Deux avions de surveillance CP-140 Aurora ont réalisé plusieurs centaines de sorties afin d'identifier des cibles potentielles appartenant à Daech.

Retour des avions militaires canadiens en Syrie

Les avions militaires canadiens sont de retour dans le ciel de Syrie plusieurs mois après leur retrait par le gouvernement libéral. Ils sont à la recherche de cibles qui aideraient la coalition à vaincre Daech (le groupe armé État islamique).
Les chasseurs CF-18 avaient participé à leurs dernières missions au-dessus de la Syrie, il y a un an. Le gouvernement avait retiré les appareils, préférant une mission visant à entraîner les forces locales et à aider à reconstruire les régions dévastées par la guerre civile.
Même si la nouvelle intervention des Forces armées comprend un volet pour les opérations en Syrie, les autorités militaires ont été réticentes à confirmer que les avions de surveillance et de ravitaillement continuaient leur mission là-bas.
Les deux avions de surveillance canadiens ont réalisé plusieurs centaines de sorties afin d'identifier des cibles potentielles appartenant à Daech, la majorité d'entre elles se sont déroulées en Irak.
Dimanche, un officier supérieur canadien a révélé que ces appareils avaient effectué plusieurs missions en Syrie au cours des derniers mois.
«Nous avons fait des missions en Syrie», a confirmé le commandant de la Force opérationnelle interarmées en Irak [FOI-I] des Forces armées canadiennes, le brigadier-général Shane Brennan. «Il y a encore beaucoup de travail à accomplir en Irak. Nous surveillons tous les secteurs.»
Le général Brennan accompagnait des journalistes qui ont fait un vol sur l'un des avions de surveillance.
Les CP-140 Aurora ont été conçus au cours de la Guerre froide afin de détecter des sous-marins soviétiques. Depuis, ils ont été modernisés afin qu'ils puissent prendre de meilleures photographies des cibles au sol.
Les officiers de renseignement canadiens analysent attentivement les photos que leur rapportent les aviateurs. Ils tentent de distinguer les cibles des écoles, hôpitaux, mosquées et autres édifices considérés comme étant trop délicats à frapper. Lorsque l'un d'entre eux identifie une cible, le renseignement est transmis à la coalition à des fins de vérification.
Un appareil canadien a aussi ravitaillé en carburant des avions de la coalition en mission de bombardement.
Selon le général Brennan, les Canadiens ont effectué entre 20 et 30 missions, le mois dernier. Cet accroissement de l'activité militaire canadienne en Syrie indique que la guerre contre Daech arrive à une nouvelle phase.
Rôle canadien revu?
Quel sera le rôle des troupes canadiennes - comprenant un hôpital militaire, des forces spéciales et un escadron tactique d'hélicoptères - lorsque l'intervention canadienne, baptisée opération Impact prendra fin en mars?
Le commandement militaire dresse plusieurs plans qui sont établis selon divers facteurs. On craint notamment que Daech mène une guerre d'insurrection en Irak, ce qui exigerait plus des forces de police et de contre-terrorisme.
Le brigadier-général David Anderson, qui dirige l'équipe de liaison ministérielle de la coalition avec le ministère irakien de la Défense, a récemment indiqué que son groupe avait soumis un plan de deux ans fondé sur cette hypothèse.
On craint aussi que Daesh se répande à l'extérieur de l'Irak et de la Syrie; c'est la raison pour laquelle le Canada contribue à renforcer les frontières jordaniennes et libanaises.
Les militaires présenteront trois plans au gouvernement canadien au cours des prochaines semaines pour que celui-ci puisse prendre une décision sur l'avenir de l'intervention.
Mais il y a une inconnue : le nouveau président américain Donald Trump qui a dénoncé la lenteur de la progression de la lutte contre Daech et a ordonné une révision des plans pour y inclure de nouvelles pistes de solution.
Le général Brennan dit que cette révision pourrait avoir de grandes répercussions sur la décision canadienne.
«Tout dépendra de ce qui va se passer, a-t-il dit. Nous sommes en attente. La question est : que devons-nous faire de plus? Ou que pouvons-nous faire de plus.»