elle ne se doutait pas de ce qui nous attendait.

« Nous avions des plans pour une réponse possible à une pandémie où il était mentionné qu’il était possible de fermer les écoles et des choses comme ça, mais ce n’était une réalité que nous avons eu l’expérience », affirme la Dre Etches.

Ce virus — baptisé COVID-19 quelques semaines plus tard — ne s’était pas encore frayé un chemin jusqu’à la capitale du Canada. Du moins, aucun cas confirmé n’avait été répertorié.

« Une personne infectée par le virus peut être malade pendant une semaine ou plus, alors il faut s’assurer d’avoir des médicaments contre la fièvre, d’avoir l’approvisionnement dont vous aurez besoin pour être en mesure de rester à la maison pendant une période prolongée », nous prévenait tout de même Vera Etches.

« Ç’a été dur. La durée où la population a eu besoin de maintenir les actions qui ont augmenté l’isolement pour les gens. Maintenant, ma perspective est qu’il y a beaucoup d’espoir pour l’avenir parce que nous avons un vaccin. C’est incroyable, nous ne pensions pas qu’il était possible d’avoir un vaccin en moins d’un an », affirme aujourd’hui la leader de la réponse à la crise sanitaire à Ottawa.

La Dre Etches est optimiste, mais elle invite tout de même les résidents de la capitale fédérale à s’armer de patience.

Le vaccin est l’arme de destruction massive qui permettra de remporter la guerre, mais d’ici son déploiement complet, il ne faut pas briser les rangs. La médecin-chef indique que la distanciation physique et les autres consignes sanitaires demeureront importantes pendant quelques mois.


« Ce n’est pas une personne, c’est toute la population qui a besoin de protéger les autres avec leurs actions. »
La médecin-chef de Santé publique Ottawa, Vera Etches

« Nous avons des preuves que le vaccin protège la personne contre les résultats plus mauvais, comme une hospitalisation ou des décès. On a besoin d’en apprendre plus sur la façon que le vaccin va arrêter la transmission partout dans la population », explique Vera Etches.

« Ça m’a affecté »

La Dre Etches est maintenant un visage incontournable à Ottawa. Les résidents la voient à la télévision et sur les médias sociaux quotidiennement depuis 9 mois.

Dans les dizaines de conférences de presse auxquelles elle a participé depuis celle du 2 mars dernier, Vera Etches a toujours exprimé sa confiance envers les citoyens, même au mois de septembre alors que les indicateurs de transmission communautaire de la COVID-19 grimpaient en flèche.

« Ça m’a affectée, confie-t-elle aujourd’hui. Parce qu’il y a des gens qui peuvent être sérieusement malades quand le nombre de cas augmente. »

« Quand la population a vu que l’augmentation peut encore être sérieuse, elle a encore répondu. J’apprécie ça vraiment, ce n’est pas une personne, c’est toute la population qui a besoin de protéger les autres avec leurs actions », ajoute la médecin-chef de SPO.

Après avoir aplati la courbe au printemps, la population d’Ottawa a adapté ses comportements à l’automne et a pris le chemin inverse de Toronto et de la région de Peel qui sont retournées en confinement dans les dernières semaines.

Pour expliquer les succès de la capitale fédérale, la Dre Etches vante son équipe et sa capacité d’adaptation. SPO a multiplié les initiatives de communication au cours de l’année pour ajuster son message à la réalité des différentes communautés au sein de la ville.

« Ce n’est pas assez de juste fournir la communication, il faut aussi engager la conversation et écouter la population, explique Vera Etches. On a reçu des rétroactions et nous avons adapté nos messages, mais aussi, on a d’importantes relations avec différents leaders dans les communautés plus à risque. »

La Dre Etches se dit consciente que le temps des fêtes sera difficile pour plusieurs cette année, mais elle souhaite aux Ottaviens de la solidarité et de compassion pour la nouvelle année.

« Les fêtes, c’est une période où on a besoin de connexions avec nos proches, alors j’espère que les gens pourront être créatifs, comme pendant les autres événements cette année, souligne Vera Etches. Nous avons vu que la population peut le faire et j’espère qu’on peut rester en sécurité pour l’année prochaine et maintenir le soutien aux autres jusqu’au point où on arrive à la fin ! »