Le conseil municipal d’Ottawa a été passablement perturbé par l’affaire Rick Chiarelli.
Le conseil municipal d’Ottawa a été passablement perturbé par l’affaire Rick Chiarelli.

Retour sur 2019: les grandes controverses dans la région d'Ottawa-Gatineau

L'équipe de la rédaction
Le Droit
Retour sur des histoires qui ont divisé l’opinion publique et suscité des débats qui n’ont pas fini de faire jaser.

Rick Chiarelli

L’année a été mouvementée pour le conseiller du quartier Collège, Rick Chiarelli. 

Après la publication d’allégations d’inconduite sexuelle dans un reportage de CBC en septembre, il a demandé un congé de maladie pour lui permettre de s’absenter plus de trois mois sans perdre son emploi. 

Malgré un billet médical indiquant qu’il a été victime d’une syncope le 12 octobre, le conseil municipal lui a refusé cette absence. 

M. Chiarelli est revenu à la table du conseil à deux reprises avant la fin de l’année, suscitant des manifestations silencieuses. 

Il a annoncé en décembre avoir subi une opération à cœur ouvert, ce qui place ses collègues dans une position délicate au début 2020: accepter ou non d’accorder un congé prolongé à Rick Chiarelli, compte tenu des allégations à son égard qui font l’objet d’une enquête par le commissaire à l’intégrité. Julien Paquette

Denise Bombardier a irrité les Franco-Ontariens et l’ensemble des francophones hors Québec avec des déclarations incendiaires.

Denise Bombardier

Un an à peine après avoir scandalisé les francophones en situation minoritaire au Canada, en affirmant que ces communautés sont en voie d’extinction, la chroniqueuse et polémiste Denise Bombardier en a rajouté une couche. 

Invitée, cet automne, à l’émission Tout le monde en parle pour promouvoir son documentaire Denise chez les Francos, elle est restée campée sur ses positions... accusant même ces francophones hors Québec «[...]de parler une langue qui est à peu près inintelligible pour [les Québécois]». 

Une autre frasque de Denise Bombardier qui a suscité l’ire des minorités francophones. Anicée Lejeune

Les problèmes financiers du Rockfest de Montebello ont défrayé la manchette en 2019.

Les dettes du Rockfest divulguées 

La débâcle financière d’Outaouais Rock, l’organisme qui gérait le Rockfest de Montebello, refait surface dans les manchettes au début mars, quelques mois après l’annonce de la faillite du festival, lorsqu’une liste détaillée de 120 créanciers éclaboussés par la déconfiture de l’événement est dévoilée dans plusieurs médias de la région. 

On apprend à ce moment que la dette cumulée de l’organisation derrière le défunt Rockfest se chiffrait à 5,9 millions de dollars au moment de sa faillite en décembre 2018. 

Beaucoup d’artistes de renom de la scène rock, punk et métal n’ont pas touché tout leur dû. C’est le cas notamment de Weezer (226 968$), Rise Against (268 029$), A Day To Remember (247 426$), Lamb Of God (235 644$), Five Finger Death Punch (197 457$) et Sum 41 (171 579$), pour ne nommer que ceux-là. 

Selon l’avis de faillite, l’Agence du revenu du Canada et le ministère du Revenu du Québec courent respectivement après des sommes de 380 479$ et 46 981$. Des entreprises de l’Outaouais figurent également sur la liste des créanciers. 

C’est le cas, entre autres, du Fairmont Le Château Montebello (42 063$) et de la firme gatinoise Orkestra (24 550$). Benoit Sabourin


Le grand retour du sixième pont

L’idée de construire un sixième pont à l’est de la rivière Gatineau refait surface périodiquement depuis 50 ans dans la région. 

Ce pont qui va de la nécessité pour certains à l’hérésie pour d’autres s’est de nouveau imposé dans l’actualité en 2019, donnant lieu à des débats politiques parfois acrimonieux. 

À la mi-mars, Le Droit révèle, à la stupéfaction de la classe politique municipale et des gens d’affaires, que le fédéral a l’intention de démolir le pont Alexandra d’ici cinq à dix ans, afin d’en reconstruire un nouveau. Instantanément, l’idée du 6e pont refait surface. 

Deux jours plus tard, le budget fédéral vient confirmer ce que Le Droit venait de publier et annonce qu’il relance le processus devant mener à la construction du sixième pont en demandant que les études de 2013 soient rafraîchies. 

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin annonce tout de suite ses couleurs. Il est contre l’idée. Le ton monte rapidement entre lui et le député fédéral de Gatineau, Steven MacKinnon. 

C’est cependant en octobre, à quelques jours de l’élection fédérale que le sixième pont vient clairement s’imposer dans les sujets d’actualité de 2019. Le Droit révèle que le maire de Gatineau a fait avorter un appel d’offres de la Commission de la capitale nationale (CCN) pour la planification à long terme du transport interprovincial qui doit nommément inclure le fameux sixième pont. 

Une guerre de mots explose entre MM Pedneaud-Jobin et MacKinnon. Le débat se polarise rapidement. Des experts en transport sont venus rencontrer le conseil municipal de Gatineau. 

M. MacKinnon a été nommé secrétaire parlementaire de la ministre des Services publics et de l’Approvisionnement. Sa lettre de mandat prévoit de «répondre au besoin confirmé d’un point de passage supplémentaire dans la région de la capitale nationale». 

Le sixième pont refera inévitablement surface dans l’actualité en 2020. Mathieu Bélanger

La conseillère municipale de Gatineau, Nathalie Lemieux

Terre plate et islamophobie pour Nathalie Lemieux

Très discrète depuis son élection à titre de conseillère municipale du district de Touraine, en 2017, Nathalie Lemieux s’est retrouvée, en février, au centre d’une des pires polémiques à avoir frappé un élu municipal gatinois depuis des lustres. 

Mme Lemieux a été l’artisane de son propre malheur en tenant des propos controversés sur l’islamophobie et la capacité d’intégration des communautés musulmanes. Ses propos ont fait le tour du Québec et du Canada en moins de quelques heures. 

«Quand un peuple veut s’intégrer, il s’intègre et ce peuple ne s’intègre pas», avait-elle lancé en faisant référence à la communauté musulmane au cours d’une entrevue avec Le Droit. 

«Ces gens-là font beaucoup de choses mal, avec leurs camions et toutes ces choses-là, et c’est normal d’en avoir peur», avait-elle ajouté. Mme Lemieux a rapidement été évincée du comité exécutif, où elle occupait un siège, et démise de son poste de mairesse suppléante. 

La conseillère de Touraine a attendu trois jours avant de réagir, par écrit, sur la polémique qu’elle avait elle-même provoquée, sans toutefois s’excuser. Elle s’est plutôt présentée comme une victime dont on brimait la liberté d’expression. 

Au lendemain de sa réaction par écrit, Le Droit a révélé que Mme Lemieux entretenait de sérieux doutes sur la rotondité de la Terre, comme en font foi ses propos écrits sur Facebook quelques jours avant sa sortie controversée à l’endroit des communautés musulmanes. 

«Pourquoi maintenant que les gens réalisent que c’est possible que la Terre soit plate ils veulent cacher les explications qui le prouvent? Qui a décidé que la Terre est ronde et pourquoi le croire lui?», avait-elle écrit. 

Mme Lemieux a depuis refusé toutes les demandes d’entrevues faites à son endroit. Elle a cumulé plusieurs absences au conseil municipal et lors des comités pléniers. 

Elle n’a pas participé au processus prébudgétaire et n’a fait aucune intervention à la table du conseil lors de l’étude du budget 2020. 

Certaines rumeurs laissent entendre qu’elle songerait à se représenter lors des élections municipales de 2021. Mathieu Bélanger

Le projet de rénovation du Château Laurier est une véritable saga qui s’étirera en 2020.

Château Laurier

On aurait cru en juillet dernier que la saga du Château Laurier était derrière nous, mais à l’aube de 2020, il semble qu’on n’en soit qu’aux balbutiements. 

Le comité de l’urbanisme a confirmé en juin que le plus récent design proposé par Larco Investments répondait aux exigences de la Ville et le conseil municipal a rejeté une tentative de dernière minute du conseiller Mathieu Fleury d’empêcher l’octroi du permis en matière de patrimoine. 

Depuis, la Ville fait l’objet d’une poursuite de Patrimoine Ottawa et par Larco, après le rejet d’une partie du projet d’agrandissement par le Comité de dérogation. 

Avec ces deux poursuites, l’avenir de cet immeuble est toujours incertain. Julien Paquette