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Le médecin hygiéniste du Bureau de santé de l’est de l’Ontario, le Dr Paul Roumeliotis
Le médecin hygiéniste du Bureau de santé de l’est de l’Ontario, le Dr Paul Roumeliotis

L’année la plus difficile de la carrière de Paul Roumeliotis

Ani-Rose Deschatelets
Ani-Rose Deschatelets
Le Droit
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RETOUR SUR 2020 / Les médecins hygiénistes de partout dans le monde ont été propulsés à l’avant-plan en 2020 pour mettre la main à la pâte et espérer freiner la tenace COVID-19. Dans l’Est ontarien, c’est le médecin hygiéniste du Bureau de santé de l’est de l’Ontario (BSEO) qui a dû monter au front, le Dr Paul Roumeliotis.

Le nouveau coronavirus a complètement chamboulé le quotidien de l’ancien chef de pédiatrie ambulatoire à l’Hôpital de Montréal pour enfants. Et pourtant, le Dr Paul Roumeliotis n’en est pas à son premier rodéo. Celui qui entame sa 14e année à titre de médecin hygiéniste au BSEO était aux premières loges de la pandémie de grippe A (H1N1), qui a sévi en 2009. « On ne peut pas les comparer. C’est une échelle plus large, un peu plus sérieuse que la H1N1, avoue-t-il. Je ne dis pas que la H1N1 n’était pas sérieuse, mais au niveau de l’échelle mondiale, la COVID-19 est rendue à presque 70 millions de cas avec 1,6 million de morts. Avec toutes les restrictions, c’est une maladie qui a vraiment paralysé nos systèmes économiques, nos systèmes sociaux, nos systèmes scolaires, ça prend beaucoup plus d’ampleur que la H1N1. »


« Je suis de garde depuis le mois de février. Je suis toujours sur appel. »
le Dr Paul Roumeliotis

« COVID à bord ! »

Dès la fin de décembre 2019, le Dr Roumeliotis savait qu’il y avait quelque chose qui ne tournait pas rond, à l’autre bout du globe. « On a appris qu’il y avait des cas en Chine d’un virus avec de la pneumonie. Je me suis tournée vers ma femme et je lui ai dit : “Oh boy, j’espère que ça ne s’en vient pas ici.” »

Puis, les événements se sont précipités et en à peine quelques semaines, la COVID-19 touchait la région. « Mon voyage de la COVID a commencé avant plusieurs. Pour nous, ç’a commencé mi-février », rappelle le médecin. L’éclosion de COVID-19 à bord du bateau de croisière le Diamond Princess, amarré au Japon, a marqué en grand le début de la pandémie au pays. Après avoir effectué un premier confinement dans le paquebot, plusieurs Canadiens avaient été rapatriés à Cornwall, où ils avaient dû entamer une deuxième quarantaine, à l’Institut de formation NAV Canada. D’autres, qui avaient été infectés, avaient dû demeurer en sol japonais avant de pouvoir rentrer au pays.

« Une fois que les passagers sont partis [de Cornwall], peu après on a déclaré la pandémie mondiale, on a déclaré l’état d’urgence, et tout a changé », se rappelle le médecin.

À un rythme effréné

Depuis maintenant près d’un an, et comme des milliers de confrères, le Dr Roumeliotis a redoublé d’ardeur pour limiter la propagation du virus dans sa juridiction, sans oublier la poursuite des mille et un programmes de prévention et de protection de la santé menés au BSEO, qui n’ont pas pour autant fait relâche. « Je suis de garde depuis le mois de février. Je suis toujours sur appel. J’essaie de prendre du repos où je peux, quand je peux. Mais on n’a pas le choix, il faut continuer. »

Lorsqu’on lui demande si l’année 2020 a été la plus difficile de sa carrière, il répond oui sans hésiter. « Surtout en Santé publique, comme pédiatre, on a des défis. Mais de cette ampleur, c’est le plus grand défi de ma carrière, c’est sûr et certain ! »

Pourtant, tous les défis qu’a apportés l’année 2020 n’ont pas semé l’ombre d’un doute sur la vocation du pédiatre de formation. « J’aime la carrière que j’ai actuellement. J’aime le fait qu’on peut changer la vie de plusieurs personnes. Je n’ai eu aucun doute. On travaille sept jours par semaine, parfois jusqu’a minuit. On est fatigués, mais on a de la drive, de la passion de continuer avec tout ça jusqu’à ce que la pandémie soit finie », a-t-il conclut.